ArcMv fiir pathol Anat., t. XXI, p. 3Sô, 186L
déterminé la proportion d'urée que renferment les urines àTëtat de repos et après l'exercice musculaire. G. G. Lehmann* a constaté le premier que cette proportion d'urée augmentait dans une certaine mesure dans son urine, après un exercice violent.
Expériences de M, Voit. — M. Voit* a fait sur le même sujet des expériences plus complètes et plus concluantes. Il a soumis un chien à un régime azoté, de façon à établir l'équilibre entre les quantités d'azote ingérées et celles qui sont rendues par les urines et les excréments. Puis, après un repos de quelques jours, sous l'influence de ce régime; il a fait exécuter au chien un travail qui consistait à faire tourner une roue, 6 fois par jour, pendant 10 minutes et qu'il a évalué en kilogrammètres. Les urines rendues pendant chaque jour de travail, le chien recevant 1500 grammes de viande, renfermaient 114,4 à 117,2 grammes d'urée. Aux jours de travail ont succédé trois jours de repos, pendant lesquels la quantité d'urée excrétée journellement, Tanimal recevant la même nourriture, atteignait seulement 109 à 110 grammes d'urée. L'exercice musculaire a donc déterminé la formation d'un excès d'urée; mais on voit que cet excès est peu considérable, et il s'est encore réduit lorsque, pendant les jours de travail, on forçait le chien à faire tourner la roue avant le repas. Dans ces conditions, la quantité d'urée n'a atteint que 114 grammes. Pendant l'inanition l'excrétion de l'urée diminue très notablement. Le même chien, privé d'aliments, s'élant reposé pendant les trois premiers et les trois derniers jours et ayant accompli un travail pendant les trois jours intermédiaires, a sécrété pendant les jours de travail 12,31 à 16,6 grammes d'urée, et pendant les jours de repos 10,88, 11,9 et 14,3 grammes d'urée seulement.
La différence se maintient, comme on voit, dans ces conditions, mais elle est relativement légère et l'excès de matières albuminoides désassimilées pendant l'exercice et dont l'excès d'urée dans l'urine peut donner la mesure, ne saurait repré-
1. R. Wagner. llandwôrlerhucJt dcr Physiologie, t. II, p. 21.
2. C. Voit. Untersuchungen ûber den Einfîust der Kochsalzes, des Kaffets und der Muskelbewegung auf den Stoffvoeehsel, MUnchen, 1860, p. 152.
TRAVAIL MUSCIJLAIltl-. 60S
sentcr, comme arfiait^^B, une provision d'énergie auflisanlopour reodrc compte du travail musculaire.
ExpéncHces île M. lianlie. — Les mêmes conclusions peuvent se déduire d'cxpdriences que M. Ilanke a entrepriseB sur lui-même et daua lesquelles il éia!>li les variations horaires de l'urée pendant deux périodes d'absLincncc, en observant un repos absolu pendant la première et en Taisant alterner le repos . avec, le mouvement, pendant la seconde. La courhe A indique les variations horaires de l'urée, à l'état de repos absolu, la courbe B les variations de l'urée à l'état de repos alternant avec le mouvement.
\'oici ces courbes : les ordonnées représentent les f|uaniii^!4 d'urée en grammes, les abscisses les heures.
On remarquera la forme de la courbe B pendant les heures de repos succédant à l'exercice (10, 11, 12) : la proportion d'urée qui reste d'abord slalionnaire n'arrive à son maximum qu'au bout de trois heures, pour décroître ensuite rapidement. Le travail exécuté pendant la marche do deux heures a été évalué par M. Ranke à 50,000 kilo)t^amnl^treB.
Expériences île MM. fick cl WisUcenus. — Après s'être soumis pendant quelques jours k un régime végétal composii de biscuit de bord et de sucre pris dans du thé, MM. Ficli et Wislicenus ont Tait l'ascension du Faulhorn par le sentier le plus raide, à partir du niveau du lac de llrteoz. Dans cette
marche M. Wislicenus (I) a élevé son corps^ du poids de 78 Idlogrammes, à une hauteur de 1956 mètres; il a donc accompli un travail de 76 X 1956 = 148,546 kilogrammètres. C'est là un travail extérieur auquel on a cru devoir ajouter, indûment peutêtre S le travail intérieur résultant des battements du cœnr et des mouvements d'inspiration. On a essayé d'évaluer approximativement la valeur de ce travail intérieur, en admettant que chaque systole correspond à un travail de 0,64 kilogrammètres qu'on a multiplié par le nombre de pulsations pendant la durée de l'ascension; que chaque inspiration de 600 centimètres cubes donne lieu à un travail de 0,63 kilogr. qu'on a multiplié parle nombre d'inspirations pendant l'ascension. On a évalué d'une façon semblable le travail fourni par M. Fick (U), dont le poids était de 66 kilogr.
Naturellement, on n'a tenu aucun compte du mouvement de progression, par la raison que la marche sur une surface plane ne donne lieu à aucun travail positif, la chaleur absorbée pour soulever le corps étant de nouveau restituée, lorsque le pied s'appuie sur le sol.
En résumé, le travail accompli par les deux ascensionnistes a été évalué comme il suit :
Pour lo premier (I) 184.287 kilogrammètres
Pour le second (11) 159.637 —-
Quelle est la quantité de matière albuminoïde qui a été consumée pendant l'ascension? Pour l'évaluer on a dosé la proportion d'urée contenue dans l'urine rendue pendant l'ascension, qui a duré cinq heures et demie, et pendant une période de cinq heures 40 minutes après l'ascension '.
1, En ce qui concerne Tévaluaiion du travail intérieur, il est nécessaire de faire une réserve. Tout le travail produit par l'action du cœur et des muscler respiratoires, disparaît dans le corps môme, où il est employé à vaincre les résistances dues au frottement du sang et au jeu des articulations. Le travail ainsi absorbé par les résistances internes se convertit de nouveau, par voie d'équivalence, en chaleur qui apparaît au dehors.
2. On a recueilli l'urine et dosé l'urée excrétées pendant cinq heures après Tascension pour prévenir une objection qui aurait pu être faite et que void : une portion des produits de désassimilation et de combustion des matières albuminoYdes aurait pu être retenue dans l'économie inunédiatement après la marche, soit sous forme de produits azotés intermédiaires (créatine, etc.), soit sous forme d'urée.
Cette quantité d'urée a été
Pour M. Wi8lic6nus(I);d6 b^'fi^l correspond, à ^1^^0001 de mat. albuminolde» Pour M. Fick (II). . . de &r, 7432 correspond. à38«',2820 — —
Il s'agit maintenant de savoir quel est le nombre de calories dégagé par la combustion de ces deux quantités de matières albuminoïdes. Pour cela, on a dû tenir compte des résultats obtenus par M. Frankland et cités page 490. On rappelle ici que la combustion de 1 gramme de muscle de bœuf purifié dégage 5,103 colories et celle de 1 gramme d'albumine purifiée 4,998 calories. Mais il faut considérer que la combustion de ces matières azotées n'est pas complète dans l'économie, et que l'urée qu'elles forment emporte sa chaleur de combustion. Il est donc nécessaire de défalquer des chiffres précédents le nombre des calories emportées par l'urée, correspondant à 1 gramme de ces matières. Cette correction faite, d'après M. Frankland, on obtient les chiffres suivants pour les chaleurs de combustion correspondantes :
Chaleurs de
combustion. Kilogrammèlres,
Muscles de bœuf 4,368 1,848
Albumine 4,263 1,803
Si l'on applique ces chiffres au calcul des quantités de chaleur dégagées par la combustion des albuminoïdes consommées pendant l'ascension et qu'on réduise ces quantités de chaleur en kilogrammètres, on obtient les résultats suivants :