‹ Traité de chimie, appliquée aux arts (volume 2)Chapitre 177 sur 218 · À GLACES · texte numérisé non relu

À GLACES

quante-cinq milliers qui a coûté 100,000 francs, on a essayé en Angleterre de leur substituer des tables en fonte ; mais on n'a pas réussi et on en Est Tevenu aux tables de bronze. | ds |

La table de bronze est supportée par un fort châssis en bois, garni de 3 pieds. À l'extrémité de chaque pied se trouve une roulette en fonte, afin de pouvoir faire circuer la table partout où il est nécessaire.

La hauteur de la table est ordinairement de 80 centimètres au-dessus de la hauteur de l'aire de la halle, et juste au niveau de l'embouchure des fourneaux de recuisson: L'épaisseur de la glace est déterminée par des tringles ou règles de cuivre de 27 millimètres de large et de la longueur de la table elle-même. Leur épaisseur, de 8. millimètres au moins, s’accroit avec les dimensions des glaces. Ces tringles sont posées sur la table, au moment du coulage ; leur écartement détermine la largeur etlalongueur de la glace.

Pour ne la masse de verre sur la table, on se sert d’un rouleau. Le rouleau étant arrêté par l'épaisseur des iringles., il ne laïsse entre lui et la table que le verre nécessaire à la formation de la glace. Cet instrument est creux, sa longueur est égale à la largeur de la table, Son diamètre est de 18 à 19 centimètres, son poids peut varier entre 250 à 300 kilo.

Les fourneaux à recuire étant chauffés au rouge brun, la table de bronze ayant unc température convenable, le verre étant épaissi au point nécessaire, on approche la table près de l'embouchure de la carquaise, on la nettoie, on met les tringles sur chaque côté de la face plane de la table, on prépare le rouleau, et on procède à l'opéra tion du coulage. |

1433. On démarge donc l’ouvreau des cuvettes qu'on veut enlever ; deux ouvriers passent les crochets dans le fourneau, ils accrochent la cuvette, tandis qu'un troi-

sième glisse une grande pince dessous. Dès que celle-ci est bien enfoncée sous le fond de la cuvette, l’ouvrier la tire à lui, aidé dé ceux qui manœuvrent avec les crochets ; ils amènent la cuvette à l’entrée de l’ouvreau, où elle est récue et posée sur un charriot et conduite près de la table. Là, denx ouvriers s'empressent de l’écrémer ; puis on l'élève à 32 centimètres environ au-dessus de la table, on l'essuie partout à l'extérieur , ensuite on renverse le verre sur la table, entre les deux règles, en commençant vers l'embouchure de la carquaise et retirant là cuvette du côté opposé.

Aussitôt que la cuvette est vidée, on met le cylindre en mouvement et on le fait rouler sur les tringles et sur le verre épanché qui cède facilement aû poids de ce cylindre, s'applatit dans toute la longueur de la table, et

remplit uniformément l'espace qui se trouve entre les deux tringles.

Le rouleau ayant parcouru en tournant sur les tringles toute la longueur de la table, on le remet sur son chevalet. On Ôte aussitôt les tringles-et on casse les bavures qui peuvent exister aux deux côtés de la glace. Pendant ce temps, un ouvrier forme le rebord ou ce qu'on nomme tête de la glace, tandis qu'on essuye le sol du fourneau à recuire et qu'on arrange convenablement le sable, pour que la glace puisse y glisser sans obstacle.

Pendant qu'on procède à l'introduction de la glace dans le four de recuisson, d’autres ouvriers sont occupés à retirer hors du fourneau de fusion une nouvelle cuvette qui arrive à la table au moment où la glace précédente vient d’être enfournée dans la carquaise ou four de recuisson:,

Comme la glace est encore molle, au moment où on l'introduit dans le four à recuire, l’effort qu’on est obligé d’exercersur elle, pour la pousser sur le sol de ce four, produit à la surface supérieure de la glace des ondulations très-fortes que le polissage fait disparaître plus tard.

A GLACES, | 6of 1434. Après avoir rempli la carquaise, on botüche avec “précaution toutes les issuesdu fourneau de recuisson, avec des feuilles de tôle et de la terre jaune mélangée de sable. Ce i’est qu'au bout de vingt heures , qu'ori commence à ôter quelques morceaux de tôle; une heure où deux après, où en Ôte davantage; enfin, au fur et à mesuré que le fourneau se refroidit, on en Ôôte de plus en plus, et l'on finit par détacher toute la terre et les feuilles de tôle qui bouchaïent les issues. Lorsque la main peut être posée. sur les glaces ; sans éprouver une grande impression de chaleur, on peut les retirer du four. :

La température du fourneau, au moment où l’on introduit les glaces, doit être le rouge brun. Si le fourneau était trop chaud, les glaces pourraient entrer dans une demifusion, et se déformer, ou du moins adhérer aü sol, de manière à ne pouvoir s’en détacher qu'avec fracture.

D'un autre côté, si le fourneau de recuisson était trop froid, les glaces y seraient mal recuites, et pourraient sauter en éclats au moment de leur sortie du fourneau ou plus tard. Le moindre changement de température suflit pour diviser une glace mal recuite en plusieurs morceaux.

. Elles se brisent aussi , au moment où on veut en séparer rdpar le moyen du diamant en rabot, Presque toujours, cette séparation n’a pas lieu dans l'endroit de l’incision pour les glaces mal recuites.

Les fourneaux de recuisson ou carquaises sont trèsétendus; ils ont plusieurs foyers. L’aire ou le sol doit être fait en briques mises sur leur champ et présenter dans toute sa surface un niveau parfait. On a soin d’y parsemer du sable dans toute son étendue, afin que les glaces puissent glisser sur les grains et prendre un, retrait non con-

traint et facile.

1435. Le polissage des slaces se compose de deux Opé-

“rations principales qui, elles-mêmes , pourraient être sous-divisées , ce sont le doucissage et le polissage.

608 LIV. V. CH Xe VERRE

Après avoir réduit la glace à ses dimensions utiles, on la scelle avec du plâtre sur, unc table en pierre, puis on la frotte avec une autre glace plus petite, fixée elle-même au moyen du plâtre sur un moellon pyramidal , servant de

molette. On interpose d’abord du sable quarzeux, à gros grains, entre les deux glaces, pour dégrossir leur surface. On doucit ensuite en faisant usage de sable plus fin.

On porte ensuite les glaces sur une table, où on les frotte encore l’une contre l’autre, maïs en substituant au sable un peu d’émeril délayé dans beaucoup d’eau.

Enfin on les polit, en les frottant avec un lourd polissoir, armé d’une plaque en feutre à sa partie inférieure ou frottante. Comme matière dure, on se sert de colcothar à divers degrés de finesse; le plus gros, sert pour ébaucher, et le plus fin, pour finir. On procède enfin à l’étamage, que nous décrirons plus tard, en nous occupant de l’Érarn.

Verre à gobeletterie.

1436. Ceverre peut être à base de soude ou de potasse, mais il est bien évident que le dernier sera préférable à beaucoup d'égards. La gobeletterie en verre de Bohème est certainement plus belle, plus légère et plus durable que celle qu'on fait au BR EE du verre à base de Re à

Du reste, le verre à gobeletteries diffère peu o pas du verre à vitres par ses proportions.

Ainsi, pour tous les ustensiles de chimie, on refond simplement des rognures ou des cassons de verre à vitres. À la vérité, cette refonte colore le verre, maïs cette circonstance offre ici peu d’inconvéniens.

Il est évident que la façon nécessaire pour produire la gobeletterie, peutse donner à tous les verres qui précèdent, et quon se procurera ainsi à volonté, de la gobeletterie blanche, verdâtre, bleuâtre ou jaunâtre, selon la nature

-des matières employées.

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