‹ Traité de chimie, appliquée aux arts (volume 2)Chapitre 73 sur 218 · LIV. III. CH. XVII, CHLORITES · texte numérisé non relu

LIV. III. CH. XVII, CHLORITES

Pour avoir une idée complète de ces résultats, il faut ajouter que les 9 atomes de chlorite employés étoient primitivement mélangés de 27 atomes de chlorure métallique, qui se retrouvent dans le résidu et s'ajoutent aux 7 atomes de chlorure nouvellement formés. Le résidu se trouve donc ainsi composé, de 34 atomes de chlorure pour 2 atomes de chlorate ou bien, de 17 pour 1.

Voilà du moins ce qui arrive avec les chlorites de chaux et de potasse et vraisemblablement avec les autres chlorites alcalins. :

938. Il n'est même pas toujours nécessaire d'élever la température, pour déterminer la décomposition ; elle peut quelquefois s'opérer à. la température ordinaire, tant les chlorites sont des sels peu stables. Avec le chlorite d’argent par exemple, il se manifeste une réaction très-prompte, même à froid ; le chlorite se détruit, il ne se dégage aucun gaz, mais il se précipite beaucoup de chlorure d'argent et il reste en dissolution du chlorate d'argent. L’ expression atomique de cette réaction peut être tirée des expériences de M. Berzélius.

Aionits employés. Aiomes produits.

3 at. argent L'at, argent 3'at, exe | yat. chlorure= 3 at, oxigène (2 at. chlore

3 at, chlorite=

4 | 6at. chlore fat. acide 1 | Lee | S 2 at, argent gat. oxigène 2 at."oxide ={ , 2at, oxigène 2 at. chlorate— S * & at. chlore à f2at. acide = Ÿ 10 at. oxigène

. Cette réaction pourroit servir de base à une troisième hypothèse sur la nature des chlorites, qui out été longtemps considérés comme des chlorures d’oxide. Rien n’empêche en effet de les regarder comme dés composés de 2 atomes de chlorate pour 1 atome de chlorure. La plu-

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; CHLORITES. Rs part des phénomènes qu'ils présentent se prèteroient à cetié suppesition. | : ù

939. Les acides sulfurique, nitriqué et phosphorique doivent mettre en liberté l'acide chloreux, quand on les verse sur des chlorites purs. Mais comme cet.acide est peu stable, il doit se décomposer promptement. Les dcides sul fureux, phosphoreux, etc. , ramènent les chlorites à l’état de chlorures, en passant à l’état d'acide sulfurique èt phosphorique. L'action des acides hydrosulfurique, hydriodique ; hydrobrômique, etc., peut être également prévue; il en résultera dél’eau , un chlorure et du soüfre ; du brôme ou de l'iode. Avec l'acide hydrochlorique on obtiendra de l’eau et du chlore, , v

Les oxides métalliques exercent sur les chlorites unë action fort singulière observée par M. Berzélius. Cette action appartient surtout aux oxides qui chassent l'oxigène du peroxide d'hydrogène. L’oxide d’argent, par exemple, mis en Contact avec les chlorites, les décompose subitement , les transforme en chlorures et met leur oxigèné en liberté. | | |

lu, s: ;: + : k

940. Les chlorites neutres paroissent sans action sur les couleurs végétales, Mais, pour peu qu'ils soient acides, ils les détruisent rapidement. Dans cette circonstance, l'acide chloreux doit agir à la fois par son oxigène et par son chlore, ce dernier s’emparant de l'hydrogène de l’eau ‘et mettant l’oxigène en liberté, La substance végétale paroît donc être soumise à l’action du gaz oxigène naissant, qui s’empare à la fois d’une partie de son carbone et de soñ hydrogène et changétinsi complétement sa hature, … ‘

Si le chlorite, au lieu d’être pur, se trouve mélangé de chlorure, les phénomènes peuvent recevoir une qutre interprétation. En effet, quand on verse un acide sur un tel mélange, l'acide chloreux mis en liberté cède son oxigène au métal du chlorure; delà, une nouvelle quantité d’oxide..

Lechlore de l'acide chloreux, ainsi que celui du.chlorures

216 * LIV. II. CH. XVÎT, CHLORITES.

se trouve donc mis en liberté. D’où l’on voit, qu'un mélange de chlorite et de chlorure agit précisément comme un composé de chlore et d’oxide. | 941. L’acide carbonique lui-même, paraît capable dedécomposer les chlorites. Du moins, décompose-t-il les chlorites mélés de chlorure et en dégage-t-il du chlore. C'est même à cette influence que l’on attribue les phénomènes du blanchiment en grand par le chlorite de chaux. On sait, en effet, que la dissolution, connue sous le nom de chlo= rure de aus ndlito de chlorite de chaux et de chlorure

decalcium, n’est pas capable d’altérer les couleurs végé-

tales les plus fugaces, à l’abri du contact de l'air. Avec ce contact, ou plutôt à la faveur de l'acide carbonique de l'air, elle détruit, au contraire les couleurs les plus stables avec une Hide rapidité. On conçoit facilement l’action de l’acide carbonique sur les chlorites mêlés de chlo-

. rures enserappelant l’action si prompte de l’acide chloreux

lui-même sur les chlorures. Il est évident, en effet, que dès l'instant où l’acide chloreux tend à devenir libre, le métal du-chlorure s'empare de son oxigène, le chlore est mis à nu, se dégage, et la base du chlorate reste à l’état de bi-c bottes Si l’on.admet que le mélange séttrouve en présence d’une matière organique, te en-devient plus rapide, car le chlore, au lieu de se dégager, passe à

état d’acide hydrochlorique et celui-ci réagit sur le chlorite restant. De là , une nouvelle dose de chlore qui, passant à son tour à l’état d'acide, décompose” une quantité de chlorite égale à la première et ainsi de suite. C’est là ce qui se passe , lorsqu'on se sert des chlorites impurs pour le blanchiment ou la désinfection."

Quand on veut conserver les chlorites mêlés de chlorures ; il est donc nécessaire de les mettre à l'abri du contact de l’air et de la poussière; sans cette précaution ,ils se transformeroient en «chlorures métalliques, par’ suite de l'influence du gaz acide carbonique, contenu dans

IODATES. : ME 21% l'air et des matières organiques qui s'y trouvent en suspension à l’état de poussière. \ |

942. État naturel, préparation. vs chlorites ne se rencontrent pas dans la nature. On les obtient, en traitant les bases hydratées ou dissoutes au moyen du chlore. La préparation des chlorites de chaux, de soude et de potasse fera l’objet d’un chapitre particulier.

Bromates.

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