‹ Traité de chimie, appliquée aux arts (volume 2)Chapitre 193 sur 218 · LIV. V. CH. XI. FAÏENCE · texte numérisé non relu

LIV. V. CH. XI. FAÏENCE

proportion d’un cinquième de silex; on mélange exactement ces deux parties constituantes de la pâte; maïs cette pâte, trop liquide, a besoin d’être affermie par l’évaporation de l’eau ; on ne peut s’en fier au temps pour cette évaporation , elle serait souvent trop longue; on l’accélère par deux moyens.

En Angleterre, on coule la masse ou pâte dans une longue fosse chauffée par-dessous, et on met le tout en ébullition , ayant soin de remuer cette masse, afin que le silex ne se sépare pas par sa pesanteur; ce premier moyen est assez dispendieux à cause du combustible qu'il exige. Dans lesecond procédé, on place la masse dans des espèces de moules ou caisses de plâtre bien sec d'environ vingt centimètres de diamètre ;! le plâtre absorbe l'humidité excédante de la pâte, et elle prend promptement la consistance nécessaire ; on la retire des moules qu'il faut faire sécher au grand air ou au soleil, sous des hangars.

La pâte amenée au degré de consistance nécessaire doit être fortement pétrie avant d’être façconnée ; on la bat avec ‘des masses ; on l'étend sur un parquet, et on la marche; on la pétrit ensuite à la manière de la pâte de farine. Enfin, pour lui donner plus de liant, on la réunit en masse et on l’abandonne pendant plusieurs mois dans des caves “humides; elle y éprouve une espèce de fermentation; elle noircit et répand une odeur fétide. Les pièces faites avec de la pâte ainsi fermentée se fendent moins fréquemment que celles faites avec de la pâte neuve. Cette pâte, quand elle est bien préparée, se travaille si facilement qu’un bon ouvrier peut faire par jour six cents assiettes, pourvu qu'il soit aidé d’un enfant qui lui apporte la pâte et qui remporte les assiettes.

1503. Le four pour cuire la faïence fine est d’une construction assez simple : c’est un cylindre terminé par une voüte en dôme surbaissé. Ceux qu’on emploie en France ressemblent à un foux à porcelaine sans globe. Le combus-

FINE. 681 tible est placé sur huit a/landiers. La flamme du combustible est renversée et pénètre dans le four ; elle en sort par de petites ouvertures carrées, percées dans le dôme.

Les pièces bien sèches ne sont pas placées à nu dans le four; elles sont enfermées dans des étuis cylindriques faits en terre. Ces étuis ou cazettes doivent être faits d’une bonne argile + il entre dans leur composition au moins un tiers de ciment, résultant des débris broyés de ces mêmes étuis. On cherche par cette addition à les faire résister le plus long-temps possible aux changemens de température qu ‘ils doivent éprouver. CHERE étui renferme plusieurs pièces placées l’une sur l’autre avec précaution, mais sans intermédiaire,

On cuit cette poterie avec du bois, ou avecde la houille; lorsqu'on emploie le bois, la flamme circule à travers 1e étuis et n’est dirigée par aucun conduit particulier. Lorsqu'on se sert de houille, la flamme et la fumée sortent de conduits perpendiculaires , qui partent des ouvertures intérieures des grilles et rampent sur les parois intérieures du four. Ces canaux ont plusicurs ouvertures latérales. Le feu est d’abord conduit très-doucement ; il est continué jusqu'à ce que toute la masse des étuis soit rouge. On juge de l’état de cuisson des pièces par des fragmens de poteries placés dans un étui qui a une ouverture latérale par laquelle on peut les retirer pour les examiner. Le feu dure environ quarante heures; on laisse refroidir complétement le four avant d'en retirer les pièces.

La poterie retirée du four est cuite : elle a de Ja consistance, mais elle est spongieuse, sa surface est terne ; il faut la recouvrir d’une couverte. Ce vernis est un verre composé de silice, de potasse ou de soude et d’oxide de plomb. Les proportions de ces substances varient selon la nature de Ja poterie à laquelle ce vernis est destiné.

L'oxide de plomb que l’on emploie est ordinairement Voxide rouge ou minium ; la chaleur le ramène à l’état

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