‹ Traité de chimie, appliquée aux arts (volume 2)Chapitre 201 sur 218 · LIV. V. CH. XI. BRIQUES · texte numérisé non relu

LIV. V. CH. XI. BRIQUES

térieurement d’un placage d'argile mêlée avec beaucoup de sable , afin qu’il ne se fende pas trop.

Les briques des assises inférieures cuisent donc pendant que l’enfourneur place celles des assises supérieures.

Ce fourneau, étant construit en plein air , est assez difficile à conduire ; les coups de vent lui nuisent. On l’abrite, en ouvrant ou fermant , selon le besoin, les canaux ou foyers inférieurs dans lesquels on a iéas le bois qui a servi à allumer le charbon.

Les briques de l’intérieur étant toujours plus cuites que celles des bords ou paremens, et prenant plus de retraite, le fourneau s’affaisse davantage dans son milieu que sur ses bords, l’enfourneur, pour rétablir l’équilibre , élève les bords moins que le milieu; ce qu'il fait en inclinant ou en mettant à plat les briques voisines du parement, tandis qu'il met de champ celles du milieu.

Une fournée est composée d'environ quatre cent milliers de briques ; il faut 20 à 25 jours pour la cuire.

Dans la cuisson des briques au moyen du bois, les foyers sont inférieurs et même enfoncés dans'le sol; ils consistent en deux ou trois canaux, selon la grandeur du fourneau, voütés et parallèles. La voûte de ces canaux, au lieu d’être pleine, est composée de neuf à douze arceaux transversaux , qui laissent entre eux une fente assez large. C'est par ces fentes que‘la flamme du combustible mis dans les foyers doit pénétrer dans le corps du fourneau. Le corpsdu fourneau placédirectementau-dessus des foyers est un prisme à quaire pans ; Ces pans ou murailles sont construits solidement en briques cuites. Il y a quelquefois une double muraille extérieure , et l’espace entre les deux murailles est rempli de matériaux divers. Cette: disposition concentre la chaleur. Le corps de ce fourneau est rempli de briques à à cuire ; elles y sont placées de champ et laissent entre elles un peu d’espace ; les briques de chaque assise croisent celles de l'assise inférieure ; on

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élève ordinairement la masse des briques à cuire d’un mètre environ au-dessus des murs qui forment les parois du fourneau. On commence par faire très-peu de feu dans les foyers, on l’augmente ensuite jusqu'à porler au rouge blanc les ouvertures de ces foyers. Le feu dure en tout environ trois Ou quatre Jours. | On cuit en Hollande des briques avec la tourbe. Le fourneau dans lequel on les place est un bâtiment à peu près carré, de cinq mètres de hauteur , formé de quatre murs qui ont deux mètres d'épaisseur, et qui sont faits en briques. Une porte est ouverte dans l’un de ces murs ; les deux murs à droite et à gauche de la porte sont percés, vers leur base, de six à huit ou même douze ouvertures longitudinales, situées exactementen face l’une de l’autre. On place sur le sol du fourneau quelques assises de briques cuites ; elles y sont posées de champ ; on laisse vis-à-vis des ouvertures un canal qui va de l’une à l’autre, qui se rétréeit vers le haut, et qui est transformé à Ja dernière assise en une voûte en ogive très-étroite ; ces voûtes sont les foyers destinés à recevoir la tourbe. Lorsque le fourneau est chargé complétement, on muraille la porte et on ferme toutes les ouvertures des foyers du même côté; on y introduit alors la tourbe, qui est celle de Frise à gros brins ; elle donne une flamme plus longue et plus claire, ct produit moins de cendre que les autres qualités de tourbe. | Lorsque le côté du fourneau par lequelon jette la tourbe est suffisamment chauffé, on ferme les ouvertures de ce côté, et on ouvre celles du côté opposé, par lequel on introduit alors le combustible. Le fourneau est en feu pendant trois ou quatre semaines ; on le laisse refroïdir pendant trois autres semaines , et on défourne les briques. Les briques perdent de leur poids en se séchant et en cuisant ; cette perte doit être très-différente selon les diverses qualités ; on peut évaluer la perte qu'éprouvent cer-

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taines briques en passant du moulage à une dessication complète à 0,23, et à 0,05 en passant de cette dessication à une cuisson parfaite. |

Les bonnes briques sont sonores, sans boursouflures ni vides ; elles doivent être assez dures pour faire feu avec les unions d'acier. ;

Les usages des briques sont extrêmement multipliés ; elles tiennent lieu de pierres dans tous les lieux où ces matériaux manquent. On en fait une consommation prodigieuse à Londres, dans une grande partie de l'Angleterre, et en Hollande. Dans ce dernier pays on les emploie à tout, même à paver les chemins.

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