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ses, maintenant, qui font encore usage de l'ancien système, on reçoit le chiffonbn.it,onlccoupe,et on le trie pour assortir les qualités identiques. On entasse ensuite chaqucsorte dansunesallehumide.elon arrose les tas de temps en temps. Bientôt les tas s'échauffent , et vers leur centre , la température s'élève au moins à 50 ou 40°. Si on ne la surveillait pas , elle pourrait certainement aller au delà , et monter au degrénécessaire pour produire une altération profonde, une véritable carbonisation du chiffon. Quand l'opération est bien conduite, la température se maintient à peu près uniforme dans toute la masse. Au bout de quelques jours, des champignons se développent çà et là sur les tas ; le liquide qui les humecte , qui d'abord était acide, devient alcalin -, une odeur ammoniacale se fait sentir.
Au bout de trois semaines, ce pourrissage est terminé. Son effet consiste sans doute à détruire ou à rendre soluble la plupart des matières qui accompagnaient la cellulose. De plus, il altère la cellulose elle-même, ou du moins il tend à désagréger les fibres qu'elle constitue. Poussé trop loin, il produit cette désagrégation à un tel degré que le papier fabriqué s'en trouve trop affaibli. Aussi dans les fabriques où le pourrissage s'est conservé, a-t-on soin d'en diminuer la durée, et de confier à l'action des machines divisantes une partie de l'effet qu'il était chargé de produire.
Le chiffon pourri est soumis à l'action d'un foulon ou bien à celle d'un auire appareil propre à le diviser que nous ferons connaître plus en détail dans l'article suivant. On le blanchit au moyen du chlorure de chaux ou du chlore, et on le porte dans les cuves où il doit être façonné en feuilles.
L'ouvrier, chargé de fabriquer les feuilles, agite le liquide où le chiffon divisé nage de façon à former une bouillie uniforme. 11 y plonge un cadre en bois dont le fond est garni par un tamis en fils métalliques. Quand il juge que son tamis renferme une quantité de liquide suffisante, il le retire de la cuve, et il laisse écouler l'eau, en ayant
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soin que, pendant l'espèce de filtration qu'elle subit, la
pâte de papier se distribue également sur le tamis métallique. Au bout de quelques instants, la feuille de papier possède assez de consistance pour être transportée sur un morceau de drap. On en met un autre par dessus ; à celuici succède une autre feuille de papier qu'on recouvre d'un nouveau drap, et ainsi de suite. On presse le tout, et quand le papier a perdu ainsi la plus grande partie de son eau, on retire les feuilles , et on les met en tas pour les presser de nouveau. On répète ces pressages , en ayant soiu de changer le sens des feuilles les unes à l'égard des autres. En même temps, on les débarrasse de toutes les impuretés qui salissent leur surface, soit au moyen du grattoir, soit à l'aide de pinces fines. Enfin , on les sépare, et on le* étend dans un séchoir à l'air où leur dessication s'achève lentement. Comme la feuille subit un retrait de ~ , elle goderait infailliblement si sa dessiccation était trop rapide.
5596. Ainsi préparé le papier n'est pas collé. Il boit l'encre et tous les liquides aqueux.
Pour le coller, on prépare de la colle de peau , c'est à dire une dissolution de gélatine et de chondrine, à laquelle on ajoute de l'alun. Ce sel précipite la chondrine, et donne par là une consistance plus épaisse à la dissolution gélatineuse. On trempe les feqilles dans le liquide ainsi préparé, et on les reporte au séchoir. Pourvu que leur dessiccation s'y fasse lentement, elles en sortent très bien collées. M. Payen a fait remarquer, qu'après l'action du grattoir, le meilleur papier boit toujours, et qu'une dessiccation rapide empêche l'effet du collage. Il tire de ces deux faits la conclusion que le collage du papier dépend surtout de cette action capillaire qui tend sans cesse à ramener à la surface de la feuille, à mesure qu'elle se dessèche , les liquides qui sont dans l'intérieur. De telle sorte, que la colle se rassemble peu à peu à la surface , et qu'une quantité de colle très insuffisante, s'il s'agissait de rendre la masse du papier
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imperméable, devient tout à fait suffisante quand elle est réunie tout entière ou en grande partie à la surface même du papier, qu'elle protège contre la pénétration de l'encre.
Pouç coller le papier uniformément , il faudrait donc augmenter beaucoup la. proportion de gélatine et d'alun, mais alors le papier en deviendrait transparent et cassant. Si Ton tente de rendre la dessiccation du papier rapide, on est donc ajprêlé par cette difficulté grave, ou bien il sera mal collé, pu bien il sera doué d'une transparence fâcheuse. Voilà par quels motif* la fabrication du papier continu a dû nécessairement amener à faire usage d'un nouveau système de collage qui s'y rattache étroitement.
Le papier à la forme aurait disparu tout à fait, sana doute, sans cette circonstance*, mais son collage spécial . lui assure quelques avantages, et jusqu'ici, il est seul pro-r pre à la fabrication des registres qui veulent un papier fort et durable, susceptible d'éprouver des maniements répétés sans se gercer ni se casser. Les papiers pour dessins et lavis ne peuvent être obtenus que par ce procédé, s'il s'agit du moins de papiers pourvus de toutes les qualités qu'on y recherche. Enfin, jusqu'ici, les papiers destinés au timbre et au* actes durables, ont été avec raison choisis parmi les» papiers 4 la forme exclusivement.
P%rmi leç motifs de cette préférence , il faut indiquée l'emploi presque absolu des chiffons de chanvre au de lin dans la fabrication dq papier à la forme, tandis que le coton entre en proportion plus ou moins forte dana la fabrication du papier continu* dans la plupart des cas.
o597 .Papier méçwiiive* ^epapiermécanique,ou papiet continu* est celui qu'on obtient au qioyen des machines si parfaites maintenant, dont la première idée date de 1799, époque 4 laquelle parut le premier estai de ce genre du A Louis Robert, employé de l'ancienne papeterie d'Essonne*
kes flfiatière* premières qui servent & la fabrication du pépier continu sont , comme & l'ordinaire, les chiffons de
ET LEUBS APPLICLTlOffS. 1$
toute nature; cependant si les chiffons de chanvre et de lin donnent tin papier beaucoup plus nerveux que ceux de coton et susceptible d'être bien mieux collé que lui, il n'est pas moins très souvent nécessaire d'employer du coton dans la fabrication du papier. On le mêle alors avec les chiffons de toile les plus durs et les plus grossiers, que sans cela il serait impossible de travailler sur la machine. Ces chiffons donnent une telle cohésion aux fibres du papier qu'on oe peut en égoutter l'eau sur la toile métallique $ le papier en parait comme écrasé. On emploie aussi le coton en quantité plus ou moins grande, et très avantageusement, dans les papiers pour impressions ou pour lithographie, qui doivent être mous, ainsi que dans les papiers épais-, il leur donne delà blancheur, delà douceur au toucher, et un aspect agréable. Du reste le coton dans beaucoup de circonstances active le travail. Ainsi tel chiffon de fil qui pourrait douner 6 à 700 kilog. de papier par jour et par machine, en donnera 800, et même 1,000, par la seule addition de 10 ou 1 S pour 100 de coton. Cet avantage est mis à profit toutes les fois, qu'au jugement du fabricant, 1 addition du coton ne nuit pas à la qualité 4u papier, c'est 4 dire qu'il l'est bien souvent sinon tou-
Les chiffons moitié fil et moitié laine, connus sous le nom de barbeiipes, sont aussi employés, mais pour les napierç Ie* pta* grossiers. Comme on ne blanchit jamais pes chiffons , le produit garde sa couleur, et de plus il est très rude f&u toucher*, on n'en fait guère que du papier Remballage, et quelques rouleaux pour l'impression , qui, avant de servir, sont couverts d'un fond. Dans quelques fabriques on enlève complètement la laine au moyen d'une lessive alcaline forte, et le fil .seul est employé.
Lesebiffons que reçoit la fabrique peuvent presque toujours se classer en trois qualités différentes : les blancs, Je* demi-blancs , les noirs. Ils proviennent d'un premier triage
MATIÈRES UGNBUgXS
que le chiffonnier exécute lui-même. Au reçu des chiffons, s'ils sont parfaitement secs, ils sont immédiatement pesés et placés dans un magasin divisé en trois compartiments. Ce magasin doit autant que possible être séparé du reste des bâtiments , de peur d'incendie ; c'est pour cela que l'emplacement ne se trouve pas dans le plan général de l'usine dont nous avons donné les dessins. Les chiffons, au fur et i mesure des besoins, sont portés à l'atelier de triage.
L'atelier de triage est une grande salle (voyez l'atelier m dans la coupe générale) renfermant des caisses à compartiments , destinées à recevoir les subdivisions des chiffons. Cet atelier est divisé en trois parties, l'une pour les chiffons blancs, la seconde pour les demi-blancs, la troisième pour les noirs.
Voici un tableau qui indique la division des chiffons et la proportion de chaque division. Les numéros les plus forts indiquent les chiffons les plus grossiers.
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