LIV, V..CH. XIII. NÎTRIÈRES
cile, en même temps qu'elles les coloreraient beaucoup, ce qui offrirait de graves inconvéniens quand on voudrait procéder au raflinage.
Nitrières en murs.
1552. Dans toutes les dispositions que nous venons de décrire, on étale sur le sol la matière à nitrifier , et on l’y dispose en couche mince, pour satisfaire à la condition si nécessaire du contact de l'air. En Prusse on avait obtenu le même résultat par un procédé qui économise évidemment le terrain et qui offre en outre l'avantage de mettre en contact avec l’air, sur ses deux faces, le lit de matière à nitrifier , ce qui permet d’en accroître l'épaisseur.
Si l’on voulait mettre ce procédé en pratique, il serait vraisemblablement avantageux de Ie faire au moyen des dispositions suivantes.
1553. On ferait subir aux terres la préparation, c’està-dire la transformation en terreau. On formerait ensuite avec ces terres préparées des murs parallèles de 6 ou 7 pieds de hauteur sur trois ou quatre d’épaisseur. L’une des faces serait plane, l’autre disposée en gradins en forme de gouttière afin de retenir les eaux pluviales. Chaque mur serait recouvert d’une couche de paille, pour le garantir de l’action trop forte de ces mêmes eaux. En outre le terrain serait disposé de manière que les eaux de pluie qui auraient pu passer sur les murs , viendraïent se rassembler dans des puisards, pour servir aux arrosemens nécessaires. Enfin on auraitsoin d'entremèêler les matrières nitrifiables de broussailles, pour les diviser et les soutenir.
Dans ces nitrières l'évaporation est rapide, mais on peut la diminuer en disposant plusieurs murs à peu de distance l’un de lPautre. D'ailleurs le travail exigé par les arrosemens n est point perdu, il suflit d’avoir soin d’arroser toujours par la face taillée en gradins et de disposer les murs de telle sorte que le vent habituel frappe sur l’au-
NITRIÈRES, LS tre face. Le nitre formé sera dissous àmesure, porté sur la face plane et abandonné là, par suite del oratiate Les eaux pluviales qui découlent de ces murs et qu’on recueille dans les puisards étant employées à ces arrosemens , les matières animales ou le-nitre qu’elles auraient entraînés rentreront peu Là, peu dans les murs. |
1554. Lorsque la nitrification sera assez ayancée on
gratiéra la face plane ; jusqu’à une certaine profondeur, et les Matières provenant de ce travail seront soumises aux lessivages accoutumés, pour én extraire les nitrates. Le résidu des. ne mêlé de nouvelles terres préparées, et gàché av de ss eaux defumier, sera rapporté sur Ja face n ét E disposé convenablement pour ramené? le mur à son épaisseur primitive.
En continuant le travail de cette manière, Îles he. + mineront d’un côté à l’autre dufterrain, conservant toujours leur forme, leur état, leur parallélisme et leur distance, et l’on sera très- rarement dans le cas de former des murs nouveaux, ce Lo est toujours désavantageux ; car il paroit bien certain qu’une fois que la nitrification est en train, elle marche mieux et pre vite que lorsqu’ elle com mence à s'effectuer. *
Par la méthode que nous vénonsäde décrire, on satisferait sans doute à toutes Îles conditions que É nitrières artificielles semblent exiger. | |
1555. Mais, tout en cherchant les moyens de rendre ces nitrières faciles à conduire et productives, nous sommes “bien éloignés d’en conseiller l exploitation. Nous désirons au contraire vivement que la découverte d’un moyen économique pour la formation directe de l’acide nitrique * vienne reléguer ce procédé parmi ceux que la chimie de notre temps répudie pour son propre compte et qu'elle restitue sans regret à une époque encore si peu éloignée où ses méthodes imparfaites et ses théories erronées ne lui permettoient ni de mieux faire ni de mieux espérer.
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738 LIV. V. CHe KIT, EXTRACTION Extraction du nitrate de potasse.
1556. Quelle que soit la matière salpêtrée que : l'on se propose de traiter, on esl toujours forcé de procéder aux opérations, suivantes :
1°. Un lavage qui a pour objet de séparer les nitrates des matières tent auxquelles ils sont ‘mélés ;
2° Un traitement par un sel de potasse, destiné à trans= former les nitrates terreux en nitrate de potasse ; ;
3 Une évaporation qui fournit le Er ‘en :Cris= RE ; +: Lo
dép ouillé de . les “iv qui at qi ÆExaminons successivement chacune de cés opérations.
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w LAN 1 1 55 7. Lavagedes MA ALes salpétrées. Lu As long-temps on emploie pour exécuter cette opération un procédé fort remarquable, et digne, en tout point, de servir de modèle, pour tous les cas où l’on a une matière soluble à séparer d’une matière insoluble. Les as mtages de ce procédé sont exposés Ÿ une manière si clairedans l’i instruction publiée par le comité sultatif des poudres et salpètres (Paris, 1820 ), qu’ es impossible de faire aucune modification i importante au passage que nous allons en conséquence en extraire. | Supposons qu’on ait mis 200 décimètres cubes de matières sal pètrées contenant 4 centièmes ou 8 kilog. de.salpêtre dans un cuvier muni d’une chantepleure, et qu’on ait ajouté 100 litres d’eau, quantité sénscalement suflisante pour baigner ces matières jusqu’à leur surface. Après douze heures de contact, la moitié du liquide s’écoulera si on ouvre la hantcplone, l'autre moitié sera retenue par les terres, en vertu de l'attraction capillaire, . Mais si la masse a été bien pénétrée, tout le.salpètre
‘ doit être dissous. La moitié a donc aécompagné l’eau qui s’estécoulée, l’autre moitié est restée dans l’eau qui abreuve les terres du cuvier. En remplaçant dans celui-ci le liquide qu’on en a extrait eten ouvrant denouveau la chantepleure au bout de deux ou trois heures , il s’écoulera encore Bo litres d’eau contenant la moitié du salpêtre resté dans Je tonneau, ou le quart de la quantité primitive. Un troisième lavage extraira un 1/8 dé salpètre; un quatrième donnera 1/16, et äinsi de suite. Supposons qu’on se borne à quatre lavages, on aura les résultats suivans : $ D LL D
dr, 1 wÉ” F É à F Eau employée. … Liqueur extraite.
1# Javage 100 litres. . , , . 5o+-4kil. nitre. 2° lavag
ane. Douce gas 2 DORE 3e Lai SR... 7" +. 00 ET id.
He ataree". . 7. . 5610,5 id.
Résidu® Bo'+o,*5 nitre. . 200!+7k,5 nitre.
La perté sera donc de o,5#pour 8 kilog., c'est-à-dire, de -H#%et ‘cet eflet ne pourrait être obtenu par un seul lavage, qu'’autant qu'on emploïerait seize fois plus d'eau que les’terres n'en peuvent retenir, c'est-à-dire, 800 litres ; maïs'alors on aurait 750 litres de liquide à évaporer, au lieu. de 200. Ainsi, l’économie du combustible résultant de ce mode de lavage est : : 35 : 10, eu égard à un lessivage fait en masse. EN
On peut encore augmenter.ce bénéfice : car, si on prend les roo litres de liqueur edfhits par le premier et le deuxième lavage, et qu'on les verse sur des matériaux neufs contenant 8 kilog. de salpêtre, on pourra soutirer, au bout d’un temps convenable, et il s'écoulcra 50 litres de liquide. Mais comme la quantité de salpëtre existant dans le tonneau était égale à 8 + 4 + 2, ou à 14 kilog., la moitié, c'est-à-dire 7 kiloz., devra se retrouver dans la liqueur écoulée. Ainsi, par une combinaison fort sim
ù à des lavages. Cuvier A. Cuvier B.. in Cuvier C. #| 1er lav. avec 100 litres AE ie d’eau fournit.. . .| bol. à he — bol. à in, À ‘à r40 7 2° id. avec 5o lit. . .| 5o—à bot #) A Ed 8° 1/4
f4fid. avec 6o lit. . .| 5o—à 10, | Bo—à2: j} 5o—à 2, 5/16
“40 LI, V. CH: Xiti. EXTRACTION ple et sans frais, on se trouve avoir 5o litres d’eau seulement à évaporer pour qe 7 Kilog. de salpêtre , tandis que précédemment on « en avait 200 litres pour 75.2 La quantité de combustible nécessaire se trouve encore réduite des trois quarts. | 0 2% rs Ceci compris, il deviendra facile de suivre la marche d'un lavage de ce genre; on peut le faire avec trois ou
quatre cuviers, selon qi rue les matières doivent éproûver
irois ou quatre lavages. D’ ailleurs, la richesse ou le titre des liqueurs se mesure au moyen d'un aréomètré particulier dont chaque degré correspond à un. centième de nitre dans les dissolutions.
ad nv” Lavage de trois cuviers contenant chacun 8 kil. salpêtre.
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cz
3°id. avec 5o lit. . :| 5o—à 2° To nà 4? 12
Do—àù 1° 2/16
Bo—à AU
On sait déjà ce qui se passe die HE Pour fe cuvier B, ce tableau montre qu'on fait son premier lai vage avec les deux liqueurs extraites d'abord du cuvier A.
- Ces deux liqueurs réunies marquent 6°; elles montent à 1/° en passant sur le cuvier B, et l’on obtient bo litres d’eau à 14°, bonne à évaporer. Mais il reste dans les terres 5o litres d’eau à 14°, sur lesquelles on verse 5o litres d'eau à 2° provenant du troisième Le du cuvier À ; on retire ainsi 50 litres d'eau à 8”. E nfin, comme il en ps au-
D NITRE A à + | d nÂx tant dans le tonneau, l'addition de 5o litres d’eau à 1° formera un liquide à 4 1/ 2 ; on en retirera aussi 5o litres,’ Mais, à cette époque, on n’a plus d'eaux faibles, et comme les terres ne sont épuisées que lorsque les eaux ne marquent plus que 1°, pour arriver à ce terme, il faudra deux lavages successifs à l’eau pure, |
La marche du cuvier C n’a plus besoin d’ explication.
1558. Passons à l'exploitation elle-même, ces notions préliminaires étant établies. | Les matières qu’on destine âu lessivage ont besoin d'être divisées pour permettre à l’eau dont elles doivent être arrosées de les pénétrer avec facilité, et de se charger aïnsi de toutes les substances solubles qu’elles peuvent contenir. Cette opération se fait, pour les plâtras, en les écrasant sur des aires pavées avec des battes, ou masses de bois armées de gros clous; on les passe ensuite à la claie, pour en séparer les morceaux qui auraient pu échapper à la batte. Il est fâecheux que les plâtras renferment des matières de dureté très-diverse, ce qui oblige de se con- ‘tenter de tte méthode pénible et coûteuse , car s'il n’en était pas ainsi on pourrait arriver mieux et plus vite au mème résultat au moyen d’un moulin.
Lorsque les plâtras ou les pierres salpêtrées sont écrasés et passés à la claie, on les lessive. Pour faire la lixiviation on se sert de tonneaux placés sur des pièces de bois ou chantiers , élevés seulément de 10 à 12 centimètres audessus du sol. Au moyen d’une chantepleure, la liqueur se rend dans une espèce de demi-canal de bois enfoncé dans la terre , au-dessous des tonneaux , et destiné à recevoir la liqueur qui doit en sortir, pour la conduire dans unerecetie commune. Ces tonneaux, défoncés par un bout, sont percés à leur partie inférieure, à peu de distance du fond et quelquefois même par-dessous, d'un trou de 16 à 18 mile limètres de diamètre, dans lequel on introduit la chantes pleure qu'on bouche à volonté avec une broche eu ohe«
43 L1Ÿ. v. cm it. EXTRACTION ville de bois. Pour éviter que les matériaux à mettre dans les, tonricaux ; en pressant trop sur ce point, n’eri bouchent l'ouverture, on a soiñ avant dé les charger, degarnir cetrou d'un bouchon dé paille ou dé quelques pierres ét tuileaux. Quelquefois, on placé dans le tonneau un dotble fond percé de trous, soutenu à { centimètres environ du véritable fond , par des tasseaux de bois. Entre les deux fonds, ainsi que sur le faux fond, on mét de la*paille Jongue. Au moyen de ces précautions l'eau s'écoule fas cilemenñt. | 1550. Les tonneaux ainsi préparés sont remplis de terre ou de piérres et plâtras salpètrés ; on pressé ün péu la surface dé ces matières, en l’élevant légèrement sur les bords, pour lui donner un peu de concavité vers le milieu, que soû: vent énicore ôn garnit d’un bouchon de paille. Cette pré: eaution empêche l’eau de s'infiltrér trop facilement le long des parois du cuvier, et ralentit l'effet de son écoulemeñt à travers l4 terre, de sorté qu’elle a le térnps de la bien pénétrer, et dé la dépouiller plus complétement des parties solubles qu’elle peut contenir. Sûr les tonheaux remplis de cetté manièré, on verse dé l’eau en quantité suflisante pour qu’elle excède de 8 où 10 mil- Hmiêtres Ja surface de la terre. Il est important de läisser la chantepleure bouchée pendant quelque dr après ee premier arrosagé; car, à défaut de cette précaution, il peut arriver que l'éu se frâié une où plusieurs. ssues à travers la terre, qu’elle la traverse sans la lessivér; et même sans l’humecter dans toutés ses parties. Si au lieu de terré ce sont des pierres ou des plâtras broyéset passés à la claie qu'on a mis dans les tonneaux; il peut ÿ rester encoré de pétits morceaux de ces matières que l’eau ne pénétrerait je assez si elle passait trop rapidement, et qui neseraïent l 1 juge qué l’eau a séjourné Ssdoi assez long-temps sur lés Ohncaus pour avoir pu dissoudre toutes les substances salines; on out
DU NITRE. 43 “issue à Ja liqueur en retirant la broche qui fermait la chantepleure. |
Les salpètriers éioient au lessivage de cure matériaux un nombre plus ou moins grand de ces tonneaux; 36 doivent suflire dans un atelier pouvant fabriquer dingéllet ment de 12 à 15 mille kilogrammes de salpêtre. #
. On dispose ordinairement sur trois rangs, qu’on appelle bandes, les tonneaux destinés au lessivage ; ainsi, lorsque ce nombre est de 36, chacune des bandes se compose de 12 tonneaux. Au-dessous, et le long dechaque bande, rèegne le demi-canal, ou rigole en bois, destiné à,conduire l'eau qui s'écoule des 12 tonneaux dans la recette placée à l'extrémité de la bande. On place également au-dessus de chaque bande une conduite de bois, ou chéneau, percé d'autant de trous qu’il y a dé tonneaux, et versant sur chacun d’eux, au moyen d'une chantepleure, l'eau dont on veut les arroser.
1560. Tout étant ainsi disposé, et les tonneaux, étant | chargés des matériaux qu'on veutlessiver, on commence par ra hi de l’eau sur l’une M des. la quantité d’eau doit être, en volume, la moitié de éd de la terre, de
sorte que pour un cuvier € argé d'environ 100 décimètres cubes de terre, il faudrait 5a 1 tres d’eau. 4
On laisse séjourner cette première eau pendant au moins 9 ou 10 heures; at bout de ce temps on retire Îles chevilles des chantépleure, et l'eau s’écoulant alors des cuviers dans la rigole qui règne le long de la bande, est ainsi conduite dans larecette. Maïs comme la terre de chaque cuvier retient environ moitié du poids de l’eau qui ÿa été mise, il ne doit emcouler dans la recette que 25 litres environ partonneau$ ét si l’on suppose. que cette première
‘eau évacuée, marque 10 degrés’, au pèse-liqueur pour le nitre, il restera dans la terre de chaque cuvier, l’autre moitié de l'eau au même titre de ro degrés. Par de nouveaux
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