‹ Traité de chimie, appliquée aux arts (volume 2)Chapitre 195 sur 218 · ET, · texte numérisé non relu

ET,

COMMUNE: 635 gineuse, tantôt verte et calcaire ; c’est une espèce de marne : quelquefois mème , comme dans plusieurs manufactures de Paris, on y ajoute de la marne. Il paraît qu’elle facilite la fusion de l’émail par sa propre fusibilité , et qu’elle en augmente l’adhérence. La quantité de marne peut être portée jusqu'à 20 p. 100 dans la pâte sans inconyéniens. Ces matitres ne sont jamais broyées, et souvent elles ne sont lavées que grossièrement. Elles sont mélangées dans des proportions qui diffèrent dans chaque fabrique: le terme moyen -parait être de trois cinquièmes d'argile ou de marne, et de deux cinquièmes de sable. |

La pâte est quelquefois passée au tamis, mais elle n’est jamais raffermie par l’évaporation à l’aide du feu, comme celle de la faïence fine. On se contente de la faire séjourner dans des fosses creusées dans le sol; la pâte sy dépose, on fait écouler l’eau par des robinets latéraux,

Le four dans lequel on cuit la faïence commune.se compose de voûtes à deux étages posés l’un sur l’autre. L'étage inférieur est très-bas, il offre d’un côté une ouverture qui sert de foyer. Sa voûte est percée de carneaux. L'étage supérieur est ni vase ; il reçoit les pièces au moyen d'une porte qu’on ferme quand il est chargé. IL est terminé aussi par une voûte percée de carneaux. Les pièces en cru sont placées dans la partie supérieure du four; les pièces en couverte en occupent le bas; on les met A0 des étuis ou gazettes. L’étage inférieur ne reçoit point de pièces. Daettdafois on les place les unes au-dessus des autres , en chapelle ou échappade; elles sont alors seulementsupportées par de grands carreaux octogones de terre cuite, portés eux-mêmes sur des piliers de même nature.

Lorsque les pièces sont ainsi disposées dans le four on en mure la porte avec des briques, et on allume le feu sous la voûte inférieure ; la flamme passe par les ouvertures qui traversent le plancher de séparation des deux voütes , etcircule entre-les pièces. Lorsqu’elles commencent

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jé é pose Asvaatunènt sur L'ANNÉE paroüon ile! jetait; et on l’y dispose en talus; la Chaleur augmente rapidemént, et les pièces Sont cuites en trente ou trente-six heures. On les défourne ; celles qui étaient en cru ‘se trouvént à l’état de biscuit ; les autres sont bonnes à livrer au commerce. Le biscuit se met en couverte à la manière ordinaire. Elles sont alors bonnes à être mises en couverte.

Comme on l’a vu; cette couverte est formée au moyen de l'émail blané. Celui-ci se prépare dans les fabriques en fondant énsemblé le plomb et l’étain et oxidant cet alhäge dans un petit fourneau à réverbère nommé fournette. Les proportions de cet alliage varient. Pour la faïence très-commune on prend ï4 d'étain pour 100 de plomb. Pour la bellé faïence on prénd 20 à 25 d’étain pour 100 de plomb. Quand la calcine est préparée, on la combine avec une fritte obtenue avec du sable blanc et du sel dé soude. Cette fritte $e prépare dans l’étage inférieur du four à faïence, pendant la cuisson des pièces. Elle se compôse de 100 de sable pour 10 ou 12 de sel de soude. On à remarqué qu'elle devénait plus blanche, si après cette première cuisson on la mouillait d’une dissolution de sel marin et on la repassait au feu. La fritte étant faite, on la méle avec la calcine et on fond le tout dans l'étage inférieur du four à faïence; les proportions Sont parties égales de fritte et de calcine. On cuit ce mélange dans un bassin fait avec les matières qui produisent la fritte. De sorté qu'en même temps on cuit lés parois de ce bassin pour faire la fritte et l’intérieur pour produire l'émail.

:L'émail ainsi préparé est broyé avec soin sous l’eau , et il s'applique par les procédés ordinairés, sur le biscuit absorbant.

Nous avons dit que la pâte de la faïencé communeétait ordinairementrouge, Où au moins jaune ; elle est d'ailleurs

| COMMUNE. 68; grossière et poreuse ; elle supporte assez bien les passages alternatifs du chaud et du froid , surtout si on a fait entrer dans sa composition du ciment très-fin de cette même pâte, ou du sable en grande quantité.

Cette faïence est presque toujours fusible à une haute température ; et quand elle contient beaucoup de fer ét de chaux, elle’ est fusible à une température peu élevée, ou bien elle s’y boursoufle. Ces mauvaises qualités exigent une couverte très-fusible.

Cette espèce de faïence est assez belle, surtout si elle a été fabriquée avec soin, si elle n’est pas trop épaisse, etc. Elle est d’abord inattaquable par les acides et par les graisses. Mais elle ne conserve pas long-temps cette belle apparence. Elle supporte difficilement le passage subit du chaud au froid. Sa couverte devant être assez épaisse pour cacher entièrement la couleur de la pâte, gâte toutes les formes ; bientôt elle se fendille, les graisses pénètrent la pâte, et donnent aux alimens qu'on y prépare un goût désagréable ; enfin elle s'écorne et laisse voir sa pâte rouge qui contraste désagréablement avec la blancheur de la pièce. |

1506. La faïence très-commune, que l’on nomme ordihairement poterie de terre, et dont la couverte est brune, jauneou même verdâtre, est de toutes les poteries la plus mauvaise ; non-seulement sa pâte est grossière, poreuse et fragile , mais sa couverte est souvent dangereuse ; elle est presque entièrement composée d'oxide de RE fondu et quelquefois mêlé d’oxide de cuivre , ou d’oxide de manganèse. Si on laisse séjourner dans de foi hepele des alimens acides , si on y fait chauffer fortement des graisses, Ja couverte en est attaquée, et le plomb communique aux alimens ses qualités délétères.

Cette qualité nuisible de la couverte ajoute donc aux inconvéniens de cette faïence; le seul avantage qu'elle présente c’est d'aller facilement au feu sans se casser ct

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