‹ Traite de chimie biologique (volume 3)Chapitre 12 sur 260 · Comptes rendus, t. VIII, p · texte numérisé non relu

Comptes rendus, t. VIII, p

‘2. Die organische Chemie in Hiver Anwendmg anf Agricultur and Phij siologie, von Juslus Liebig, 1841, p. 69.

2î ÉLABORATION DES MATIÈRES ORGANIQUES

MM. Schattenmann, Kuhlmann, Isidore Pierre, Lawes et Gilbert ont reconnu rinfluence fertilisante des sels ammoniacaux. Il paraît nécessaire, toutefois, que ces sels soient offerts aux végétaux à l’état de dilution extrême et disséminés dans le sol arable. Directement absorbées par les racines ou par les plantes entières submergées dans l’eau, les solutions des sels ammoniacaux peuvent exercer une influence nuisible (Bouchardat, Cloëz).

D’un autre côté , on a établi que les végétaux languissent dans un sol absolument dépourvu d’ammoniaque , ou d’une substance azotée capable de donner de l’ammoniaque. M. Boussingault a fait germer des haricots, de l’avoine, des lupins, du cresson de fontaine, dans des sols artificiels formés de cendres d’engrais, de pierre ponce, de cendres d’os, etc. Les plantes végétaient dans une atmosphère confinée d’où l’on avait soin d’exclure toute trace d’ammoniaque , tout en y admettant de l’acide carbonique. Elles étaient arrosées d’eau distillée. Arrivées au terme de leur développement maladif, elles ont été soumises à l’analyse. On a constaté alors que la quantité totale d’azote contenue dans la récolte était un peu inférieure, dans la majeure partie des cas, à la quantité d’azote contenue dans la semence. Faute d’ammoniaque ou d’une substance azotée propre à en fournir, les plantes ont donc vécu péniblement aux dépens de l’azote contenu dans les graines : l’azote de l’air n’a point été assimilé directement.

D’autres expériences mettent en lumière le rôle de l’ammoniaque ou des matières azotées qui peuvent en fournir par leur décomposition spontanée, comme matières fertilisantes, c’est-à-dire comme éléments propres à concourir à l’élaboration des substances organiques par les végétaux. D’apres les expériences de M. Pasteur, les cellules de la levure ne se multiplient qu’à la condition de rencontrer, dans le milieu où elles doivent se développer, non seulement les matériaux propres à la formation de la cellulose, mais encore de l’ammoniaque ou un composé azoté, et, de plus, les phosphates nécessaires à la constitution des matières albuminoïdes.

Assimilation de l’azote des azotateç. — On connaît depuis longtemps l’influence fertilisante des azotates, et l’on emploie aujourd’hui des quantités considérables d’azotate de soude

PAR LE RÈGNE VÉGÉTAL

comme engrais. On sait d’ailleurs que, dans certaines régions renommées pour leur fertilité , telles que l’Inde et l’Égypte, le sol est imprégné d’azotates et se couvre souvent d’efflorescences de ces sels. Des azotates y prennent naissance par l’oxydation de rammoniaque en présence de bases puissantes. Des expériences directes et très concluantes ont démontré l’eflicacité de l’azotate de potasse comme agent fertilisant. Nous citerons ici une de celles que l’on doit à M. Boussingault.

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