ASCENSION DE LA SÈVE DANS LES VAISSEAUX
misse en dehors à l'état liquide, si elle ne disparaît pas par transpiration.
Pleurs de la vigne. — En efTot, on remarque souvent au premier printemps que les jeunes feuilles de graminées portent à leur pointe une fine gouttelette d'eau, et que la taille de la vigne occasionne, par les blessures, l'écoulement d'un liquide désigné soas le nom de pleurs de la vigne.
Les quantités de liquide, que donnent les différents pieds, varient dans d'énormes proportions, M. le baron Yon Caustein les a mesurées en i874 (1); sur des vignes âgées de quarante ans, on a trouvé en vingt-quatre heures, pour un cep, des quantités passant de 10 à 950 centimètres cubes, et pendant toute la saison de 150 centimètres cubes à 45 litres 460 centimètres cubes. Des pieds du même âge, placés dans le même sol, exposés aux mêmes cir* constances atmosphériques, présentent de très g^ndes différences dans la dorée et l'abondance des pleurs.
§ 83. — AsciaisiON de l'eau dans les vaisseaux.
L'eau absorbée dans le sol par la racine s'élève dans les vaisseaux : c'est ce qu'il est facile d'observer, en opérant comme l'indique M. J. Vesque (2).
Expérience de H. Yesque. — « Un coulant de Hartwegia est coupé sous Teau et l'extrémité inférieure est taillée en un biseau très allongé, assez mince pour que les vaisseaux puissent se voir facilement au microscope; cette petite opération doit se faire également sous l'eau ou au moins avec un rasoir couvert d'une couche d'eau, le coulant portant lui-même une grosse goutte d'eau à son extrémité, toutes ces précautions ont pour but d'éviter l'entrée de l'air dans les vaisseaux. On fixe ensuite le coulant sur le porte-objet du microscope »..., et on introduit dans la goutte d'eau où plonge Textrémité des vaisseaux un peu de liquide tenant en suspension un précipité d'oxalate de chaux; « aussitôt on voit se produire un mouveinent tumultueux à l'entrée des vaisseaux; les corpuscules solides y sont entraînés avec une vitesse telle que, pour peu qu'on se serve d'un grossissement un peu fort, on a peine à les saisir au passage. Le sel insoluble s'amasse en quantité à l'ouvertare des vaisseaux, on voit pendant quelque temps la succion
M) Ann. agron., t. II, p. 293.
i2) Ann. des sciences naiur^ ùol.y C« série, t. XV, p. 5.
se manifester à travers la masse opaque, de gros bouchons du diamètre du vaisseau sont arrachés de temps en temps et entraînés violemment dans le tube étroit où ils s'arrêtent parfois pendant quelques instants pour reprendre bientôt leur marche ascendante.
« Lorsque le vaisseau est complètement bouché, des bulles d'air ne tardent pas à y apparaître, évidemment par suite d'une diminution de pression suffisante pour provoquer le dégagement de Tair dissous dans Peau.
« Si^ pendant l'absorption la plus active, on détache la partie feuillue du rameau, le mouvement de Feau cesse instantanément. »
On pouvait reprocher à celte expérience d'avoir été faite sur des rameaux coupés : M. G. Capus a réussi à suivre le mouvement de Teau dans des plantes entières pourvues de leurs racines.
Expériences de M. Capus. — Les observations ont porté sur un Bégonia, un Dahliaelun topinambour. M. Capus enlève l'écorce sur une petite longueur, afin de dénuder le jeune bois ; il fait ensuite au cùlc opposé un trou et il creuse la moelle jusqu'au bois; la portion de bois dénudé devient ainsi assez transparente pour être examinée au microscope. Celui-ci est fixé horizontalement, sur Taxe vertical d'un cathétomètre ; si le soleil ne donne pas sur la plante, les vaisseaux tendent à s'injecter d'eau, les index d'air diminuent et finissent par disparaître; si au contraire les feuilles sont exposées au soleil>Ies index se déplacent dans le sens de la hauteur et accusent le mouvement de l'eau dans la plante.
Toutes les observations que nous venons de rapporter montrent que les vaisseaux renferment des colonnes d'eau séparées par des index de gaz et il importe de savoir, d*une part, à quelle cause attribuer la présence de ces gaz dans les vaisseaux et d'autre part comment ces gaz interviennent dans le mouvement ascensionnel de la sève.
De la pression dans les vaisseaux. — On doit à M. von HœhncI une expérience très intéressante. Si on coupe une branche d'un arbuste en immergeant la courbure dans un liquide coloré ou même dans le mercure, puis qu'on procède à des coupes longitudinales, on voit à l'aide d'une simple loupe que les vaisseaux sont injectés du liquide coloré ou de mercure jusqu'à une hauteur de plusieurs décimètres.
Pour qu'au moment où la section a eu lieu, le liquide s'élance dans l'intérieur des vaisseaux, il faut que la pression soit dans ceux-ci inférieure à la pression atmosphérique.