ASCENSION DE LA SÈVE DANS LES VAISSEAUX
M. Vesque admet que, le vide existant dans les vaisseaux et les autres éléments anatomiques du bois de la couronne de Tarbre, et la pression atmosphérique régnant â la base du tronc, la pression atmosphérique se trouve en quelque sorte morcelée depuis la base jusqu'au sommet, de telle sorte que la pression de Tair inclus est toujours un peu plus forte dans une cellule immédiatement inférieure. L'eau serait ainsi chassée de cellule en cellule par des différences de pression ; le moteur est évidemment la transpiration qui fait le vide et qui prend sa force vive dans les radiations solaires; si la colonne liquide qui monte dans Tarbre était continue, elle ne pourrait pas dépasser la hauteur de la colonne barométrique exprimée en eau, e^est-à-dire dix mètres environ. Mais tel n'est pas le cas. Il n'y a que des nanties d'eau suspendues par capillarité dans le bois et reliées entre elles par des rigoles microscopiques, formées par les angles des cellules et par les lils spirales ou autres qui ornent si souvent la paroi des vaisseaux. Si une différence de pression de l'air inclus chasse l'eau de la partie supérieure d'une cellule dans la partie inférieure d'une cellule placée plus haut, Tair et l'eau ue sont plus répartis dans la cellule selon les règles de la capillarité, de l'eau monte de la partie inférieure de la première cellule jusque dans sa partie supérieure, le long des angles des cellules ou du tll spiral faisant une saillie intérieure et donnant ainsi naissance à deux rif^oles longitudinales.
On peut mettre ce phénomène en évidence par l'expérience suivante : on introduit dans un tube capillaire de 1 5-20 centimètres de longueur un fil de verre d'un diamètre beaucoup plus un, on y forme avec de l'eau un chapelet de Jamin, on le fixe verticalement après en avoir bouché l'extrémité supérieure avec un peu de plâtre gâché. Ce plâtre, qui ne tarde pas â prendre, s'imbibe de l'eau prise dans l'index d'eau supérieure, à mesure qu'il en perd lui-même par capillarité. Le chapelet de Jamin reste naturellement immobile. Si on suspend msnntenant à l'extrémité inférieure du tube une goutte d'eau colorée avec de réosine,on voit bientôt le premier index d^au, immobile audessus de la première bulle d'air, se colorer, puis le deuxième index, et ainsi de suite jusqu'au plâtre. L'eau colorée monte d'index en index le long des deux rigoles formées par la paroi du tube et le fll de verre qui lui est tancent. Les bulles d'air immobiles de ce chapelet de Jamin ne sont point un obstacle à l'ascension de l'eau dans ce tube de verre. Il est clair que les choses doivent se passer de même dans les vaisseaux spirales des plantes et dans toutes les cellules anguleuses. Mais il n'est pas démontré que ces phénomènes suffisent fk entretenir la transpiration. En deux mots, d'après cette théorie, la pression atmosphérique fait passer l'eau de cellule en cellule et la capillarité la fait monter en dedans de chaque cellule de la partie inférieure à la partie supérieure (1).
(1) Le lecteur désireux d'approfondir la question délicate du mouvement de Teau daus le bois consultera avec avantage les mémoires suivants : La caifse du mouvement de Teau dans les plantes par M. J. Boehm, Anii: agron.^ t. VIII, p. VM, — Remarques critiques sur les travaux récents concernant le mouvement de Teau dans le bois par M. J. Vesque, IX, 21 ; deux autres mémoires du même auteur, IX, SC2 ; X, 33. Du mouvement de Tean dans les plantes par M. Hartig, IX, 231 ; même sujet, par M. Max Seicht, X, 260. Cuiitributiou à la théorie «le la circulation de la sève dans I*'â piaules par M. Godlew^ki, XI, p. IGâ. Étude sur Icd rOdcrvoirs d'eau des piaules par M. J. Ve*quc, XI!, 449-497.
La transpiration ou évaporation de l'eau par les feuilles est un (les phénomènes les plus anciennement observés, puisque les premières recherches dues à Woodward remontent au xvn* siècle; depuis cette époque ce sujet a continué d'occuper les physiologistes et il importe d'y insister; en voyant quelles énormes quantités d'eau circulent dans les plantes, les agronomes reconnaîtront à quel point sont utiles les travaux qui onUpour but de favoriser les irrigations.
§ 84. — DÉMONSTBA■^0^ expéuimhntalk.
Rien n'est plus simple que d'avoir immédiatement une idée des quantités d'eau émises par les pinntcs herbacées exposées au so-
Kjg. M. — Mdhndc employée par M. Dehériii) pour montrer In transpiratioii.
Itiil : il suflit, à l'imitation de ce que lit Uuettard au xvin' sièclr. d'introduire une feuille longue et étroite comme celle d'une gramiuée, du blé ou du seigle, attenante à la plante, dans un tube d'essai ordinaire muni d'un bouchon fendu dans sa longueur; avec un peu d'iiabitude on serre la feuille sans la froisser entre les deux parties du bouchon, on soutient ce petit appareil à l'aide d'un support ;lig. iO) et après quelques inslaiils on voit au soleil le verre se cou-