‹ Traité de chimie appliquée aux arts;Chapitre 66 sur 83 · C» H* 0», CP H» 0 , H · texte numérisé non relu

C» H* 0», CP H» 0 , H

3722. Distillation tiche de ï acide stéarique. Le produit de cette distillation est une matière complexe, qui se compose d'un produit acide et de deux produits neutres, dont l'un se présente sous la forme d'une substance blan* cbe cristalline, ressemblant à la paraffine par ses caractères extérieurs; le second est une huile douce d'une odeur empyreumatique. En faisant bouillir le produit brut avec du carbonate de soude, exprimant et séchant celui-ci et le traitant ensuite par Téther, ce véhicule entraîne les deux substances neutres, et laisse un sel de soude mélangé k l'excès de carbonate. En décomposant par l'acide chlorhydrique le sel de soude purifié, on obtient une substance qui, après avoir été purifiée à l'aide de plusieurs cristallisations dans l'alcool, fond exactement à 60°. En eifet, c'est de l'acide margarique.

Par l'évaporation de l'éther, la substance solide crfccal~ lise. Au moyen de plusieurs cristallisations dans ce véhi*

JdCIDB 8TÀUUQU*. 58 1

cule, elle se présente sous la forme de paillettes cristalline», blanches, nacrées, diaphane* et fondant vers 77°.

Distillé avec de la chaux, l'acide stéarique donne un pcoduit identique au précédent et pour les propriétés et pour la composition* Cette matière purifiée convenablement serait la margafone.

En soumettant à l'évaporation l'éther duquel la margarone s'est séparée, on obtient une huile empyreumatique, souillée par une grande quantité de cette matière. A l'aide d'une distillation convenablement conduite, les premiers produits peuvent être obtenus à peu près exempts de margarone. Soumis à l'analyse, ce composé donne une composition en centièmes, identique avec celle du gaz oléfiant.

Tels sont, en résumé, les produits qui se forment par la distillation sèche de l'acide stéarique. Ainsi, ce dernier se divise par l'action de la chaleur en acide margarique hydraté, margarone, eau, acide carbonique et hydrogène carboné.

Ces résultats expliquent pourquoi lfe produit de la distillation de l'acide stéarique en a sensiblement conservé le point de fusion, bien que l'acide margarique fonde à 60*, car ce produit se trouve mêlé de margarone dont le point de fusion est à 77°.

La réaction qui s'opère dans la distillation sèche de l'acide stéarique, est conforme aux décompositions ordinaires opérées par le feu.' L'acide bibasique est dédoublé; il en résulte de l'eau et un acide monobasique, qui, se décomposant à son tour, donne de l'acide carbonique et de la margarone; enfin il se forme un hydrogène carboné, dernier produit qui se présente i la fin de tontes les distillations de matières organiques.

• 3725. AeHon de Pariée nitrique sut l 'acide êêiarique* Lorsqu\>n traite à onaud 4 partie d'acide stéarique par 3 ou 5 parties d'acide nitrique & 32° B», il se produit des composée xigûk diflècent sufcapt la «Jurée de l'action ; au corn-

582 AGIW StfAftfÇUi:

inenôement, dès que le mélange entîe en ébullition, il s'itqblit une réaction très vive; on remarque un dégagement abondant de bi-oxyde d'azote accompagné d'un autre gaz qui irrite fortement lès organes respiratoires. Si on laisse ensuite refroidir la masse, un acide gras s'en sépare; l'acide nitrique ne renferme aucune substance étrangère en quantité déterminablé, et l'acide gras r * surnage est solide, cristallin, fond à 80°, et présente toutes les propriétés de l'acide margarique.

La formation de l'acide margarique par l'oxydation de l'acide stéarique s'explique d'une manière très simple, en admettant que ce dernier prend un atome d'oxygène, selon la formule suivante :

ce qui correspond à la composition de 2 atomes d'acide margarique hydraté.

L'acide stéarique peut encore être transformé en acide margarique par un mélange d'acide sulfurique et d'acide ebfomique*

Si l'on traite l'acide stéarique pendant plusieurs jouis par de l'acide nitrique bouillant, l'acide margarique formé d'abord se dissout peu à peu, et finit par disparaître complètement* surtout si l'on renouvelle de temps i autre l'acide nitrique. On obtient en dernier lieu une solution acide , limpide , qui renferme de l'acide subérique , de l'acide succinique et un corps oléagineux solubie dans l'acide nitrique*

3724. Lorsqu'on évapore à moitié la solution acide, etle se prend au bout de vingt-quatre heures en Une masse presque solide. On la purifie de l'esu-mère, par des lavages à l'eau froide, par plusieurs crittstlUaations dans l'eau chaude, par expression et dessiosstCiefu

Ainsi préparé, le produit consiste en acidesubéftque blanc, sans odeur , qui, séché k i 00°, n'entre en fusion qu'à 120°.

Une solution aqueuse d'acide subérique saturée à chaud se prend en une bouille composée de petits cristaux grenus , qui se dessèchent en une poudre poreuse d'un blanc éclatant. Une solution de ee même acide dans l'acide ni* trique étendu , le laisse déposer à l'état de grains durs et réguliers.

Lorsqu'on soumet à la distillation sèche du suWrate de chaux avec un excès de chaux, on obtient % entre autre» produits , un liquide huileux qui distille à la température de 186°. Ce liquide est incolore quand il est pur et reste liquide même à — 12° C; il possède une forte odeur aromatique. Il attire l'oxygène de l'air, et se concrète alors en un corps cristallin qui est de l'acide subérique. L'acide nitrique lui fait subir la même transformation.

M. Bousslngault , qui a découvert ce corps, exprime sa composition par la formulé

qui Tient d'être confirmée par M. Tilley, et quie'aocdrd* erfacteftietot avec la densité de sa vapeur* >

37S3* En évaporant les eaux de lavage de l'acide au-r bétiqile, oïl obtient de l'acide sueaakpé* .Ces* particulièrement dans les eaux de lavage de l'acide #i*h£* rique , ainsi que dans les eaux mères du produit de l'action de l'acide nitrique, que se trouve l'aéide suocinique* On l'en retire par une évapora tion lente et par le to&oidis*eeuient; il se dépose, accompagné d'«e grande quantité d'acide subérique , sous la forme d une orûûte blanche et à gros grains , qui adhère eu fond du vase.

A l'aide de plusieurs cristallisations dans l'eau , et au moyen de l'éther bouillant qui dissout pan d'acide »iceinique et beauomp d'acide subérique > on peut le dpber-*

584 AC1J»B MAftÇA&JtypB*

rasser de ce dernier. Cest surtout par la sublimation qu'on peut obtenir l'acide succinique pur* En effet, cet acide se sublime le. premier et se condense sur les parties supérieures du vase, à l'état de houppes déliées et transparente*. Par une nouvelle sublimation, on l'obtient d'une pureté plus parfaite que par tout autre procédé; le succin lui-même ne le donne pas si beau.

Lorsqu'on compare la composition de l'acide succinique avec celle de l'acide subérique qui se produit emmène temps que lui , il semble évident que l'acide succinique se forme par l'effet de l'oxydation énergique i laquelle l'acide subérique se trouve soumis lui-même sous l'influence de l'acide nitrique. En effet on a

Cie H14 O4 — H2 + 04 s C16 H" O8.

ACIDE MA.RGAK1QUB.

3726. Nous avons vu précédemment que l'acide stéarique se transforme par la distillation sèche en acide margarique et en divers produits secondaires. Différents corps gras neutres, tels que la graisse de bœuf, la graisse de porc, l'huile d'olive, l'acide oléique brut, etc., fournissent également de l'acide margarique, lorsqu'on lesdistille.il faut chauffer rapidement au commencement, afin de chasser l'humidité, qui se trouve toujours mélangée i la matière, et qui ocea* sionne des soubresauts, capables de déterminer la rupture des vases. Dès que la matière présente une ébullition régulière , il faut modérer le feu.

Les produits de la distillation se condensent facilement dans le récipient* En employant un appareil de Woulf , on peut recueillir en outre un hydrogène carboné , aimi que l'acrolétne dont l'odeur est si désagréable et si pénétrante. En même temps, il se développe de l'hydrogène carbone gazeux et de l'acide carbonique.

Le produit de la distillation de la graisse de bœuf possède presque la méfne consistance que U fjraifflî nnn

ACIDE MÀRGAJUQU^. 585

celui qu'on retire de la graisse de porc se solidifie davantage : l'huile d'olive et l'acide oléique donnent dés produits onctueux, surtout lorsque la distillation est conduite avec lenteur.

Le produit brut étant exprimé afin de séparer autant que possible la matière liquide; le résidu doit être repris par l'alcool dans lequel on lui fait subir plusieurs cristallisations ; on le saponifie ensuite.

Si Ton transforme le savon de potasse ou de soude ainsi formé, en savon de chaux, et qu'on traite ce dernier sel par l'alcool , ou mieux encore par l'éther , on en peut extraire deux substances dont l'une est liquide et l'autre solide et cristallisable. Ce sont celles dont nous avons déjà signalé la production dans la distillation de l'acide stéarique. En décomposant le savon de chaux par un acide , lavant la matière grasse obtenue avec de l'eau et lui faisant subir plusieurs cristallisations dans l'alcool , on obtient enfin l'acide margarique pur fusible à 60°.

L'analyse du margarate d'argent conduit, pour l'acide anhydre, à la formule

CWJJ66Q3

L'acide cristallisé renferme un équivalent d'eau j sa formule est donc

C^IPCP+H'O.

Ether margarique. Ce composé se prépare en saturant par du gaz chlorhydrique sec une dissolution alcoolique d'acide margarique. Avant même que la majeure partie de l'alcool soit saturée de gaz , l'éther margarique se sépare i l'état d'une huile légère*, par des lavages & Tenu bouillante, et au moyen de cristallisations dans l'alcool, on parvient & l'obtenir parfaitement pur.

Les résultats dç l'analyse s'accordent avec la formule

586 jlciot oitiQUi.

Margarone. Nous avons va (3082) qu'en distillant un mélange de 4 parties d'acide margarique et de 1 partie de chaux vive récemment calcinée, on obtenait une substance neutre que nous avons désignée sous le nom de margarone. En faisant bouillir le produit brut, ainsi obtenu, arec une dissolution alcaline , on saponifie l'acide qui passe toujours inaltéré au commencement de la distillation. En dissolvant ensuite dans l'éther le produit privé d'acide margarique, on le débarrasse d'un corps liquide qui l'accompagne toujours, et qui le dissout en grande quantité. SI Ton emploie une plus forte proportion de chaux, on n'obtient qu un produit liquide d'où l'on ne parvient pas à extraire de la margarone.

Lorsqu'on distille la margarone, elle passe en partie sans altération , et elle se détruit en partie. Il reste un dépôt charbonneux dans la cornue, et le produit distillé se trouve souillé d'un corps liquide dont on peut le débarrasser par des cristallisations réitérées dans l'éther.

L'analyse de cette substance conduit à la formule

On a vu que l'acide margarique pur, soumis à la distillation sèche, se décompose en petite quantité, en donnant naissance à de l'acide carbonique et i la margarone.

▲CIDl OLÉIQUI.

3727. Cet acide constitue la partie essentielle des matières grasses non siccatives } il se rencontre en quantité moins considérable dans les suifs , les graisses solides, la bile humaine, etc. Les huiles grasses qui se résinifient à l'air renferment, d'après les expériences de Pelouze et Boudet, un acide qui diffère de l'acide oléique par ses propriétés. Parmi les huiles non siccatives, celle qui parait de l'emploi le plus convenable pour l'obtenir, est l'huile d'amandes, qui ne contient que fort peu de margarine. A cet effet, on

âcibs oïliçim. S87

saponifie cette huile par la potasse, et Ton décompose le savon par l'acide chlorhydrique étendu ; on fait ensuite digérer l'acide mis en liberté avec de l'oxyde de plomb pendant plusieurs heures i une température de 100°. Le mélange de margarate et d'oléate de plomb qui en résulte est alors repris par l'éther, qui dissout seulement ce dernier sel , tandis qu'on obtient pour résidu le margarate accompagné d'oléate de plomb basique.

Lorsqu'on agite l'oléale de plomb dissous dans l'éther, avec son volume d'eau aiguisée par une quantité d'acide chlorhydrique suffisante pour transformer tout le plomb en chlorure, l'acide oléique se sépare immédiatement, et vient surnager le liquide en dissolution dans l'éther, tandis que le chlorure de plomb se dépose rapidement dans la solution aqueuse.

La dissolution éthérée étant filtrée et évaporée au bainmarie, on obtient l'acide sous la forme d'un liquide jauneclair, huileux, possédant toutes les propriétés que lui assigne M. Chevreul. Cest le plus altérable des acides gras ; l'acide sulfurique concentré le brunit immédiatement. Le gaz chlorhydrique se comporte de la même manière au bout de quelque temps; l'acide chlorhydrique étendu réagit de la même manière à la longue.

Dans la préparation que l'on vient d'indiquer, il n'est pas nécessaire, en combinant les acides gras avec l'oxyde de plomb, d'employer exactement la quantité qui serait nécessaire pour les saturer; car l'acide margariquese combine le premier et en totalité avec l'oxyde de plomb, et l'éther dissout mieux l'oléale de plomb avec excès d'acide que l'oléate neutre.

Si l'on soumet au même traitement de l'acide oléique brut retiré de la graisse de bœuf, il présente une couleur brun foncé, et ne perd que fort peu de cette teinte après sa digestion avec de l'alcool et du charbon animal. Par le procédé suivant, il est facile d'en préparer un acide décoloré»

588 ACIDE OJLBIQUE.

La majeure partie de l'acide stéarique ayant été séparée par le refroidissement à 0°, le reste est séparé par l'oxyde de plomb et le traitement par l'éther. L'acide est mis en liberté au moyen de l'acide chlorhydrique, puis saponifié de nouveau. On sépare ensuite par le sel marin le savon de sa dissolution limpide; on le redissout de nouveau, et Ton réitère le traitement par le sel marin, tant que la solution saline se trouve colorée. Il y a avantage à mêler le sel marin avec une petite quantité de carbonate alcalin, qui enlève encore plus facilement la matière colorante. De cette manière, on obtient un savon parfaitementblanc, qui, décomposé par l'acide tartrique, fournit un acide presque iocolore. L'emploi de l'acide tartrique est préférable à celui de l'acide clilorbydrique, qui, quoique très étendu, finit par altérer f acide oléique par une ébullition prolongée , et, en outre, en ce que le savon de soude n est pas insoluble dans le tartrate de soude comme, dans le chlorhydrate, de sorte qu'il ne se forme pas, comme cela a lieu avec l'acide cblorhydrique, de l'oléate acide qui exige pour se décomposer une ébullition prolongée.

Préparé par ces deux méthodes , l'acide oléique donne à l'analyse les résultats suivauts :

Élher oléique. Ce produit se prépare en dissolvant une partie d'acide oléique dans environ 3 parties d'alcool et y faisant passer un courant rapide de gaz chlorhydrique. Le mélange s'échauffe et l'éthérificalion s'effectue immédiatement. Au bout de quelques minutes, tout l'éther oléique se sépare du liquide alcoolique, bien avant que l'alcool soit saturé du gaz acide, dont il faut éviter un excès qui pourrait altérer le produit.

L'éther ainsi préparé, séparé du liquide alcoolique , doit être agité avec de l'alcool ordinaire, qui dissout son volume d'acide oléique et ne dissout que fort peu d'cther

ACîDfc OLÉIQUE. 5&9

oléique. On enlève ensuite l'alcool, dont il pourrait être souillé, en l'agitant avec de Peau; il est ensuite décanté et séché sur du chlorure de calcium. Ce liquide, ainsi préparé, est limpide, peu coloré j sa densité est intermédiaire entre celle de l'alcool et celle de l'eau. Soumis à l'analyse , il donne des nombres qui s'accordent avec la formule suivante :

Ce composé s'altère par la distillation ; il fournit dans ces circonstances de l'alcool et un carbure d'hydrogène , et laisse un résidu charbonneux.

5728. Distillation de f acide ol&que. En distillant l'acide oléique, on obtient, outre une grande quantité de gaz permanents qui se dégagent d'une manière uniforme , pendant toute la durée de l'opération , un produit liquide réfractant fortement la lumière , et qui dépose par refroidissement une matière cristallisée en fines aiguilles.

Le gaz se compose d'acide carbonique et de carbure d'hydrogène.

Si Ton pousse l'opération jusqu'à ce que le fond de la cornue soit porté au rouge , on obtient un résidu considérable de charbon.

Le produit condensé contient une grande quantité d'un hydrogène carboné liquide, mélangé d'un peu d'acide oléique non altéré , et contenant en outre un acide cristallin, l'acide sébacique. Ce dernier produit étant très soluble dans l'eau bouillante, peut être séparé des autres produits à l'aide de ce liquide. Par le refroidissement, il se dépose presque entièrement à l'état de cristaux qui présentent beaucoup de ressemblance avec l'acide benzoïque. La formation de l'acide sébacique , par la distillation de Tacide oléique , fournit un excellent moyen de reconnaître la présence de ce dernier dans les corps gras.

Pour séparer l'hydrogène carboné de l'acide oWiqw, on

5gO ACXDB OLffQVS.

ne peut avoir recours au traitement des oléates parl'éther, comme dans le cas de l'acide margarique ou de l'acide stéarique , car ces sels y sont bien plus solubles que l'hydrogène carboné.

Le meilleur procédé consiste à distiller le mélange à plusieurs reprises avec de l'eau , en ayant soin de renouveler celle qui s'évapore, jusqu'à ce que cet hydrogène carboné se soit entièrement volatilisé. L'opération réussit toujours très bien si on la prolonge convenablement

Cet hydrogène catbooé distille sans laissa de résidu. On ne saurait le considérer comme un produit unique, car son point d'ébullition varie beaucoup et s'élève de 160 à 280°, et même au dessus.

La manière dont se comporte l'acide oléique à la distillation, nous explique pourquoi les produits de la distillation des corps gras, tels que la graisse de porc et l'huile d'olives, contenant, outre la margarine et la stéarine, de l'oléine, présentent plus de consistance que les matières premières -, cela tient à ce que l'acide margarique est fort peu soluble dans l'hydrogène carboné, qui se produit par la distillation, tandis que la margarine est très soluble dans l'oléine.

ACIDES FIMELIQUE, ADIPIQUE, AZOLÉIQUE, LIPTQUE.

3729. L'action que l'acide nitrique exerce sur l'acide oléique, a beaucoup de rapports avec celle que le même agent exerce sur l'acide stéarique, seulement elle est plus vive et plus énergique. L'état de concentration de cet acide ne modifie en rien les résultats» seulement l'action est plus ou moins lente à s'accomplir.

L'acide oléique ne s'épaissit m ne se résinifie, mais il devient au contraire <Je plus en plus fluide et incolore en diminuant de volume peu à peu, et finit par disparaître entièrement, si l'on a soin de renouveler convenablement les additions d'acide nitrique.

Afi»f oufcttw; 591

L'acide nitrique qui distille dans cette opération possède une odeur particulière qui irrite vivement les organes respiratoires, et qui ne disparaît pas, lorsqu'on neutralise l'acide par de l'ammoniaque ou du carbonate de soude. En distillant le liquide neutralise par du carbonate de soude, on obtient une huile légère, limpide et très fluide ; mais on ne Fa obtenue encore qu'en quantité trop faible pour pouvoir l'examiner.

Si, dès la première réaction de l'acide nitrique, on arrête l'opération, l'acide oléique se fige, et donne, au bout de douze à dix-huit heures, une masse jaunâtre semi-solide, traversée çà et là par quelques écailles cristallines d'acide margarique. La formation de cet acide parait néanmoins douteuse, la quantité de produit obtenu étant fort petite, et l'acide oléique employé n'étant pas entièrement exempt d'acide stéarique.

Le produit principal de la réaction de l'acide nitrique sur l'acide oléique, est l'acide subérique. Il se forme en même temps d'autres acides , mais en proportion assez faible j nous n'en dirons que quelques mots.

Acide fimélique. Cet acide sç trouve particulièrement dans les eaux de lavage de l'acide subérique, et en moindre quantité dans l'eau-mère nitrique d'où on l'extrait en évaporant doucement. Cristallisé à plusieurs reprises dans l'eau, il se présente sous forme de grains blancs, agglomérés en partie, et différant essentiellement de l'acide subérique. Séché à 100", il entre en fusion A 134° et se sublime aisément en aigrettes soyeuses très belles ; il est un peu plU96olnble dans l'eau que l'acide subérique ; son sel ammoniacal ne précipite ni les solutions de chlorure de baryum, de strontium et de calcium, ni celle de sulfate de cuivre.

L'analyse du pimélate d'argent conduit pour l'acide anhydre A la formule:

5<J& ACiftff (UAl<QVf!u

La formule de l'acide hydraté est

Ci4 Hio Q3 + H2 0-

Celle du pimélate d'argent est

C^H^O' + AgO.

Acide adipique. Cet acide s'obtient par l'évaporation de l'eau-mère nitrique. Cristallisé dans l'eau, cet acide se présente sous la forme de grains réunis par groupes* Séché à 100% il entre en fusion i 145°, et se sublime aisément comme l'acide pimélique. Il est très soluble dans l'eau, l'éther, l'alcool et l'acide nitrique. La solution de son sel ammoniacal ne précipite pas la dissolution de chlorure de baryum, de calcium, de sulfate de cuivre et d'acétate de plomb; elle précipite au contraire en blanc la solution de nitrate d'argent*

Soumis à l'analyse, ce composé fournit des nombres qui conduisent A la formule

C28 Hw 0d

Les analyses des sels de baryte et d'argent conduisent i considérer ce composé comme un acide bibasique; on a alors

Acide libre (?8Ht807+2ffO.

Adipate de baryte. . C*8 H18 O7 + 2 Ba 0. Adipate d'argent. . . C* H18 O7 + 2 Ag 0.

Acide lipique. Il se trouve dans l'eau-mère brune et épaisse qu'on obtient en décantant et exprimant l'acide pimélique. Par l'évaporation de ce liquide, il se dépose au bout de quelque temps sous forme de lamelles transparentes assez volumineuses» On n'a pas encore examine sa composition.

Acide atoléique. Lorsqu'on traite l'acide oléique, l'acide margarique ou l'acide stéarique, on obtient entre autres produits un acide particulier, découvert par M. Laurent*

Si on fait chauffer le liquide huileux obtenu arec un mélange d'acide sulfurique et d'alcool, on obtient nn corn* posé qui serait l'éther azoléique. D'après M. Bromeis, il se formerait dans cette circonstance plusieurs addes gras.

M. Laurent a pareillement: annoncé que, danslaréàrtitfa d'un mélange à parties égales d'acide nitrique et d*&cftte oléique, il se produirait de Ta ci de œnanthiqtte; mais des1 expériences plus récentes rendent douteuse la formation de ce composé dans ces circonstances.

Les produits que Ton obtient, soit au moyen de l'acide oléique pur ou brut, soit au moyen de L'acide stéariqae, étant soumis â l'analyse, donnent des résultats qui conduisent à la formule de l'acide œnanthylique :

3721. Décomposition de F acide oléique par la potasse. Pour produire cette décomposition, on chauffe de l'acide oléique dans une capsule d'argent, arec un léger excès de potasse caustique et quelques gouttes d'eau, de manière à le sapourfret; on y ajoute ensuite une quantité de potasse double de la quantité d'acide oléique employée, et on, chauffe doucement le tout en agitant sans cesse et faisttt fondre la potasse. SL Ton ojtèrebien, la toasfcone nofcrdt guère, et ne prend qu'une teinté jaune brtrtfâtre. Dès que Ife mélange se trouve porté à la température de tà potasse fondante, il se manifeste un dégagement d'hydro*' gène. tJne fois que ce gaz s'est développe, l'opération est terminée; on enlève rapidement le feu; et Ton jette la masse encore chaude dans de l'eau qui dissout la plus grande partie de la potasse libre. Lorsqu'on emploie peu d'eau , la lessive est tellement concèntLve que le savon produit surnage sans se dissoudre. Au moyen du sel marin, on sépare le sel dé potasse de sa dissolution dans feau, et l'on répète cette opération jusqu'à ce que la petite quantité de matière colorante qui s'est' fermée dam ▼i. 58

9)4 ;*ci9ft âpaïaijpi,

certaine* parties par un excès de chaleur* se eoit dissoute dans ce liquide.

Au moyen de l'acide chlorbydrique étendu, cm sépare l'acide gras du savon ainsi purifié. Cet acide n'est pas liquide ; par le refroidissement, il se -concrète, en formant des couches cristallises. L'acide brut, cristallisé une seconde fois dans l'alcool, fond à 56?; après plusieurs dissolutions dans ce véhicule, il fond A 60°, point qui demeure constant après de nouveaux traitements par l'ai" cooL

En soumettant à l'analyse l'acide cristallisé, on obtient des résultats qui couduisenl à la formule suivante :

ff*H«04.

Cet acide est, comme on le voit, identique arec l'acide éthalique.

ACIDE lUJDIQUR.

3733* Pour préparer l'acide élaïdique, ou peut suivre le procédé indiqué par M. Boudet , et qui consiste à se procurer d'abord l'ëlaïdine en mettant de l'huile d'olives très pare en ooptact avec le deutenitrate de mercure, et exprimant la masse solidifiée entre des doubles de papier Joseph. ta purifie ainsi l'élaïdîqe d'une petite quantité d'une huile liquide qui y est adhérente,

. La su^Unce ainjû obtenue présente une teinte jaune, due à la présence d'une matière huileuse particulière; mai? en chauffant l'élaïdine impure avec de l'élher, ce diefplvaut s'empare d'une grande quantité de cette substance, en prenant une belle teinte ?puge» Il se sépare, en même temps, une poudre grise, composée de mercure métallique, que l'on enlève par la filtra tion. La solution éthérée, refroidie i 0°, dépose une matière blanche cristalline, d'un aspect mamelonné. Lavée à plusieurs reprises avec de

l'éthe* froid» ctUt-ci devient parfaitement semblable i 1% stéarine pure.

Le Hguide éibéré se, divise* après quelque temps de repos, en deux couches, dont l'une, plus légère et éthérée, e»t moins colorée,, et. dont l'aqtre, moins fluide, présente une teinte d'un rouge foncé. Si on les sépare à l'aide d'une pipette, Le liquida plu* Mgw laisse, par l'éranoratJQo* une, petite quantité d'élajfdine impure* Le liquide oléaçincpx et plus pétant, chauffé d'abord ,au bainrpiarie, ju*quà disparition complète de l'odeur éthérée^ puis exposé â queln ques degrés au d^soua (Je 0°j dépose, au bout de quelques, heures» d*a cristaux d'élaïdine, que l'on sépare de la partie liquide en les exprimant entre des doubles de papier' à filtre.

Le liquide qui s'écoule de la presse est transparent et. de couleur rouge. Par un nouveau traitement avec le deutonitrate de mercure, il se concrète au bout de quelque temps ; mais cette solidification n'est pas aussi complète que dans l'huile d'olives soumise au même traitement. Traitée à chaud par l'éther, ,1a masse solidifiée dépose une jçoatière blanche cristalline; le liquide surnageant est trouble et ne s'éclaircit pas par des filtra tions répétées.

On peut encore préparer i'élaïdine en faisant passeï daps l'huile d'olives des vapeurs nitreuses dégagées par un, mélange de fécule et d'acide nitrique* La solidification s'effectue par ce moyen d'une manière plus rapide -, mais il faut b|en se garder d'employer un excès d'acide, car, au. lieu d'un produit concret, on obtient une masse un peu morbs fluide que l'huile et qui ne se solidifie plus,

L'élaïdine préparée par l'un ou l'autre de ces procédé* est blanche, se dissout dans 1 éther en toute proportions .elle est pr$*que insojuble dans l'alcool. Les alcalis Jasa* £K>oUfcnt sans la jaunir. Elle fon4 à 52°.

. Soft ioaijne. donne des nombres qui tan conduisent à an- <3|»nefonttu le rationne Uej ce qu'on eompiendta facilement» jODtte«aok8ls)Me parsjesani 4to vo mélanfe en piopectiona variables d'élaidate, de wargarate et pei*4tve atpû si'or

Stop Atitis iteJàfoiftm.

léate de glycérine, mélange dont on ne peut pas séparer la margarine.

Soumise à la distillation, f élaïdine donne une substance d'une odeur suffocante, l'acrotéinede-M. Berzelins, ainsi que de l'acide élaidique, des carbures d'hydrogène, et probablement aussi de l'acide sébaciquë.

' Par rébuUition avec les alcalis, Félaïdinè se décompose en glycérine* margiratè et élâïdate akalin. Si Ton décompose à cnaud te savon ainsi obtenu, par de l'acide sulfiariqûe ou chlorhydrique étendu, le mélange d'acide' margartqoé «et élaidique se sépare s6us forme d'une huile qui vient nager i la surface, et qui se concrète et cristallisé par le refroidissement. Le point de fusion de l'acide impur ainsi obtenu est de 38#,5.

Pour obtenir l'acide élaidique dans toute sa pureté, ïl faut donc avoir recours ù un autre mode de préparation. A cet effet, on fait passer de l'acide hyponitrîquç dans de Facide oiéique. Le liquide se coloré peu à peu, et. après' y avoir fait passer le gaz pendant cinq minutés,, on entoure le vase d'eau froide. Au bout d'une demi^heure, Facide élaidique est complètement solidifié et cristallisé en grandes lamelles. On traite la masse à plusieurs reprises avec de t'eau bouillante, afin d'entêter tout l'acide nitrique entraîné par le courant de gaz, ou formé par la réaction de ce dernier» L*eâu prend une teinte jaune clair; sa saveur est légèrement acide. Saturée par l'ammoniaque avec beaucoup de soin, elle donne un précipité jaune avec l'acétate de plomb, et un léger précipité blanc avec le protonitrate de mercure.

L'acide, séparé de Peau, est dissous dans son poids environ d'alcool et abandonné au repos* Le lendemain le liquide est traversé ea tous sens par de belles tables na- «rets. Séparés par filtra tion de l'eau-mère reugeâtte esta- 4t*soas da*s l'ateool, «es cristaux s'obtienne»* à fttatfor et se japréopteat par

L'addedtaf dique fond entre 44 tt 45* ; il se dissout aVee facilité dans l'alcool* et se dépose d'une solution concentrée en beaux cristaux* ressemblant à l'acide benzoïque. I) se dissout moins bien dans féther* Lee solutions posstVdent la réaction acide.

Soumis à la distillation, l'acide élaïdique passe en partie sans s'altérer*, il se décompose en partie, en produisant un carbure d'hydrogène. L'acide impur donne de beaux cristaux d'acide sébacique*» mais l'acide élaïdique pur n'en donne pas, quoique les sels de plomb et de mercure occasionnent dans le liquide aqueux provenant des traitements du produit de la distillation par l'eau bouillante, des précipités ressemblant à ceux que donne l'acide sébacique.

En traitant l'acide élaïdique par un grand excès de pçtasse , i une température élevée * on obtient de l'acide éthalique*

Lorsqu'on fait bouillir l'acide élaïdique avec des carbonates alcalins* il y a dégagement d'acide carbonique et formation d'un savon épais et limpide. Le savon de soude* dissous dans l'alcool , donne* par le refroidissement * des cristaux d'élaïdate* d'un blanc argentin* ressemblant à l'acide libre. Cette dissolution alcoolique se décompose par une dissolution neutre de nitrate d'argent* On obtient un précipité blanc, soluble dans l'ammoniaque. La. dissolution ammoniacale de ce sel, abandonnée à elle-même* dépose la {dus grande partie du sel d'argent à l'état de petits cristaux prismatiques de couleur blanche. Les sels de plonsb et de baryte s'obtiennent* comme le sel d'argent* par double décomposition*

Efrer éUMiqu: — L'éther élaïdique se prépare en faisant passer un courant de gaz chlorhydrique dans une dissolution alcoolique d'acide élaïdique. Desséché dans le Tkb * cet éther se présente sous la forme d'un liquide huile* x* incolore* sans odeur & froid et ne présentant qu'une légère odeur* quand on vient i le chauffer*. Il est plus léger

5g8 action di l'iaù tOLfumiQua m us huilks;

que l'eau , insoluble dans ce véhicule , soluble an contraire dans l'alcool et l'étber. Il se décompose par la distillation.

D'après M* Laurent, Péther élaîdiqoe se forme aussi en traitant l'éther oléique par le deutonitrate de mercure.

Jciion d* r+eid* ml/uriquê sur l$$ kuiUê*

3723. D'après les expériences de M. Frémy, quand on traite l'huile d'olives par la moitié de son poids d'acide sulftjrique concentré, en ayant soin d'entourer le rase dans lequel on opère d'un mélange réfrigérant, pour éviter l'élévation de température et en ajoutant l'acide arec précaution, après quelques minutes de contact, la masse qui s'est très légèrement colorée devient visqueuse.

Pour que la réaction soit complètement terminée, il est nécessaire de laisser l'huile en contact avec l'acide suMurique, pendant vingt-quatre heures. L acide sulfurique, par sa présence, a déterminé d'abord là décomposition de la margarine de l'huile en ses principes immédiats acide margarique et glycérine; puis, il s'est combiné avec ces deux corps pour former les acides sulfomargarique et sulfoglycérique : quant à l'oléine, il paraît qu'elle jouit d'abord de la propriété de se combiner intégralement avec Tàcide sulfurique pour constituer un acide double formé d'oléine et décide sulfarique ; mais quand on laisse, comme je Tai dit plus haut, pendant vingt-quatre heures l'acide en présence de Fbu&e, la combinaison d'acide sulfarique et d'oMine finit elle-même par se décomposer en acides sulfolélque et sulfoglycérique.

Ainsi, l'acide sulfarique, en réagissant sur l'huile (f oKres, a formé les trois acides, sulfomargarique, sulfoMique et sulfoglycérique.

Les acides sulfomargarique et sulfbléî que sont solubles dans l'eau pure et dans l'alcool 5 ils ne paraissent pas capables de cristalliser facilement. Là disaokition aqueuse pot-*

▲crurn m l'acîm itrtnrmiQtri m m huiles. 5gp

*ède une saveur huileuse arec un arrière-goût amer très prononcé. L'eau qui dissout très bien les acides sulfomargarique et sulfoléique finit par réagir sur leurs éléments et en opère la décomposition.

L'acide sulfomargarique , par sa décomposition , peut donner naissance à trois acides gras solides.

Le premier a été nommé acide métamargarique ; il a dans les sels exactement la même composition que l'acide margarique.

Le second que nous appelons aeide hydromargaritique, peut être représenté dans sa composition par de l'acide margarique combiné à deux atomes d'eau.

Enfin le troisième que nous nommons bydromargarique, est représenté par de l'acide margarique combiné à un atome d'eau; on peut le considérer comme un composé résultant de l'union des deux acides précédents.

On peut, pour séparer ces différents produits, mettre à profit la propriété suivante. La combinaison d'acide sulfatique et d'acide métamargarique est décomposée par Peau, A la température ordinaire, tandis que la combinaison d'acide sulfurique et d'acide hydromargaritique peut se coflterrer très longtemps dans l'eau sans se décomposer.

SI oa tait dissoudre de l'acide sulfomargarique dans l'eau, tout ee qui se précipite à la température ordinaire est de l'acide métamargarique) puis quand l'acide sulfomargarique ne donne plus d'acide métamargarique, si on porta la liquide à une température de 100° 9 il se décompose aussitôt et donne l'acide hydromargaritique*

Lorsqu'on veut obtenir l'acide hydromargarique, il faut faire dissoudre l'acide sulfomargarique dans l'eau, et porter aussitôt la liqueur à Fébullition; dans ce cas les deux acides métamargarique et hydromargaritique se précipitent et constituent l'acide hydromargarique, qui pourrait bien n'être qu'un mélaftge.

Quant A l'aride sulfoléique , il ne donne naissance par

000 ACilUL mrWUMEfrRCMUQWU

sa décomposition dan s. l'eau , qu'à deux acides liquides. L'un s'obtient par la décomposition de l'acide sulfoléique à la température ordinaire, nous rappellerons acide métaoléique. L'autre 6e produit en faisant bouillir l'acide sui£oléjque, nous le désignerons sous le nom d'acide hydroléique. Ainsi, pendant la décomposition simultanée d'an jaélange d'acide sulfoniargarique et d'acide sulfoléique , l'acide méiara.argariquç se précipite toujours avec l'acide métaoléique et l'acide hydromargarique avec l'acide hydroléique.

Jeide mdtamatfiforiqi$e. Cet acide est blanc instable dans l'eau , soluble dans l'alcool et l'éther desquels il se sépare sous la forme de cristaux mamelonnés^ il se précipite quelquefois de ses solutions concentrées en lames micacées et brillantes*, cette forme de cristallisation est difficile à obtenir. Il fond à 30°.

Quand l'acide métaraargarique a été fondu , et qu'on le laisse refroidir lentement, il cristallise en aiguilles entrelacées et transparentes, qui présentent peu de dureté. Soumis à la distillation, il se volatilise en se décomposant en partie.

Aeide hydromargarique. 11 est solide, parfaitement blanc ,- insoluble dans l'eau , soluble dans l'alcool et Péther. Il se sépare de la dissolution sous la ferme de priâmes rhomboïdaux, qui présentent une* assez grande dureté. . Quand cet acide est bien cristallisé, il diffère par son aspect des acides gras connus. Il fond à 68°. Il présente la composition suivante :

' CPIPV.

Cet acide perd un atome, d'eau en se combinant aux bases. Dans las bydromargaritates neutres l'oxygène de l'aride est à l'oxygène de la base, comme 5 est à 1.

Soumis \ la distillation sèche l'acide hydremargaritique se décompose en eau et en acide métamargarique*

ÀCiAK . àl iTïqLikQUP.. 601

Les hydromargaritatcsde potasse , de soude et (Varamoiliaque sont les seuls qui se dissolvent dans Peau. Les sels neutres ne cristallisent, que lies difficilement dans l'alcool; ils sont décomposés en sels acides sous les mêmes influences que les métamargarales , avec lesquels ils ont la plus 'grande ressemblance*

Avide hydïomargarique. Gel acide est solide , blanc \ insoluble dans l'eau , soloble dans l'alcool et l'éther. Il est beaucoup plus soluble dans l'alcool que les acides- meta» margarique et bydromargaritique, il se dépose de cette dissolution sous la forme de gros mamelons; q**nd la dissolution est très concentrée, il cristallise quelquefois en petites aiguilles peu brillantes- Il fond à fl(K Quand il a été fondu et qu'on le laisse refroidir, il cristallise en une masse opaque qu'il est impossible de confondre avec l'acide métamargarique fondu qui est presque transparent.

L'acide hydromargarique cristallisé possède la composition suivante :

Soumis à la distillation l'acide hydromargarique 0e décompose en donnant de l'eau et de l'acide métamargarique fusible à 50°.

• ^ieide métaoUiqu*. Cet acide est liquide, jaunâtre, insoluble daos l'eau, très soluble dans l'éther, mais peu soluble dans l'alcool. Cette propriété est importante en ce qu'elle établit nue différence entre cet acide et l'acide hydroléique dont nous parlerons tout à l'heure.

L'acide métaoléique soumis à la distillation, se décompose en donnant naissance i des produits dont nous parlerons plus bas.

Il possède la composition suivante :

Bot AGIM HTMOLÉIQU1,

AàtiêhyiroUiquê. Cet acide ressemble beaucoup au précédent. Il est très soluble dans l'alcool et l'éther-, sa composition est identique ayec celle de l'acide metaoléique.

3734. Dùtillation des acides métaoUiqueethydrotiiqu*. Quand ou distille, ces acijies avec précaution et qu'on a soin 4e condenser les produits au moyen d'un mélange réfri- .gérajit, ou obtient dans JLe récipient une couche buileuae qui surnage un peu d'eau, Pendant toute la durée 4e l'opération, il se dégage de l'acide carbonique pur*

La couche huileuse est principalement formée de deux carbure* d'hydrogène liquides, qui ont la même composition en centièmes que le gaz oléfiant, mais dont l'état 4e condensation est différent. L'un bout à 55*, et a reçu le nom à1 Mené; l'autre bout k 1 10°, nous le désignerons sous le nom £ éteins. Pour séparer ces deux produits, on commence par distiller la couche huileuse à une température de 150°; par cette première opération, on sépare l'oléène et l'élaène de l'huile empyreumatiqae qui se forme toujours et qui ne distille pas é cette température.

Le produit distillé est agité avec une dissolution étendue dépotasse, pour le débarrasser de quelques tract* d'acides gras volatils qui se forment toujours dans ces réactions. Quand on a débarrassé le mélange des deux carbures d'hydrogéné? des matières étrangères qui les accompagnent, il faut enfin séparer l'oléène de l'élaène.

Pour y parrenir, le se\il moyen est de mettre à profit la différence qui existe entre leurs points d'ébullltion.

Oléine. C'est un liquide blanc , pis* léger que l'eau, très fluide, d'une odeur arsenicale pénétrante et nauséabonde ; très inflammable, brûlant avec une flamme blanche bordée de vert, il est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther.

•tYGfâfira* 6o&

La formule rationnelle de ce corps , déduite de l'analyse élémentaire et de la densité de sa vapeur, est

JSfaJua, L'ékène est liquide, incolore, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éthetf $ son odeur pénétrante diffère de celle de l'oMAne» H brûle avec une belle flamme blanche; il bout vers 10* : il est plus léger que Fean. L'acide sulfurïqué est sans action sdr lui $ le chlore forme avec lui une combinaison liquide* Il est représenté par la formule suivante :

eiiTciiuufn.

3785. Les propriétés de la glycérine, de la stéarine et de la inargarine, ont déjà été décrites dans le cinquième volumej mais il est nécessaire d'y- ajouter quelques notions plus complètes, tirées de travaux récents.

M. Pelouze attribue i la glycérine hydratée la composition suivante :

et & la glycérine anhydre, telle qu'elle existerait dans tes graisses,

mai» d'après M. Stenhoute, cdL^ci serait moius. hydratée encore, et se représenterait en effet par

CeH40.

La glycérine hydratée est un liquide incristallisable, d'une couleur très légèrement jaunâtre, sans odeur, d'une saveur franchement sucrée, d'une densité de 1,280 à + 15e, so— lublé en toutes proportions dans l'eau et l'alcool, insoluble dans l'éther sulfanque. Soumise & l'action de la chaleur, elle se divise en deux parties, dont Tune se volatilise sans altération , et dont Pautre se décompose eu huile empy-

reu ma tique, *eide acétiqçe, gaz HflflaraBEible, et en un résidu charbonneux.

Malgré son état presque solide, elle jouit d'un pouvoir dissolvant très considérable sur une foule de corps. C'est ainsi qu'elle dissout les acides végétaux, tous les sels déliquescents, et de plus les sulfates 4e potasse, de soude, de cuivre, le nitrate d'argent, le nitrate dépotasse, les ofalomves aLçalmSf et parmi les bases, la potasse el la soude en toute proportion, la baryte , la stiontieqe et l'oxyde de plomb lui-même ; maU, à part ce dernier corps, loua ceux qui sont insolubles dans l'eau offrent la mène maotasbitité dans la glycérine.

La glycérine dissout une quantité très considérable de brome ; le mélange s'échauffe, et si on l'étend d'eau il se précipite un liquide très lourd, d'apparence huileuse, d'une odeur éthérée» soluble dans l'étber et l'alcool. Il contient :

CPlF'O'Bi1.

Le chlore exerce sur la glycérine une action analogue à celle du brome. En abandonnant de la glycérine pendant plusieurs mois dans un flacon rempli de chlore, ce dernier disparaît, peu à peu, et se trouve remplacé par de l'acide hydrocblorique. Il reste au fond du vase un liquide sirupeux dans lequel l'eau forme des flocons blancs, abondants, très fusibles, d'une odeur éthérée, mais désagréable, d'une saveur excessivement acide, amère et astringente. Ces flocons se dissolvent avec facilité dans l'alcool, d'où l'eau les sépare.

L'iode se dissout en proportion considérable dans la glycérine, et la colore en jaune osang^, mais sans lui faire subir d'altération.

La potasse solide à une douce chaleur convertit la glycérine en acétate et en formiate de potasse avec dégagement d'hydrogène.

L'acide nitrique la transforme en *fiu> ep acide carbo-

«iélftrift. doS»

irfquc ^ oxfcHqtiè V Wise en cbritat* àvfeè lèpèrfâ^tfé 'de manganèse et l'acide snlfurique étendu tfeau, bu bien avec le peroxyde dé manganèse et l'acide fiydrochlotfqrie fuffianï, «lie ae décôiftpose en produisant de'Fâddé carbonique et de l'acide formique; L'acide Kydrochloriqùe fti-* mant se dissout au contraire dans la glycéf iiife éans l'ai-*' tétët. • " '"• ' ' ' ' "' ' *■

- Suivant VogelV T*ctde sfcrtftiilqtie 'ehiployé ed petite* quantité iratréfcrme la glycérltfe eri sucrfc coftfafe FaàftJ dod,cëqul-estspaiptbbabïe. D'aptes M. Pfelbuite, quand Où toAéutie 'partie dtajdesulftfrique cohéeàtHétVete urie datoî-partie de glycëriiie, ces deui corps W* combinent en dégageant beaucoup' de chaleur,' et forment ùd rfdde svlfbglyeérique. : r ' ' ' ^ ~'a

JIM* *êdfégly#tHfuè. Le mélange Êrécédent'ëtant ire^ frofâ-, sàtàté par uri tait de chtfux et filtré/ donne ptfrVèVa: poration une masse sirupeuse de laquelle le froid sépare des cristaux incolores de sulfogycérate de chaux. * Le suttoglycéràté de chaux ainsi obtenu , desséché 1 1 4 0% * ééràrt t^présénté /d'axés M. Pelouse; par la formule sui-

- ■ * , .. 8&0»,<?*»*OVCaO .

D'après M. Stenbouse, cette formule devrait être ehatageV;

Le sulfoglycérate de chaws, dissous dans l'eau et traild par l'acide oxalique, fournit l'acide sulfoglycérique, qui se présente sous la fbrnie d'un liquide Incolore et sans odeur, d'une saveoir fortement acide et d'une instabilité telle, qu'en Pè*Yaporant dans le vide à plusieurs degrés au des* sous dé zêta, il se décompose en acide sulfurique et en glycérine, ators même qu'il contient encore une quantité d'eau 'très considérable. Cette décomposition est plus rapide encore quand on le chauffe légèrement.

Tous ces sels sont très solubles et très ciécomposables. Celui de chaux cristalline en aiguilles prismatiques, inco-* lores', èolubles dans* moins de leur poids d'eau froide,

insolubles daus l'alcool et l'fther^à ime tnapérate» de 140 à 150°, il se décompose en répandant une odeur pi* nétrante analogue à c* lie du suif, et laisse an résida noir qui blanchit par un? caAcination prolongée A l'air, et eonsiste en sulfate de cha*x formant les SJf ,5 du poids du sulfoglycfrate.

La baryte décompose ce sel à froid et en précipite le chaux i laquelle elle se substitua pour produire du autëoglycérate de baryte lorsqu'on chauffe ce dernier arec un excçt de baryte, il se décompose, même fa dessoos de M0\ Jl se précipite du sulfate de baryte, tandis que la.gfycd* rine s'unit à 1 etom&d'eau et reste libpe dans le liqueur.

Le pulfoglyçérate de chaux, .de son c£té, se trooble abondamment après une légère ébullition, lorsqu'on le sojicaet à l'action de l'eau de.chau^ circonstance qui ne doit pas être oubliée cUin* la préparation de l'acide autfp* glycérique.

D'après les faits précédents» on toit, que les aolfeglyeéh rates de chaux et de baryte, souftuis A l'influence de l'eau, de la chaleur et d'un ejcàs de base , ^opt transformés e* sulfates métalliques et en glycérine ; phénomènes qui présentent beaucoup de AssëaAlance mrèè ceux de la saponi- {ieattau

- • evftajltlWé

3726. Nous citerons seulement ici le moyen de préparation employé par MM. Braconnot etLecanu.

M. Braconnot fait fondre le suif, y ajoute de l'essence de térébenthine nouvellement distillée, et laisse refroidir le mélange. Il presse le résidu d'abord dans un linge, paie entre des doubles de papier brouillard» L'oléine et la margarine, dissoutes dans l'essence, s'écoulent ou s'absorbent} la stéarine au contraire reste presque tout entière dans le résidu. En ayant soin de la fondre à plusieurs reprisée snree de nouvelles quantité* d'es*enc^ gp * la stéarine compUr»

t&oantipiinfiée.. Encore vamt-il «nie?* te dimqdie ea dernier lie* daps l'éther . bouillant et la laisser cristalliser. Cette facile modification, proposée par -M. Lecanu, permet foaéparer les derrières portions de matières grasses étrangère^ *t les dernières portions d'essence interposée f plus complètement que ne le fait une ébullition prolongée, d'ail- Hwcs susceptible d'altérer le produit lui-même et de résinîfier une partie de l'essence» .

M. Pelouze a repris l'analyse de la stéarine, préparée d'après la méthode de M. LecaniL II a obtenu des résultats qui conduisent à la formule suivante i

qo ni» (p « c«Hl30O%<ieH4O, H'O, #0

D'où l'on dédoit en adoptant la nouvelle eompotition éè ht gïycériae exposée précédemment, la formule atomique Suivantes *

CtvtaM Wfifuiii 0*ft»J

2 at. acide stéarique. « 136 130 $

1 at. glycérine , . . . . 6 4r t

2at. eau — 4 2

D'après ce qui précède , on peut considérer la stéarine comme de l'acide stéarique, où 1 at. d'eau serait remplacé par 1 at. de glycérine. Il resterait donc dans ce composé 2 at. d'eau, propres à être remplacés par des bases, avant gué la glycérine fût déplacée.

Il parait en effet que dans les premiers moments de la saponification de la stéarine, il se formerait desstéaroglycérates, qui ne se décomposent en glycérine libre et en acide stéarique que par l'action prolongée d'un excès d'alcali. C'est ce que tendrait â prouver l'expérience sui-

vante :

Si Ton ajoute peu à peu de l'alcool i une dissolution de stéarine dans l'élber, jusqu'à ce que le mélange commence à se troubler, et que, arrivé à ce point, on ajoute quelques

gouttes d'une dissolution alcoolique de potasse, la liqueur légèrement chauffée devient claire à l'instant, et les gouttes de stéarine fondue qui s'étaient déposées, se rediaaoivent complètement. Le liquide laisse déposer en ae refroidissant quelques petites paillettes fines, qui ne sont autre chose que de 1* stéarine. Lorsque , après avoir séparé ces cristaux, on fait évaporer lentement Ta H'qtretir, ou n'obtient pas, comme A l'ordinaire, an savon gélatineux, mais bien une liqueur épaisse dans laquelle on remarque des cristaux bien distincts. Si l'on décompose pat1 un acide minéral la dissolution aqueuse de ce sel, il s'en sépare à l'instant de la stéarine douée de toutes 1rs propriétés qu'on foisonnait. Celle que MM. Pelouse et Liebig ont ainsi reeujrillie, fondait à 5â° , température à freine différente dé celle du point de fusion de la stéarine avant touittMatMt avec foc alcalis» On^sah que l'acide stéarique ne se solidifie que vers 70P, et il est impossible d'attribuer une dHNrence aussi grande à une faute d'observation.

KMLGAHIJIE.

5727. Suivant M. Lecanu, il eu existe deux variétâa, Tune qui appartient aux graisses animales, l'autre aux huiles végétales.

La première est celle qui a été décrite dans le cinquième volume.

La seconde que Ton peut extraire des huiles végétales et surtout de l'huile d'olive, comme la première du suif, fond à 4~ 28°, se dissout en très grande quantité dans Féther, et se transforme, sous l'influence des alcalis, en glycérine et en un acide fusible & + 59°, doué des propriétés de l'acide margarique.

La margarine des graisses ne serait-elle pas nne variété isomérique de la stéarine, tandis que la margarine des huiles serait la véritable? C'est à de nouvelles recherches A éclairer ce sujet encore fort obscur.

OLÉINE.

&7ft» L'olébie* été découverte par AL Cbevreul. Elle eïi«U^Utf^tow4««leslMiilw¥^uWfit du» prenne t mies iesjgraistes Animales.

D'après M. Chevreul , |wr l'obtenir on ebaufe 1* grafese de porc dans un mettras, avec sept ou huit fois sqa poids, d'alcool presque bouillant , es d'ura densité de 0,794 à Q,799* On décante la liqueur au boul de quelque ; tempe* et on teaite le résidu par de nouvel aioool, jusqu'à ee que toute la graisse sait dissoute. Chaque portion d'alcool et» se refroidissant laisse déposer la stéarine impure soue forme de petit** aiguilles , et retient l'oléine» Eu réduisant la dissolution, à 4/8 de sot? volum», elle se rassemble en une souche semblable à de l'huile d'olive* EUe retient; ainsi un peu de stéarine ; pour la purifier on l'agile avec de l'eau , on la recueille dans un petit vase, et on la refroidit convenablement pour déterminer là précipitation d'une matière blanche et floconneuse. On filtre, et on expose de nouveau et successivement cette partie fluide à des températures déplus en plus basses, en filtrant après rhaque exposition au froid, et on finit par obtenir de l'oléine fluide à 4* sous zéro, que M* ChevTeul considère comme à peu près pure.

On peut encore pour obtenir l'oléine , se servir de la congélation et de l'imbibition ; mais il faut toujours en dernier résultat la traiter par l'alcool , coinmejnous Tenons de le dire.

L'oléine est sans couleur, sans odeur, sans?actïon sur le tournesol , d'une saveur douçâtre , analogue pour 'l'aspect et la consistance i l'huile d'olive blanche , fluide à 4*, insoluble dans l'eau , soluble dans 31 fois son poids d'alcool à 0,816 de densité et bouillant.

Sa pesanteur spécifique est de 0,913 à la température tie 45*. Elle ee eongèle en une masse fbrtttée d'aiguilles >'

6io auto* Ofeutftsas.

lorsqu'on h soumet à un froid de 6 à 7°. Chauffée dans le vide , elle se vaporise sans se décomposer.

Mi se en contact avec les 9/3 de son poids de potasse et quatre fols se* ptfds d'tefcu , eflte se saponifie et se convertit en acides oléique et margarique.

L'oléine de graisse de porc est composée de 79,080 de carbone, de 44;429 d'hydrogène et de 9,546'd'oxygèae»

M. Pelouze est porté & croire que l'oléine possède une composition analogue & celle de la stéarine; la manière dont elle se comporte avec certains peroxydes la rapproche encore davantage de Pàcide sulfoyinique? de mime que ce dernier, chauffé avec le peroxyde de manganèse, donne les produits de l'oxydation de l'alcool et du saMate de protoxyde de manganèse, l'oléine de son côté fournit dans les mêmes circonstances les produits de l'orydartfen de la glycérine et de Poléàte de manganèse. <

FAl&ICATIOjf ras HUILES GEASSB8 EXTRAITES DU BJÈGKX

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