MARSEILLE
- 5783. Le savon de Marseille s'obtient avec des. huiles d'olive auxquelles on ajoute quelques centièmes d'huile d'oeillette et qu'on saponifie par des soudes artificielles. Sa fabrication a été décrite avec beaucoup de soin par M. Poutet, dont nous suivrons ici l'excellent travail.
Parmi 'les différente» huiles d'olive employées, on met an première ligne celles - de Provence, relativement i la qualité du savon ainsi* qu'à la quantité qu'on en obtient. Les huiles d'Aix sont moins productives que les- précédentes , et donnent au savon une couleur etarine. Les huiles de Ca«labre doo&ent un savon très blanc, mais elles contiennent un peu moine de margarine; on est obligé de les mélanger
avec des batte* qm en soient plu* chargées; eenaaette pré» caution, on obtiendrait des sav ons trûp mou*.
En général , le royaume de Naplee fournit des huiles donnant de beaux et boue savons. La, Sicile n'est pas dons le même cas; les produits qu'on en retire douent des serons fortement eolovés en test. Les tarifes de Corse et de Sardaigne sont blanche»; ni* elles contiennent peu de margarine, ce qui oblige le fabricant ilee mélanger arec des huttes plus riche* en matière soUdt, s'A Tant obtenir des savons d'une dusQté convenable»
L'Espsgne fouiait des huttes estimées, tant poar la m*» leur que pont la quaJâô et la qaanffrrf do es von qu'eUe* donnent.
Les huiles du Levant fournissent un savon de bonne qualité, utsftstaofrcobMié; pou* éviter ce dentier inoonfénient, qa les mélange souvent avec 4 antre* produite.
Enfin, les hottes de Taaia sont les amuse estimées* ettei contiennent peu de mesgerine, et donnent des sapons mono et eokpé*. On ne las emploie la fine souvent qpst mélangées avec des hottee de qaa&té* «périt un u.
En résumé, on peut dire que les meilleures huiles pour la fabrication du savon sont celles qui ont le moins de couleur et qui contiennent le plus de margarine ; car ces huiles donnent les. savons k* plu* blancs elles pins durs. H y a aependant des eacnpfran A asMi règle f *la*V dss huttes suites «ttpeséeaè Vair at 41* hanièsepenvent pesAn hmm aeolenr ; mais an Mène tanps de» perden* deloor qoaiité.
L'expérience a prenYé ans» que leakntta» ira fias tnir ehas sent les nsaittenres? Ipawpi'alla* asa€ vieiHas t elles se combinent moins hakmÉkt àvee les *k*Ii»ve* die* ne doniient>qo'aa savon-, naoaj oo qui oMçe é* lest Osébajor aroo née paopottino phsn on neoins, fart* d'hutte» ffcafchnat sliondaastaentnargeaîncv
un emploie deas quotité* de sonde artificiel!*; Itoe, » nrffaage; ta*#os d* 3& iM degré* daldksataDètqe et
8 AVOUS» flS
Descroîzffies ; f autre, dite sonde sslde, estmdlsagdean effet d'une forte proportion de sel marin. Non* Terrons plus loin à quoi s'appliquent ces deux qualités de soude.
5784. Les principales opérations d'une savonnerie son* les suivantes :
f* Préparation des lessives caustiques ,
2*Empàtage de flmile,
îT Refeurçage de la pâte sapoaiiée,
4° Coction du savon ,
9^ Madzags (on moyen de msrliter le savon) ,
6* Ce tflaje du savon dans les mises ou eaissesé
7*DivWioa Ai savob eo groepam», et svHMsiafc jfeefei derniers en barres.
Dans le cas où Ton fabrique du savon blanc, la cn> quième opération , le madraçe, n'a pas tic», et la manière «TopAur pilante quelques particularité» que 1W asirim facilement dtos la description.
Otataîe nous l'avoo* dit, On emploie dans k courant de la fabrication deux sortes de kesrre ? Posées! eaostique et se eoatient que de la soude pore, elle sert à F#tnp«*i£* tf# thuêb ? l'autre contient du sel- marin , et s empois pour le relargage et la coction du savon.
Rien de plus facile i saisir que le faut éè ees tiûi» opération*. 1* est évident xpe l'huile qui West pas Miseible 4 l'eau a besei» dtttte très dMrâét7|Krar mirer an contact et fttoalR THI esc «le Imt de f opérutkm/ de lîempâtag*, qui a peut -ekjet la feratattae dfano dÉrafeieft/att moyen (4e ftfellfeléartuiae.
Pour extraire de l'huile empâtée l'eau que la sonde j a po*«fe, on pioeèdéimelaigagej qui cariste ê jnitfce en eotatsetla'taMftsédlttttle empàlde? aveetotefdûsiiaAum de soude efefcfrgé*éeeel marin* Paroi asoyinu, toearostf édjé fermé et fbaik Jmnkrioanée shendrtn—nH'ea^' 1 Vtetst enfin la oeetien, qm a: pour objet de tempUter la su{Mmifi<^»sl» -ftfeito; et qu* s'opêt* aise t*e lonbe
7l6 SAVOffS.
salée, afin de maintenir toujours la masse du-savon dans un état qui lui permette d'absorber l'alcali, sans absorber l'eau.
3785. La lessive caustique pure se produit de la manière suivante : on écrase de la soude artificielle aussi exempte que possible de sel marin, on y ajoute un tiers de son poids de chaux parfaitement éteinte $ le mélange est placé dansdes bassins en maçonnerie percés près deleur fond d'une on» yerture qui permet aux lessives de coule* dans de vastes citernes. L'eau pure, ou une lessive faible provenant d'un lavage précédent, est amenée dans ces- bassina appelés barquiêux. La dissolution de la' soude - s'opère peu 4 peu; la chaux lui entête son acide carbonique. Au bout de douce heures, on soutire cette première lessive (marquant de 90 à 25° au pèse-sel) dans une citerne.
Le résidu restant dans le barquieux est traité par une nouvelle quantité d'eau égale à la première; puis par une troisième addition. On se procure ainsi deux autres lessives, l'une marquant 10 à 45°, la troisième 4 à 6s Ce*4essives sont reçues comme la première dans deux citernes séparées. Le mélange par parties égales de ces trois lessives donne le degré ordinairement employé pour l'empâtags des huiles.
Le résidu de la soude est épuisé par de l'eau pure* et la lessive faible qui provient de Ce dernier lavage sert à dissoudre une nouvelle quantité de sofude neuve, etc.
La planche 34 et la légende cjui y coneepond , indiqueront comment on peut, avec la plus grande facilité, sépara: les différentes lessives , et les conduire dans des féswvoiis spéciaux.
La lessive pour la coction , coune non» le venons en décrivant l'opération dans laquelle 'ftllé est -employa, doit contenir une notable quantité de sel marin. Ainsi, dans chaque réservoir ou barquieux oà s'obtient la dissolution, on place 64 mesures de soude orâtaaire , Sft mesures de chaux éteinte, et 8 à 10 mesures de smiâ* **U*i ooute-
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nant au moin» 80 centièmes de sel marin. II est évident, qu'on poivrait employer de la soude ordinaire seule, et j ajouter la quantité de sel marin contenue dans les 40 p. 100 de soude salée, c'est i dire 69 mesures de soude ordinaire, k ou 5 mesures de sel marin et 26 de chaux.
Les lessives pour la coction devant être concentrées s on est obligé pour les obtenir de recourir à un lavage méthodique par bande; au lieu d'un seul réservoir ou barquieux, on en a toujours quatre qui marchent ensemble et qui renferment des soudes à quatre états différents. Le, rr° 1 , par exemple,eo&tient la soude et la chaux neuves ; les n°» 2 et 3, ces matières de plus en plus épuisées; enfin, dans le n° 4, l'épuisement de la soude se complète par de l'eau pure; cette eau, elle-même, passe successivement surlesn* 3 et 2, et se sature sur la soude neuve du n° I. Le n° 4t épuisé, reçoit de la soude et de la chaux neuves, il remplace alors le n° 4 , et ainsi de suite. En un mot, ce lavage est analogue i ceux qui sont employés dans le raffi-r nage même de la soude artificielle, dans la fabrication du salpêtre, du sucre de betteraves {voyez Lévigateurs et Appareils de circulation), et dans une foule d'autres industries. Dans les savonneries un peu considérables , on pourrait employer avec avantage l'appareil à double déplacement en usage dansles fabriques de soude artificielle.
Les lessives les plus fortes qu'on doit obtenir par ce» procédés marquent de 28 i 30° ; mais il n'est pas nécessaire i comme nous le verrons, qu'elles soient toutes aussi concentrées. On les obtiendrait plus caustiques en les étendant au degré convenable , avant d'y ajouter la chaux hydratée. 3786. Les deux lessives nécessaires à la préparation du savon étant obtenues, deux procédés se présentent, au premier abord, pour la combinaison de l'huile avec la soude : suivant l'un , on opérerait à froid au moyen de lessives caustiques concentrées; l'autre consisterait à traiter les huiles A chaud, avec des lessives , telle? qu'on
peut im avenir âfrcttmeQt des sfludes du conpnerce. Le premitf 4e <Jes procédé* n'est pas emplqyé} il présente à l'exécution des inconvénients graves ^ il exige la concentration, préalable .des lessives caustiques et cette concentration y qui doit se faire dans des vaisseaux de, fei ou de cuivre , «Mirerait par twU la blenohewr des savons. D'un autre coté, il est difficile de déterminer la quantité exacte de lessive nécessite à la saturation, de l'huile j aussi, les savons formés à froid, renfatraent-ils, tantôt un excès d'alcali, tantôt do ïhuile non saponifiée, tous deux fort nuisibles dans le blanchiment , en ce qu'ils usent fart vite ou nettoient mal le Bugs. Plusieurs autres inconvéçiept* encore ont fait abandonner le procédé de saponification à froid. . Jïai fait voir que cetfainea saponifications, très difficiles quand un opère sur des lessives eigdipes, deviennent an contraire tria prttfnptee» quand oa fiait usage de potasse ou de soude hydratées, mais solides et portées à la température de leur fusion. Il serait fteile , sans doute, d appliquer cette méthode en grand, et de tenter la si^onifieittioiv par des alcalis concentrés et éhauds, avec plus de flhaaoes de succès que dans le cas oà ces mêmes alcalis étaient cm ployé» concentrés, mais à froid.
Là saponification à chaud , la sente employée maintenant, permet, au reste, d'employer des lessives non concentrées, et peut donner, quand elle est bien conduite, dea produits parfaitement saturés.
• L'e&périen» a prouvé depuis longtemps, que la saponification à chaud par les procédés actuel*, m peut se pa*dunre avec facilité qu'autant que les {tecmtères ksdLvea employées sont étendues de beaucoup d'eant Sir cette pténauÉmt était négligée, le mélange »e Se forait pas facilement, et il faudrait un tcoqps trop considérable pour epérer la combinaison. Cette lenteur tient à 1* panda différence de densité qui existe entre les deux liquides, diJft* icqik qÂest enMie ftupbes4éaHSffla^t|Bl0ai« .
5787. Uêmptog* m ïpotar but de remédier 4 cet inconvénient* cette opération consiste, en effet, à forma: une émulsion ou commencement de combinaison entre l'huile et de* lessives dont la densité ne dépasse jamais 11°, et de préparer ainsi la masse à recevoir l'action de lessives plue forte»» Voioi somment on procède 4 l'enpâtage dan» la plupart de* savonneries.
Dana de gra*des chaudière» 4 parois inclinée», en briques : et 4 fond d» cuivre , pouvant contenir jusqu'à 12,000kilog. de savon fabrique, es y erse «a mélange des trois lessives caustiques préparées d'avance et marquant en moyenne »*, 4SP, et B°; il est donc facile d'obtenir 4 volonté un mélange marquant de 8 4 14°.
Aiut États-Unis* on emploie des chaudières en fonte: elles se composent de trois pièces différentes soudées par du eaneot de fonte. Le» deux pièéea supérieures sont des tronc» de cône» la ptèee inférieure reçoh seule l'action de la chaleur ? elle est adaptée aux deux autres, qui sont maçonnée» 4 demeure ,4e telle façon que si elle se fêlait pendant la eoœ d'une opération , on pourrait l'enlever au moyen de cordes ou de chaînes, sans déranger les deux premières* La surface de ta bassine hémisphérique du fond est f en général, 4 la surface de» troncs de cônes supérieurs comme 1 4 4Ô<
Quand «a a mis 52 hectolitres de lessive 4 lOou 11° dans la chaudière, on chanfle nette dernière; dès que la lessive est arrivée au degré de l'ébullition , on ajoute l'huile 4 saponifier. Deae les grande» fabrique»» on opère ordinairement sut 60 jra 80 hftotûtttcea d'huile , qu'on empâte dans deux chaudières.
Le mélange dlurik etde lessiva caustique étant arrivé près de l'ébullition, on l'agite 4 plusieurs reprises , avec un râhl*r pour accélérer la combinaison. La pâte ne tarde pas 4 entrer en nue ébullition qui ae manifeste par une volumineuaa écume? qui diminue ensuite peu 4 peu; la pdte
saflfetese, les éoamfes disparaissent «&u*#tofc^«rtfe mélange commence & bouillir régulièrement dftns ïafte <te* chaudières.
La pète, d'un biattt>rou&êâtre/aeqoi^dekeon*istanoe, à mesure que l'ébullition continue font portion de l'en s'évapore; il se manifeste des jets de famée noirâtre. Ce dernier signe indique que le cuivre formant le fond» de In chaudière cet eu contact avec la matière bien enap&feée, et que le métal transmet une ehalew trop vive* on onvrei ne moment les portes des fourneaux, afin qu'une trop hante température ne décompose pas les matières mafinrindos dans la chaudière , et on ajoute 4 heotel. de la lessive eau»» tique la plus forte , celle qui marque 10 à â&°. An moyeade cette addition, lapâte se trouve détrompée; cm l'agile avec un râble pour kc combiner avec la learitie*
Si le mélange d'hiffls et de lessive , an heu de prendre l'état pâteux, restait très liquide pendant TopérÉtion que nous venons de: décrire , ce serait une prenve que l'alcali se trouverait en trop grand excès ; dans ce cas, on jouterait quelques mesures d'huile, et le mélange s épaissirait convenablement. » . .
Il peut arriver qu'une certaine quantité d'huile vienne nager à la superficie de la pâte ; cm obvie àoet moonvénient, en jetant de la lessive faible dans la chaudière et en brassant le mélange. On peut aussi accélérer la combinaison en joutant au mélange des débris de savons provenant des précédentes opérations.
Souvent, l'apparition de l'huile A la superficie de la pdte est due à la présence d'une tfop grande quantité de sel marin dans la soude employée pour la lessive de l'empâtage. Un excès de ce sel entravé l'effet dfe l'affinité de l'alcali pour l'huile, et précipite le savon formé. Ses «dfltrinny fc fc^. sive plus pure «[ne la première parent à cet inconvénient.
La présence du sel marin danades lessives a wietelle influence, oyautiftipit lorsqu'on enploy ^t ej&duÀ vemwt
SJlTOFS. y %i
dessoude» végétales , qui en renferment ime quantité notable, ïitnpatage durait jusqu'à trois jours consécutifs j aujourd'hui , avec des soudes qu'on nomme douces et qui en sont presque entièrement privées , l'opération est terminée en vingt-quatre heures.
Si Ton se propose de fabriquer du savon bleu-pâle avec le produit de l'empâtage,on ajoute, vers la fin de Topération , deux à trois kilogrammes de sulfate de fer du commerce dans chacune des deux, chaudières. Si Ton voulait obtenir du savon bleu-vif, on emploierait trois à quatre kir logramme8 du même sulfate , quantité nécessaire pour donner une plus forte madrure .
La pâte ayant acquis toute la consistance convenable , et se trouvant parfaitement homogène, Vetnpâlage est alors terminé, ce qui fait dire aux ouvriers que la pâte est assez serrée.
3788. On retire au moyen d'un ringard la braise qui se trouve dans le fourneau, et on procède à l'opération suivante , appelée relargage. Dans l'empâtage , on a employé une grande quantité d eau, nécessaire, comme nous l'avons ru, à la saponification; il s'agit maintenant de retirer cet excès d'eau; on y parvient aisément- Un ouvrier muni d'un râble agite sans cesse la pâte, tandis qu'un autre ouvrier projette peu à peu sur la surface de la chaudière une lessive alcaline contenant une grande quantité de sel marin et portant le nom de recuit.
L agitation répand, peu à peu,cette lessive salée dans toute la masse-, la pâte s'ouvre en différent* sens et laisse exsuder l'excès d'eau ; on laisse reposer le tout pendant deux ou trois heures, et aussitôt que la lessive qui surnage est transparente, on procède au soutirage de toute la partie liquide. Ce soutirage ou épinage se pratiqué au moyen d'une ouverture placée dans le fond de la chaudière, et qui d'ordinaire est fermée par un tampon de bois.
Pour que la pâte soit bien purgée de tçut excès d'eau et
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