MATIÈRES NON AZOTÉES
Gholeslérine C*«H**0
Ambréine
Gastorine
Gires
Blanc de baleine
Dérivés de l'acide glycuronique.
Acides gras G^H'^O*
Acide valérique G'^H*^*
Acide butyrique C*11*0*
Acide propionique. . . . C^HW
Acide acétique G*HK)*
Acide formique .... GH*0*
Acide lactique C^H'O'
Acide oxalique G*H*0*
Acide succinique G*H®0*
Acides sulfoconjugués des
phénols
Acide paroxypbénylacé-
liquo C'HW
Acide carbonique Eau.
Parmi les produits azotés provenant de la désassimilation des matières albuminoïdes et de leurs congénères, l'urée est le
plus important; c'est sous cette forme qu'est éliminé principalement l'azote contenu dans ces matières. Une faible portion se retrouve dans les autres matériaux azotés de Turine, acides urique, hippurique, créatinine et, d'autre part, dans les matériaux azotés de la sueur, dans les pellicules épidermiques, dans les poils, etc.
On s*est demandé aussi si une portion de l'azote des matériaux azotés désassimilés est éliminée par la peau et les poumons sous forme d'azote, par suite d'une combustion complète de ces matériaux.
Cette question est posée mais non résolue définitivement, les données que la science posède à cet égard étant contradictoires. Tandis que MM. Regnault et Reiset ont constaté une exhalation insignifiante d'azote par les poumons et la peau (page 419), M. Boussingault, dans ses expériences sur les tourterelles et les chevaux, n'a pu retrouver dans les excréments qu'environ les deux tiers de l'azote ingéré. Il y aurait donc un. déficit d'azote et il serait assez notable. Plus récemment M. Reiset a constaté une exhalation considérable d'azote chez les moutons, les veaux, les oies, les dindons, et peu considérable chez les cochons. Tous ces résultats ont été contestés. Ainsi M. Voit a pu retrouver dans les excréments d'un pigeon la presque totalité de l'azote des aliments, les 2,3 pour 100 qui ne sont pas retrouvés s'étant fixés dans le corps de l'animal. Chez les chats, Bidder et Schmidt ont retrouvé dans les urines et les fèces tout l'azote des aliments, excepté dans les cas où l'on pouvait supposer qu41 s'en était fixé dans Torganisme. MM. Henneberg et Stohmaan ont tiré des conclusions analogues d'expériences qu'ils avaient entreprises chacun de son côté, sur des bœufs. D'après toutes ces expériences le déficit d'azote n'existerait pas. Il semble donc que la question de la désassimilation des matières azotées appelle de nouvelles expériences, en ce qui concerne l'excrétion d'une certaine quantité d'azote.
Dans tout ce qui précède nous n'avons pas tenu compte des fèces qui sont rejetés journellement et qui, indépendamment des réeddus alimentaires dont il est inutile de tenir compte dans la balance des profits et pertes de l'économie, renferment certains produits d'excrétion proprement dits, produits qui y soni
verses par les glandes dont les conduits excréteurs débouchent dans rintestin. Les excréments renferment, comme on sait, une petite quantité de matériaux provenant de la bile, dn mucus, etc. ; c'est-à-dire des produits élaborés par Torginisme et qui sont rejetés par cette voie. Ajoutons, dans le même ordre d'idées, que la desquamation, la croissance des ongles et des poils éliminent certains matériaux et ceux-là échappent complètement au travail de désassimilalion qui s'accomplit dans les tissus et dans le sang.
g 228. Résumant les notions générales qui ont été exposées dans les pages précédentes, nous dirons que la digestion et l'assimilation apportent sans cesse à l'économie un contingent de matériaux utiles et que la désassimilation en forme d'autres qui sont entraînés au dehors. Les premières constituent un gain, les autres occasionnent une perte, et la balance entre ces deux facteurs.est tantôt favorable, tantôt défavorable à l'individu. Pendant la période d'accroissement les gains l'emportent. En cas de maladie, de mauvais régime, d'abstinence, ou parles progrès de l'âge les pertes deviennent prédominantes. Dans la période adulte, il y a équilibre, lorsque l'individu est placé dans des conditions normales. Dans ce cas, les pertes que l'économie éprouve par les combustions respiratoires et par les procédés de désassimilation sont exactement balancées par les apports de matériaux utiles qui sont ingérés et mis en œuvre dans les phénomènes de la digestion et de l'assimilation. Et ici il importe d'établir une distinction concernant la mise en œuvre de ces matériaux utiles. Tous ne vont pas se fixer dans l'économie pour servir à la nutrition des tissus et remplacer les matériaux désassimilés. Une partie est sans doute appliquée directement aux besoins de la respiration, pour être consommée dans l'inlervalle des repas. Il convient donc de distinguer, parmi les matériaux combustibles, la partie « circulante » des éléments nutritifs, selon l'expression de M. Voit, de la partie qui est en réserve dan*- les tissus : cette dernière succombe à l'oxydation au fur et à mesure qu'elle est désassimilée. Quoi qu'il en soit le problème posé plus haut des gains et des pertes de l'économie est accessible à l'expérience : pour cela on analyse et on pèse ce qui entre, c'est-à-dire les aliments et les boissons; d'un autre côté on recueille et on analyse ce qui sort
c'est-à-dire les produits d'excrétion solides, liquides et gazeux et Ton établit la balance entre les gains et les pertes. La science possède de nombreuses données concernant cette statique chimiq[ue des animaux. MM. Boussingault, Barrai, Regnault et Reiset, Reiset, Bidder et Schmidt, Bischoff et Voit, Voit ont publié des recherches sur ce sujet.
111. MÉTHODE PROPRE A DÉTERMINER LES MUTATIONS DES MATÉRIAUX ORGANIQUES DANS l'ÉCONOMIE
g 229. Cette méthode n'est autre que la méthode indirecte décrite pour l'évaluation de la quantité d'oxygène absorbée dans les phénomènes de la respiration. On pèse et on analyse exactement les aliments solides et liquides qui sont ingérés. On obtient une somme de matériaux renfermant une quantité donnée de carbone, d'hydrogène, d'azote, d'oxygène. Cette somme ne représente pas tout ce qui est absorbé par l'économie : il faut y ajouter l'oxygène fixé sur le sang et que l'on détermine soit par différence, en comparant la quantité d'oxygène contenu dans les produits excrétés à celle que contiennent les aliments ingérés, soit directement, ce qui est préférable, en opérant dans l'appareil de MM. Regnault et Reiset. Le poids total des ingesta ajouté à celui de l'oxygène absorbé par le sang doit représenter la somme des matériaux rejetés, que l'on détermine d'autre part, c'est-à-dire la somme des poids de carbone, d'hydrogène, d'azote, d'oxygène, contenus dans les fèces, dans l'urine et dans les produits de la perspiration.
Citons, pour faire comprendre le principe de la méthode dont il s'agit, les expériences que MM. Pettenkofer et Voit ont faites sur un chien du poids de 33 kilogr. qui a été placé dans la chambre respiratoire. Voici les résultats des analyses qui ont été faites sur la composition des produits ingérés et
INGESTA. — 1500 OR. db viande rbktkrmant :
Carbone
„ , . i dans la substance sèche Hydrogène } ^^^^ ,,^^„
Azote
l dans la substance sèche . .
O^yg^nc ( dans l'eau
Sels
Oxygène absorbé par le sang . . . .
Total des ingesta
EXCRETA.
Urée . . .
Autres matériaux de l'urine
Eau de Turine
Excréments secs
Eau des excréments
Gaz carbonique de la pcrspiration .
Gaz des marais de la perspiration . .
H>drogi''nc libre de la perspiration.
Eau de la perspiration
Totaux dans les excréta.
Totaux dans les ingesta.
es
ce a > s
Somme des ingesta.
Somme des excréta.
DifTèrencc
1977 «sa 2011, 6
La difiërencc que ron constate entre la somme de ce qui est entre et la somme de ce qui est sorti, différence qui n'atteint pas 1 pour 100 du poids total des gains et des pertes,
MÉTtaODE D'EXPÉRIMENTATION. 619
tombe dans la limite des erreurs d'observation inhérentes à l'expérience.
Ces erreurs sont multiples. La méthode qu'on vient d'exposer et dont le principe est si simple, suppose, en effet, un certain nombre de conditions qu'il est bien difficile de réaliser dans l'application.
Ces conditions sont les suivantes :
1* Le poids de l'animal doit être déterminé avec beaucoup de soin avant et après l'expérience. Dans le cas où la proportion d'oxygène est évaluée par différence, ce poids doit se maintenir constant pendant toute la durée de l'expérience^ ce qui est d'autant plus difficile, que cette expérience se prolonge davantage.
2^ La composition des aliments doit être déterminée exactement par l'analyse élémentaire. A cet égard, il est à remarquer que, pour quelques substances alimentaires, cette composition n'est pas absolument fixe, comme s'il s'agissait d'une espèce chimique bien définie. Âinsi^ la viande peut être plus ou moins riche en tissu conjonctif, en graisse, en éléments vasculaires ou nerveux. Aussi convient-il de la préparer avec soin pour la débarrasser autant que possible des tendons, des aponévroses, de la graisse. Et même dans ces conditions la chair musculaire des différents animaux ne présente pas une composition identique. Bien plus, on a constaté que, pour un même animal, elle peut varier, dans une faible mesure, d'un muscle à l'autre. Ainsi dans la viande de bœuf convenablement préparée et desséchée, M. Nowak a trouvé une proportion d'azote variant de 15,0 à 15,92 pour 100; dans la viande de cheval desséchée il a trouvé de 13,48 à 15,01 pour 100 d'azote. Ces différences ne sont pas négligeables lorsqu'il s'agit d'expériences qui doivent être prolongées pendant longtemps. La même remarque s'applique à d'autres matières alimentaires^ telles que les semences des légumineuses, ou les graines oléagineuses qui ont souvent servi aux expériences dont il s'agit.
3* Un des facteurs importants dans le calcul des mutations des substances organiques dans l'économie est la quantité d'oxygène absorbée. Lorsqu'elle est évaluée par différence, comme on l'a indiqué pagei517y cette évaluation indirecte peut
donner lieu à des erreurs notables. Il serait donc important de déterminer directement la proportion d'oiygène absorbée, comme on peut le faire dans l'appareil de Regnault et Reiset.
4<* Il n'est pas facile de recueillir sans perte les déjections liquides et solides. L'urine, en particulier, doit être reçue dans un vase approprie et analysée avant qu'elle ait pu se décomposer. L'azote de l'urine doit ôtre dosé directement.
5* Il serait nécessaire de tenir compte de l'exhalation d'une petite quantité d'azote par les poumons, exhalation constatée chez les animaux bien portants par Regnault et Reiset, et confirmée récemment par MM. Seegen et Nowak ^ Ce facteur a été négligé par la plupart des expérimentateurs.
Dans l'expérience précédemment citée on a constaté une perte de 34'%6 : elle est insignifiante et l'on peut considérer que l'animal se trouvait sensiblement, au point de vue de la nutrition, dans un état d'équilibre. Mais il n'en est pas ainsi généralement; les pertes ou les gains sont quelquefois notables dans des expériences de ce genre, lorsque l'animal est soumis à un certain régime dont on veut étudier les effets. Gomme on l'a vu plus haut, il est possible à l'aide de l'analyse élémentaire d'imputer ces pertes ou ces gains à tels ou tels éléments, carbone, hydrogène, azote, oxygène.
Cette donnée est précieuse sans doute, mais elle n'est pas suffisante. Pour pouvoir apprécier exactement les mutations des matières organiques dans l'économie, il faudrait savqir sur quel ordre de matières ont porté les gains ou les pertes. Supposons qu'on ait constaté la fixation d'une certaine quantité de carbone, d'hydrogène, d'azote, d'oxygène on peut se demander sous quelle forme ces éléments se sont fixés, en d'autres termes, ce que l'économie a gagné en matières albuminoïdes, en matières grasses, en hydrates de carbone.
La même question se pose dans le cas où l'économie a subi des pertes. Il n'est pas possible de la résoudre avec certitude. Pourtant les données mêmes de l'analyse élémentaire peuvent fournir quelques indications à ce sujet. Supposons, par exemple, que le poids de l'animal ayant augmenté, ce dernier ait gagné du carbone et de l'hydrogène, la proportion d'azote