G. Hayem, Archives de physiologie, 1878, p
LE SANG
bules blancs, d'après M. Schmidt, les hématoblastes, d’après H. Hayem, reste entourée d’obscurité.
11 résulte de ce long exposé que le phénomène de la coagulation du sang, malgré le grand nombre de travaux dont il a été l’objet, est loin d’être éclairci, au moins sous le rapport des réactions chimiques qui le déterminent et l’accompagnent. On disait autrefois que le sang et les liquides spontanément coagulables renferment la fibrine en dissolution, et que celle-ci devient insoluble en dehors de l’organisme. On admet aujourd’hui que ces liquides renferment le principe générateur de la fibrine, le fibrinogène ; que ce dernier est incapable de se convertir, par lui-même, en fibrine, et qu’il ne se coagule que sous l’influence d’un ou de plusieurs corps fournis, soit par les globules blancs, soit par les hématoblastes. La question a donc été serrée de plus près, mais elle n’est pas résolue, au moins en ce qui concerne le processus chimique du phénomène.
§ 123. Séparation des globules et du plasma. — J. Muller a effectué pour la première fois cette séparation dans une expérience demeurée célèbre. En retardant légèrement la coagulation du sang de grenouille par l’addition de quelques gouttes d’eau sucrée, il est parvenu à le filtrer. Le plasma incolore ainsi obtenu se coagule au bout de quelques minutes dans le verre de montre où il est tombé , et fournit un coagulum de fibrine tout à fait décoloré. Les globules restent sur le filtre.
Le froid retarde assez longtemps la coagulation du sang de cheval pourqueledépotdesglobules puisses’effectuer.M. Hoppe- Seyler^ a mis à profit cette propriété pour se procurer des quantités notables de plasma. Du sang de cheval est recueilli dans des éprouvettes à minces parois, refroidies un peu au-dessous de 0®, à l’aide d’un mélange déglacé et de sel. Au bout de quelques heures environ, la colonne sanguine s’est séparée en trois couches : l’inférieure, opaque, d’un rouge foncé, forme environ la moitié du volume total ; la moyenne, grise, opaque, très peu élevée (1/20 de la hauteur de la précédente), est constituée par les corpuscules blancs et les granulations; la supérieure, transparente et d’un jaune d’ambre, est le plasma, qu’on décante