POTERIES
quées. Presque toujours, dans les poteries, la partie essentielle, ou du moins la plus abondante, consiste en silice et alumine. Ce mélange est déjà par lui-même capable de contracter au feu la dureté et la densité nécessaires, mais Vaddition d’une base quelconque augmente sa fusibilité. Ainsi, l'on peut concevoir que les autres bases ci- -dessus désignées forment avec l’alumine ét la silice de doubles silicates vitrifiables, en quantité plus où moins grande. Ceux-ci , disséminés dans la pâte formée par le silicate d’alumine simple; par la silice en excès ou par l’alumine en excès, contribuent puissamment à lui donner de la cohésion et de la dureté. é
En définitive, nous aurions dans la pâte des poteries
Des ‘silicates à plusieurs bases. . . . . fusibles.
Du silicate d’alumine. . . 4 . , » . . infusible, mais capa-
35 ble de se dureir au feu.
De la silice ou LH l’alumine en excès. . infusibles et presque
dy
$ Le rapport de ces diverses substances entre elles, leur nature, ainsi que le degré de feu auquel on les soumet, Sont autant de circonstances qui exercent sans aucun doute une influence très-forte sur la nature des produits. Il sera plus facile de faire la part de cès diverses circonstances, quand nous examinerons, én particulier, chaque espèce de poterie. , 1494. Les principes constituans des poteries offrent le meilleur moyen de classification pour un ouvrage comme celui-ci. Les BrOPRES qui en résultent sont, du reste, en rapport avec ceux qu’ on obtiendrait par les caractères tirés
inaltérables au feu.
de la nature des produits envisagés sous le rapport tech-
nique ; aussi , , les classes que nous allons former sont-elles !
précisément 1e mêmes que M. Brongniart a établies depuis long-temps dans l article Argile du Dictionnaire des sciences naturelles. :
636 LIV. V. CH. XI: POTÉRIES, 1 Porcelaine tendre. Silice, alumine, potasse, soude et chaux.
20 Porcelaine chinoise. Silice, te, potasse.
3 Porcelaine de Piémont. Silice , alumine, magnésie.
fo Grès. Silice, er et Qcltietot Dante ou chaux, ou oxide de fer.
. 5° Faïence fine. Siliof, a RL et quelquefois chaux, G° Faïence commune. Silice, aluine, oxide de fer.
7° Briques et creusets réfractaires. Silice , alumine avec > traces de chaux ou d’oxide de fer...
8, Briques communes , carreaux , tuiles, etc, Silice, alumine, oxide de fer et quelquefois chaux.
Ainsi que pour le verre, nous ferons précéder l'examen de chacune de ces espèces, d’une exposition sommaire des caractères généraux des poteries et des procédés employés pour leur fabrication. *
‘1475. .Matières premières. Le potier emploie un assez grand nombre de matières premières, les unes pour la fabrication des pâtes , les autres pour celle des couvertes, enfin PEU On pour les décorations qui s appliquent à à la surface des pièces. |
Les décors métalliques s btiehuent au moyen des métaux nobles, l'or, le platine. Les colorations se font aû moyen, des oxides métalliques capables dé fournir des silicates colorés, inaltérables au feu. Les oxides de cobalt, de chrôme, de fer, de cuivre, de manganèse , de zinc, d’antimoiïne, d’urane, et qualques autres sont dans ce CAS 7 SEUL
Les couvertes sont toujours des verres. Mais, tantôt elles se font avec des substances données par la nature; tel est le cas du felspath, qui sert à mettre la porcelaine ai en
couverte. Tantôt, elles sont COPEC ESS d’ élémens analogues
à ceux du FAbbAth ou du verre à bouteilles , mais elles résultent de mélanges artificiels. Tantôt enfin, elles sont
| POTERIES. 637 produites par de l'émail ou par une espèce de cristal, et elles sont encore le résultat de mélanges combinés de diverses manières. L’oxide de plomb, ou plutôt le silicate de plomb, joue un grand rôle dans la préparation des couvertes.
Les pâtes se préparent au moyen de diverses substances que l’on peut classer de deux manières. En effet, pour que la façon des pièces soit facile, on a besoin que ie pâte elle-même soit lianie, ductile, ue par conséquent, de s’allonger, de se ces de s'étendre sous la main de l’ouvrier sans se rompre et sans se gercer. D'un autre côté 3 pendant la dessication des pièces, si la pâte en était trop liante , l 0e de l’eau se ferait d’une manière inégale, et la pièce en serait exposée à se gercer dans tous les sens, ainsi que cela se voit toujours dans les masses d’argile pure que l’on abandonne à l'air après les avoir humectées. On évite ce dernier inconvénient, en diminuant la propriété plastique ou liante des argiles, par l'addition d’un corps qui en soit lui-même dépourvu. Dans la fabrication des pâtes on a donc besoin de matières plastiques et de matières non plastiques.
Les matières plastiques employées, sont : les argiles, les marnes et la magnésite, auxquelles on peut ajouter le gypse, le talc et les ocres. |
Les matières non plastiques, sont : le silex, Les sables, le quartz, le felspath, la craie, les os calcinés et le sulfate de barite, ainsi que quelques sels solubles qu’on emploie rarement. ’
D'un autre côté, nous avons déja vu que la pâte des poteries devait contenir des matières fusibles et des matières infusibles. À cet égard, les matières premières que nous venons de citer pourraient être classées ; mais On sent aisément que ces matières une fois mêlées réagissent les unes sur les autres, et que telle substance qui seule était infusible peut devenir fusible par suite de sa combi
638 MAT RE. wc, AT POTERIES. |
mi
naison avec l'une ou l’autre des matières auxquelles on l'a mélangée. Ces considérations nous ramènent ainsi à RES sénérale que nous aÿons énoncée plus haut Le. 473), et qui nous paraît véritablement la seule qu’on puisse donner d’une manière absolue, en ce qui concerne Ja fusibilité ou l'infusibihité des de de toute poterie cuite, q
Nousn’avons cité parmi lesmatières pie del art du potier que des produits naturels, ou à peu près. Ce n’est pas que l’on ne püt fabriquer de vér itabll poteries, au moyen de la silice et de l’alumine extraites l’une et l’autre en gelée, de leurs combinaisons par des moyens chimiques, et mèlées ensuite à DÉAUOR OS convenables ; mais cé mélange aurait une valeur telle qu’on ne pourrait s’en servir en aucune circonstance, et il n’offrirait | jamais à un aussi haut degré que les mate , le caractère de la plasticité, dont les causes nous sont encore inconnues. |
1476. Fabrication. La fabrication des pote. se compose d'une série d'opérations qui se reproduit presque toujours. Les argiles quela nature nous fournit sont rarement susceptibles d'un emploi immédiat. La fabrication des briques est la seule qui pérmette de seservir d'argiles non.lavées. Pour toutes les autres poteries, on a besoin de séparer de l'argile les corps étrangers quéelle contient ; en fonséquence, on les lave pour en séparer les parties grossières, et surtout l'excès de silice; ensuite, on forme la pâte par le mélange en proportions rade À de diverses espèces d'argile ou de ciment. Onilaisse macérer la pâte, on Ja broie, on la corroie pourlui donner du liant et de rm BA on forme les pièces par des procédés appropriés, et enfin, on les fait cuire à un feu convenable, |
Comme la cuisson fait prendre de la retraite aux pièces
et qu'elle diminue ainsi beaucoup leur volume sans chan
ger sensiblement leur poids, elle les rend plus-compactes
ROTERIES. 4 if 9
et pt. denses ; en général, la dents des poteries est d’autant plus Nu, que la pâte est plus. fine et la cuisson plus forte. Les pièces deviennent alors plus. dures, plus solides, mais aussi plus susceptibles de se casser SP des changemens brusques de température. | |
C’est ici que se pose nettement la Rate à entre Ma poterie et le verre. Admettons, en effet, que le retrait se soit continué jusqu au moment OÙ: le rapprochement des molécules suffit pour faire passer a masse à l’état liquide À nous aurons üne masse à surface unie et tout-à- fait i imper-
méable : ce sera du verre. Admettons, au contraire, que l’état vitreux ne se réalise que par portions, et que les
molécules vitrifiées se trouvent disséminées dans une masse formée de molécules encore isolées, nous aurons une po= terie. Mais alors la surface sera rugueuse , et la masse sera plus ou moins perméable aux BU ER Vel
Ainsi, dès qu’on suppose qu’il s’agit d’une poterie, la finesse de la pâteet sa dureté ne sont jamais assez grandes pour que les vases destinés aux usages domestiques , ne sê. salis= sent pas. complétement par lapoussière qui adhère à leur surface ou,par la graisse qui les pénètre; ce qui les rend bientôt d'un emploi désagréable. On is recouvre d'un vernis Nitreux, ou couverte, pour réunir dans le même objet, les qualités propres aux poteries et célles qui conviennent au verre lui-même, ‘*
On appelle terre cuite, grès ou biscuit, les poteries qui n'ont point reçu de vernis. Il est évident que toutes les poteries sont susceptibles « de rester dans cet état, nous n’en ferons donc pas une classe particulière.
1497. Couverte. Les vernis ou couvertes que l'on met sur les poteries pour les rendre impermégbles, sont des verres dans lesquels on cherche à réunir un cértain nombre de propriétés dont la plus légère réflexion démontre bientôt, la nécessité, Ut la pâte dont Je por
être plus fusible que la pâte. Le vernis, doit être d’ailleurs d'autant plus fusible; que la température. à las quelle on veut l'appliquer doit ellemême être plus basse. Ainsi; quand on veut se servir pour vernis de compositions analogues aux verres que nous ävons décrits, on voit que le verre à bouteilles est le moins fusible , et que le strass l’est au contraire le plus. Aussi , les poteries qui se Cuisent à basse. température , sont-elles toujours : recouvertes d'un vernis plombifère. La composition des vernis doit done varier beaucoup , êt elle doit être en rapport avec la nature et le degré de cuisson des poteries sur lesquelles on les place. Comme ils doivent tous s'étendre “aient et sans se fendiller sur les poteries, il faut qu’à la température de leur cuisson , ils soïent amenés à un degré de liquidité complète. Il est de toute évidence qu'en leur donnant cette faculté, au moyen de l’oxide de plomb mis en grand excès pour compenser le défaut-dé feu, on les rend susceptibles d'une altération *prompte, dE erésble et' souvent dangereuse, tant par le frottement que par les acides, Ces vernis sont transparens ou opaques, colorés en brun, en vert ou parfaitement incolores, suivant la nature des pâtes auxquelles on les applique, -ou l'usage aux= quel on destine les objets qui. en sont recouverts. A La fabrication des couvertes exige donc des qualités rarement compatibles : l’économie, la beauté, la dureté, la salubrité, et une fusibilité TR. à la température qui convient à la cuisson de l'espèce de poterie qui doit les recevoir. , 1478. Nousavonsinsisté, jusqu'à présent, sur les conditionsquiconviennent plus particulièrement aux vernis, sous le rapport de léur application. Nousallons résumer en dr ques mots celles qui conviennent à leur durée. La dureté est,sans doute une des plus i importantes, et nous savons déjà qu une fusible trop grande est un Mie d’une du-
BOTERIES, , 6Ât rèté trop faible pour que le vernis puisse résister aux frottemens répétés du fer, de l’acier, et même du biscuit de la poterie sur laquelle il est appliqué. Une autre condition. de durée, c’est le rapport exact qui doit se trouver entre la dilatation du vernis et celle de la pâte. Il est évident, en effet, que si ces dilatations sont inégales, les deux matières prouyeront une traction, soit pendant le refroidissement qui s'opère après la cuisson , soit par les variations de température que l'usage des vases qui en sont formés les expose àsubir. De ces deux lames superposées, la plus faible doit casser, quand l'effort de traction exercé par l’autre sera suflisant. Comme, en général, le vernis est bien plus mince que la poterie sur laquelle on l’applique, c’est ordinairement sur lui que s’opèrent les fentes ou cassures. On dit alors que la couverte est tressaillée. Il est clair que dans ce cas, la pièce de poterie n’est plus défendue, et que les liquides peuvent en pénétrer la pâte. Comme on ne peut pas fendiller cette couverte à volonté et régulièrement, ce défaut devient en quelque sorte une qualité quand les fentes sont bien disposées. Dans la porcelaine qui nous vient de la Chine, on distingue sous le nom de porcelaine iruitée celle qui présente des fentes régulièrement espacées. Elle se paie plus cher que la porcelaine sans défaut. |
1479. Les vernis ou couvertes se mettent ordinairement par immersion. La matière à couverte étant réduite en poudre et délayée dans l’eau, et les pièces rendues plus solides et plus absorbantes par une demi-cuisson préliminaire, on plonge les pièces dans l’eau qui tient la couverte en suspension ; l'eau pénétrant la pâte éprouve une véritable filtration de dehors en dedans, et elle dépose ainsi à la surface une couche égale de couverte. ET on cuit fortement la poterie en biscuit, on met la pièce en couverte par l’aspersion du vernis tri en bouillie épaisse. Enfin la couverte s'applique au pinceau pour toutes
ñt: S 4x
64a LIV. V. CH, XI POTERIES.
les retouches qu'elle exige avant ou aprés la cuisson. Jusqu'à présent nous ayons supposé que la couverte préparéé d'avance était ainsi appliquée sur les poteries à vernir. Maisil peut arriver, etil arriveen effet, que l’on produise le vernis vitreux qui recouvre certaines poteries aux dépens de la pâte elle-même, en lui empruntant la silice et l'alumine nécessaires pour composer une espèce de verre à bouteilles. H est alors nécessaire seulement d'ajouter à ces matières la potasse ou la soude qui doit compléter le composé vitreux. On y parvient facilement en plaçant vers la fin de la cuisson toutes les pièces encore incandescentes dans une atmosphère de sel marin. Tout se trouve ainsi réuni pour former un silicate de soude et d’alumine, puisqu'on a d’une part la silice et l’alumine dans la pâte, et qu'on met en présence de la silice, du sel marin et de la vapeur d’eau produite par la combustion.
C’est ainsi qu’on donne la couverte à certains grès.
Le mode d'application des couvertes, la température de leur cuisson, la nature des pâtes et celle des couvertes sont autant de causes qui peuvent conduire à deux résultats trèsdifférens. Tantôt, en effet, la couverte fait corpsavec la pâte, tantôt, au contraire, la couverte n’est en quelque sorte que superposée, et n'a pas PERTE la pâte qu'elle récouvyre. Les porcelaines et les grès sont dans le premier cas, les faïences et la terre de pipe sont dans le second. Cette différence assigne aux premières poteries une solidité et une durée bien supérieures à celles que les secondes peuvent offrir, ct devra fixer, ce nous semble, l’attention de tous les fabricans jaloux de perfectionner leurs produits.
Après avoir résumé les principales circonstances de Ja fabrication des poteries, nous allons les soumettre à un examen plus détaillé en insistant particulièrement sur la composition des pâtes, leur façon, leur cuisson, leur retraite, la composition des couvertes, leur application,
oTEUES. | | ; 643 leur cuisson et les accidens qui peuvent : se PrÉSeNLer, dans le cours du tr spl des poteries.
Coppestien des pates...
1480.0Ona déjà vu que! lés pâtes de poteries résultent le plussouvent dedivers mélanges purement argileux. Presque toujours 1 une argile quelconque ou une marne sert de base aux pâtes de poteries et leur donne les propriétés plastis ques nécessaires pour la façon rapide et régulière des pièces. Mais quelquefois, au lieu de se borner à faire des mélanges à diverses proportions d'argile ou de marne, On ajoute à la base argileuse des matières qui, sans jouir d'aucune propriété plastique , servent à modifier Jes caractères de l'argile cuite, en produisant des combinaisons variées à à
l'aide de la NO Dans ce dernier cas, ces matières sont prises à l'état de poudre plus ou moins fine.
Les argiles que la nature offre au potier exigent cn géà néral plus de préparation ; elles contiennent presque toujours du sable quarzeux plus ou moins grossier et d’autres parties hétérogènes dont il est important de les dépouiller, quand on se propose de fabriquer des poteries fines. Dans le cas contraire, il suffit de mettre l'argile en pâte. hômogène. On y parvient de temps immémorial en persan l'argile} humectée avec les pieds. L’analogie de cette apéra= tion avec celle qui a pour objet le pétrissage de la pâte pour, faire Le pain indique assez que l'on peut arriver à pétrir les argiles: avec régularité et économie par des moyens mécaniques, comme on. l'a fait en France pour le pain dans ces derniers temps ; aussi Je fait-on depuis long-temps en Angleterre pour les pâtes de poteries.
Pour pétrir ou marcher les argiles, on les place sur ur dE forme ou. dallé, avec la quantité d’eau convenable, et un ouvrier marche er nus sur la pâté en décrivant une spirale.sérrée de la circonférence au centre du tas, et du
centre à la circonférence. Quand le mélange paraît suffisant pour l’objet qu’on se propose , on rassemble l’argile marchée et on la soumet aux opérations subséquentes.
En Angleterre, pour diviser l'argile, on emploie un cylindre en fonte , à la paroï intérieure duquel sont fixées des lames Horisontales Un axe vertical, portant des lames en spirale , tourne dans l’intérieur de ce cylindre, découpe l'argile et la fait descendre et sortir par une ouverture Jatérale. En répétant l'opération on obtient le même résul- 1at qu'au moyen du marchage.
On pourrait sans doute se servir des pétrins qui.ont été imaginés dans ces derniers temps pour remplacer le marchage des argiles.
1481. Cette opération est nécessaire pour toutes (él pote= ries. Mais tandis que la fabrication des briques n’en exige pas d’autres, celle des poteries à pâte plus fine demande une purification préalable des argiles qu'on emploie. Celle-ci s'effectue au moyen de lavages, que séparent l'argile pure de tout Le gravier ou sable qui s'y trouve mêlé. Les grains quarzeux dont ce sable est formé ayant en général une grosseur bien plus considérable que celle des grains de VPargile elle-même, tombent plus rapidement au fond de l’eau. Si l’on délaie une argile brute dans l’eau, qu’on laisse la liqueur en repos pendant quelques instans et que l’on décante ensuite, l'argile pure ou presque pure s’ écoulera avec l’eau, et le sable restera. On obtiendra le même résultat en tamisant le liquide. Le tamis laissera passer l'argile et retiendra au contraire le sable. On conçoit qu’à l’aide d’une décantation longue et répétée, ou bien à l’aide dé tamis de plus en plus fins on peut arriver à puriher plus ou moins les argiles. ,
Voici comment on combine ces déux modes de purification lorsqu'il s'agit de préparer une argile très-fine et trèsblanche. |
L’argile est exploitée en grosses briques qu’on rés s6-
Li]
POTERIES, 645, cher; on les concasse et on en “épluche avec soin les cail- Joux et les fragmens d'argile colorée qui pourraient y être mélangés. On de porte alors dans une grande cuve nommée Re Un arbre tournant placé perpendiculairement au milieu de la cuve , et armé de bras de bois horizontaux , y gâche en effet la terre ; on y méêleune quantité d’eau suflisante pour l’amener à l’état d’une bouillie claire. Un réservoir est pratiqué au: dessous du gâchoir ; l'argile, réduite en bouillie, y. tombe; en passant au travers. d'un tamis qui retient les parties grossières, et surtout le'gros sable et les cailloux. qui ont échappé à l épluchement. Le réservoir est percé, cinq centimètres au-dessus de son fond, d’un trou par lequel l'eau qui tient argile en suspension. s’échappe doucement ; tandis que le sable, plus lourd , reste au fond du réservoir.
- L'eau chargée. d'argile tombe dans un | second réservoir placé au-dessous du premier , en travérsant un second tamis plus fin que le premier. Elle séjourne assez dans lé second réservoir pour y déposer encore une partie du sable qu elle contient,
Enfin l’eau, toujours chargée d argile plus pure, passe dans un troisième:et dernier réservoir, en traversant encore un tamis plus fin que les précédens.
1482. Lorsqu'on veutbroyer desmatières dures, destinées à entrer dans les pâtes, on sesert de moulins ee simples. Le plus connu et le plus ancien se compose d’une auge très-forte en bois, au fond de laquelle se trouve une meule dormante ; dans l aug e tourne une meule circulaire, échancrée ou. creusée à f. partie inférieure desillons en forme de rayons, OU bien une meule ovale. On met dans l’: auge les matières à broyer déjà bocardées , on ajoute de l’eau en quantité convenable et on prolonge | HDSE NUE autant Le ilest nécessaire. ons
À ces moulins .on ‘en sübstitue maintenant d’ autres qui consistent également.enlune auge de bois, au fond dé la
Ga LIV V. ÊH, XT. POTERTES, quelles se frouve une meule dormante: mas, au licu d'ane meulé tournante ; F auge contient a RTE Kbres , dures et pesantes s qui sont poussées circülairemient par des barres fixées à ün arbré vertical qui tourne au céntre de. l’auge. Les malières à broÿer, préalablement bocardées, sont mises dans l’auge avec l’eau nécessaire, et l’on PRIOR j’ ‘opération péndant le temps convenable. Quand il s'agit de mélanger diverses espèces d'argile ou diverses matières à l argile qui fait la base de la pate, Es on $e sert d'un appareil emblable au gächoir ; ‘seulement les bras supportés par l'axe sont munis ee RE parallèles à à l'axe et en nombre variable selon les dimensions de Ja cuve. :
Pour les poteries fines, Je mélange à ainsi préparé ne sut firait pas : on se sert du marchage ou d'un mode particulier de pétrissage , qui consiste à mettre la pâte en para lélipipèdes et à découper ceux-ci en lames au moyen d'un fi] de cuivre. On: reporte chaque lime coupée sur une des faces à la face voisine et on bat fortémient la masse au moyen d une massue. . Par ce area on à perfectionfé le mélange et re pour pe pâtes de PRO dures , oh émiplote un moyen particulier pour rendre le HENEE encore plus intime, La pâte étant préparée, on en forme dés \ vases épais et coniques que l'on laisse sécher à l'air. Quand ils sont secs on les met sur le tour, et, au moyen d'un outil € en fer, on les réduit én copeaux: Tr ‘ont de nouveat humectés et soumis au marchage. On sOUBéRE ainsi une pate bien meilleure ét bien mieux liée que là précédente.
Façon. |
1483. La façon des poteries s'effectue pur divers procédés! Tantôt 6h opère sur la pâté molle ; elle estmise sur le tour et elle est amenée par la main de l'ouvrier à la forme vou:
| POTÉRIES. 647 lue; ou bien on la comprime dans des moules de plâtre ou de terre imparfaitement cuiteet poreuse ; tantôt on opère sur la pâte raffernneà l'air, et alors ond'traïte par les procédés en usage pour faconner les métaux au moyen de la molette ou du tour à guillocher ; tantôt enfin on opère
sur la pâte demi-liquide, et on la moule par PROC PAOE dans des moules de plâtre.
On est surtout Grise dans l’emploi de ces protédés par la forme des PIÈCE » qui peuvent être divisées en quatre classes : 1° les pièces rondes ou ovales, plates, telles qu'assiettes, plats, etc. ; 2° Îles pièces rondes, Créuses ; telles que tasses, sucriers, théïières , saladiers ; jattes, etc. ; 3° les pièces de diversés formes, hors la ronde, telles que saladiers, soupières à pans, ete. ; 4° les pièces de garnissage, telles que becs ; anses, ornemens, etc. Le procédé de fabrication particulier à chacune de ces classes est absolument le même, HER HRTOTERTES que soient les pièces. |
Pour faire les pièces très-plates, telles que les assiettes s l'ouvrier prend ‘une masse de päte de a grosseur néces-
saire ; il la bat sur une table de pierre ou de plâtre, avec. une masse de même substance plate en dessous; il en forme un disque de pâte mince et qu'il nomme croûte.
Il a un moule en plâtre qui doit former le dedans de l'assiette ; il lé place sur La tête de son tour. Ce tour est une masse de plâtre ronde et horizontale , portée sur un axe de fer vertical ; l'ouvrier lui imprime un mouvement de rotation qu’il conservé assez long-temps en raison de sa masse, Îl place sur le moule de plâtre là croûte de pâte, il l’applique exactément sur toutes les parties du moule, en pressant d’abord le cul de l'assiette avec une plaque de fer très-unie, et ensuite les bords avec un instrument de faïence qui présente exactément le profil des bords de l’assiette ; il coupe les bavures du bord avec un fiFde fer tendu.
. Toutes ces opérations se font avec une grande rapidité. \