LIV. HX, CH. I, OXIDES
divers protoxides peuvent absorber ‘de l'oxigène, soit à froid, soit à une température inférieure à celle qui pourrait décomposer les oxides supérieurs ainsi formés. Cette double action est même offerte par quelques métaux. Le peroxide de manganèse, par exemple, est amené par la chaleur à l'état de deutoxide brun, et le protoxide de ce métal exposé à l'air humide passe aussi à l’état de deutoxide. | |
Le protoxide de fer, dans de Vin À circonstances, ne à l’état de deutox dde , puis de peroxide. Ce peroxide n'est pas décomposé par la chaleur.
Le peroxide de plomb au rouge obscur redevient deutoxide ; at rouge cerise, il est converti en protoxide, et le protoxide, au contraire, maintenu plusieurs heures à une température voisine du rouge, se transforme en deutoxide, ou minium. C’est ainsi que l’on prépare, ce produit pour les arts.
Enfin la barite, au rouge obscur, absorbeassez rapidement le gaz oxigène, pour qu'un courant de ce gaz constamment entretenu et amené au sein de l’oxide soit complètement absorbé, tant que toute la barite n’est pas peroxidée. À une température plus élevée, le deutoxide de barium est ramené à l'état de barite ou de protoxide. ë
Un grand nombre d’oxides sont produits par la réaction des bases, ou des acides sur les sels solubles. Tous les”
‘oxides basiques qui forment avec les acides des sels solubles peuvent être séparés de leurs combinaisons au moyen des bases alcalines , et ad a dela potasse, de la sou- ‘de, et de l’ammoniaque. La plupart des oxides de la première et des quatre dernières sections peuvent être préparés par ce procédé; ils forment en général un sel soluble avec l’un des acides sulfurique, hydrochlorique, ou nitrique:, bien qu'ils soient eux-mêmes insolubles. Tous ces sels sont décomposables par la potasse, la soude, ou l’'ammoniaque. On doit évidemment se servir de potasse ou de soude quand
"METALLIQUES. 4 121 l'ammoniaque peut redissoudre les oxides précipités , et d'ammoniaque dans le cas contraire. Il faut toujours mettre un excès d'alcali pour opérer la précipitation, afin d’être assuré que l'oxide insoluble n’entraîne pas ayec lui une petite quantité d'acide. Quelquefois mème il estnécessaire d'opérer à chaud pour éviter cet inconvénient. Il arrive souvent, par exemple, que l'oxide précipité d’un nitrate ou d'un sulfate retienne une certaine quantité d'acide nitrique ou sulfurique. On doit dissoudre le sel dans vingt fois son poids d’eau au moins, afin que loxide se dépose aisément et qu’on puisse le laver par décantation. On renouvelle plusieurs fois l’eau qui le surnage, et enfin , on le Jette sur un filtre, où ilest lavé de nouveau jusqu’à ce qu'il ne cède plus aucune partie soluble à l’eau qui le traverse.
© On Je sèche alors et on doit l’enfermer avec soin à l'abri du contact de l’air, s’il est, comme l’oxide d’argent, capable d'en absorber l'acide carbonique. à Il y a quelques sels que l’eau décompose et Dour. elle semble précipiter l’oxide, par exemple, les nitrates ou sulfates de mercure ; mais dans tous ces cas, les précipités ne sont que des sous-sels qui retienuent encore une assez grande proportion d'acide; ce mode de préparation serait donc inexact. . sy Han la décomposition des sels par des bases puissantes, il est rare que l’oxide précipité soit bien pur. En général, l’oxide qui est mis en liberté, peut jouer le rôle d’acide à = l'égard de la base qui Le sépare, et comme celle-ci est toujours employée en excès, il se forme un sel dans pres- : que-tous les cas. Toutefois, dans ces sortes de composés, la quantité de base est toujours très s-pelite , si le lavage est pers continué, car le composé est trop peu stable, pour résister” à l’action de l'eau bouillante long-temps prolongée. C’est ainsi que dans la décomposition: des sels de HAE de cuivre, par la potasse ou par la soude, on obtient, au lieu de bioxide de cuivre pur, un véritable cu-
199 LIV. tif, CH, tif, OXIDES " prate de: potasse ou de soude, dont les lavages ne peuvent jamais extraire les deux ou trois centièmes d'alcali qui sont combinés avec l'oxide: de cuivre. 4% thai
Ilen est à à peu près de même des oxides acides déotubtes que l’on sépare au moyen d’un’acide des sels solubles qu'ils forment avecles bases alcalines. Ils entraînent généralement avec eux une petite quantité de l'acide qui les précipite, et qe on peut évaluer en général à un ou deux centièmes. Ce qu’on vient de dire à l'égard des bases $ ‘applique encore ici, car 1 est évident que l'acide précipité est plus faible que acide précipitant, et qu'il peut jouer le rôle de base à son égard. On se débarrasse de cette petite quantité d’acide étranger, en calcinant celui qu'on veut obtenir, quand la chose est possible, car en AERE l'acide “Ait im A est volatil. Dans le cas contraire, il faut avoir recours à de nombreux Javages. Tous ces procédés sont imparfaits, et quand on le peut, il vaut mieux en éviter l'emploi. C’est toutefois par ce procédé que l’on obtient les acides molybdique , colombique ; rHRnque etc.
807. Les oxides peuvent s’extraire des carbonates au moyen de la chaleur, soit que ces carbonates se trouvent
: dans la nature, soit qu'on les produise artificiellement, en décomposant les sels solubles qui les contiennent par les carbonates de potasse, de soude ou d’ammoniaque. Tous les carbonates peuvent servir à la préparation des oxides , excepté ceux dé potasse, de soude, et de baryte, qui sont irréductibles par le feu. -
… L'opération s'exécute dans un creuset ou dans une cornue , selon la nécessité d’abriter plus ou moins l’oxide du contact de l'air. On continue le feu , tant que Îe résidu fait effervescence, par l'addition d’un acide.
La décomposition des nitrates par lefeu est un moyen ‘très-propre à donner des oxides purs; on pourrait l’employer dans la plupart des cas, car PRE tous les oxides se combinent à l’acide nitrique ; elle n’est toutefois usitée
: ! MÉTALLIQUES, 193 qué pour la préparation de la barite, de la strontiane, du bioxide de cuivre et du bioxide dé-mercure. On se sert en général d’une cornue pour la calcination des nitrates de barite ét de strontiane. La chaleur doit être continuée tant qu’il se dégage de l’oxigène, ou des vapeurs nitreuses { elle a besoin d’être assez intense pour que la décomposition soit complète. Si l'opération ést arrêtée trop tôt la barite est mêlée d'hypo-nitrite non décomposé. On le reconnait en ce qu’elle ne donne pas de chaleur , lorsqu'on l'arrose d’eau, et ne se délite pas ; cet effet peut être dû encore àce qu'il se forme dans cette calcination du deutoxide de barium, qui ne peut être décomposé qu’à uné température élevée, et qui ne s’'échauffe pas non plus quand ‘on le délaïie dans l’eau. La barite, au contraire,
‘convenablement préparée, absorbe l'eau avec tant d’énergie qu’elle peut devenir fumineuse $ lorsqu” on l'en arrosé
goutte à goutte. RU On peut obtenir directélnent par l’action de Pabide nitrique sur les métaux quelques oxides qui ne s’y dissolvent pas, à cause de leur tendance acide. Ce sont l'acide stannique ; l'acide antimonieux; maïs, pour être purs, ces oxides doivent être calcinés; sans cela', ils retiendraient de l’acide nitrique ; car ils sont capables de ; jouer :à l'égard de cet acide le rôle de bases faibles. L'action de l’acide nitrique sur les métaux, et sur l'étain en particulier, est des plus vives.
Il est toutefois nécéssaire, pour qu’elle ait lieu, que l’acide ne soit pas trop concentré; s’il ést fumant, elle est nulle; des faits semblables se remarquent dans l’action de l'acide sulfurique concentré sur le zinc, le fer. Si l'acide est concentré l’action est nulle ou peu active, et Je devient beaucoup au contraire, si l’on étend l'acide d’eau. Dans ce dernier cas, le phénomè ène se comprend mieux que dans le premier, puisque l’eau elle-même doit être décomvuosée, tandis que dans l’autre, loxida-