‹ Traité de chimie appliquée aux arts;Chapitre 9 sur 83 · II · texte numérisé non relu

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Les analyses immédiates et élémentaires faites par M. Payen sur les bois de chêne, de hêtre, d'acacia et d'aylanthus glandulosa, sur la matière ligneuse des coquilles d'amandes et sur le) incrustations/uerréwe* des poires, ne peuvent laisser de doutes ni sur l'existence de la matière organique incrustante , ni sur la présence des trois substances au moins qui les composent (i). Les données qui précèdent, jointes aux notions bien plus complètes sur la cellulose, suffisentpeut-être à l'explication des phénomènes connus qui intéressent l'industrie ; mais l'étude plus, approfondie, des incrustations ligneuses et des combinaisons que peuvent former leurs composants , apportera sans doute bientôt quelques nouveaux résultats à la science.

BLAHCHIMEKT DES TOILES.

3385. Les toiles ou fils, produits par des fibres végétales, sont toujours formés de cellulose, sinon pure, du moins très propre à le devenir. Aussi, après avoir subi les opérations qui les disposent à entrer dans la consommation , les tissus de chanvre, de lin, de coton, de formium%tenax, sont-ils formés de cellulose à peu près pure. En réalité, l'art de blanchir ces tissus consiste, même à peu près, à dépouiller la cellulose qui les forme de toutes les matières étrangères, sans altérer sa texture et sans nuire à la solidité de ses propres membranes.

L'art de blanchir ces étoffes dérive naturellement des procédés qu'on a mis en usage pour décrasser les étoffes de ce genre qui avaient été employées ; on s'est aperçu que lavées plusieurs fois , elles blanchissaient sous l'influence du lessivage par les alcalis, et de la dessiccation opérée i l'air et au soleil. De là, l'idée de faire concourir au blanchi-

(1) Quelques différences obserrées dans les caractères et l'analyse des sahetances , à 48 et 68,5 cent, de carb. , permettent de croire qu'elles pourront être dédoublées encore*

ment des toiles l'action des lessives alcalines et celle d'une exposition sur le pré où elles éprouvent les effets de l'air humide et de la lumière solaire. Tel est l'ancien procédé de blanchiment encore en usage dans beaucoup de pays.

La découverte du chlore est venue changer la face de cette industrie. Berthollet mettant à profit les propriétés de ce gaz, fit voir qu'avec mie alternance convenable de lessives alcalines et d'immersions dans de l'eau chargée de chlore, les tissus pouvaient être amenés au plus beau blanc dans un temps plus court que celui qui était nécessaire par l'ancien procédé. Aujourd'hui, l'emploi du chlore est généralement adopté; si les procédés varient, cela tient à la nature des tissus, ou plutôt à celle des matières étrangères qui accompagnent la cellulose dans les diverses substances textiles. 3384. Blanchiment du coton. Le coton, qui consiste presque entièrement en cellulose pure, offre moins de difficultés au blanchiment que toutes les autres fibres végétales, et pourtant le nombre des opérations auxquelles il estsoumis dans les ateliers bien dirigés pourra paraître extraordinaire. C'est que le coton, sans renfermer des corps abondants, en renferme de très divers. Ces matières sont :

1° Une matière colorante jaune propre au coton 5 9° La farine ou l'amidon employés dans le collage ou le parage de la chaîne; 5° Le savon dont on a imprégné les canettes $ 4° L'huile provenant des machines de la filature ; B° De la graisse ou du suif dont le tisserand fait usage pour faciliter le mouvement de la chaîne entre les dents du peigne ;

6° Des oxydes de fer et de cuivre tenus en dissolution dans les huiles et dans la graisse ; •

7° La crasse des mains des ouvriers et la poussière des ateliers..

Connue le blanchiment des toiles de coton a non seulement peipr objet de produire des toiles blanches, maïs ans»

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de les préparer aux diverses opérations de la teinture, on doit distinguer ces deux cas. Si la toile doit être vendue en blanc , il suffit qu elle satisfasse l'œil du consommateur. Si elle est destinée à la teinture , il faut qu'il ne se développe aucun accident dû à la présence de corps étrangers qui altéreraient ou fixeraient les couleurs. Ces corps peuvent être incolores et demeurent inaperçus dans les toiles blanches , tandis qu'ils produisent des taches dans celles qui ont subi les opérations de la teinture. Aussi , est-il bien plu? difficile de blanchir la toile destinée i la teinture que pelle que Ton veut consommer en blanc.

Voici la série d'opérations qu'exige le blanchiment de* toiles de coton :

4° Humectage.des toiles écrues.

2° Trempage pendant vingt-quatre heures à une température de 25 ou 30°.

3* Foulage pendant une heure.

4° Première lessive. Pour 325 pièces , on compte 20 kilogrammes de sel de soude rendus caustique par 10 kilogrammes de chaux et lëOO litres d'eau. On chauffe ila vapeur pendant vingt-quatre heures.

5° Foulage.

6° Deuxième lessive.

7* Foulage.

8° Troisième lessive.

9° Foulage.

10° Quatrième lessive.

44° Foulage.

42* Cinquième lessive.

43* Foulage.

44* Première immersion de quarante-einq minutes dans le chlore.

45° Premier passage en acide chlorhydrique.

46* Foulage.

4 7° Imposition de quatorze jours sur le pré.

S 4 MU MATIÈRBS LIGJIEUSES

18° Sixième lessive.

19° Foulage.

30° Deuxième immersion dans le chlore.

31° Deuxième passage dans l'acide chlorhydrique*

93° Foulage.

23° Séchage.

24° Flambage.

3385. Humecter les toiles parait une opération si simple qu'il faufbien expliquer en quoi l'humectage bien égal des toiles écrues n'est pas sans quelque difficulté ; c'est que le coton écru renferme une matière résinoïde, soluble dans les alcalis qu'elle ne sature pas. Le coton en cède 4 ou S millièmes de son poids à une dissolution alcaline à 4 degré , par une ébullition d'une couple d'heure. Cette matière est légèrement soluble dans l'eau bouillante , très soluble dans les alcalis et soluble aussi dans les acides, mais bien moins. Celte matière résinoïde oppose une certaine résistance à la pénétration de l'eau, et rend l'humectage des toiles difficile et irrégulier.

Le trempage ou la macération est une opération délicate qui a pour but de détruire la farine ou l'amidon que le tisserand a déposés sur la chaîne des toiles, et qui constitue ce qu'on nomme le parou ou parement. Autrefois, on remplaçait cette opération par un lessivage faible qu'on désignait sous le nom de décreusage. Aujourd'hui, le procédé du trempage , imité des procédés de l'amidonnier, est généralement adopté.

On fait tremper les toiles dans l'eau à 25 ou 50°, et on les maintient à cette température pendant trente-six heures. On regarde cette opération comme très chanceuse et comme éminemment capable d'affaiblir les toiles. Certains blanchisseurs en bornent la durée à cinq ou six heures ; d'autres la prolongent pendant deux jours , et ajoutent même du son au mélange pour activer la fermentation qui s'établit toujours. Joute cette opération est dîrifée en vue de la dé-

composition du gluten qui fait partie de la farine déposée sur la toile par le tisserand. L'expérience prouve qu'un trempage de trente-six heures n'est pas nuisible, et que l'emploi du son n'a pas d'inconvénients.

Quand par l'effet de cette fermentation l'amidon a été converti en dextrine ou en sucre , et le gluten en produits sohibles , il faut nécessairement laver la toile à grande eau pour la débarrasser de toutes ces matières. L'action des foulons favorisé ce rinçage, soit qu'on emploie des foulons i trous qui nettoient très bien les pièces, soit qu'on se serve de cylindres avec battes qui ménagentmieux les tissus, soit enfin qu'on préfère la machine à laver connue sous le nom de iaih WheeU.

3386. Les roues à laver, connues sous le nom de d<uh JPhêêlê , sont formées d'une espèce de tambour cylindrique, dont le pourtour est à claires voies de manière à laisser entrer et sortir l'eau, sans cependant livrer passage aux toiles. Les côtés ou fonds de ce tambour sont fermés, sauf les ouvertures destinées à l'introduction du linge ; quand on vent rincer le linge, on le fait entrer par ces ouvertures dans la roue , et on met celle-ci en mouvement.

Le tambour plonge toujours de 20 à 30 centimètres dans une eau courante , si l'eau est abondante , et dans le cas contraire, dans une eau que l'on peut renouveler à volonté. Le mouvement rotatif et continu du dash FFheels balotte sans cesse le linge et produit l'effet d'un battement à bras , en évitant toutefois les inconvénients de ce dernier.

Cet appareil très économique d'établissement et de main d'oeuvre, a rendu de grands services à la plupart des blanchisseries.

3387 Les lessivages reposent sur l'emploi d'une dissolution bouillante de soude caustique, ou même quelquefois sur l'action d'un lait de chaux. Dans ce dernier cas , on dépose la chaux éteinte par couches entre les pièces.

Les lessives alcalines sont chargées de dissoudre la m*-*

3 6 BB8 H1TISESS UGJTXUSES

tière colorante jrésinoïde du coton écru, et les matières grasses dont le tissu se trouve imprégné; bien entendu qu'à chaque lessive doit succéder un rinçage capable d entraîner tout ce qui est devenu soluble ou émulsif sous l'influence de l'alcali.

La force des lessives varie d'une fabrique à l'autre ; mais l'observation microscopique , ai#si que l'analyse chimique de la cellulose , montrent avec la dernière évidence combien il importe d'employer des dissolutions alcalines très faibles , quitte à augmenter selon le besoin le nombre des lessivages.

Sans s'exposer à détruire les parois des cellules ellesmêmes , c'est à dire sans détruire toute la ténacité des fila* méats , on ne peut pas dissoudre rapidement les matières que chaque cellule renferme : il faut que l'action soit très ménagée , très graduelle.

Nous avons cité plus haut le dosage d'un des établissements les plus renommés de l'Alsace, savoir: 30 kilogrammes sel de soude, 10 de chaux et 1500 d'eau pour 335 pièces , la durée du lessivage étant de vingt-quatre heures.

Bien entendu que dans les appareils de lessivage la température doit toujours être portée le plus vite possible au degré qu'elle doit atteindre. Rien de plus dangereux en effet qu'un appareil de ce genre, trop lent i chauffer ou s' échauffant inégalement, et dans lequel une partie des tissus est déjà altérée quand le reste est encore trop froid pour avoir éprouvé l'action des lessives.

On peut à bon droit s'étonner que certains blanchisseurs fassent usage de lait de chaux. S'il s'agit de tissus qui doivent rester en blanc, son emploi peut se comprendre ; mais s'il est question de tissus destinés 4 la teinture, il est accompagné de bien des inconvénients. En effet , la chaux saponifiant les matières grasses dont la toile est imprégnée, produit des wtoa* d* chaux insolubles qui se fixent sur la

toile. L'expérience prouve que ces savons ne sont pas dissous plus tard par des lessives alcalines, surtout quand ils ont subi l'action du chlore. Ils demeurent donc çà et là sur les pièces, et produisent à la teinture l'effet d'un mordant, la chaux qu'ils renferment produisant des combinaisons insolubles avec matières colorantes.

Il faut donc éviter l'emploi du lait de chaux , et par une raison semblable empêcher le tisserand de se servir de suif, car de toutes les matières grasses, c'est celle qui produit le plus aisément des composés insolubles dans les lessives.

5588. Les appareils de lessivage ont tous pour but de renouveler les contacts entre la lessive et les toiles, tout en maintenant la température au degré d'ébullition.

Ces appareils fonctionnent sans main-d'œuvre et peuvent tous se ranger dans trois classes, qui sont :

1* Lessivage par aSusion spontanée, soit à feu nu, soit à la vapeur.

2* Lessivage par circulation (système Bonnemain).

3° Lessivage à la vapeur.

Lessivage par offusion spontanée. — La planche donne les détails d'un lessivage par allusion spontanée et avec chauffage à la vapeur, et la légende annexée contient toutes les explications nécessaires pour faire comprendre la marche de l'appareil. On reproche à ce procédé d'étendre la lessive au fur et à mesure que l'opération s'avance ; si c'est là un inconvénient, il est bien contrebalancé par l'économie et par d'autres avantages qui résultent de l'emploi d'an seul foyer et d'un seul générateur de vapeur pour toute une blanchisserie importante.

Dans un petit atelier, au contraire, il y aura économie à employer le chauffage à feu nu, et dans ce cas, la cuve en bois, semblable aux précédentes, est placée sur une chaudière en tôle doublée intérieurement de plomb, et reçoit directement l'action de la chaleur. Arrivée à l'ébullition , une grande partie de la Jessive monte par le tuyau cen-

tral, pressée-qu'elle est par la vapeur formée ; elle redescend en filtrant au travers du linge pour remonter de nouveau par la même cause.

Leuivage par circulation. — L'appareil employé dans ce système se compose dune bouillotte tenue constamment remplie de liquide t et communiquant avec le cuvier au moyen de tubes horizontaux, joignant, l'un le fond de la bouillotte à la partie inférieure du cuvier ; l'autre, la partie supérieure de la bouillotte à la partie supérieure du cuvier.

Le niveau de la lessive étant établi par ce moyen dans le cuvier et dans la bouillotte, si Von vient à chauffer cette dernière, les couches inférieures de lessive dilatées s'élèveront, passeront dans le cuvier par le tube supérieur et seront remplacées par de nouvelles couches froides, arrivant du même cuvier par le tube inférieur. Un avantage de ce procédé , c'est qu'à l'aide d'une seule bouillotte pour échauffer la lessive, on peut établir la circulation dans un nombre quelconque de cuviers ; cette dernière disposition a été employée par M. D'Arcet, dans une papeterie, pour le lessivage des chiffons. — On peut reprocher à ce procédé un peu de lenteur dans les opérations, et cela parce qu'il est impossible de porter la lessive à f ébullition.

M. Duvoir a remédié à cet inconvénient en combinant le lessivage par circulation avec celui par afiusion spontanée. Son appareil se^compose également d'une bouillotte dans laquelle la lessive est chauffée et d'un cuvier où sont placés les objets à lessiver \ mais tandis que dans Fappareil à circulation simple, la lessive se trouve au même niveau, dans la bouillotte et dans la cuve, et que la circulation a heu par la différence de densité des deux colonnes de liquide; icî, au contraire, la chaudière se.trouve au dessous du cuvier et elle est hermétiquemsnt fermée, de telle manière que la vapeur venant à presser sur la lessive la force à monter dans un tuyau qui traverse le foud

de la cuve, se prolonge jusqu'au niveau de ses bords et se termine en parasol, tout à fait comme dans la chaudière affusion spontanée*

La lessive , arrivée à la surface des tissus , les traverse peu à peu et arrive dans le double fond. Un second tuyau part du fond de la cuve et reconduit la lessive à la partie inférieure de la chaudière ; si ce tuyau de retour communiquait librement avec la chaudière , la lessive y passerait plutôt que dans le premier qui s'élève à une plus grande hauteur : aussi M. Duvoir a-t-il eu soin de munir ce tube de retour d'une soupape qui se ferme lorsque la lessive tend à monter de la chaudière , et qui s'ouvre pour lui permettre d'y revenir lorsque la pression est équilibrée dans le cuvier et dans la chaudière. Alors, en effet , la lessive peut descendre par reflet d'une petite différence de niveau entre la rentrée et la sortie du liquide dans la chaudière, et par la différence de densité existant entre le liquide refroidi descendant et le liquide bouillant ascendant.

3589. Les matières grasses accidentelle* que renferment les tissus ne peuvent en être extraites que par les lessives alcalines 5 mais les matières colorantes peuvent être modifiées favorablement ou détruites par l'air et la lumière d'une part , ou bien de l'autre par le chlore seul. On peut dire qu'en général l'action de l'air ou celle du chlore ont pour effet de rendre les matières colorantes plus aptes à se dissoudre dans les alcalis.

Comme le chlore peut agir sans le concours de la lumière , comme il agit plus vite que l'air aidé de ce concours, il est bien peu d'opérations de blanchiment oùon ne le fasse pas entrer aujourd'hui. On l'emploie dissous dans l'eau , et c'est là le moyen le plus sûr et le plus économique, ou bien à l'état de chlorure de chaux , ce qui affranchit le blanchisseur de la fabrication du chlore. Dans les deux cas, on se sert de dissolutions très faibles et on les emploie systématiquement, c'est à dire qu'on épuise le chlore des disso-

3o BBS MATIÈRES LIGUEUSES

lulions qui ont déjà servi sur des toiles neuves , et qu'on termine le blanchiment de celles-ci avec les dissolutions neuves elle-mêmes.

Remarquons en outre que parmi les substances colorantes qu'il s'agit de dissoudre ou de détruire , les unes cèdent mieux à la lumière et à l'air, d'autres plus aisément au chlore. On emploie donc avec raison les deux agents sur les mêmes tissus quand la saison le permet, et on se trouve bien de leur emploi simultané.

Mais si l'action utile du chlore et celle de l'air humide se ressemblent beaucoup ; il n'en est pas de même de leurs inconvénients. Les dangers du blanchiment par l'air et la lumière sont fort bornés j il n'est pas facile d'en faire abus. Pour le chlore , il n'en est pas ainsi ; rien n'empêche pour aller plus vite de forcer la dose , et alors les plus graves désordres se manifestent.

Rien n'explique mieux le danger de l'emploi mal conçu du chlore , et les inconvénients qu'on trouve à en dépasser la dose, que l'expérience suivante de M. Payen. Si on met dans une solution aqueuse de chlorure de chaux de la cellulose, de la toile de chanvre, de lin ou de coton, ou bien du papier, et qu'on élève la température à 50 ou 60°, le tissu se désagrège rapidement et disparait, tandis qu'il se dégage de l'acide carbonique. Plus les liqueurs sont concentrées, plus la température est élevée , et plus aussi cette action est rapide et complète.

Que dans une blanchisserie on ait employé une dissolution trop concentrée de chlorure de chaux, qu'on ait plongé des mousselines acides dans ce liquide , et bientôt celles-ci seront criblées de trous produits chacun par une bulle de chlore gazeux qui s'est dégagée dans le liquide même qui en était saturé.

M. Gannal pense 3 d'après des expériences qui lui sou propres , que les bains de chlore succédant immédiatemer. * aux lessives alcalines ont beaucoup d'inconvénients j

Et LBtJRS APPLÎCkTton*. 5t

teroit qu'un passage intermédiaire dans tin tait de chaux peut les éviter. Cela revient à dire que le chlorure de éoudë ou de potasse agirait plus énergiquement sur les toiles que les chlorures de chaux.

Outre ces altérations immédiates, le blanchiment pal* le chlore peut entraîner des altérations qui pour être plu* lentes n'en sont pas moins redoutables. Les étoffes mal lavées, demeurant imprégnées de chlorures, ^'altéreraient en effet à la longue, à mesure que sous l'influence de la lumière leur chlore se transformerait en acide chlorhydrique ; le tissu perdrait toute ténacité, deviendrait cassant, friable même, et se briserait au moindre effort.

3390. L'objet des bains acides que l'on fait intervenir dané le blanchiment des étoffes de coton n'est pas facile à comprendre à priori. L'expérience atteste leur utilité ; elle apprend que ces bains peuvent être formés par du petit lait aigri, comme on le pratiquait en Hollande et en Irlande J j>ar de 1 eau acidulée avec de l'acide sulfurique et employée à la température de 30° ; enfin , par de leau acidulée k l'acide chlorhydrique et employée à froid.

Ces bains font disparaître une teinte jaune qui persistait malgré tous les traitements précédents. Indépendamment des oxydes de fer et de cuivre que ces acides doivent enlever à la toile, indépendamment de la chaux à l'état de carbonate ou de savon qu'ils doivent en extraire aussi , il est certain qu'ils détruisent ou dissolvent une matière organique jaune ou brune qui résistait aux a!;alis et au chlore.

Après ces bains acides qui doivent terminer le nlanchin»ît proprement dit, un lavage très soigné est évidemment indispensable.

5391 . Dans la belle blanchisserie dé Wësseriirig et Aan* quelques blanchisseries anglaises , tôtitêft les opérations du blanchiment qui exigent une main d'oeuvre assez consïdé* rable, ont été plus rationnellement établies.

Sa BSt MATI&MS liqmusis

Au sortir des cuves de lessivage et des dash-wheel , les toiles sont cousues les unes au bout des autres , de manière i ne former qu'une seule et longue pièce continue ; l'extrémité de ce long ruban est engagée entre deux rouleaux dont les axes sont dans un même plan vertical ; le rouleau supérieur repose de tout son poids sur l'inférieur , et tous deux reçoivent un mouvement en sens contraire par transmission d engrenages. Ces rouleaux en bois et recouverts d'une étoffe de laine , sont placés au-dessus d'un bain de chlore ou de chlorure de chaux.

En outre de cette disposition , on a adapté à l'appareil un système de trois marteaux en bois , à large tête cintrée , qui s'appliquent aussi bien que possible sur les rouleaux ; ces battoirs sont mus par un même arbre i cames disposées de telle sorte que les trois battoirs tombent mccessivement , et qu'aussitôt qu'ils sont tombés , chacun d'eux se relève à l'instant de manière à ne pas entraver la marche du cylindre. Si l'on vient à donner le mouvement à tout le système, les cylindres, en tournant, entraînent la pièce plongée dans le bain de chlorure de chaux, en expriment la plus grande partie, et les marteaux viennent encore ajouter à cet effet mécanique. Le blanchiment est donc beaucoup plus prompt. En outre , il est plus parfait avec la même quantité de chlorure de chaux , que lorsqu'on immerge simplement la toile dans des bacs en pierre. Au bout de quelques minutes, on fait passer la pièce entre les deux cylindres d'un appareil en tout semblable au précédent , seulement le réservoir placé sous les cylindres renferme de l'eau acidulée très étendue ; là, se reproduisent le même travail et les mêmes résultats satisfaisants ; c'est à dire économie de temps et de main-d'œuvre. Sept ou huit appareils semblables aux précédents sont ainsi rangés sur une même ligne, et l'étoffe, après en avoir franchi 3, 4, 6 ou 8, suivant sa nature, sort parfaitement blanche ; ou la porte tout de suite au dashwheel qui lui enlève , par un bon rinçage , les dernières

IT LEURS APPLICATIOKS. 55

traces de sulfate de chaux, de chlore et d'acide qu'elle pourrait encore contenir.

Quel que soit le mode de blanchiment employé, et quel-» que soin que l'on apporte à ce blanchiment, il reste toujours certaines taches qui ont résisté à toutes les opérations précédentes ; on est donc obligé, dans toutes les blanchisseries, de faire reprendre les pièces par des femmes qui les visitent et qui en nettoient au moyen du savon les parties encore sales ou colorées.

3392. Les toiles blanches rincées, et dont on a exprimé tout le liquide , doivent encore être desséchées. Dans les usines bien montées , cette dessiceation s'opère dans des séchoirs chauffés , soit par un courant d'air chaud , soit par des tuyaux où circule la vapeur ; cette méthode doit être absolument préférée aux séchoirs à air libre, dans toutes les usines dont le travail un peu important exige une circulation des toiles blanchies qui soit prompte et indépendante de toute influence atmosphérique. Pour plus de promptitude encore , on a essayé , mais nous ne sachions pas qu'on ait continué de le faire , de sécher la toile en quelques minutes , en la faisant passer sur des cylindres métalliques chauffés intérieurement.

Si ce système n'a pas réussi , cela tient à l'imperfection des appareils employés ; en effet, on se contentait souvent d'introduire , dans l'intérieur des cylindres , des masses de fer rougi qui chauffaient trop d'abord, puis ensuite trop peu, et qui ne pouvaient donner qu'un travail irrégulier et imparfait.

Nous ne doutons pas que l'on ne puisse , avec des cylindres sécheurs aussi bien établis que ceux qui sont employés dans les machines à papier , obtenir des résultats satisfaisants. Il est même probable qu'en adaptant sur des cylindres chauffés à la vapeur des presses cylindriques , on arriverait à opérer d'un seul coup la dessiccation et l'apprêt que vi, 3

certaines toiles exigent également, mais qui fait l'objet d'us travail à part.

5393. Ordinairement, après la dessiccation, les toiles sont flambées soit à l'alcool, soit au gaz , pour faire disparaître tous les filaments qui en hérissent la surface.

Les toiles de coton blanchies reçoivent d'ailleurs , ayant d'être livrées à la consommation , des apprêts différents * suivant les usages auxquels elles sont destinées.

L'apprêt des étoffes se fait ordinairement dans des établissements spéciaux ; cette opération consiste à dônùer aux tissus de coton plus de corps et plus d'éclat en les immergeant, ou plutôt en les pétrissant avec un empois composé avec de l'amidon de blé, de l'alun et du sulfate d'indigo destiné à azurer l'étoffe. La pièce étant bien imprégnée d'apprêt , on la passe entre deux cylindres en fonte qui lui enlèvent la partie surabondante ; puis on la porte sur tin métier qui en saisit les deux bords , et qui le* tient écartés , pendant qu'un ventilateur placé au-dessus, souffle sur l'étoffe l'air échauffé de la chambre. La dessiccation étant opérée, on plie la pièce et on la soumet aune pression assez énergique entre des cartons d'une forte épaisseur.

Il existe plusieurs sortes d'apprêts; les uns donnent de la raideur à l'étoffe ; les autres , tout en lui donnant de la fermeté, ne lui ôtent pas une certaine souplesse; dans quelques uns la gomme arabique ou ladextrine sont employées.

Dans quelques manufactures anglaises, on fait usage d'un apprêt qui consiste à imprégner l'étoffe d'une bouillie de terre de pipe et d'amidon, et à passer le tout sur un cylindre chaud. Ce mélange remplit les vides de la toile et lui donne un coup d'oeil propre à faire entière illusion à l'acheteur; mais au premier rinçage la poudre interposée disparait, et il ne reste qu'un tissu à larges mailles.

Wt tkvM À^FLICATIOfTt Jî

Delà riAïucATioir du papiea.

3594. Lés tissus végétaux et la cellulose qui les constitue tiennent former, comme on sait , la base delà fabrication du papier , quand ils sont mis par l'usage hors d'état de servir sous leur forme première. Tant que les filaments naturels , produits par la cellulose, conservent quelque chose de l'arrangement fibreux qu'ils offraient dans le végétal, ou qu'on leur a donné par la filature , ils ne constituent pas une bonne pâte à papier. Celle-ci doit offrir une con texture telle que les fibrilles qui s'y trouvent encore soient dirigées dans toutes sortes de sens, indifféremment.

Une bouillie de cellulose coulée en couche mince , débarrassée d'eau, pressée et séchée fournit donc , en définitive, une feuille de papier.

Pour que ce papier puisse recevoir l'écriture, il faut en outre qu'il soit rendu convenablement imperméable. On j parvient en le pénétrant de gélatine et d'alun , ou bien de colle d'amidon çt d'un savon résineux.

Ainsi donc, une feuille de papier sans colle n'est qu'une lame mince formée de cellulose, réduite en fibres courtes f enchevêtrées dans tous les sens. Le collage du papier , sa coloration, et l'addition des matières qui servent à en augmenter le poids , sont autant de particularités que nous étudierons, tout en nous occupant du fond de la fabrication elle-même.

On amène les filaments végétaux, déjà plus ou moins altérés qui constituent les chiffons, à un état de désagrégation uniforme pat deux moyens. L'un , qui repose en partie sur une espèce de fermentation, est encore en usage dans les anciennes fabriques ; l'autre, qui a pour base l'emploi de moyens purement mécaniques, est employé exclusivement dans les fabriques modernes.

tà^o. Papier à la forme. Dans les fabriques, peu nombreu-

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