‹ Traité de chimie appliquée aux arts;Chapitre 62 sur 83 · CÉRUSE · texte numérisé non relu

CÉRUSE

9709. De tous les sels de plomb, celui qui a reçu les plus nombreuses applications, c'est sans contredit le carbonate, connu sous les noms de véru** , de Mine rf* plomb, de Mme d'argent. Il est blanc, pulvérulent, insipide, insoluble dans Peau ; il se dissout complètement et avec effervescence dans l'acide nitrique.

La eéruse, dont l'histoire se lie étroitement à celle du vinaigre, était connue des Grecs et des Romains. Théo* phraste et Dioscoride ont décrit avec détail sa prépara* tioo, et Pline assure que celle qui était fabriquée A Rhodes était la plus estimée. Après la chute de l'empire romain, H parait que ce sel fut d'abord fabriqué par les Arabes, puis i Venise, plus tard i Krems, ensuite en Hothrod* et en Angleterre. Pendant bien longtemps, cas deux pays ont été en possession de nous fournir la totalité de notre ce»sommation; il y a vingt-cinq ans à peine que cette Adrien* tion est Introduite en France, mais elle y a pria une telle extension, depuis celte époque, quemeintenimtil nenotis vient pas en seul kilogramme de eéroae de l'étranger, quoique notre consommation augmente chaque année.

Tout le monde connaît les usages et les propriétés de 1% eéruse* chacun sait qu'elle entre e* trie grimée pnfwrim

parfaitement à l'huile , s'y conserve sans couleur , s'étend aisémept aoiia le pinceau, Découvre bien les surflteet qu'on veut enduire, et donne A la peinture la propriété de sécher rapidement* on l'emploie ou seule* ou avec d'Mteee cou* leurs pour leur servir d'excipient et leur donner du eorps* Elle est aussi employée dans lea fabriques de faïences pour la préparation dee vernis ou couvertes , de préférence i« oxydes de plomb, à cause de sa grande ténuité et de sa facile suspension dans l'eau*

On a proposé, 4 diverses époquee, un grand nombre do procédé» de fabrication de la céruse* mais ileo est queue, entre autres , dont on s'est plus particulttmnent occupé f ce sont t

l9 Le procédé hollandais, par le fumier ou la tonnée 9 2° Le procédé de Clichy, par la précipitation % 8* Le procédé par la lithargeet l'acétate do plomb) 4* Enfin , celui où Ton ùc se sert que du plomb en gre* milles, de Veau et de l'air.

5704. Le procédé hollandais est presque exclusivement eut vU maintenant, dans la majeure partie des fabriques de céruse; il consiste A oxyder lentement le plomb dans des couches de fumier en fermentation, et à combiner l'oxyde de plomb, à mesure qu'il se produit, avec «de l'acide oaibo* nique. •

Voici comment on procède t

Le plomb est fondu dans des chaudières en fente * et coulé dans de longues liogotiéres plates en tôle que Ton rechange à mesure qu'elles s'échauffent; un ouvrier verso le plomb dans la liegotière ; un autre la iwveree immédiatement : les lames varient quant 4 leurs proportions et leur épaisseur, néanmoins on fait en sorte que fépaieseur ne dépaese pas deux millimètres. On contourne ces iemee en héliees, et on les place dane des pots détente vernis, contenant une certaine quantité de vinaigre \ chaque pot perte deux rebords intérieure ou mentonnets, eut lesquels repose rhélice. Onu remorqué que ces laiaees%ttaqueot«iieox par In partie externe que par eeUe qui a eu le eontaet de la Ifogotièro $ aussi, quand on les contourne en héNce pour les mettre dans les pots , e-V«n sein de placer en dehoreht portion externe des limes t c'est cette circonstance qui a hit au plonb tamtaé'éont te**«offt*m cotisa état»»

quafettt éfffidteme&t, et qui lai * frit prftéftr tfrplanrf» coulé.

En Angleterre, on fait usage d'une lingotière qui permet de couler six plaquée de plomb à la fois. C'est un moule divisé en six compartiments, en effet, et muni d'un jet mobile qui se transporte d'un moule à l'autre , et qui permet de mouler de nouveau, tandis qu'on débarrasse de ses lames k moule précédemment employé. Il serait d'ailleurs facile et convenable de disposer un petit appareil où s'opérerait un moulage continu, les moules en nombre suffisant étant mis en mouvement par une chaîne sans fin et venant se présenter successivement à l'ouvrier mouleur et 4 celui qui ramasse les feuilles.

On emploie des vinaigres de qualité inférieure, teb que ceux qui proviennent des mélasses, de la bière, ou des grains*

Les pots sont portés dans une chambre ou loge, disposée de la manière suivante , pour former ce qu'on appelle une couche. Le long d'un mur de 6 & 7 mètres de hauteur on établit autant de séparations en planches qu'on veut former de loges ou cases; on donne ordinairement 6 mètres de profondeur sur 4 de largeur à ces cases', et on les recouvre d'une toiture quelconque. On étend sur le sol une couche de fumier neuf, d'un pied d'épaisseur environ , et par dessus une rangée de pots,côte à côte ; on recouvre ceuxci avec des lames entières; ça et là, on a soinde laisser deux ou trois pots découverts \ ils sont pleins de vinaigre et ne contiennent pas de plomb ; il y a ordinairement douse pots pareils par couche.

Par dessus la couche de pots» on met des pièces de bois de 3 pouces d'équarrissage à la distance de 2 pieds les uns des autres, et on les recouvre de planches. On met par dessus une nouvelle couche de fumier frais, puis une nouvelle rangée de pots, puis un nouveau plancher, et ainsi de suite jusqu'à ce que la couche ait atteint la hauteur convenable. On recouvre le tas de vieux fumier. A mesure qu'on l'élève, on garnit les parties qui touchent le mur avec du vieux fumier, ainsi que le devant de la couche , à l'épais- «eus d'un pied; on a soin également de garnir le devant avec des* planches, entre lesquelles on laisse des joints pour faciliter rétablissement d'un tirage , qu'on reconnaît faut

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