LIV. V. CH. XI. FAÏENCE
de protoxide. Celui-ci rend le verre dans lequel il entre plus fondant et plus éclatant ; mais lorsqu'on l'y met en trop grandé quantité, la meta devient jaunûtre, tendre, et alors elle est facilement attaquée par les acides et par les graisses chaudes ; c'est dans ce cas 4 elle peut être nuisible. Si l’oxide de plomb n’y est qu'en petite proportion , la couverte est transparente, sans couleur, dure, et ne peut nuire à la santé. Les ingrédiens de la couverte sont fondus à l’état de verre dans le four à poterie même, ou dans un fourneau particulier. Ce verre est ensuite pulvérisé, et broyé très-finement. On met cette poussière en suspension dans l’eau, à l’aide d’un peu d’argile et de l'agitation. On plonge, un très-court instant , dans cette eau trouble les pièces que l’on veut mettre en couverte : . comme elles sont sèches et poreuses, elles absorbent l’eau avec prompiitude. La couverte, suspendue dans l’eau qu elles ont absorbée, s s'applique à leur surface, et on en met avec un pinceau sur les points par lesquels on tenait la pièce.
On reporte la faïence au feu pour faire fondre la couverte. On place les pièces dans de nouvelles cazettes ; mais comme elles se colleraient ensemble si elles se touchaient , on est obligé de les tenir isolées.
À cet effet, les cazettes sont percées de trous également espacés, disposés suivant trois lignes verticales ; on place dans chaque trou une petite cheville ou pyramide triangulaire de faïence, qui fait saillie en dedans de la cazette. Sur le sommet très-aigu que présentent ces chevilles, ou pernettes, reposent les pièces plates que l’on veut cuire. Les trois points sur lesquels elles touchent aux pernettes sontsi petits qu'ils sont à peine visibles. Cependant on peut { remarquer Sur. toutes les. assiettes de faïence trois points s À peu près à égale distance, où la couverte semble ayoir été piquée,
Les étuis ou cazettes dans lesquels se mettent les pièces
PIRESS 4 4% 633 en- couverte sont eux - mêmes enduits intérieurement d’une couverte dans laquelle il entre beaucoup de plomb, Cette précaution a pour objet de prévenir l’effet de la cazette sur les assiettes ou autres pièces vernies qui cèderaient à la cazette une partie de leur couverte, si celle-ci n'en était pas garnie. D'après ce qu'on a dit plus haut, il est imutile d’insister sur la théorie par laquelle s'explique ce transport. Les étuis à assiettes en contiennent environ une douzaine.
Le four où se cuit la couverte est plus petit que celui où se cuit la faïence en cru ; il n’a jamais que six bouches à feu ou allandiers. Le feu est conduit comme pour le biscuit , mais il est beaucoup moins fort et ne monte guère au-delà du rouge cerise.
1904. Pipes. Les pipesordinaires : sont faitesavec lamême pâte que les faïences fines; elles n’en diffèrent que parce qu’elles sontmoins cuites et presque toujours sans couverte. La terre à pipe doit donc être une argile plastique , blanche, fine, facile à travailler, et ne rougissant point au feu. Elle doit être lavée et épluchée, ensuite bien battue et bien divisée, enfin pétrie et corroyée avec le plus grand soin. On n'y ajoute ni sable ni silex, mais seulement du ciment de cette même terre qui proyient des pipes ES et cassées.
Pour façonner les pipes, on fait des rouleaux de pâte à peu près du volume de la pipe. On leur laisse prendre de la consistance, on les perce avec une brochette de fer, et on relève d’un coup de pouce Fextrémité qui doit former la tête ou fourneau de la pipe. On met cette ébauche dans un moule de cuivre graissé ; on ferme le moule, et on le met en presse. L'extérieur de la pipe est fait. On creuse ensuite la tête ou fourneau, d’abord avec le doigt, puis avec un poinçon de fer; la pipe étant toujours ie le moule, et celui-ci en presse. On retire enfin la pipe du
684 LIV. V. CH. XI. FAÏENCE moule ; on la répare à la main, et on la polit, d'abord avec un morceau de corne, ensuite avec des silex.
Les pipes se cuïisent à peu près comme la faïence et dans les mêmes fours. On les met dans des cazettes cylindriques bien lutées, ou dans des espèces de grands creusets : elles y sont disposées en pyramides; toutes les têtes ou fourneaux placés en bas et circulairement; les tuyaux réunis, et appuyés sur un pilier de terre cannelé qui s'élève au milieu de la gazette, et que l’on nomme chandelier.
Lorsque la terre est un peu ferrugineuse, les pipes deviennent rougeâtres au feu. Pour corMièer ce défaut, il est nécessaire de ramener le fer à l’état de protoxide. On y parvient par le procédé suivant. Lorsque les pipes sont dans le four, on ferme toutes lesouvertures supérieures, et on les enfume; on les fait ensuite rougir; on répète cette opération toutes les heures pendant Ja cuisson : elles deviennent par ce moyen d'un très-beau blanc.
Les pipes étant sans couverte et peu cuites, happent facilement à la langue, s’attachent aux lèvres, et se salissent promptement. Ce sont des inconvéniens que l’on évite en leur donnant une sorte de vernis. On fait, dans de l’eau, un mélange de savon, de cire blanche et de gomme arabique; on fait fondre Le tout à la chaleur, et on mêle la cire par l’agitation; on y plonge les pipes, et on les frotte ensuite avec une flanelle; elles acquièrent un lustre qui leur donne plus de propreté et plus de valeur.
Des Faïences communes.
1205. Leur pâte, ordinairement poreuse, est rouge ou jaunâtre, et leur couverte est colorée ou d’un blanc opaque. |
La pâte est un mélange d’une argile souvent ferrugineuse, quelquefois calcaire, et d’un sable qui contient de l’oxide de fer, quelquefois un peu d'argile, ou même de la chaux. L'argile que l'on emploie est tantôt bleue et ferru-