Zeilschrift fiir PhysioL Chem,, l. II, p
2. Journal de Pharm. [2] T. IX, p. 183; T. XXI, p. 250; T. XXX, p. 244; T. XXXIII, p. 166.
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M.Diakonow^ Ta retirée de cet organe et des jaunes d'œuf par un procédé particulier qui lui a permis d*isoler et de distinguer diverses espèces de lécithines. Il a indiqué le premier la constitution de ces corps.
La lécithine est très répandue dans l'économie. On la rencontre dans beaucoup de cellules en voie de formation ou de développement, dans le jaune d'œuf, dans les spermatozoïdes, dans les leucocytes, dans certains néoplasmes à évolution rapide, etc. On en a signalé l'existence dans les graines, dans les bourgeons, dans les levures, dans les champignons, dans les spores. Pour la préparer à l'état de pureté, il convient d'employer de préférence le jaune d'œuf.
Extraction de la lécithine du jaune d'œuf. — 1<» Les jaunes, convenablement séparés des blancs, sont agités à plusieurs reprises avec de Yéiher froid, aussi longtemps que celui-ci se colore en jaune. Le résidu insoluble dans l'éther est traité par un grand excès d'eau qui y fait naître un précipité. Ce dernier est lavé rapidement, exprimé, puis mis en digestion avec de l'alcool à 85 cent, au bain-marie, à 50^ environ. La solution alcoolique filtrée est rapidement évaporée à une température qui ne doit pas dépasser 60^ et le résidu sirupeux est redissous dans une quantité aussi petite que possible d'alcool absolu. La solution alcoolique, exposée pendant 12 à S4 heures à un froid de — 5° à — 20°, laisse déposer la lécithine sous la forme de grains arrondis, plus rarement de lamelles cristallines. On recueille le précipité sur un filtre, on l'exprime rapidement et on le dessèche dans le vide». (Hoppe-Seyler et Diakonow.)
2* Les jaunes d'œuf sont épuisés par l'alcool élhéré et la solution jaune, débarrassée de l'éther par distillation, est additionnée d'une solution alcoolique do chlorure de cadmium qui y forme ua précipité jaunâtre abondant; ce dernier est une combinaison double de chlorhydrate de lécithine et de chlorure de cadmium. Ou recueille le précipité, on l'épuisé par l'alcool éthéré, puis on le délaye dans l'alcool et on le décompose par l'hydrogène sulfuré. La solution alcoolique, dé-
1. CeniralblaU fur die medii.Wissemchaften, 1868, n- 1, 7, 28, Hoppe- Seyler. Mediz, chem. Unlersuchungeriy Use. Il, p. 221, et fasc. III, p. 405.
2. Hoppe-Seyier, Handbuch der physiohg. und palholog, chem. Analyse, p. t42.
barrassëe du sulfure de cadmium, renferme du chlorhydrate de lëcithine. Lorsqu'on y ajoute un excès d'eàu on obtient un précipité abondant de ce corps.
Strecker précipitait la solution alcoolique éthérëe par le chlorure de platine additionné d'acide chlorhydrique, dissolvait le chloroplatinate dans Téther et le précipitait par Talcool. Ce traitement était répété plusieurs fois et, finalement, la solutioD éthérée du chloroplatinate de lécithine était décomposée par l'hydrogène sulfuré. D'après M. Hoppe-Seyler, ce procédé de préparation ne fournit pas un produit entièrement pur, la lécithine étant très sensible à l'action des acides.
Propriétés, — Obtenue par le premier des procédés qm viennent d'ôtre décrits, la lécithine se présente, après dessiccation, soiis forme d'une masse blanche, friable, sans texture cristalline prononcée. Elle se dissout abondamment dans l'alcool, surtout dans l'alcool chaud. L^éther la dissout moins bien, mais néanmoins en proportion assez notable. Elle se dissout aussi dans le chloroforme, le sulfure de carbone, la benzine, les huiles grasses. Mise en contact avec l'eau, elle se gonfle en formant une sorte d'empois, qui présente sous le microscope des filaments mucilagineux et des gouttelettes (formes myéliques). Chautfée à 70°, celte masse se colore en brun, en se décomposant. Il en est de môme de la solution alcooUque. Môme à la température ordinaire, la masse gonflée dans l'eau se décompose à la longue, en devenant acide, et en éprouvant le dédoublement que nous allons indiquer.
Dédoublement de la lécithine. — Lorsqu'on la soumet à l'ébullition avec de l'eau de baryte, la lécithine se dédouble en acides gras, en acide phosphoglycérique qui restent unis à la baryte et en névrine qui demeure en solution. Parmi ces produits de dédoublement, Gobley a reconnu les acides gras et l'acide phosphoglycérique; M. Liebreich a signalé la névrine.
Les acides gras sont de diverse nature. La lécithine préparée d'après le procédé n° 1 fournit une quantité notable d'acide oléique. Strecker a rencontré parmi les produits de sa décomposition une petite quantité d'acide stéarique, beaucoup d'acide palmitique et d'acide oléique. M. Diakonow admet qne la lécithine du jaune d'œuf renferme de l'acide stéarique et de l'acide oléique : la solution alcoolique refroidie à — 10« lais-
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serait déposer de la lécithine dioléique C**H'*AzPhO'; Teau mère abandonnerait après rëvaporation une lëcithine distëarique C**H'®AzPhO'. Enfin le jaune d'œuf renfermerait aussi une lécithine dipalmi tique.
Constitution de la lécithine. — Les faits précédemment exposés semblent démontrer qu'il existe diverses lécithines et que celles-ci résultent de la combinaison de l'acide phosphoglycérique, d'une part, avec des acides gras, d'autre part, avec la névrine. On est ainsi conduit à distinguer les lécithines oléique, palmitiquc, stéarique. Prenons pour exemple la lécithine distéarique : elle résulte de l'union de l'acide phosphoglycérique avec 2 molécules d'acide stéarique et avec 1 molécule de névrine avec élimination de trois molécules d'eau :
C»H»PhO« 4- 2C«HM0« + C»H»»AzO« = C**H«oAzPliO» -f 3H«0
acide acide névrine lécithine
phosphoglycérique stéarique distéarique
Établissons la constitution de cette lécithine distéarique : celle des autres lécithines en découlera naturellement.
L'acide phosphoglycérique est un dérivé de la glycérine : il se forme par l'addition d'une molécule de glycérine et d'une molécule d'acide phosphorique avec élimination d'une molécule d'eau :