‹ Traité de chimie, appliquée aux arts (volume 2)Chapitre 20 sur 218 · LIV, III, CH. III. OXIDES · texte numérisé non relu

LIV, III, CH. III. OXIDES

77. Commele cuivre estun métal faiblement positif dans * J'échelle électro-chimique , nous savons qu'il ne doit agir sur l’eau de mer que lorsqu'il est dans un état positif; il sufht de le rendre légèrement négatif, pour que l’action corrosive de l’eau de mer sur lui devienne nulle. Par ce moyen les différences entre les espèces de feuilles de cuivre et leur action électrique réciproque deviennent sans effet tant que leur surface entière est rendue négative. M. Davy pensa donc que le contact du zinc, de l’étain ou du fer, quoique incapable de créer un état électrique puissant, serait néanmoins capable de combattre avec succès l’action lente et faible de l’eau de mer sur le cuivre, eu égard à la

petite différence qui doit exister entre les pouvoirs élec- :

triques du cuivreet de l’eau de mer. L’action chimique étant très-faible, elle devait être détruite par une force électrique très-faible aussi; quelques expériences sur ce sujet confirmèrent cette présomption. M. Davy se plaça d'abord dans un cas extrême; il rendit l’eau légèrement acidule par de l’acide sulfurique, et y plongea un mer-

“ceau de cuivre poli auquel était soudé un morceau d'étain égal environ au vingtième de la surface du cuivre: examiné trois: jours après, le cuivre se trouva parfaitement propFEe "s tandis que l'étain avait été corrodé ‘rapidement. On n'aperçut aucune teinte bleuâtre dans ce liquide,

quoique dans une expérience comparative, où le cuivre

seul fut plongé dans l'eau de mer; il y eut une corrosion considérable sut cette surface et une teinte bleue distincte dans le liquide. RE és 8e. 18 Puisqu'une portion d'étain égale au vingtième dé lastirface du: cuivre empêchait l’action de l’eau de mer rendue légèrement acidule par l'acide sulfurique, il était évident qu'une quantité beaucoup plus petite rendrait parfaitement, nulle l’action de l’eau de mer qui ne dépend que de l'oxigène de l’air qu’elle renferme. En employant 1/200 d'étain, l'effet était parfaitement décisif. Que l'étain fût

\ 0 MÉTALLIQUES. 7 placé au milieu, dans le haut ou dans le bas de la feuille de cuivré, les effets étaient les mêmes ; mais, après une semaine ou dix | jours, l’action défaire de l’étain avait été altérée par une couche de sous-chlorure d’étain qui s'était formée et qui préservait l’étain de l’action du liquide. Avec le zinc, le fer, ou la fonte, on n’observa aucune diminution d'effet. Le zinc occasiona seulement dans l'eau de mer un nuage blanc qui s’affaissa promptement au fond du vase dans lequel on faisait l’opération.Le fer donna lieu à un précipité orange foncé ; mais après quelques semaines, on ne trouva pas dans l’eau la plus petite portion de cuivre et bien loïn que sa surface füt corrodée, on remarquait dans plusieurs endroits du zinc ou a fer réduit. | 758. En poursuivant ces recherches, et en appliquant des feuilles de cuivre de toutes les formes et disposées entre elles de toutes les manières possibles, les résultats furent les plus satisfaisans ; un morceau de zinc gros comme un pois ou la pointe d'un petit clou de fer étaient toutà-fait suffisans pour conserver quarante ou cinquante pouces carrés de cuivre, et cela en quelqueendroit qu’ils fussent placés, soit au haut, au bas ou dans le milieu de la feuille de cuivre, et soit que celle-ci fût droite, ou pliée, ou tournée en spirale. Lorsque la réunion de différentes pièces de cuivre était effectuée par des fils de métal, ou par de minces filamens d'un quarantième où d’ un cinquantième de pouce en diamètre, l’effet était le même ; chaque côté, chaque petite partie de cuivre conservait son éclat, tandis que le fer ou le zinc étaient lentement corrodés. Un morceau d’une feuille de cuivre -contenant sur Îles deux surfaces environ soixante pouces en carré, fut coupé de telle manière que l'on en forma sept divisions jointes ensembles par les plus petits filamens qu'il fut possible d'y laïsser, et une masse de zinc d'un cinquième de pouce en diamètre fut soudée à la division supérieure, et

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le tout plongé dans l’eau de mer : le cuivre resta parfaitement poli. La même expérience fut faite avec le fer, et au bout d’un:mois le cuivre était aussi brillant que lorsqu'il avait été mis en expérience; tandis que des morceaux seniblables de cuivre non défendus avaient éprouvé, dans la mème eau de mer , une corrosion considérable , et avaient produit une grande quantité d’un dépôt vert dans le fond du vase. | -

Un morceau d’un clou de fer long à peu près d’un pouce, fut lié par un bout de fil de cuivre d'à peu près un pied de long, à une feuille de cuivre contenant environ quarante pouces carrés et le tout fut plongé dans l’eau. de mer : On trouva, après une semaine, que le cuivre avait été défendu par le fer de la même manière qu'il FPaurait été par un contact immédiat. :

Un morceau de cuivre et un morceau de zine, soudés ensemble à une de leurs extrémités furent plongés en arc dans deux vases différens d’eau de mer, et les deux portions d’eau furent mises en communication par une petite masse d’étoupes, humectée de la même eau; le cuivre fut préservé comme si les deux métaux eussent été dans le même vase. of

759. L’océan peut être considéré relativement à la quantité de cuivre d’un vaisseau, comme un conducteur infiniment étendu. Il fallait s'assurer si cette eirconstance aurait quelque influence sur les résultats; en conséquencé deux fils de cuivre très-fins, un sans défense, l’autre défendu par une.particule de zinc, furent placés dans un très-grand vase d’eau de mer. D'un autre côté on fit l'expérience en grand. Des feuilles de cuivre en contact sur 1/40 ou 1/1000 de leur surface avec du zinc, du fer ou de la fonte, ontété exposées pendant plusieurs semaines au mouvement de la marée dans le port de Portsmouth, et leurs poids déterminés avant et après l'expérience. Lorsque le protecteur métallique avaitune surface de 1/40 à 1/150 de celle du cuivre,

in Y avait ni corrosion ni diminution de ce dernier mé-

tal; avec de plus petites quantités, telles que 1/200 à 1/400, le cuivre éprouvait une perte de poids qui était plus forte à mesure que le protecteur devenait plus petit; et ce qui prouve la généralité du principe sur lequel ce procédé repose, on trouva que même 1/1000 de fer fondu en surface, conservait une certaine quantité de cuivre,

Quand on compare le doublage des bâtimens, protégé par le contact du zinc, du fer et de la fonte en diverses proportions, à celui des bâtimens semblables non protégé, on voit dans le premier des,surfaces brillantes, tandis que le cuivre. non défendu Fi une corrosion pArE à devient d’abord rouge, ensuite vert, et perd une partie de sa substance en ie

Heureusement, dans le cours de ces expériences, il a été prouvé que la fonte, substance à très-bon marché et la plus facile à trouver en tous lieux, est la plus propre à la protection du cuivre; elle dure aussi long-temps que le fer malléable ou le zinc; la plombagine qui se produit à sa surface, par l’action de l’eau de la mer, n’altère point sa

première forme et n'empêche pas Vaction électrique du

métal qui reste.

760.M. Davy avait annoncé d'avance que, dans certains cas, il se déposerait des substances alcalines sur Île cuivre négativement électrisé, et c’est effectivement ce qui arrive. Quelques feuilles de cuivre qui avaient été Expoñées près de quatre mois à l’action de l’eau de mer , défendues à peu près sur 1/35 à 1/80 de leur surface par ce zinc ou du fer, furent couvertes: d’ une matière blanche, qui a été reconnue pour être principalement c du carbonate de chaux, “du carbonate et de l’hydrate de magnésie. La même chose s’est présentée sur le doublage de deux bateaux, dont l’un

avait été protégé par une bande de zinc, et l’autre par une . bande de fer ayant des surfaces égales à environ 1/35 de la

surface du cuivre. La

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Les feuilles de ces bateaux se congérvérèitt parfaitement propres pendant plusieurs semaines, c'est-à-dire, aussi long-temps que la surface métallique du cuivre resta à dé- Couvert; mais quand ce métal fut revêtu de carbonate de chaux et de magnésie, des plantes et des insectes s’y rassemblèrent. Quant aux feuilles de cuivre, défendues par des surfaces ‘de fonte et de zinc dans la pr oportion au dessous de 1/150, le pouvoir ‘électrique du cuivre étant moins négatif, plus neutralisé et presqueen équilibre avec celui du dissolvant, il ne sy forma point de dépôt de AMIE alcaline, et les plantes s’y fixèrent pas : la surface, quoiqu’elle eüt éprouvé un léger degré de solution, resta parfaitement décapée; circonstance de grande importance, puisqu elle détermine les limites de protection, et rend l'application d'une très-petite quantité de métal oxidable plus avantageuse, dans le A que celle d’une plus g grande quantité.

La destruction de la fonte n’est pas si rapide qu'une masse de deux ou trois pouces d'épaisseur ne puisse durer plusieurs années. Au moins la consommation, dans des ex-. périences qui ont duré pendant environ quatre ‘mois; n'indique pas une plus grande perte. Ceci cpendant, doit dépendre du rapport de la massé de la fonte à celle du cuivre, et de plusieurs autres circonstances encore indéterminées, telles que la température, la salure de l’eau de la mer, et peut-être la rapidité du mouvement du vaisseau, etc. :

Il est donc évident que pour tous les métaux de la troisième et de la quatrième section, on peut les garantir de l’action de Fair dissous dans l'eau, toutes les fois qu'on les rend négatifs, en les associant à un autre métal qui soit positif à leur égard.

Nous allons retrouver -des phénomènes entièrement semblables à ceux-ci en étudiant l’oxidation des métaux sous, l'influence des acides, et les conséquences qu'on

| METALLIQUES. gi ef pourra urer pour les applications ne seront ni moins curieuses ni moins utiles.

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