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TUILES

Des tuiles, des carreaux et autres terres cuites.

1510. La fabrication des tuiles et carreaux peut se faire avec toute espèce de terre argileuse, On n’a besoin ni d’une pâte fine, ni d’une argile infusible, les objets qu'il s’agit de préparer peuvent donc l'être avec desterres très-variées.

Pour gâcher la terre argileuse, on la met dans un cuvier en boïs ; un axe perpendiculaire qui traverse le cuvier est muni de rayons disposés en spirale , desquels partent des couteaux parallèles à l'axe. Ils sont mus par un cheval et coupent en morceaux l'argile qui y est enfermée. On fait sortir la pâte de la boîte par une porte latérale; elle est pétrie par des femmes et réduite en plaques qui sont portées au mouleur. Quand le mouleur veut former une tuile plate et rectangulaire, il place sa terre préparée dans un moule de bois formé de quatre règles : celle d’une des extrémités a une échancrure carrée. La saillie produite à l'un de ses bouts, par l’échancrure du moule, est relevée avec le doigt par l’apprenti ; elle devient le crochet qui sert à l’attacher aux lattes des couvertures. On porte ces tuiles sur l’aire de l'atelier pour leur faire prendre un commencexent de dessication ; lorsqu'elles ont acquisla consistance nécessaire, un ouvrier, placé à cheval sur un banc, les bat l’une après l’autre sur le plat et sur le tranchant, et les dispose en haie.

On fait subir aux carreaux les mêmes opérations ; mais pour rendre leurs côtés égaux et leurs arêtes vives, on les applique, lorsqu'ils ont été moulés et qu'ils sont presque secs, contre un modèleÏou forme en bois dont les bords sont revêtus d’une lame de fer; on enlève avec un instrument tranchant tout ce qui excède ces bords.

Les tuiles et les carreaux se cuisent dans des fours rectangulaires terminés en haut par une voûte surbaïssée et percée de carneaux, Le combustible se place dans un foyer

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platé en bas sur un des côtés. Ces fours peuvent être du reste variés de bien de manières. Ordinairement les pièces reposent sur un sol grillé au travers duquel leur arrive la flamme.

Dans un four qui contient seize milliers de tuiles, il faut quarante heures pour les cuire, et trois jours pour laisser refroidir le fourneau.

Quand on veut donner aux tuiles ou aux carreaux cette couleur gris de fer qu'on leur trouve en Hollande, on les enfume. Pour cela, lorsqu'elles sont suffisamment cuites, mais pendant qu'elles sont encore rouges, on jette dans le foyer de petits fagots de bois vert munis de leurs feuilles; on muraille aussitôt les ouvertures du foyer , et on ferme toutes les ouvertures supérieures avec des carreaux ; on recouvre le tout d'une couche épaisse de sable mouillé; on ne défourne qu'au bout de dix jours. Les tuiles ont pris alors la teinte gris de fer qu’on veut leur donner. |

La porosité des tuiles les rendant capables d’absorber l’eau, les gelées les détruisent promptement, et les mousses y croissent avec facilité; pour s'opposer à cette double cause de destruction on les vernit.

C’est surtout en Hollande qu’on leur donne cette façon: on prend vingt parties de litharge broyée et trois de manganèse, on y ajoute de l'argile délayée dans l’eau , de manière à faire du tout une bouillie assez épaisse pour qu'une : petite balle d'argile ne s’y enfonce point. On verse de cette composition sur une des faces de la tuile crue et bien sèche, maïs on a soin dene pas en mettre dans les endroits où les tuiles doivent se toucher dans le four. On les place dans la partie du four où il y a le plus de chaleur.

Des briques.

1511. Les briquesont des usages tellement variés qu'on dojt s'attendre à trouver de grandes différences dans les ter-

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