‹ Traité de chimie, appliquée aux arts (volume 2)Chapitre 208 sur 218 · LIV. V. CH. XIII, NITRIÈRES · texte numérisé non relu

LIV. V. CH. XIII, NITRIÈRES

chacun annuellement un demi-quintal de salpétre dans les magasins du gouvernement. Comme c’est Phaablement un impôt, la productionfdoit être au moins quinie à vingt fois plus grande. Cesserait. donc environ 120 à 160 quintaux par an plus ou moins. Bien que M. Davy n’ait pas 154 de at animale sus le sol de la in x peut douter, eu égard à la grande surface de ses paroïs et à la petite épaisseur de son toit, que la matière animale ou azotée nécessaire ne puisse provenir de l'infiltration des eaux qui auraient séjourné sur leterrain qui recouvre la montagne.

1539. Voici l'analyse de la portion nitrifiée de la roche de cette caverne.

Nitrate de potasse. . . 2,4 Id. de magnésie. « 0,7 Sulfate de magnésie. « 0,2 RE om AP PC ur TND à EU:

Carbonate de chaux. . 26,5 Matière terreuse inso- Juble dans l’acide ni-

trique faible. J'iur 60,8

On reconnaît dans cette roche du carbonate de chaux, du felspath, du quartz, du mica, du tale, comme principes minéralogiques. | $

1540. L'exploitation des parties nitrifiées est fort simple. On entame la surface au moyen de petites haches et on réduit les fragmens ainsi détachés en poudre grossière. Celle-ci mêlée avec une quantité égale de cendres de bois est lessivée à l'eau froide. La lessive, évaporée dans des vases de terre cuite, puis refroïdie, fournit des cristaux de nitre qu'on égoutte et qu’on livre au commerce.

Dans la caverne de Boulatwellegodé, l'une des plus considérables de Ceylan, M. Davÿ! trouva une quantité

NITRIÈRES. 731 innombrable de chauve-souris, maïs ce qui précède tend à établir que leur influence n’est pas bien nécessaire.

Ces nitrières de Ceylan, comme toutes les nitrières na= turelles, jettent bien des doutes sur la théorie de la nitrification, mais ne résolvent certainement pas la question, faute de renseignemens minutieux qui seraient ici tout-àfait nécessaires. |

141. Nitrières de la Roche-Guyon, Mousseau, etc. Ce sont des grottes creusées dans les rochers crayeux qui bordent la Seine. Leur ouverture est exposée au midi. Eiles servent de caves, d’étables ou mème d'habitations. C’est surtout autour de leur ouverture ou du moins à une faible profondeur que la nitrification s’opère. On y fait plusieurs récoltes chaque année, et les matières qui en proviennent sont soumises aux procédés d'exploitation ordinaires.

1542. Nitrières de l'Inde, de l'Égypte, d'Espagne. Ainsi que nous l’avons dit plus haut, le sol de ces trois pays se nitrifie dans certaines localités à un point très-remarquable, et d'autant plus digne d'attention que la proportion de nitrate de potasse s’y trouye en général fort grande.

L'exploitation est d’ailleurs fort simple, car, dès qu’on a reconnu un terrain nitreux, il sufht d'enlever les terres de la surface du sol jusqu’à la profondeur de quelques pouces, de les délayer dans l’eau , de décanter et de renouveler les lavages autant qu'il est nécessaire. Les lessives sont conduites dans des fosses et abandonnées à l’évaporation spostanée que le soleil de ces climats favorise beaucoup. Vers la fin de l'évaporation, il est avantageux de porter la liqueur dans des chaudières où on la porte à l’ébullition et où la concentration s'achève. De là on la porte dans des cristallisoirs, où le nitre se dépose. Le nitrate de chaux reste dans les eaux-mères. Quand on peut se procurer des cendres ou l'un des agens convenables

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