Journal de pharmacie et de chimie [i], t. XVIII, p
solution d'albumine ne commence à se troubler qu'à OO"" et dépose quelques flocons par rébullition.
M. Gautier* admet que le blanc d'œuf renferme au moins deux espèces d'albumine; la première', coagulable à ôS*", aurait un pouvoir rotatoire plus faible que Tautre, qui se coagule à 74<>. Ces deux corps seraient contenus dans le blanc d'œuf dans le rapport de 1 : 5. D'après M. Béchamp*, le blanc d'œuf contiendrait au moins trois albumines, qui différeraient par leur pouvoir rotatoire.
La serine commence à se coaguler, comme l'albumine du blanc d'œuf, vers 60*; à cette température, la liqueur se trouble ; de 72® à 73«, la coagulation est complète.
L'apparence et les conditions de ce phénomène de la coagu* lation sont modifiées par la présence de diverses substances étrangères. L'addition de petites quantités d'acide acétique ou d'adde phosphorique, ou de certains sels neutres, tels que le chlorure, le sulfate, le phosphate de sodium, favorise la coagulation; les alcalis, tels que la potasse ou la soude, la retardent et peuvent môme l'empêcher. Lorsqu'on sursature légèrement par l'acide acétique une solution de blanc d'œuf ou de serine et qu'on chauffe, la coagulation a lieu d'une manière complète et l'albumine se sépare en flocons de la liqueur; celle-ci s'éclaircit facilement et passe aisément au travers d'un filtre. Une quantité notable d'acide acétique retarde ou empêche la coagulation par la chaleur. L'addition d'une petite quantité d'alcool à une solution d'albumine hâte la coagulation.
Action de Calcool el de divers autres réactifs. — Ajouté en quantité suffisante, l'alcool précipite les solutions albumineuses à froid, lorsqu'elles renferment des traces de sels. L'albumine, ainsi séparée d'une solution de blanc d'œuf, ne se redissout plus dans Teau : elle a passé à l'état de modification insoluble. L alcool est donc un coagulant de l'albumine. La serine précipitée du sérum par Talcool peut se Tedissoudre dans l'eau, si le contact avec l'alcool n'a pas été trop prolongé. D'autre part, on a avancé ce fait que l'alcool ne précipitait ni l'albumine ni la serine de leurs solutions pures, parfaitement exemptes de sels.
1. Bulletin de la Soc, chim,, t. XIV, p. 177. 3. BulUltn de la Soc. chim., t. XXI, p. 368.
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Agitée avec de Téther, la solution d'albumine du blanc d'œuf est précipitée peu à peu en flocons ; celle de la serine reste transparente, si Téther est privé d'alcool.
Le phénol et le crésol coagulent Palbumine et la serine : il en est ainsi de l'aniline. L'eau de chlore donne dans les solutions albumineuses un précipité blanc. Le chloral les précipite en se combinant avec l'albumine (Personne).
Les solutions d'albumine sont précipitées par l'acide tannique.
§ 21. Action des acides sur l'albumine. — !<" Rèaclions qualitatives, — L'acide sulfurique précipite les solutions d'albumine en flocons blancs. Recueilli sur un filtre et soumis à des lavages prolongés, ce précipité perd tout l'acide qu'il avait entraîné, en conservant néanmoins une légère réaction acide (Hruschauer). L'acide chlorhydrique concentré agit comme l'acide sulfurique : ajouté en quantité convenable, il précipite les solutions d'albumine et de serine. Le précipité renferme une combinaison de la matière albuminoïde avec l'acide chlorhydrique. Un excès d'acide chlorhydrique dissout le précipité d'abord formé dans une solution de serine (chlorhydrate de serine); la liqueur acide offre un pouvoir rotatoire spécifique de — 78*»,7 (Hoppe Seyler). En ajoutant de l'eau à cette solution, on obtient un précipité, lequel, recueilli sur un filtre et débarrassé par la compression de l'eau acide qui Timprègne, se redissout dans l'eau pure. La solution possède les propriétés du chlorhydrate de syntonine.
On peut aciduler fortement le sérum ou l'albumine du blanc d'œuf par l'acide chlorhydrique étendu sans qu'il se forme un précipité. Dans la solution d'albumine ainsi acidulée par l'acide chlorhydrique, le pouvoir rotatoire s'est élevé à — 37°,7 (Hoppe Seyler).
Parmi les acides minéraux, l'acide azotique et Tacide metaphosphorique sont ceux qui'^précipitent l'albumine le plus complètement. Le premier de ces acides est souvent employé comme réactif. L'action du second est tellement sensible, que les moindres traces d'albumine se manifestent par un trouble notable. Tous ces acides minéraux coagulent l'albumine.
Les acides phosphorique ordinaire, acétique, lactique^ ainsi que d'autres acides organiques, ne la précipitent pas.
xiraqo'oa ajoute un excès d'acide acétique à du blanc d'œuf, I se forme une masse gélatineuse qui se dissout à chaud liagendie, Lieberkûhn). L'albumine sèche se gonfle dansTacide^ tcétique concentré.
Si les acides qu'on vient de mentionner ne coagulent pas albumine comme les précédents, ils lui font éprouver *néan- Qoios des modifications sensibles. Celles-ci se révèlent par un bangement du pouvoir rotatoire et aussi par cette circonstance [oe l'albumine, modifiée à la vérité, se précipite de ces lolations acides lorsqu'on les neutralise exactement par un ikali.
L'acide carbonique ne précipite pas l'albumine; mais lorsijù'oii dirige pendant longtemps un courant de cet acide dans une solution cencentrée d'albumine du blanc d'œuf, une portion le l'albumine se sépare sous forme de flocons fîbrineux ou de membranes (Melsens).
En résumé, la plupart des acides exercent, à la température )rdinaire, sur l'albumine une action sensible et la transforment en une substance soluble dans l'eau, et dont la solution étendue ne se coagule pas par l'action de la chaleur lorsqu'elle 58t pure, ou qu'elle ne renferme qu'une trace de sel (Heynsius). Elle se coagule, au contraire, lorsqu'elle contient une plus grande quantité de sels ; un excès d'acide acétique empêche la XMigulation. Cette modification particulière de l'albumine est déûgnée aujourd'hui sous le nom iïacidalbumine. Elle est identique avec \diSyntonine.
Nous avons indiqué (pages 57 et 58) l'action décomposante que les acides exercent sur l'albumine.
2* Combinaisons définies de l*albumine avec les acides- — L'albumine sèche se gonfle dans l'acide sulfurique concentré et forme avec lui une combinaison qui a été étudiée récemment par Loew *. Ce chimiste l'envisage comme possédant une composition analogue à celle de l'acide phénylsulfureux ou phénylsulfonique', et le nomme acide albuminosulfonique. Il adopte