‹ Traité de chimie biologique (volume 2)Chapitre 208 sur 452 · EAU · texte numérisé non relu

EAU

exhalée par les

poumons

et par la peau,

en grammes.

OXYGÈNE

absorbé.

QUOTlB!«rr

respiratoire

Quant aux chiffres qui expriment l'absorption de l'oxygène, ils ne paraissent pas acceptables : ils sont contredits en effet par ceux qui sont donnés plus loin et qui tendent à prouver qu'à l'augmentation de la quantité d'acide carbonique, par le fait du (ravail musculaire, correspond aussi une augmentation de la quantité d'oxygène absorbée. Ajoutons que dans l'empoisonnement par le curare, où l'activité musculaire est abolie, M. Zuntz * a constaté une diminution des quantités d'oxygène absorbé et d'acide carbonique exhalé.

§201 . Influence du régime. — Étudions d'abord l'influence que la composition des aliments exerce sur les combustions respiratoires , c'est-à-dire sur les quantités d'oxygène absorbées et d'acide carbonique formées. On sait que ce dernier ne renferme pas tout l'oxygène qui a été absorbé, une partie de cet oxygène ayant servi à brûler de l'hydrogène. Suivant donc que la quantité d'hydrogène qui aura été brûlée est plus

t. Archiv fur die gesammte Physiol.j t. XII, p. 522.

kk'6 LA RESPIRATION.

ou moins considérable, le rapport qui existe entre Tozygène contenu dans Tacido carbonique et Toxygènc absorbé tendra à diminuer ou à augmenter. Il augmente pour un régime végétal, riche en hydrates de carbone, pauvre en matières albuminoïdes et en matières grasses. Les hydrates de carbone^ tels que la cellulose, les matières amylacées et sucrées, renfermant assez d'oxygène pour la combustion de l'hydrogène qu'ils contiennent, exigeront pour leur combustion complète précisément une quantité d'oxygène correspondant à leur teneur en carbone. Si donc les aliments ne renfermaient que des hydrates de carbone, il est clair que tout l'oxygène absorbé pour les brûler devrait se retrouver dans l'acide carbonique produit et le quo-

CO* tient respiratoire -j^r ^^^^^^ ^^^ ^ l'unité. Mais les aliments

végétaux renferment des matières albuminoïdes et sont souvent riches en matières grasses. Or les unes et les autres, et surtout ces dernières, ne renferment pas assez d'oxygène pour brûler l'hydrogène : il reste donc un excès d'hydrogène dont la combustion doit consommer une partie de l'oxygène absorbé. Ces considérations expliquent ce double fait qui ressort principalement des expériences de V. Regnault, à savoir que pour une même quantité d'oxygène absorbé, un Carnivore rend moins d^'acide carbonique qu'un herbivore, et que le rapport de l'oxygène contenu dans Tacidc carbonique à Toxygène absorbe' est plus considérable chez les herbivores que chez les carnivores. Celte double conclusion découle de la com- ]>arai$on des chiffres inscrits au tableau de la page 434, et concernant les poules soumises à un régime végétal ou animal. Nous avons dit plus haut que généralement l'oxygène absorbé ne se retrouvait pas tout entier dans Tacide carbonique exhalé. Il peut arriver pourtant qu*il n*en soit pas ainsi. En premier Heu, le fait en question est subordonné à la durée de l'expérience. Dans une expérience qui ne serait pas prolongée au delà de quelques heures, le contraire pourrait arriver. C'est WMi que MM. Pettenkofer et Voit ont trouvé que l'acide carbonique exhalé pendant le jour peut renfermer plus d oxygène qm Voà^ganisme n en a absorbé. Mais, pendant la nuit, l'équi- Wtt% M lélmblit, comme nous Tavons indiqué page 447. Ainsi, «U^ le» conditions normales et en considérant le phénomène

ACTIVITE ET VARIATIONS. kk9

de la respiration, non pas à un moment donne, mais pour une période d'une certaine durée, l'acide carbonique exhalé ne contient pas tout Toxygène absorbé. On peut se convaincre de la justesse de cette observation en consultant le tableau de la

page 452. On constate que le quotient respiratoire -pr^, qui exprime le rapport de la quantité d*oxygène contenue dans Tacide carbonique à la quantité d'oxygène absorbée, dépasse l'unité dans un certain nombre de cas, soit le jour, soit la nuit, mais que pour une période de 24 heures, si Ton divise la quantité d'oxygène contenue dans l'acide carbonique exhalé par la quantité d'oxygène absorbée, ce quotient n'atteint pas l'unité. Toutefois le phénomène dont il s agit peut être soumis à une autre perturbation. Dans les expériences où l'on recueille tout l'acide carbonique produit dans l'organisme, celui qui provient du canal digestif se mêle à celui qui résulte des combustions respiratoires et ce dégagement d'acide carbonique, produit par une sorte de fermentation intestinale, peut exercer une

CO' certaine influence sur la valeur du quotient -pjj • Cette influence

a été accentuée dans les expériences de MM. Pettenkofer et Voit sur la respiration d'un chien*, expériences qui mettent en lumière l'influence que les changements de régime et les mauvaises digestions, qui produisent des gaz intestinaux, peuvent exercer sur la valeur du rapport dont il s'agit. Mais c'est là, comme nous l'avons dit plus haut, une perturbation du phénomène.

L'ingestion des aliments active les phénomènes de nutrition et de dénutrition dans l'organisme. Pendant la digestion, les quantités d'air inspirées et les quantités d'acide exhalées augmentent sensiblement.

Vierordt a fait sur ce sujet des expériences concluantes et a montré par un graphique qu'il existe une corrélation entre l'augmentation des volumes d'air inspirés par minute et celle des quantités d'acide carbonique expirées pendant le môme temps : les deux phénomènes atteignent leur maximum une ou deux heures après le repas. Chose curieuse, le maximum

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