I96 SUCRE I>E BETTERAVES
gouttent (1). On peut employer, comme M. Payen l'a fait , des crystallisoirs en forme de trémies en bois doublé de zinc ; une lame en zinc perforée comme une écumoire , soutient les crystaux, et l'espace libre qui la sépare du fond permet au sirop de s'écouler librement et de se rassembler dans un seul vase* Quelle que soi t la forme des crystallisoirs, il conviendrait que le sirop non crys taUisé pût s'écouler dans un réservoir commun; plusieurs dispositions le permettent : nous en parlerons i l'article du Raffinage.
Le sucre retiré des crystallisoirs, bien égoutté et bien sec, est livré au commerce sous le nom de sucre brut. Le sirop qui s'est écoulé de la première crystallisation peut quelquefois être rapproché, et produire une seconde et même une troisième crystallisation. Les recuites de sirop exigent encore plus de précautions que le jus neuf; aussi les appareils à vapeur sonl-ils préférables pour ce cas.
La crystallisation du sucre brut, telle que nous venons de l'indiquer, a remplacé, petit i petit, le procédé par crystallisation lente, qui cependant a rendu de trop grands services à la fabrication indigène pour que nous n'en disions pas quelques mots.
5489. Crystallisation lente» Lorsqu'on suivait cette méthode, on ne rapprochait les sirops qu'à 32° Beaumé environ, .arrivé à ce point on les laissait refroidir jusqu'à 40 ou 50°, et on les portait à l'étuve, où des crystallisoirs en tôle étamée, ayant environ 22 pouces de long, 14 pouces de large , et 4 pouces de profondeur, contenant environ vingt litres, étaient disposés pour les recevoir sur des bâtis régnant tout autour de la pièce. L'étuve était entretenue au moyen d'un calorifère , à une température de 35 à 40° l'air étant sans cesse renouvelé. Chaque jour on avait soin de
(1) Ces opérations, qui durent plusieurs jours , ont Heu dans les greniers ou étages supérieurs de la fabrique.
SUCKB DE BBTTERAVKS. 197
casser la croûte crystalline qui se formait à la superficie et qui s'opposait à l'évaporation ultérieure. Lorsque la plus grande partie du sirop était crystaïlisée, on faisait égoutter lescrystaux dans des trémies, le liquide était reporté à l'éture,etle sucre brut, placé dans des sacs de coutil, était soumis à plusieurs pressions successives qui enlevaient la plus grande partie du sirop engagé entre les ciystaux.
Quel que soit, du reste, le procédé de cristallisation employé , les sirops qui refusent de crystalliser sont amenés à 35° environ , et se vendent sous cette forme aux distillateurs.
3490. Avant de terminer la description de l'industrie sucrière, nous dirons quelques mots des tentatives qui ont été faites pour obtenir directement des produits beaucoup plus beaux que le sucre brut ordinaire, et même des sucres semblables aux sucres raffinés, sans cependant redissoudre le sucre brut comme on le pratique dans les raffineries.
Le clatrçage est un des moyens les plus anciens qu'on ait employés pour purifier le sucre brut sans le sortir des (ormes, il consiste dans la filtration d'un sirop saturé de sucre y à la température où Ton agit, à travers le sucre brut. La elairce ne pouvant dissoudre le sucre , chasse au contraire, en le déplaçant, le sirop plus coloré qui salit les crystaux à leur superficie; elle se substitue à celui-ci dam les interstices , s'égoutte i son tour, et laisse le sucre bien moins coloré.
Les conditions essentielles au succès du clairçage sont :
i° Que la elairce soit assez chargée de sucte crystallisable pour n'en dissoudre que très peu ou point dans sa filtration;
2° Que la densité de la elairce soit à peu près la même, ou très peu moindre que celle du sirop à déplacer ; la elairce trop dense coulerait mal; trop étendue elle glisserait sans entraîner le sirop ou mélasse adhérant aux cry-
ig6 SUCRK DE BKtTBKATSSè
«taux. Od doit donc employer à la préparation de la elatree des sucres d'autant plus impurs* que les sucres à claircer le sont davantage; car les sirops satures de sucre crystallisable sont d'autant plus denses et visqueux, qu'ils contiennent en outre davantage de sucre incrystallisable et d'autres substances solubles;
3° Que la crystallisatiôn dans les formes soit régulière et peu serrée-, elle doit commencer et finir dans le même vase;
4* Que la température du lieu où se fait le tluirçage ne varie pas trop, et soit au moins de 15°.
Pour opérer le clairçâge, on a soin de gratter la superficie des pains , et de bien les égaliser; on verse alors à la fois trois kilogrammes de la clairce sur chaque forme égouttée, contenant en sucre crystallisé environ trente-cinq kilogr. On renouvelle cette addition trois fois en douze heures d'intervalle , et on laisse égoutter pendant trois ou quatre jours. Au bout de ce temps , le sucre est plus sec , plus beau et moins7 altérable que le suere brut ordinaire.
Il est probable que le clairçâge bien combiné, pourrait donner de très bons résultats*
5491. M. Bouché, fabricant de sucre distingué, est parvenu par l'ensemble d'une fabrication bien entendue, à produire, de prime à bord et sans refonte, des pains d'une beauté remarquable, et qui peuvent rivaliser avec les sucres sortant des raffineries. La possibilité d'obtenir du éucfre blanc du premier jet, présentant une haute question d'économie, nous donnerons quelques détails sur la manière d'opérer en usage dans la fabrique de M* Bouché.
Les betteraves y sont conservées en magasins couverts, et l'on a soin de ménager de nombreux courants d'air; leur nettoyage est exécuté dans le cylindre laveur tjua nous avons décrit ; le râpage se produit par les râpes étudiées plus haut ; la pression 6e fait p*r la presse i cylindre
SUCAB DE BETTBttAVES. îgg
de M. Pecqueu? et sans interruption. Tout le Système est mécanique et cbtttinu ; ub enfant à la râpe , Un ouvrier à là presse, suffisent pour Cette partie de la fabrication.
Dabi là défécation, M. Bouché a introduit une grande amélioration , en diminuant de beaucoup la quantité de chaux employée jusqu'à ce jour, et dont l'effet est si nuisible au sucre ctystaîlisablé et lui donne un goàt si détestable. Pour remédier aux inconvénients de la chaux, l'auteur ae sert d'une dissolution d'alutt dans la proportion d'un gramme et deihi d'alun, par litre de jus. On la Verse dans la chaudière aussitôt que le suc est àrHvé k 40 ou 45* de température^ on brasse fortement, et on continue de chauffer jusqu'à 80 ou 85°. On ajoute alors une petite quantité de chaule en lait , on brasse de nouveau et on porte à rëbullkion. Au deuxième bouillon , on arrête la vapeur, on laisse reposer cinq minutée et où retire une forte écume qui couvre le liquide. On ouvre le robinet de décharge, le suc coule clair sur un filtre à gros noir revivifié, et se rend dàhs Une citerne pour être soumis & l'évaporation.
Si le sue déféqué est très clair, il n'en contient pas moittô des sels qui ne se précipitent que lorsque le jus a acquis une certaine densité (12 à 15° Éeautné), Après la filtration , on le soumet & l'évaporation dans des chaudières Pecquéur, divisées par urie cloison en deux compartiment*. Lé jus déféqué arrive continuellement par un robinet réglé, à l'extrémité d'un des compartiments , fait le tour de là chaudière et sort par un robinet opposé. Il se dirige dané une seconde chaudière disposée cOtarne la précédente, et sort enfin avec continuité pour se rendre sur un filtre où il déposé ùtté vâ&e Saline qui s'était précipitée par Pévapbration. Lé drop filtré est réporté 4 une autre chaudière , qui le concentre à 28 ou 30* Beatl thé. A cette époque on te soutiré et on lui fait sUbt* m** troiMèthé filtration, ferais sur une touche de
200 8UGEE DE BETTERAVES.
gros noir neuf; il est ensuite porté à la chaudière de cuite* Si on s'aperçoit que cette clairce n'a pas les qualités requises, on la soumet à la clarification, en employant un litre de sang et deux kilogrammes de noir en poudre par hectolitre de sirop.
On cuit moins fort pour les petites formes que pour les grandes. Le sucre étant cuit, tombe au rafraîchissoir, on remue la .première cuite, et on laisse en repos jusqu'à la quatrième, où on remue de nouveau, et on emplit les formes. Le sucre ne tarde pas à crystalliser, on le remue avec un couteau en bois, et huit heures après il est délayé et mis en forme pour laisser écouler son sirop. Vingtquatre heures après , on verse sur la base du pain un litre de belle solution sucrée , en entretenant la chaleur du grenier à 20° Réaumur. Le lendemain on répète la même opération, et, le jour suivant, on râpe les fonds avec une truelle, pour verser sur chaque pain un litre de terre argileuse délayée avec de l'eau et eu bouillie. On laisse cette terre pendant quatre jours, ensuite on la retire , on nettoie le sucre et on le laisse égoutter et prendre de la consistance pendant trois jours. Enfin, on le retire des formes et on le met à Tétuve. Le sucre est alors parfaitement blanc, et prêt à être livré au commerce.
3492. M. Lecointe, directeur de la fabrique de M. Forbin Janson à Villelaure, est aussi parvenu à livrerdu sucre blanc à la consommation , sans le raffiner. Le sucre brat, obtenu parles procédés ordinaires, est blanchi dans les grandes formes au moyen du terrage* On le loche, on le pile et on le passe à travers un crible métallique. Aussitôt après, on le met en petites formes qu'on emplit bien serré, La forme remplie est de suite renversée sur une planche qui peut contenir de douze i quinze pains de sucre. On porte ces derniers à l'étuve , et le lendemain le sucre a pris assez de consistance pour être manié et mis sur des rayons comme
SUCU J>B BBTTEBAVB8. 201
les pains ordinaires provenant du raffinage \ trois ou quatre jours après il est bon à livrer à la consommation* Ce procédé présente peut-être une manipulation un peu grande, et la blancheur n'est peut-être qu'apparente; cependant il est susceptible de bons résultats, comme l'a prouvé l'expérience.
3493. Nous terminerons la description de la fabrication do sucre de betteraves, en donnant quelques tableaux qui fourniront une idée des prix de revient du sucre brut, dans plusieurs contrées de la France, dans l'état actuel de la fabrication, et nous indiquerons comment ces prix pourraient diminuer de beaucoup, si le rendement s'approchait plus encore de la quantité de sucre qui se trouve réellement dans la betterave*
Nous donnerons d'abord un tableau comparatif des frais de culture , dans trois localités différentes •
Fraie de culture de la betterave, en banne* terres pour
un hectare.
Word. ScJne-et-Oise. Env.de Paris.
Loyers, impôts, intérêts... 115fr. 120fr. 180fr.
Engrais 130 130 120
Deux labours, deux hersages. $6 100 96
Semence répandue 18 20 20
Sarclage et binage 36 45 46
Arrachage et transport 36 40 38
421 fr. 455fr. SOOfr.
Le produit est en moyenne de 30,000 kilogrammes de betteraves; il va quelquefois jusqu'à 40,000.
Les 1 ,000 kilogrammes reviennent donc à 14fr. 03 c— 15,17—16,66.
Il fout ajouter à ce produit tous les avantages que le cultivateur retire de la culture de la betterave, avantages qui sont assez considérables.
*M SUC** OS ft*fTi&AY*0.
5404; Nous donnerons maintenant le défis approximatif des appareil* nécessaires 4 une fabrique qui voudrait travailler «ut 80)000 kilogrammes de betteraves par jour et fournir pour un rendement de 5 pour 100, 1500 kilogr. dé suetfe pfaï jtttth
Devis d'une fabrique devant traiter 30,000 kilogr. de jus de hetteraves par jour (extraction par pression).
Trois générateur» i * \ . . * i • . . . . * i ♦ * 16,900fr<
Machine de dix chevaux et transmission » * • 15,000 Trois pressas hydrauliques, w \
Une & Crife pour tfdtiimehcer ; > . * . . • . . ; • . 12,000
Une à éciifoes )
Bâpe i poussoirs mécaniques et tambour
dé rechange 1,600
* Claies et sacs 2,000
Tubes et robinets , distributeurs et retour*
d'eau ;m..K 5,000
Chaudières à défécation essayées à 8 atmosphères i i.u.,,,M.* 14^000
Chaudière Taylor à 15 atmosphères: ; ; ; ; Filttes, rafratchissoirs, bacs* conduits, ré*
ser voirs d'eau chaude et d'eau froide . ; ; 5,900 Distribution générale d'eau i ... ..;..*:; . 1,500 Cinq cheminées en bois pour cobdtlirfe là
buée i . . > 800
Formes et gouttières à mélasse et sirop . . • 6,500 tour k revivifier, bluttoir, ctëbourbeur. . . . £,850 Calorifère placé dans la cheminée des gé-
Si
nérateurs
à la vapeur de la machine . . . • ' '
"• à cloche* . « % » • • t • » # « . .
Montage pour chaudières ..iumuia. 3^000
SlrfM DE BKTTfc*AV*S; lt)5
Fermetures, portes, grilles , etc., 4,900
Plans, devis, surveillance , montage. • . * . 9,400
70,000 briques à 30 fr. le raille 2,100
Façon, ëchafaud, etc 1,000
Bâtiments', 35,000
152,150 fr.
Dans le cas où on emploierait des appareils autres que les presses hydrauliques, et que les chaudières d'évaporation, les prix changeraient nécessairement; mais il est facile de faire les substitutions dans le tableau que nous venons de donner.
Compte de revient dune fabriqué de sucre aux environs de Parie , traitement de 56,000 kilogr. par jour.
Betteraves, 56,000 kilogr. à 20 fr 720 fr.
Houille, 65 hectolitres à 3 fr 195
Noir, 200 kilogr. + revivifié 800 kilogr, * 80 Chaux, 100 kilogr. + pertes et déchets* . 10
Main d? œuvre, 12 heures.
2 chauffeurs ...<.. 6 »
1 mécanicien 5 »
1 revivificateur. . . . S »
1 laveur, 2 »
(1 homme. 2 50
pagC (2 femmes. 2 »
p f 5 hommes 7 50
(4 femmes . 4 »
1 déféqueur 2 *
1 écmneur* . « 2 50
4 hommesàlapurgA 12 »
204 SUCEE DE BBTTEEAVB8.
1 contremaître .... 6 »
Frais de t>yçeaux. . . 8 »
71 30X2 pour les
24 heures = 143
Toiles â presses 20
Réparations des fourneaux et claies 30
Houille pour le chauffage des greniers. . . 10
Intérêts 100
Renouvellement, usure des ustensiles. . . 80
Un directeur, logement , appointent* , etc. 1 3
Frais imprévus , éclairage , etc 25
1428 fr.
Si le rendement est de 5 pour 100, on obtiendra 1800 kilogrammes de sucre brut; à 6 pour 100, 2,160 kilogr.; à 7 pour 100,2,300 kilog..; et on aura pour le prix de revient les proportions suivantes :
à 5p. 0/0 1,800 ; 1,428 :: 100 kil. : 79fr. à 6 p. 0/0 2,160 : 1,428 : : 100 » ; 60 » à 7 p. 0/0 2,300 : 1,428 :: 100 » : 56 »
On voit de quelle importance est le rendemeut plus ou moins grand qu'on obtient de la betterave, puisque le prix des lOOkilogr. de sucre brut peut varier de 56 à 79 fr. Il faut ajouter au sucre obtenu» le bénéfice accessoire qui se compose de :
Pulpe 900 kil. à 15 fr. = 135 fr. »
Mélasse 600 » à 4 » = 24 » »
Écumes 360 » à 2 » = 7fr. 20c.
166 fr. 20c.
3495. Depuis Tannée dernière, M. Mathieu de Dombasle a introduit des améliorations importantes dans le procédé
SUCRE D* BETTERAVES. 2û5
de macération, par l'effet de quelques modifications qui ne changent rien , toutefois, à la marche générale de l'opération : les frais ont été considérablement diminués , et par contre, les produits obtenus ont été augmentés dans une proportion vraiment considérable. Sans nous prononcer sur ce procédé qui n'est pas encore jugé, nous allons en faire connaître les résultats, d'après l'inventeur.
Un des reproches les plus fondés qu'on eût faits au procédé de macération , était relatif A la quantité de combustible employée. Sous ce rapport, M. de Dombasle paraît avoir fait disparaître cet inconvénient, par la macération à froid des betteraves, exécutée après qu'on en a détruit la vitalité , au moyen de l'ébullition , c'est à dire après qu'elles ont été amorties, comme dit M. de Dombasle. Par ce procédé, la consommation de combustible est réduite, à peu de chose près, à celle qui est nécessaire dans l'ancien procédé des presses.
Quant à la proportion des produits , on a constamment obtenu, dans la campagne dernière , de 1000 kilogram. de betteraves, dont le jus exprimé pesait 7° 1/2 à l'aréomètre , 130 à 133 kilogram. de masse grenée , pesée avant la mise en purgation. Celte masse a produit constamment au delà de 80 kilogr. de sucre de premier jet, et par la recuite des sirops on a obtenu encore plus de 20 kilogr. de sucre de deuxième jet. Au total, en moyenne, 104 kilogr. de sucre brut : soit, à très peu de chose près, dix et demi pour cent de betteraves.
Pour la qualité , les produits présentent une supériorité marquée sur les sucres provenant du procédé d'expression; les sirops se comportent à la cuite comme de belles clairces de raffineries , et le sucre brut de premier jet présente la même nuance que celui des pains de quatre cassons avant le terrage. A l'aide d'un simple clairçage, il acquiert la blancheur et la saveur franche du sucre en pain.
206 8VCU DE BETTERAVES.
Il résulte aussi des modifications apportées au procédé» une diminution considérable des dépenses de premier établissement , puisque F amortissement des tranches de betteraves se faisant toujours dans la même chaudière , les autres vases de macération ne sont plus que de simples cuviers doublés en feuilles minces de zinc ou de cuivre.
On avait craint que les pulpes de betteraves, épuisées par la macération, ne fussent plus susceptibles d'être employées à la nourriture des bestiaux , ou d'être conservées ; ces craintes n'étaient fondées ni l'une ni l'autre : oh s'est assuré à Roville, que les bœufs et les bêtes à laine mangent fort bien cette pulpe, et qu'elle ne leur cause aucune espèce de dérangement*
Quanti la conservation de ces résidus, elle est aussi facile que pour ceux qui proviennent du procédé par le râpage ou la pression. Il n'est même pas nécessaire de les presser pour qu'ils se conservent parfaitement. Il suffit de les enfermer, sitôt qu'ils sortent de l'appareil de macération, soit dans des tonneaux, soit dans des silos, et de les priver du contact de l'air. La pulpe acquiert une saveur acidulé, analogue i celle de la choucroute , qui en rend très friands les bœufs et les moutons. Cette pulpe se comporte donc comme la pulpe de betterave pressée, et détermine comme die la production de l'acide lactique.
Le rendement en sucre, évalué par M. de Dombasleà dix et demi pour cent du poids de la betterave , réaliserait le maximum théorique*, car il s'accorde avec les quantités de sucre réel Indiquées par les analyses les plus estimées de la betterave.
Emploi dêê mélasses.
5496. Les mélasses de betteraves, eu égard au goût dé*-
«UCE1 M BBTTX&AYBB» 30?
*ftr&hfc qui les caractérise, aomt d'un prix de beaucoup inférieur à celui des mélasses de canne ; cependant on par- ?ient à en obtenir de l'alcool de bonne qualité , en les mélangeant, à chaud , avec du charbon animal bien préparé, et les faisant filtrer sur cet agent , avant de les soumettre à la fermentation. On les emploie aussi pour la fabrication de l'acide acétique et pour en extraire de la potasse.
11 existe plusieurs usines qui distillent les mélasses de la ttajeure partie des sucreries indigènes.
Toicl le mode de fabrication qu'on y met en pratique :
On commence par saturer la mélasse par l'acide sulfurique, après l'avoir étendue de dix fois son poids d'eau à 25°. On ajoute de la levure de bière au mélange qui est placé dans des cuviers de six pieds de diamètre sur huit de hauteur. Chaque cuvier reçoit 12 à 20 kilogrammes de levure, 600 kilogr. de mélasse et 6000 kilogr. d'eau. Au bout de vingt-quatre heures la fermentation est A son maximum; ea trois jours elle est entièrement aceom* pHe.
On distille la liqueur une première fois ; on obtient de Peau de vie à 49*. On la redistille dans un appareil de Derosne qui l'amène à 58*.
2,300 kilogr. dé mélasse fournissent 1200 litres d'alcool à 99 centièmes; ce qui représente à peu près, pour 100 kilogrammes de mélasse, 45 litres d'alcool , ou 30 kilogrammes environ. D'où Ton voit que la mélasse retient plus de moitié de son poids de sucre réel.
M. Dubrunfaut a reconnu que 100 kilogrammes de mélasse peuvent donner en outre , après f extraction de cet alcool, 10 à 12 kilogrammes de résidu salin très riche en alcali , et il est parvenu à monter en grand l'industrie qui a pour but d'extraire celui-ci.
D'apiès ses expériences , les sels provenant de l'inciné-
208 SUCBB DE BETTERAVES.
ration des vinasses des mélasses de betteraves renferment, pour 100 parties :
7 à 11 sulfate de potasse , 20 à 17 chlorure de potassium , 27 à 45 carbonate de potasse , 25 à 34 carbonate de soude , Quelques centièmes cyanure de potassium.
La présence du carbonate de soude rappelle involontairement que la betterave est une plante maritime. On doit ajouter toutefois que, d'après M. Dubrunfaut, ce même sel fait partie des cendres de plusieurs plantes cultivées en grand.
Quand on purifie le salin des mélasses par crystallisation, on obtient un sel double formé de un atome carbonate de potasse, un atome carbonate de *oude, et 12 atomes eau. Il crystallise très facilement en prismes obliques rectangulaires. A l'air, ils absorbent l'acide carbonique et donnent du bicarbonate de soude poreux, tandis que le carbonate de potasse forme une dissolution qui s'écoule.
Pour extraire avec économie la potasse des mélasses» il faut faire fermenter le liquide chargé de mélasse de manière à fournir un produit contenant 4 ou 5 pour cent d'alcool. On le distille et on se sert du résidu pour une nouvelle fermentation avec égale quantité de mélasse. On distille de nouveau.
La liqueur riche en sels est évaporée; le résidu, calciné au rouge pour brûler les acides organiques , fournit luimême une chaleur considérable qu'on utilise en dirigeant sa flamme sur des liquides à évaporer.
Le produit brut , ainsi préparé , peut ensuite être dissous et épuré par crystallisation.
FABftlCATIO* ,BU IUCM MÇA^
3497. L'extraction du autre de fccsmne remonte à des temps ttèn éloïghi ^ dons; les Chinois profiterai les premiers te propriété^ de cette plante précieuse 5 plus tard le* Wtffogaie et les Espagnèb introduisirent la canne dans téUttedfo^èé; attfbordlitri, elfe fournît la presque totalité éû éttcre qui *e consotomte dàftf îe monde.
Aucune plante ne renferme une austi grande' quantité de sucée tfae W canne ,H et ne le donne aussi pur. Sous ce rapport, elle au** sans doute toujours la préférence*" su* toute* fês autres, et- né pétrira être remplacée que dàqs des cir&flsittices exceptionnelles* îa eanrie^en effet, contient, «BrQës MtfdRlbttf orttoaïres, 96 pour IÛO de jusf marquant à tfft&tàftre dé Heaume, de 10 i U'i et ces fiO'iOUftlriieiJL '*• du 90 paftiés de sucre crîstaHisable , afosï (JttVrtftrt^tlftnbntiré les recherches de M. Péllgot,
mjm&tl^temdnàfa Wnalyse du vésou et cette des câtott's&fhefc tjtrtf aVâît rê$faeè de la Martinique, en arait dëdntt I* tomposiribiTsTiftân te pour la canne fraîche :
M. Dupuy a exécuté à la Guadeloupe des analyses qui hii ont donné les mêmes résultats, lia trouvé j en elfet,
pour la cqnaporition de la canne fraîche x
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Sucau». • • . 17 j8 Ufldeu* . - 9,8 sels* « • • • • ^*t^