LIV. V. CH. XIII. NITRIÈNES
pour transformer le nitrate de chaux en nitrate de potasse ki il est fort avantageux de l’employer, ainsi que l'indique l'analyse suivante. M. John Davy a trouvé leterrain nitrier du Bengale dans le district de Tirhoot, composé de
6,3 nitrate de potasse, 3,7 nitrate de chaux.
0,8 sulfate de chaux.
0,2 sel marin.
35,0 carbonate de chaux avec trace de magnésie. 40,0 matière terreuse insoluble dans l’eau et l’acide ni- trique.
12,0 eau avec trace de matière végétale.
mens
1543. La proportion de nitrate dé chaux, quoique bien moins grande qu’en Europe, est néanmoins telle qu'on ne peut la négliger. |
Du reste, nous manquons absolument de renseignemens sur les phénomènes de Ja nitrification dans ces localités privilégiées.
Le Nouveau-Monde ne tardera pas, sans doute, à être exploré sous ce rapport et tout indique qu'il fournira aussi de riches récoltes.
Nitrieres artificielles.
1544. On donne ce nom à des établissemens , dans lesquels on cherche à reproduire les mélanges qui conviennent à la nitrification et danslesquels on s'arrange, enoutre, de manière à réaliser autant que possible, les conditions les plus favorables pour que ce phénomène se produise.
Les avantages de cesnitrières, qui ont été fort employées dans le nord de l’Europe , furent singulièrement exagérés en France il ÿ a quelques années. Aujourd'hui, ils sont ramenés par l'expérience à leur valeur réelle, et toutes les
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personnes qui en ont examiné les procédés sont persuadées qu'il vaut bien mieux appliquer aux travaux ordinaires de lPagriculture, la main-d'œuvre, le terrain et les fumiers qu'une nitrière artificielle exige. |
1545. On distingue deux dispositions principales dans les nitrières artificielles, les nitrières couvertes qui ont été mises en usage en Suède, et les nitrières en murs dont on s’est servi de préférence en Prusse. Dans les unes comme dans les autres, on a toujours à lessiver de grandes masses de terre. En effet, on peut évaluer à 4 onces par pied cube le produit d’une bonne nitrière, ce qui fait, pour r000 kil, de salpêtre par an, 8000 pieds cubes de terre à lessiver et 24000 pieds cubes à mettre en exploitation ; la nitrification exigeant trois années terme moyen, et le lavage s’opérant chaque année sur un tiers de la masse.
Voici quelques détails particuliers sur Les procédés qui ont été mis en usage.
Nürières en couche.
1546. Nitrières de Suède. D'après M. Berzélius, dans une petite cabane en bois, dont le plancher est aussi en bois, mais quelquefois aussi en argile comprimée et bien compacte, on place un mélange de terre ordinaire, de sable calcaire ou de marne et de cendres lessivées, et on arrose ce mélange avec de l’urine de bœuf ou de vache. Pendant l'été, on remue la masse une fois par semaine, et pendant l'hiver une fois chaque deux ou trois semaines. Cela se fait en ménageant un petit espace le long d’un côté de la cabane et en rejetant la terre une fois vers le côté gauche, l’autre fois vers le côté droit , en prenant soin de ne pas comprimer la terre dans le nouveau monceau que l'on forme. Le monceau a ordinairement deux et demi à trois pieds de hauteur sur toute l'étendue de la cabane. La cabane est pourvue de volets que l’on ferme pour empêcher le soleil dy pénétrer.
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1547: Nitrière de Longpont. Elle ést située dans une carrière d'où on a retiré la pierre pour bâtir l’église de l’ancienne abbaye de Longpont. Dans le fond de cette carrière où l'air circule facilement, on fait une couche de trois ou quatre pieds de hauteur, par lits successifs de térre et de fumier, chacun environ de 4 pouces d'épaisseur, en finissant parune couche de terre. On se contente de diriger sur le tas les eaux des étables, sans l’arroser d’une manière particulière, humidité de la carrière étant suffisante: Au bout de deux ans cette couche se trouve réduite en terreau. Alors on l'approche de l'entrée de la carrière, où on la laisse deux années encore, en la remuant de temps en temps. Avec le fumier de vingt-cinq animaux, ânes, mulets et vaches, on obtient 5 à 600 kil. de salpêtre.
1548. Nitrières de l Appenzel. Dans ce canton, comme en beaucoup d’autres parties de la Suisse, les étables sont adossées à la pente de quelque montagne, de manière que l'entrée seule est'de plain-pied, la partie opposée du bàment étant élevée de quelques pieds au-dessus du sol et soutenue par des pieux ; le plancher de l’étable étant ainsi bien isolé du sol, laisse celui-ci exposé à l’air. Au-dessous du bâtiment, on creuse une fosse de même surface que lui, et de deux ou trois pieds de profondeur. On remplit celle-ci d’une terre sablonneuse que l’on comprime peu. Comme celle-ci est très-poreuse, elle s’imbibe de l’urine des bestiaux qui vient y découler d'elle-même. Au bout de deux ou trois ans on retire la terre et on la lessive pour en extraire le nitre. On assure que la terre déjà employée devient plus propre à la nitrification et qu’elle peut alors être lessivée tous les ans. Les bonnes récoltes peuvent aller jusqu’à 5oo kilog. pour une étable moyenne.
L'exposition des étables exerce une grande influence, La plus favorable est celle du nord.
1949. Nitrières-bergeries. Thouvenel a essayé un sys-
ième de nitrière auquel il denna ce nom, et le comité des
NITRIÈRES, 735 poudres en a conseillé l'emploi comme étant le mieux approprié aux travaux agricoles de la France.
Dans les nitrières de Thouvenel, comme dans celle de Longpont, le travail est partagé en dx époques distinctes. La première comprend tout le temps nécessaire à la transformation des substances organiques en terreau. C’est ce qu'on désigne sous le nom de preparation des terres. La seconde, qui a pour objet essentiel la nitrification ellemême, est l'époque de la culture des terres.
1550.La préparation des terres se fait simplement, parun séjour d’une année dans les bergeries ou les écuries. On béche le ee fond à un pied, et on fait habiter des moutons dans la bergerie pendant quatre mois en fournissant une abond! nte litière. Au bout de ce temps, on enlève le fumier, on retourne la terre à fond, et on la charge d’une couche de terre peu humide, de8à 9 pouces d'é HUGUES, Quatre mois écoulés, on répète cette opération, et à la fin de l’année la préparation des terres est terminée.
Leur culture se fait en les disposant sous des hangars dont le pourtour est formé par un mur de terre propre à la nitrification. Les terres que l’on cultive sont mises en couches de trois pieds d'épaisseur qu'on remue tous les mois avec des crochets de fer à troïs pointes de quinze pouces de longueur et qu’ on retourne à fond tous les deux mois. Tous les quinze jours on les arrose avec de l’eau de fumier dans laquelle on a délayé des crottins de mouton, de cheval, etc. Avant d'employer cette eau, on la laisse fermenter pendant quinze à vingt jours; ces soins Continués pendant deux années, donnent des terres bonnes à lessiver,
1551. Dans toutes ces opérations, il faut constamment avoir soin d'éviter toute addition de matières animales ou végétales vers la fin du travail. En effet ces matières n’ayant pas eu le temps de se décomposer seraient dissoutes par les gaux de lavage et rendraient la cristallisation des sels dif