‹ Traité de chimie, appliquée aux arts (volume 2)Chapitre 197 sur 218 · LIV. V. [He XI. CRÉUSETS · texte numérisé non relu

LIV. V. [He XI. CRÉUSETS

derniers , ils supportent mieux qu'eux l’action de l’oxide de plomb en fusion. Ces creusets ont donc, à quelques égards, l'avantage sur ceux de Hesse, mais 1e sont moins solides , et cassent plus aisément par frs chocs ou dans les transports.

La pâte des creusets est toujours formée d’ argile crue qui sert de matière liante et d'argile cuite à une chaleur rouge qui sert de ciment. rer on a fait choix d’une argile réfractaire, il faut donc en faire calciner une partie, la réduire en poudre grossière dans un moulin à meules verticales, et tamiser cette poudre au travers d’un crible en fer. Les mailles de celui-ci n’ontpas moins d’une ligne d’écartement pour les grands creusets et d’une demiligne pour les plus petits. L’argile crue est débarassée des corps étrangers par le tamisage et la décantation. On fait ensuite un-mélange bien exact de trois parties d’argile calcinée avec une d'argile crue, soit à l’aide d’un moulin, soit en faisant marcher ce mélange.

Le ciment a pour objet d'empêcher les creusets de se fendre pendant leur dessication ou leur cuisson, ainsi que dans tous les cas où on veut leur faire subir un coup de feu brusque. C’est, comme nous l'avons dit plus haut, une des propriétés des pâtes poreuses. Le ciment peut être remplacé par de petits fragmens de coke, par du sable tamisé ou des tessons de creuseis réduits en poudre grossière.

On emploie souvent en même temps l'argile crue , l'argile calcinée et les tessons de creuseis.

Le moulage des creusets est fort simple, On prend un mandrin en bois bien lisse, implanté perpendiculairement sur une table. On le saupoudre avec de l'argile en poudre fine, on moule les creusets sur ce mandrin, et on ferme le fond plat en frappant quelques coups avec une palette en bois. Lorsque les pièces ont éprouvé une légère dessication, on les remet sur les manudrins, on les frappe de nouveau à petits coups avec la palette pour les

CREUSETS, 693 rendre plus compactes , et on les fait enfin sécher lentement.

Pour les petits creusets on peut se servir de moules en bronze. On place un volume déterminé de pâte, dans le fond du moule, on met par-dessus un mandrin à rebords, et on donne un coup de balancier ; ou bien on comprime à l’aide d’une presse. Le mandrin s'enfonce, et force la pâte à remonter dans l'intervalle vide qui se trouve entre lui et le moule. La portion de pâte employée est calculée pour remplir cet espace. Au fond du moule se trouve un disque conique. mobile, plus large en dedans qu’en dehors , et rodé comme une soupape ; il sert à repousser le creuset moulé, dèsque le mandrin est enlevé. Les creusets dont on se sert au laboratoire de la monnaie de Paris sont préparés de cette manière avec deux parties d'argile de Forges calcinée, réduite en poudre, et une partie de la même argile crue. Le moulage des grands creusets ne peut s'effectuer de cette manière; l’eau contenue dans la pâte se sépare alors çà et là , et forme des soufflures. IL est d’ailleurs difficile de détacher le creuset du. moule aussitôt qu'il a été comprimé , sans le déformer ou y produire quelques lézardes.

On peut aussi couler les creusets dans des moules: de plâtre, par le procédé que M. Cameron a indiqué: Pour cela on délaie de l'argile crue dans l’eau, de manière à former une bouillie claire qu'on passe au travers d’un tamis de soie. On laisse déposer pendant quelques heures, on décante l’eau surnageante, on ajoute alors au résidu sept parties de sable ou de ciment fin pour dix-sept d’argile.

La bouillie terreuse étant préparée, -on remplit les moules de plâtre, parfaitement secs; au bout d’une demiheure on décante la portion liquide. On laisse un peu sécher la couche qui s’est attachée au moule, puis on emplit et on décante une deuxième fois ; si l'on veut augmenter l'épaisseur, on peut répéter encore l'opération; si les

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moüles sont faits de deux pièces , dès que les creusets ont pris une consistance suflisante pour êtresortis des moules, on peut séparer les pièces et démouler. On faitsécher les xaoules avant de s’en servir de nouveau.

Enfin, pour les creusets de grande dimension , on forme avec la pâte argileuse des cylindres pleins, qu’on foré énsuite lorsqu'ils ont pris un peu de consistance à l’aide d’une mèche ou d’une cuillère de forme convenable.

Lorsque les creusèts sont secs on les fait cuire dans un four à poteries; en général, on doit éviter de les chauffer au point de vitrifier un peu leur surface, car ils sont alors plus cassans; il suffit qu'ils aient pris assez de consistänce pour supporter les transports quand on ne les emploie pas sur lés lieux. Ils achèvent de se cuire dans l'opération même à laquelle ils sont destinés.

Les creusets compactes peuvent être réfractaires et imperméables, mais ils sont toujours sujets à se casser lorsqu’on les!laïsse refroidir. On Îes prépare soit au moyen d'un ciment très-fin d'argile apyre, quand on veut qu'il soient réfractaires, soit en se servant d’une argile un peu fusible. ‘Un mélange de 2 parties d'argile réfractaire calcinée et réduite en poudre très-fine, et de r partie de la même argile rue, donne des creusets compactes. L’argile de Savéignies, près Beauvais, sans mélange de sable , de tessons, ni d'argile cuite, donne seule des creusets très-compactes si l’on pousse la cuisson jusqu'au point où la terre éprouve un commencement de vitrification.

Ces creusets ne sont pas très-réfractaires ; ils exigent béaucoup de précautions lorsqu'on les chauffe et qu'on les faisse refroïdir ; il sont fort sujets à se casser, pour peu que les changemens de température ne soient pas trèsgradués ; maïs ils $e laissent moins aisément traverser par tous les corps qui, à l’état de fusion, sont capables de mouiller l'argile,

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