CHIFFONS NOIRS OU SAXES
Rend.
N° 3 et coutures.
N°4 et coutures.
GrisN°l. . . .
Gris N* 3 ou gris Saxe. .
Bleu foncé. . .
Fines toiles
bleues. . . .
Grosses toiles
bleues ....
Cotonnades
bleues ....
Demi bleu.. . .
Couleurs pèles .
Roses pales et
foncés. . . .
Velours
Harbeline color.
Harbeline blanc.
Perte au triage.
Pj%
ET LKUBS APPLICATIONS, 4*
Comme on le voit d'après le tableau , les chiffons blancs sont formés des chiffons de fil et de coton les plus blancs elles plus fins: s'il t'y trouve quelques chiffons de couleur, ils ont échappé au triage du chiffonnier.
Les demi-blancs sont principalement formés de trois numéros : len° i gros et coulures, le grisn0 I, et le gris n° 2; chiffons tous très grossiers , et qui ont conservé la couleur du chanvre. Lesautres numéros devraient se trouver dans les deux autres divisions, ilsont aussi échappé au premier triage.
Les chiffons noirs sont formés de chiffons de toutes les couleurs. Dans la perte est comprise la laine pure, qui se trouve pour 8 à 10 pour 100, mais qui ne sert pas : on la revend aux fabricants de produits chimiques.
Cette division assez grande de chiffons est très avantageuse, car plus on a de numéros plus on peut fabriquer d'espèces de papiers, et plus on a de débouchés. Un autre avantage qu'elb présente, c'est que lorsque les papiers fins ne sont pas demandés, par exemple, on peut, en mélangeant les chiffons fins avec d'autres qui le sont moins, fabriquer un papier à bas prix, et on est ainsi toujours sûr d'écouler ses matières premières.
3598. Les chiffons triés sont portés dans des greniers, divisés en compartiments. La première opération qu'on leur fait subir consiste ensuite aies faire passer à travers un cylindre légèrement incliné sur son axe et dont la surface est formée d'une toile métallique-, comme ce cylindre analogue au débourbeur des betteraves, tourne sans cesse, les chiffons se dépouillent de leurs graviers et de leur poussière , et ils sortent par l'extrémité inférieure. On les prend au sortir du cylindre, et on les trie de nouveau pour voir si rien n'a échappé au premier triage
Le lessivage de ces chiffons se fait dans de grandes cuves (pi. 95) munies d'un double fond percé de trous, et chauffées à la vapeur ; chaque cuve peut contenir 1 ,000 livres de chiffons qui y sont amenés par un canal G.
Pour 4,000 livres de chiffons on emploie 10 à 18 livres de soude pour les chiffons blancs, et de 18 A 30 livres pour les gris et noirs; bien entendu que chaque numéro est lessivé à part, le mélange ne se faisant que plus tard. Lorsque la dissolution de soude est versée sur le chiffon, on ouvre le robinet de vapeur, la pression force la lessive A monter A travers le tuyau central, elle se répand sur le chiffon et pendant quatre à six heures que dure l'opération elle fait sans cesse le même chemin , les chiffons sont donc dans les meilleures conditions pour être lessivés. Cette opération remplace en partie avantageusement le pourrissage des chiffons en usage autrefois , mais presque complètement abandonné depuis l'introduction des puissantes machines employées pour la trituration des chiffons.
Pour diviser les chiffons, on emploie l'appareil représenté dans la planche 78, dans lequel un cylindre armé de lames et tournant dans de l'eau, sans cesse renouvelée, les divise au passage et les agite violemment dans cette masse d'eau où ils se dépouillent de toutes saletés adhérentes.
Le défilage est l'opération peut-être la plus importante de la papeterie, de là dépend en effet la réussite du reste * de la fabrication. Tout l'art consiste A ménager plus ou mfeins les chiffons , suivant qu'ils sont plus ou moins durs, ce que l'on fait avec la plus grande facilité, puisqu'on peut à volonté lever ou abaisser le cylindre armé de lames sur la platine : c'est dans la défileuse que s'opère le tarage du chiffon lessivé , et ee lavage pour être excellent, ne demande que l'attention d'un bon ouvrier. Si en effet le cylindre était appuyé dès le commencement sur la platine, le chiffon serait de suite coupé et ne pourrait plus être lancé contre les châssis i travers lesquels l'eau sale s'écoule. Si le chiffon est parfiailement lavé et ménagé, le blanchiment sera beaucoup plus facile , et le papier bien meilleur tt bleu plm nerveux. Pour résumer la théorie du défilage, on peut dire, qu'il faut que le ehifliMi soit téiml en charpie
ET Llti*S APPU6ATf0*S. 4'
et non pas découpe en petits morceaux ; les lames qqç portent la platine et le cylindre devant servir de doigts qui arrachent plutôt que de ciseaux qui coupent.
Quand le lavage est fini, on descend alors d'autant plus le cylindre sur sa platine» que le chiffon est plus nerveux, afin que le raffinage soit aussi égal que possible pour tout** les pâtes.
lies chiffons de coton tout ceux qui doivent êtf 3 le plus ménagés, sans cela ils donneraient beaucoup de déchet. JLe défila (je dure ordinairement de deux heures et demie à trois heures et demie, suivant la dureté des chiffons. Pendant tout ce tempa l'eau pure arrive sans cesse par un robinet dan* la pile, et sort continuellement par deux toiles métalliques» l'une placée en avant du cylindre, l'autre en arrière. Le chiffon est sans cesse projeté contre elles.
3390. Le blanchiment se fait quelquefois dans la défilense même, après le lavage; mais il est certain que c'est une très mauvaise méthode. La défileuse perd du temps, ce qui est fâcheux si la fabrique ne possède que la chute d'eau nécessaire , et de plus, avec la même quantité de chlorure de chaux, il' est impossible de blanchir au même degré que par les méthodes dont il sera question plus loin , soit que le chlorure se trouve répandu dans une quantité d'eau trop grande, soit par tout autre motif.
Voici une méthode préférable : le chiffon est d'abord descendu dans des caisses munies d'un double fond en laites, où cm laisse égoulter la phis grande partie de l'eau; on le vide alors dans les euves à agitateur pouvant contenir âOOhVres de ehlffons, soit deux pilées défilées.
Le eMorure est vidd sur le chiffon, et on les laisse de deux à trois heures en présence. Si l'on opère sur des ohifibns blancs, le bkmohimeHt se fait très facilement, et sur la fin de l'opération un demi-décilitre d'acide sulfurique suffit pour donner au chlorure tout son effet. Mais il en est autrement des cbiflfens colorés $ en ne parvient à le» bien
blanchir qu'en ajoutant de temps en temps, et pendant toute l'opération, une quantité d'acide qui va jusqu'à un litre pour les chiffons bleus par exemple. En faisant beaucoup d'attention à ce blanchiment, on parvient pourtant à blanchir les chiffons de couleur presque aussi bien qu'à l'aide du chlore gazeux*
Le chiffon blanchi est descendu dans d'autres caisses à double fond de lattes, où il est lavé à l'eau -, on le. laisse ensuite égoutter et on le place dans des carrés destinés à le recevoir.
PROPORTION DE CHLORURE LIQUIDE A 10° EMPLOYE POUR. LES DIFFÉRENTES SORTES DE CHIFFONS POUR DEUX PILÉES SOIT 200 LIVRES DE CHIFFONS BRUT.
Chiffons litres.
N* 1 coton fin 10
N° 2 et calicots propres 12
K° 4 du blanc ; calicots sales; gros coton... 16
N° 4 gros 18
Gris N° 1 20
Gris N° 2 .... 24
Gris Saxe 26
Couleurs pâles du blanc et du demi-blanc 28
Couleurs du Saxe; roses pâles; bleus foncés;
velours* 52
Il est convenable dans tous les cas de blanchir les chiffons fins au chlorure de chaux liquide et non au chlore gazeux, ils sont bien moins altérés et donnent un papier plus nerveux, moins cassant, et susceptible de mieux coller; ces avantages sont plus importants que l'économie faible , vu la petite quantité de chlorure nécessaire que l'on obtiendrait en blanchissant au chlore.
C'est toute autre chose pour les chiffons de couleur et les
ST LEURiA.PPl.ICA/riOKS. Jfi
chiffons gris, grossiers, qui deviennent beaucoup plus blancs et donnent une grande économie étant blanchis au chlore gazeux. Les chiffons gris qui sont trop nerveux ne craignent pas d'être énervés.
Le blanchiment au chlore gazeux s'effectue toujours sur le chiffon trié 9 lessivé, défilé, puis mis en presse de manière à l'obtenir sous forme de plaques peu bumides qu'on défait en petits fragments, et que l'on place dans de grandes caisses rectangulaires en bois où l'on fait arriver du chlore gazeux. Le chlore arrive parla partie supérieure des caisses; sa densité lui fait bientôt gagner les parties inférieures qui, en définitive , sont toujours les plus attaquées.
Quant on fait arriver le chlore provenant de 150 kilog. de manganèse et de 500 kilog. d'acide hydrochlorique sur 2300 kilogr. de chiffons en pâte supposée sèche , au bout de quelques heures l'action est complète ; le chiffon est blanchi. Ces proportions varient suivant l'espèce de chiffon et la qualité du manganèse , mais on a remarqué que la quantité de chlore gazeux employée est égale à celle contenue dans la quantité de chlorure de chaux nécessaire pour la même qualité de pâte.
. Mais, tout comme dans le blanchiment des toiles il est très facile de dépasser le terme convenable dans l'application du chlore, de même dans le blanchiment du papier ce terme peut être dépassé, et le chiffon en est tout à fait énervé. Il devient cassant et friable soit immédiatement, soit quelque temps après la fabrication du papier.
Les mêmes circonstances rendent nécessaire un lavage attentif des chiffons blanchis. Le chlore qu'ils retiennent se convertit bientôt en acide chlorhydrique , et ce dernier détruit peu à peu la fibre du papier. C'est lui qui, dans les imprimeries lithographiques, dénature la surface des pierres et produit ainsi de nombreux et graves accidents.
Il faut repousser de la consommation tous les papiers à réaction acide et tous ceux qui exhalent l'odeur du chlore.
fcATlt&BS tiIGSEUSEè
lies uns et leé autres sont des papiers mal lavés et coudamnés fl avance k une destruction si prompte qu'il est facile de trouver aajotual'hui dans le commerce des livres imprimés depuis moins de dix années et dont le papier s'émiette an moindre effbrt.
5400. Les chiffons étant bien blanchis , on les porte , purs ou mélafagés, 2 à 3 $ 3 à 5 , dans les cylindres mffitieur*. Les piles qu'on emploie sont semblables aux défrleuses , sauf quelques modifications dans l'arrangement des lames du cylindre et de la platine. Au commencement du raffinage, le cylindre doit être élevé au dessus de la platine et maintenu ainsi jusqu'à ce que le lavage soit terminé ; on l'abaisse alors peu à peu * on finit par le faire reposer tout i fait, et on le laisse dans cette position, jusqu'à ce que la pâte soit assez fine pour être travaillée. Quand elle est arrivée à ce point , on lève une soupape par laquelle la pile se vide dans la grande cuve servant de réservoir à la machine. Quand on veut que le papier soit collé , on verse la colle daus la raffineuse une demi-heure avant de lever la soupape, et l'alun un quart d'heure avant la même époque. Pour que le collage soit bon, il faut que les chiffons aient été ménagés à la défileuse et qu'ils soient parfaitement lavés. Les proportions employées sont de 8 à 13 livres de colle, préparée comme nous le verrons tout à l'heure, et de 4 à 6 livres d'alun; plus les chiffons sont fins, et plus aussi ils demandent de colle.
Ce nouveau procédé de collage est dû aux efforts persévérants et éclairés de la société d'encouragement. Quelques essais faits en Allemagne l'ayant mise sur la voie, elle fit elle-même de nombreuses expériences sur l'emploi des fécules et des savons résineux. Elle en transmit les résultats aux fabricants de papier; ils amenèrent M. Canson à régulariser et à rendre complètement pratique le procédé encore en usage aujourd'hui. Nous venons de dire que ce procédé repose sur l'emploi d'un savon résineux ,
ET.LEUftf APPLICATIONS. 4f
de la fécule et de fàlub. Voici comment on prépare ces produits.
Pendant huit heures on fait bouillit dansrine chaudière en cuivre 900 livres de résine avec 480 litres d'eau ; quand la liquéfaction est complète on arrête le feu, et on ajouté une dissolution de 45 livres de sel de soude; on recommence le feu, et on laisse à la combinaison le temps de s'opérer ; oh ajoute alors peu à peu Une dissolution qui peut varier de 80 à 45 livres de cristaux de soude , suivant la qualité de la résine, on chauffe alors jusqu'à l'ébullitiôn. Quand là colle est terminée, c'est à dire quand toute la résine est saponifiée , ce qu'il est facile de reconnaître arec un peu d'babitadfe , on obtient pouf les 300 livres de résine à peu près 530 à 600 livres de colle.
Dans un cuviet rond on dissout ensuite 180 livres de la colle fabriquée ci-dessus, on laisse reposer, on soutire au clair, et on tamise à travers une toile métallique excessivement fine dans un cuvier contenant 600 litres. On y ajoute 120 livres de fécule délayée dans de l'eau tiède, on remplit d'eau et on lâche la vapeur jusqu'à formation d'empois. Dans ces 600 litres d'eau, il y a donc 180 livres de colle brute et 120 livres de fécuie; chaque litre contient donc réellement
lSO/WXFde colle brute, soit 0,0 1 20/800* de fécule , soit 0, 20
Quand on colle à 10 livres, par exemple, on met 20 litres de la colle fabriquée (pour 100 liv. de chiffons) , et moitié de cette quantité en alun; savolt 5 littfes.
Il ne teste plus, après les opérations que nous venons de passer en te vue, qu'à fabriquer le papier sur la machine.
34-01. La grande cuve qui sert de réservoir à la pâte à papier (figurée ene, plan général) possède, comme on le voit dans la Jfy. 2 de la planche 80, un agitateur a, a, mu par un arbre en fer i, qui traverse un cône creux en fonte ; un engrenage lui donne le mouvement dans la partie inférieure*, un petit vase en bois d9 fixé sur l'agitateur, reçoit de l'eau par un robinet et un petit tuyau o, e, qui en part, sert en même temps à donner de l'eau dans la grande cuve et à en laver le pourtour. Un tuyau partant de cette cuve conduit la pâte dans la cuve matière $ cette cuve est munie aussi d'un agitateur qui délaie la matière dans l'eau nécessaire pour la fabrication. La pâte très liquide passe à travers un épurateur d, formé d'un grand nombre de barreaux placés aune très petite distance les uns des autres; les boutons, les graviers et autres corps sont retenus, et le chiffon très fin passe seul , et s'en va directement &ur la toile métallique en passant sur une pièce de bois e, sur laquelle est cloué un cuir reposant sur la toile.
C'est sur la toile qu'un mouvement de va et vient fait osciller, que le papier s'égoutte. Cette toile métallique très serrée, formée de fils de laiton très fins, reçoit le mouvement continu de la presse c. Elle entraîne avec elle la pâte à papier, s'appuie successivement sur les petits rouleaux en cuivre creux f, /*, puis , après avoir passé au dessus d'une longue boite dans laquelle le vide se fait (*, *), elle passe entre les deux cylindres g, y, de la presse c*, le papier la quitte, va s'appuyer sur un tissu de laine, qui le conduit sous la presse d. Il quitte bientôt ce tissu ouflôtre , pour passer sous une troisième presse B. Après cette troisième pression, le papier, déjà solide et privé de la plus grande partie de son etai, se sèche en passant successivement sur trois cylindres chauffés à la vapeur f, g, h; deux pressions 9 et 10 l'empêchent de se goder en séchant, et lui donnent une surface lisse. Après le séchage le papier s'enroule sur les rouleaux i.
BT LEU&S APPLICATIONS. 49
5402. Les principales espèces de papiers sont : 1° Les coquilles ou papiers à lettre. 2° Les écoliers. 3° Les rouleaux pour l'impression de tentqre. 4° Les papiers d'impression (sans colle). 5° Les emballages. 6° Les papiers d'affiche.
1* Les coquilles ou papiers à lettres sont les papiers les plus fins. Pour les préparer, le chiffon doit être très ménagé dans la défileuse, et battu bien plus court dans le raffinement; il doit surtout être exempt de boutons. Il faut de grands soins , parce que ce papier est très mince , et que par cette raison le chiffon doit en être très court. Outre les coquilles blanches on en fait de toutes les nuances. En travaillant bien on ne fait pas plus de 600 à 700 kilogr. de papier à lettre par jour (de vingt-quatre heures) et par machine. On faittrois qualités de coquilles de toute couleur, le n° 0 le plus fin, le n°. 1 et le n° 2. Ce papier est celui qui est le plus difficile à bien coller. Le papier coquille très mince prend le nom de pelure.
S0 Le papier écolier doit être le plus ménagé après le précédent; cependant on peut en foire au moins 700kilog. par jour et par machine en travaillant bien.
3° Les rouleaux de tenture étant ordinairement assez épais , peuvent être fabriqués avec moins de ménagements que les précédents ; dans une bonne journée on peut en fabriquer 7, 8, et même 900 kilogr. par jour. On a pu aller quelquefois à 1,200 kilogr. par jour et par machine.
Ces rouleaux ont principalement leur consommation â Paris; on les fait de 18 pouces et demi et de 21 de large sur 27 pieds et demi de long.
4° Les papiers d'impression sont les plus faciles à fabriquer, puisqu'on n'a pas à s'occuper du collage ; pour peu que le papier soit épais on peut en fabriquer autant que des rouleaux. On emploie dans ces papiers avec avantage, mais non sans inconvénients, des chiffons de coton et des chiffons vi. 4
5o MATIÈRES UQffSUSBS
de couleur blanchis , en plus grande quantité que dan* les * rouleaux et dans les papiers pour écolier*.
« 5* Leé nnballagts se fabriquent a* co le* gh* bleus très grèesier» et rite blanchis , et avec les chiffon* moitié laine , moitié fil; les premiers Sont excellents, très nerveux, et se collent parfaitement. On produit en moyenne 1,000 kilo g. par jour.
6° Les mffUhêi sont les papiers les pldè minées? ils se font avec les chiffons gris tris grossiers, et par conséquent très nerveux , blanchis* Ces papiers se colorent toujours soit en bleu* jaune, nankin* rose» Vert, aurore, violet, etc. Ils exigent trkspeu de colle pour être parfaitement collée*. (La fabrication moyenne est de 700 kilogr. par jour et par machine)*
Ajoutons k Ces espèces les plus commune* les papiers pour dessins al lavis et les papiers à regiêtrê*. Bien fabriqués ils offrent le type de la perfection que peuvent atteindre les papiers à la forme , obtenus arec le chantre et le lin et collés avec la colle animale. Les premiers veulent un grain très soigné , les papiers i registre demandent une ténacité parfaite. Les uns et les autres exigent un collage très uniforme.
Les papiers k calquer s'obtiennent aussi avec du chamnte ou du lin, mais ces matières sont employées à l'état de filasse sans pourrissàge ni blanchiment préalable. Il en résulte une pâte qu'on nomme verte , qui fournit un papier transparent (font la dessiccation qg fait en presse entre deux feuilles de papier gris. On prévient ainsi le retrait qui les ferait goder ou friser.
En passant la filasse au chlore , elle perdrait de sa transparence et donnerait un papier analogue aux billets de banque.
5403. Depuis quelques années on a essayé avec un succès malheureux l'introduction» dans la pâte du papier, de quel
ET LBGfit APPLICATIONS. 5l
que* matières minérales blanches à bon marché, propres à augmenter son poids et a lui donner une belle blancheur mate et opaque. Le sulfate de chaux pur, naturel ou artificiel, et même le sulfate de plomb ont été mis en usage, et il pavait que la consommation du sulfate de chaux, pont eet objet, est devenue considérable. C'est un usage à proscrire par tous les moyens. Ces papiers sont toujours cassants et portent en eux-mêmes des causes d'altération et dis destruction par l'humidité , dont on reconnaîtra trop tard toute l'énergie.
Nous ne parlons pas de l'emploi du sulfate do plomb qui offre des inconvénients de toute espèce* Il est honteux pour l'industrie des papiers que son emploi ait pu s'y introduire. Les estampes tirées sur papiers de ce genre noircissent bientôt à l'air, et même en portefeuille. Tous les papiers qui brunissent par les sulfures alcalins doivent être repoussa de la consommation.
Dans un but particulier, il est vrai , celui de la garantie contre les faux en écriture, on a proposé d'introduire dans la pâte du papier, du oyanoferrure de manganèse. Ce sel, qui est blanc, présente en effet des propriétés très remarquables. Le chlore, l'acide nitrique, les alcalis» mettent à nu de l'oxyde de manganèse qui' brunit. Les acides non oxydants produisent à ses dépens de 1 acide hydro-ferrocyanique qui bleuit bientôt à l'air. Ainsi, la plupart des réactifs capables de détruire l'encre ordinaire, font apparaître des tacnes sur ce papier. On peut néanmoins , par des moyens convenables, effacer toute l'écriture en encre ordinaire sur un pareil papier, sans agir sur le cyanoferrure de manganèse qu'il renferme.
On s proposé, dans le même but, de faire entrer dans la pâte du papier un peu de cyano-ferrure de potassium. Ce sel agirait an convertissant le fer de l'encre en bleu de Prusse, un peu frlua difficile i détruire que l'encre ellemême. Mais ce procédé, comme le précédent, airiène ce
résultat imprévu et singulier que le papier en devient combustible comme de l'amadou. Il faut donc proscrire toutes ces additions.
Toujours dans le même but, on a introduit dans le papier de la craie. Elle altère beaucoup l'aspect agréable du papier, et de plus, elle offre de graves inconvénients par ce motif qu'une multitude de chances très naturelles et fort innocentes, peuvent mettre le papier en contact avec des acides qui dissoudront le carbonate de chaux, et qui simuleront une tentative de faux.
3404. Les papiers blancs demeurent rarement dans leur couleur naturelle, et presque toujours ils sont azurés.
L'azurage se fait avec l'azur proprement dit, ou bleu de cobalt, l'outremer artificiel, le bleu de Prusse , ou les sels de cuivre.
L'azurage au cobalt se reconnaît en ce que, généralement, la feuille est plus colorée d'un côté que de l'autre, la grande densité du bleu d'azur l'ayant amené en plus grande proportion dans la partie inférieure de la feuille pendant la fabrication. Ces papiers ne sont décolorés ni par les alcalis» ni par les acides , ni par l'eau. Incinérés , ils laissent un résidu capable de colorer en bleu le borax en fusion.
Les papiers azurés à l'outremer se décolorent subitement quand on les plonge dans l'acide sulfurique faible ; il se dégage une odeur très sensible d'hydrogène sulfuré.
Les papiers colorés en bleu de Prusse résistent aux acides faibles, mais une dissolution de potasse les décolore tout à coup, et la liqueur filtrée, concentrée et neutralisée , régénère du bleu de Prusse par l'addition d'un sel de peroxyde de fer.
Enfin, l'azurage aux sels de cuivre se reconnaît sans peine, car les papiers ainsi fabriqués prennent, par le seul contact d'une dissolution de cyano-ferrure de potassium,
ET LIUBS ÀPPLIGÀTIOFS. 53
ht teinte pourprée qui accuse la présence des sels cuivreux. Il est d'ailleurs facile de retrouver l'oxyde de cuivre dans leurs cendres.
Le collage des papiers offre des traits non moins caractéristiques. Les papiers collés à la fécule bleuissent sur le champ , quand on les touche avec une dissolution aqueuse d'iode ; phénomène que ne présentent jamais les papiers collés à la colle animale.
5405. Il est , au contraire , très difficile , sinon impossible, de reconnaître la nature des fibres végétales qui ont servi â la fabrication du papier. De l'examen de papiers faits avec du chiffon de chanvre pur; avec du chiffon dé lin pur; avec des mélanges des deux; enfin avec des mélanges de ces chiffons en diverses proportions avec des chiffons de coton , il résulte que le microscope , qui seul pourrait démêler la nature de ces matières premières , laisse des chances d'erreur qui ne permettent pas la moindre confiance. Les opérations mécaniques nécessaires àja fabrication du papier, ont tellement divisé les filaments qu'il n'y a plus moyen de retrouver leur contexture initiale , si peu différente d'ailleurs dans ces divers produits.
Quand on fait intervenir des matières animales dans la fabrication des papiers, comme on l'a fait pour les vieux cuirs dans quelques fabriques , ces additions sont faciles i reconnaître par la proportion d'ammoniaque dégagée à la distillation par ces papiers , ainsi qu'A leur solubilité partielle dans la potasse ou la soude caustique.
COUSERVATIOW DE8 BOIS.
3406. On peut mettre au premier rang, parmi les questions les plus importantes d'économie publique, le problème de la conservation des bois : et au moment où plusieurs causes graves tendent à en diminuer la production , tandis que la consommation en augmente sans cesse , on est heureux de
54 MATIÈRES LIGHBUSIS.
pouvoir présenter de* faits qui démontrent la possibilité de prolonger beaucoup ta durée du bois de travail.
* On a vu que dans toutes les plantes la cellulose pure ou incrustée est toujours accompagnée parmi quelques autres principes immédiats d'une substance azotée soluble ou douée de peu de cohésion* Cette substance entraine par son altération spontanée la désagrégation et la décomposition des matières voisines, et peut d'ailleurs exciter, à laide de la chaleur , de l'air et de l'eau, une véritable fermentation.
On la retrouve dans la sève ascendante de tons les végétaux f liquide facilement altérable comme on sait , et qui, rapproché A siccité ♦ puis aoumis A la calcination , donne toujours d'abondants produits ammoniacaux.
Cette matière organique azotée est sans aucun doute une des principales causes de l'altération des bois , d'où il résuite que les principaux moyens de conservation des débris animaux doivent s'appliquer également A conserver les produits végétaux; il sera facile de se convaincre qu'il en est ainsi en examinant la liste des principaux agents de la conservation des bois*
Enfin , il est permis d'admettre que les substances azotées offrent vn aliment qui contribue A déterminer l'invasion des insectes dans les tissus végétaux , et l'on concevrait ainsi que pour atteindre cet substances disséminées dans une grande mette de tissu végétal , ils devraient opérer le broyag* ou la dislocation d'un énorme volume de la masse ligneuse. Les agents chimiques qui contractent ou rendent inerte la matière azotée des végétaux en s'y combiuant , doivent donc nuire aux insectes qui sont des êtres très azotés eux-mêmes, soit en réagissant sur eux , soit en empoisonnant leur nourriture; l'expérience répond encore affirmativement A cet égard.
3407. En passant en revue les agents ou moyens qui déterminent la «conservation des bois , nous citerons pi»*»
ET UNJAS A*»UCtTIOllg. 55
faits pratiques qui prouvent leurs propriétés préservatrices.
Coh&ion. On sait qu'une cohésion forte rend les corps or» ganiaés capables d'opposer des obstacles considérables aux réactions chimiques qui pourraient s'effectuer entra leurs éléments et les agents extérieurs ; c'est ainsi que parmi les substances organiques quaternaires , les cornes , les poils, l'ivoire, résistent longtemps aux réactions de ee genre. Parmi les produits ternaires de l'organisation végétale, la cellulose épaisse et compacte du bois d'acacia , des noyaux de dattes et du pbytelephas , offre une grande stabilité dans des eirooastapeee oà la plapart des bois ou des tissus végétaux moins durs , cèdent promptement aux mêmes influences de destruction.
La plupart des agents de la conservation des bois op&~ rcot donc un effet utile en augmentant la cohésion de la masse ligueuse f indépendamment des qualités spéciales que peuvent offrir les composés qu'ils ferment avec les matières organiques.
Zfoeséaacifrn yrneWe, tvntilaU'on. Lcseonstrueteurs,les menuisiers , ébénistes , etc. , savent bien que les bois desséehés usée* lentement pour «voir subi un retrait convenable sans /être fendillée , se conservent mieux ensuite et sont moins sujets à de grandes variations de volume ; c'est qu'alors Hé sont réellement plus depece et par 1A même moins hygroscopiquee*
L'aérage des psine* en bois dans les constructions prévient raœumuiatkm <ft Fhumidité et de la chaleur qui les eût frit pourrir,
Ta**m. Oà principe immédiat qui entre m oombmaison intime avec différents produits des animaux (les peau?, la gélatine , J'ciiHunîne) conserve epasi les substances ligneuses ; il contribue sans doute par sa réaction sur la matière azotée à préserver d'altération le chépe maintenu immergé daas }'«*#; ç'ftt pipl^lemflt ffl* wç#wW<4>le
56 MàTr&HB* LIGFBUSBS
réaction qtfil prolonge beaucoup la durée des filets de chanvre » que Ton imprègne de temps à autre de sa solution.
Huiles fixe» et volatile** L'emploi si connu de ces huiles, notamment de l'huile de lin et de l'essence de térébenthine dans la peinture des bois et la résistance des portions superficielles qui en sont enduites, a prouvé depuis longtemps leur utilité : elles préservent fort bien aussi les fils , cordages et tissus.
Hesines. Ces substances peuvent conserver les différents corps organiques qu'elles imprègnent , et les constructeurs savent que les plus résineux , parmi les pins et les sapins, sont aussi les plus durables.
Créosote. L'un des plus énergiques agents de la conservation de l'albumine , cette substance rend les bois qui en sont imprégnés très durs, et capables de résister à la pourriture comme aux attaques des insectes. Du moins dans les expériences faites en Belgique , en France et en Angleterre, les bois, ainsi préparés par M. Moll, ont-ils résisté aux plus rudes épreuves, notamment à l'action des pourris* soirs (1) et des furets (a).
Acide pyroligneux. Ce produit brut chargé de créosote , de goudron et d'acide acétique, peut être considéré comme le principal agent de conservation des viandes fumées , il est capable aussi, d'après les expériences de M. Boucherie, de préserver les bois de la pourriture.
Goudrons. Les faits nombreux observés dans la marine, relativement aux bois et cordages goudronnés, ne laissent aucun doute sur les propriétés conservatrices des goudrons, qui d'ailleurs renferment de la résine, des huiles pyrogénées , de la créosote , de l'acide acétique, etc.
Sel marin. Les propriétés antiseptiques du sel commun
(1) Fosses remplies de matières animales en putréfaction employées en Angleterre pour ces épreures.
(9) Yen qui attaquent les bois dans les bassins de la marine.
BT LBURff APPLICATIONS. Sj
sont évidentes par suite de l'énorme consommation qu'on en fait pour les salaisons des matières animales les plus putrescibles, tels que les intestins destinés à la confection des cordes harmoniques , les poissons , les viandes , peaux , etc. Relativement à l'objet particulier qui nous occupe, l'application non moins utile qu'en ont faite les Américains pour conserver les bordages de leurs navires ; l'observation de M. Carny sur la conservation remarquable des bois de chêne et de sapin dans les puits de mines de sel, sur la durée des réservoirs et bordures de chaudières contenant les eaux salées, démontrent l'efficacité du chlorure de sodium pour conserver les bois.
Il en est de même des chlorures de calcium et de magnésium suivant les faits observés par M. Boucherie.
Sulfate de fer. Ce sel préserve le bois de la putréfaction, . mais il peut occasionner la désagrégation des fibres ligneuses si l'on n'entrave cette action secondaire comme l'a fait M. firéant , en infiltrant dans* les mêmes bois un excès d'huile de lin.
PyroligniU de fer. Employé avec un grand succès par M. Boucherie , ce produit renferme en effet la plus grande partie des agents préservateurs qui accompagnent l'acide pyroligneux , et de plus l'oxyde de fer qui est certainement capable aussi de défendre certaines matières organiques en s'unissant avec elles. Employé seul et à trop forte dose , le pyrolignite de fer pourrait augmenter un peu la combustibilité du bois. Une addition de sel marin , utile i d'autres égards , corrige cet inconvénient.
Bicklorure de mercure* Ce composé, dont l'efficacité est si remarquable dans son application à la conservation des cadavres et des pièces anatomiques, a été mis en usage avec un égal succès pour défendre les plantes dans les herbiers et le grandes collections contre la pourriture et les insectes; il suffit de plonger les pièces à conserver dans une solution qui en contienne 0,03 de son poids.
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Les bois imbibés par un séjour d'une semaine dans mm solution contenant 0,01 è 0.005 de bichlerure de mercure, ont résisté en Angleterre au* influença* de l'humidité et de la température dans les charpentes et menuiseries des serres chaudes et tempérées ; on les emploie préparés de la même manière pour le* constructions navales,
• Acid* u*$dnUti*+ On a fait en Angleterre des expé* riences sur la conservation des bois par leur, immersion dans une dissolution d'acide ajosénieux; ailes n'ont servi qu'A rendre évident le danger, facile à prévoir, de ee procédé, ta» abarpentieps qui «a sont blessés en travaillas* de tels bois, ont couru de gravies périls*
PhoêptiMt* et borate a" ammoniaque et* manrê têluUe. M. Gay-Luseae a montré que les bois , les tissus et les papiers imbibé?' de solutions de phosphate ou de borate d'ammoniaque sa eharbonnent «ans étire enflammés directement. Le dernier sel serait aujourd'hui asses peu dispendieux pour quelques unes de ces applications $ enfin , on se rappelle que M. Fusch a indiqué l'emploi du verre soluUe pour le même usage.
3406. Procédé* it pénétration des loi*. Les enduits , peintures, immersions des bois, même en faisant usage des meilleurs agents de conservation , ne peuvent défendre qu'une faible portion de la masse ligneuse ; plusieurs savants se sont oeeupés des moyens de rendre faction plus complète en faisant pénétrer les bois dans une grande profondeur.
Bf • Bréapt parvient à ce résultat à l'aide d'une pression plus ou moins forte opérée sur le liquide dans lequel les pièces de bois sont plongées en vase clos.
Le ifeéne et le aepin ainsi pénétrés jusque au coeur, ont montré surtout uoe grande résjatejM* à la décomposition spogtaoéej wtoe te* divepeis expériences faites à ce sujet depuis 1851, ç# p#vt«iJ*r la parfaite eonaeinration des
et mm* 4»puci9iox8. 59
planches en sapin, imprégnées d'huile de Un sicçativ*, qui ont été exposées A tous les accidents atmosphériques pen~ dant six années sur le pont Louis-Philippe. Au bout de ce temps , toutes les planches non imprégnées du platelage étaient usées ou pourries.
Le procédé de M. Moll consiste à raréfier Pair dans les pores du bois par une injection de vapeur, puis à remplacer la vapeur par un liquide qui s'infiltre à la faveur du vide laissé pendant le refroidissement.
M. Boucherie a conçu l'ingénieuse idée de rendre plus économique la pénétration des bois en mettant 4 profit une forée naturelle t la puissante aspiration qui conduit des racines aux feuilles la sève des arbres. Il s'est proposé de rendre le bois beaucoup plus durable , de lui conserver son élasticité , de le préserver des variations de volume qu'il éprouve par la sécheresse et l'humidité, de diminuer «a combustibilité, d'augmenter sa opacité et sa dureté; enfin, de lui donner des couleurs et n»4me des odeurs variées et durables ; il est parvenu à réunir tout on partie de ces propriétés nouvelles sur une même pitae de bois.
En effet, pour pénétrer de substances préservatrices, co~ tarantes ou autres, uo arbre tout entier» la fonce aspiratriee du végétal suffit ; elle porte du 41004 jusqu'aux feuilles, toutes les Uqueurp que l'on veut j introduire , pourvu qu'elles soient maintenues dans certaines limites de concentration.
Ainsi, que l'on coupe un arbr* en pleine sève par le pied et qu'on le plonge dans une cuve renfermant la liqueur que l'on veut faire aspirer, celle-ci montera 4m quelques jours jusqu'aux feuilles les plus élevées *, tout le tissu végétal sera envahi, sauf le «owur de l'arbre et Le* nœud* qui > dans les assener dures et peur les pieds Agés , résiste* t toujours A la pénétration {1).
(1) M. Boucherie a eoatJfttt <$fu* popHior *ja*t 40 «fttipfenw.de
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Il n'est pas rJlême nécessaire que l'arbre soit garni de toutes ses branches et de toutes ses feuilles ; un bouquet réservé au sommet suffit pour déterminer l'aspiration.
Il est inutile que l'arbre soit conservé debout, ce qui rendrai t l'opération souvent impraticable; on peut l'abattre après en avoir élagué toutes les branches inutiles, et alors sa base étant mise en rapport avec le liquide destiné à l'absorption, celui-ci pénètre comme A l'ordinaire dans toutes les parties.
Enfin, il n'est pas même indispensable de couper l'arbre, car une cavité creusée au pied, ou un trait de scie perpendiculaire à l'axe qui divise celui-ci sur une grande partie de la surface de la base , suffisent pour qu'en mettant la partie entamée en contact avec un liquide, il y ait une absorption rapide et complète de ce dernier.
S'agit-il d'augmenter la durée et la dureté des bois, de s'opposer à leur carie sèche ou humide, il fait arriver dans leur tissu du pyrolignite de fer brut. Cette substance est parfaitement choisie, parce qu'il se produit de l'acide pyroligneux brut dans toutes les forêts pour la fabrication du charbon ; qu'il est facile de transformer celui-ci en pyrolignite de fer en le mettant en contact, à froid même, avec de la ferraille, et qu'enfin le liquide ainsi préparé renferme beaucoup de créosote, substance qui, indépendamment du sel de fer lui-même , a la propriété de durcir le bois et de le garantir des pourritures qui 1 attaquent, ainsi que des dégâts causés par les insectes dans les bois employés aux constructions.
diamètre à sa base , pouvait absorber 3 hectolitres de pyrolignite de fer à 8* en six jours; qu'un platane de 90 centimètres de diamètre avait absorbé 9,5 hectolitres de solution de chlorure de calcium en sept jours; qu'enfin , ce dernier liquide s'infiltrait plus rapidement que le pyrolignite» et qu'en général toutes les solutions neutres pénétraient en plus grande abondance que les solutions acides ou alcalines.
IT LBUKS APPLICATIONS. 6l
Aussi, des expériences authentiques exécutées dans les cave* de Bordeaux sur des cercles préparés par M. Boucherie ont-elles constaté d'une manière irrécusable la plus grande durée des bois de châtaigner préparés par son procédé. Les cercles ordinaires tombaient en poudre au moindre effort au bout de six ou sept mois, quand les siens étaient encore aussi solides que le premier jour.
S'agit-il de s'opposer au jeu des bois, de leur conserver toute leur souplesse , de les rendre moins combustibles , M. Boucherie trouve dans l'emploi des chlorures terreux le moyen d'y parvenir à très bon marché. Les cercles en bois imprégnés de chlorure de calcium ( en solution marquant i5* Baume), se sont conservés dans les caves comme le bois imprégné de pyrolignite. L'eau-mère des marais salants, produit jusqu'ici sans valeur, possède aussi toutes les qualités désirables.
Les bois préparés par ces dissolutions salines, plus lourds à la vérité, conservent leur flexibilité au bout de plusieurs années d'exposition à l'air ; en feuilles minces, ils peuvent être tordus en spirales et retordus ensuite en sens inverse, sans gercer. Exposés à l'air* ils ne se voilent pas et ne se fendent jamais, quelque sécheresse qu'ils éprouvent. Enfin , ils ne brûlent pas , ou du moins si difficilement, qu'ils sont incapables de propager aucun incendie. -
3409. Aces grandes et utiles propriétés, que la marine et les constructions civiles et industrielles sauront apprécier et mettre à profit, M. Boucherie a pu joindre des applications qui , sans avoir une utilité aussi importante, promettent aux arts des matières nouvelles , des moyens nouveaux. Il coldre les bois en nuances si variées et si curieusement accidentées, qu'on peut tirer un parti fort avantageux pour f ébénisterie des bois les plus communs.
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Le pyroUgnite de fer infiltré seul, donne une teinte brune qui 96 marie très bien avec le ton naturel des partie* trop serrées du bois o4 le pyrolignite ne péoètre pas*
En faisant succéder à l'absorption du pytolignite celle d'une matière tannante, on produit de l'encre dans la masse du bois , et on le teint de la sorte en violet-noir ou en gris.
En faisant aspirer d'abord du pyrolignite de fer, et ensuite du prussiate de potasse, on produit du bleu de Prusse.
En introduisant successivement de l'acétate de plomb et du chrômate de potasse, il se forme du chrômate de plomb jaune»
En faisant pénétrer su* le même pied du pyrolignite de fer, du prussiate, de l'acétate de plomb, du chrômate dé potasse, on produit des nuances de bleu, de vert, de jaune et de brun, qui réalisent les effets les plus varia.
Parmi nos bois, le platane est un de ceux qui se prêtent le mieux k ces jolies colorations, et qui ptoduit les plus beaux effets dans le placage*
Ainsi, comme on voit, il n'est pas nécessaire de se borner à introduire un seul liquide, on peut successivement e,q faire passer plusieurs dans le même végétal , et produire ainsi toutes les modifications qu'on souhaiterait. Ces décompositions „ capables d'engendrer des produits colores si divers « peuvent être diversifiées en quelque sorte à l'infini. C'est au goût des consommateurs à en régler l'application ; la chimie eàt assert riche en réactions de ce genre pour satisfaire les' besoins et les caprices les plus exigeants.
Quant aux bois rendus odorants par des imprégnations de ce genre, c'est une application trop facile i cwnpgendi*
Bf tlTTHS APtllCAÏIÔlM. 65
et trop limitée aux besoins du fax* pour entrer en parallèle avec les grandes applications que nous Tenons d*énumérer.
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3410. On a déjà vu (3137) comment M« Braeonnot est parvenu à préparer l'acide ulmique artificiel» au moyen de l'action réciproque du ligneux et de la potasse en fusion. Cette expérience a provoqué de nouvelles recherches dues à H. Péligot.
On croyait que l'intervention de l'air était nécessaire pour la formation de l'acide ulmique artificiel , mais il n'en est rien. Qu'on mette dans un matras de la potasse et du ligneux humide aveo quelques kilogrammes de nàercnre pour équilibrer la température et qu'on chauffe jusqu'à fébullition de ce métal , il se dégagera- bientôt de la vapeur aqueuse, puis de l'hydrogène, et il se formera de l'acide ulmique.
L'acide ulmique ainsi préparé n'est pas d'ailleurs un produit constant. Si Ton chauffe peu, il est jaune ou brun; si on élevé là température davantage, il est noir.
11 ne constitue pas le seul produit de la réaction 4 beaucoup près. Il se dégage des produits huileux, de l'esprit de bois, etc. Il se forme, en outre, du formiate de potasse , de foxàlate et du carbonate de potasse qui dérivent du premier de ces sels par la décomposition de l'eau*
L'ulmate jaune et le formiate de potasse seraient donc les produits primitifs de la réaction ; le dégagement d'hydrogène indiquerait là conversion du formiate en oxalate et eu carbonate,
L'ulmate jaune se convertirait à son tour par une action
ultérieure de la chaleur eu ulmate noir et* en divers produits pyrogénés. Une température plus élevée encore donnerait du carbonate de potasse et dti charbon.
L'acide ulmique jaune chamois s'obtient en chauffant deux parties de sciure de bois pour une de potasse, et en modérant la chaleur de manière à laisser une partie de la sciure inattaquée. On dissout Pulmate de potasse dans Peau et on précipite l'acide ulmique. On obtient ainsi un acide qui a pour composition :
Carbone 66,5
Hydrogène 6,2
Oxygène 27,5
. Ce corps rentre donc dans les matières incrustantes que M. Payen a retirées du bois par un procédé analogue.
Quant à l'acide ulmique noir, qui constitue le véritable acide, sa composition est tout autre. Il [renferme , en effet ,
L'ulmate d'argent a pour formule CFBPCF, AgO, et 1 ulmate de potasse C64 À* 06, K 0.
L'acide ulmique noir est le produit constant et dernier de l'action de la potasse sur toutes les variétés de matières ligneuses. Outre les propriétés qui lui ont été assignées (3*58) , M. Péligôt a reconnu que l'acide ulmique donne des sels alcalins solubles dans l'eau pure, mais insolubles dans l'eau salée.
AMIDON, FÉCULfcS, DBXTRIHB. 65
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