Comptes rendus, t. LXIX, p. 381 et
PAR LE RÈGNE VÉGÉTAL
Sous quelle forme l’azote de ces matières azotées pénètret-il dans les plantes? quelle est son origine et de quelle façon est-il assimilé par les végétaux? Telles sont les questions que nous allons aborder maintenant.
C’est l’atmosphère, c’est le sol 'qui constituent pour les végétaux des réservoirs inépuisables d’azote. L’atmosphère renferme de l’ammoniaque sous forme de carbonate qui pénètre dans le sol avec l'eau de pluie; le sol lui-même renferme des azotates. De plus, il est souvent imprégné de matières azotées qui fournissent de l’ammoniaque par leur décomposition lente. C’est donc sous forme d’ammoniaque et sous forme d’azotates que, dans les conditions naturelles et en dehors de toute culture, l’azote pénètre dans les végétaux.
Assimilation de l’azote des sels ammoniacaux. — Dans ses premières « recherches chimiques sur -la végétation » M. Boussingault avait établi qu’une portion de l’azote assimilé par les végétaux était empruntée à l’atmosphère ^ au moins par certaines plantes. Liebig le premier a considéré l’ammoniaque comme la source de l’azote assimilé par les végétaux *.
On sait que l’ammoniaque existe en petite quantité dans l’air atmosphérique sous forme de carbonate. L’eau de pluie renferme une trace de ce sel. Le sol en contient une proportion beaucoup plus forte. Toutes les matières organiques azotées en décomposition dégagent de l’ammoniaque qui se dissout à l’état de carbonate dans l’eau dont la terre est imprégnée ; une partie de cette ammoniaque est même condensée et comme emmagasinée par certains sols de nature argileuse. Les meilleurs engrais sont ceux qui renferment la plus forte proportion de matières organiques azotées en décomposition, oh aptes à se décomposer dans le sein de la terre. C’est là une source lente et incessante d’ammoniaque. De nombreuses expériences ont constaté la puissance fertilisante de l’ammoniaque et des sels ammoniacaux, convenablement employés.
Sir IL Davy a montré que les émanations gazeuses d’une masse de fumier, conduites sous les racines d’un gazon, en favorisaient singulièrement la végétation. Plus récemment,