II. — CONSTITUTION UISTOLOGIQUE DU SANG
j5 112. Swammerdam découvrit en 1658 les globules dans le sang de grenouille. Malpiglii, en les apercevant dans le sang humain en 1665, croyait voir des particules graisseuses. Ce lut Leuwenhoek (jui décrivit en 1673 les corpuscules rouges du sang humain. W. liewson a reconnu le premier qu'ils présentent chez l'homme et chez les mammifères la forme discoïde. Indépendamment de ces corpuscules rouges qu'on nomme aujourd'hui Jihnatics, le sang renferme encore des globules hlancs ou leucocytes, et des corpuscules plus petits que M. Hayeiu a désignés, dai>6 ces derniers temps, sous le nom (V hé maloblasUs, Les globules blancs paraissent identiques avec les globules de la lymphe et du pus. Nous allons décrire brièvement ces divers éléments hibtologiciues.
Globules rouges ou hématies. — Us apparaissent sous le
m/croscope, sous forme de disques circulaires chez l'homme
et presque tous les mammifères, ovales ou elliptiques chez
les caméliens (chameau, lama, alpaca), chez les oiseaux, les
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poissons et les reptiles. Leur couleur est d'un jaune orange; vus en masse, ils sont rouges.
Leur diamètre varie chez l'homme entre 0î*,7/i* et 0!*,80 (moyenne, 0j*,77), ou, d'après des mesures de M. Hayem*, entre 0^65 et 0^86. Sur 100 globules rouges, M. Hayem en compte 75 de grosseur moyenne (0:%75), 12 gros et 12 petits. Chez d'autres mammifères, il varie entre O:*,/» et 0:s8 ou même li*,0. Les globules du sang de Téléphant et du paresseux atteignent ce dernier diamètre; ceux du mouton ne dépassent pas 0.\45 en moyenne, ceux de la chèvre 0:s4. D'après Gulliver, le diamètre du Moschus javanicus ne serait que de 0:s207.
Les globules elliptiques des reptiles sont plus grands que ceux des mammifères. Le sang du prêtée {Protens angidmis] offre les plus grands globules (grand diamètre jusqu'à 6:%2, petit diamètre jusqu'à 3:\2). Chez l'homme, le volume moyen d'un globule rouge a été évalué 0"'"-%000000072.
Le nombre des globules est immense. Sous le microscope, ils paraissent remplir la masse du sang tout entier. Lorsqu'on les voit cheminer dans les vaisseaux, en examinant par exemple la circulation dans la patte transparente d'une grenouille, ou dans les branchies des larves de salamandres, on voit les globules se presser les uns contre les autres, se heurter, se déformer momentanément, par l'effet d'un obstacle, pour reprendre immédiatement leur forme, en vertu de leur élasticité, lorsque le cours régulier du sang est rétabJi. D'après des évaluations de Vierordt^ et de H. Weicker*, 1 millimètre cube de sang renfermerait un peu plus de 5,000,000 d'hématies. Le sang de femme en renfermerait moins (4,500,000 par millimètre cube).
Les évaluations de MM. Vierordtet VVelcker ont été contrôlées dans ces derniers temps par MM. Cramer, Potain, Mallassez, Nachet et Ha^em. Les premiers introduisaient le sang, préalablement étendu d'une quantité connue de sérum, dans un tube capillaire exactement divisé et de capacité connue, et
^. |jL = O^^jCOl =un millième de millimètre.
t Hecherches sur l'anatomie normale et patgulogique du sang. Paris, 1878.
3. Archiv fur physiol. Heilkumle, t. XI, 1852, ot t. Mil, i85i.
4. Vierteljahrschrift f, prakl. Heilkumle, 185i, t. XLIV, p. 11.
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slitu6nt une masse homogène dépourv-ue de noyau» au moins pendant la vie extra-utérine. Les globules du sang de fûBlus, généralement un peu plus volumineux, présentent, au contraire, des noyaux. La structure des hématies a été Fobjet d'un grand nombre de travaux, sans qu*on puisse dire que la science soit définitivement fixée à cet égard. H est certain, en effet, que les agents physiques et les véhicules tels que Peau ou Peau alcoolisée ou le sérum iodé, qui ont été employés dans ces recherches, peuvent altérer la structure des globules et même la consitîtatioo chimique de leurs matériaux, circottstance qui paraît de nature à jeter quelques doutes sur les conclusions qu'on a tirées de ces expériences.
On s'accordait à admettre, il y a quelques années, que les globules sanguins, véritables cellules, présentent uae membrane qui leur sert d'enveloppe, et un contenu semi-liquide coloré en rouge. Il semble qu'il faille revenir à cette opinion, qui avait été abandonnée à la suite des travaux de M. Rollet^ D'après ce physiologiste, les hématies, dépourvues d'enveloppes, seraient formées par une trame organique solide, molle, incolore, qu'il a nommée stroma, et qui serait imprégnée, comme une éponge, d'un liquide coloré très épais, essentiellement formé d'hémoglobine. On réussit, en effet, à enlever ce liquide par divers procédés, de manière à laisser une partie insoluble, enveloppe ou stroma. Voici le procédé de M. Rollet.
Dans une capsule métallique fortement refroidie au-dessous de 0«, on laisse tomber goutte à goutte du sang défibriné de cheval, de chien ou de cochon dinde, de telle façon que chaque goutte se congèle immédiatement. On laisse ensuite le tout se réchauffer à + 20*». Le sang liquéfié de nouveau a perdu son aspect primitif : il est devenu rouge groseille et transparent. Lorsqu'on examine cette liqueur au microscope, on reconnaît que les globules sanguins ont perdu leur couleur, en conservant leur forme : ils nagent dans un liquide rouge homogène. Le contenu semi-liquide des globules a été expulsé et s'est dissous dans le sérum, et la partie insoluble, enveloppe ou stroma, est restée.
L SUzungsbenchle der Wiener Akad. der Wissensch, t XLVI, mai 1862.