‹ Traite de chimie biologique (volume 3)Chapitre 216 sur 260 · Gréhant, Conu^les rctulus, t. LXXV, p · texte numérisé non relu

Gréhant, Conu^les rctulus, t. LXXV, p

GAZ DU SANG

D’après Sètschenow, le sang absorbe plus d’azole que ne ferait l’eau pure, circonstance due évideininent à l’action des globules, puisque le coelîicient d’absorplion du sérum pour l’azote est le même que celui de l’eau pure (Fernet).

L'oxyde de carbone est absorbé par le sang et met en liberté un égal volume d’oxygène (Claude Bernard). Cette absorption est due à la formation d'une combinaison d’hémoglobine et d’oxyde de carbone (page 309), combinaison relativement stable, car l'oxyde de carbone n’en est déplacé ni par l’oxygène ni par le protoxyde d’azote. Le bioxyde d’azote la décompose au contraire ; il est absorbé et met en liberté un volume égal d’oxyde de carbone (Hermann). Le sang chargé d’oxyde de carbone est rouge cerise. Cette couleur n’est pas altérée par l’agitation de ce sang avec l’oxygène ou avec l’acide carbonique, ou même par l’exposition dans le vide.

Lorsque, après avoir chassé l’oxygène du sang par un courant de gaz hydrogène, on y dirige du bioxyde d'azole, il perd sa couleur foncée et son dichroïsme (dû à l’hémoglobine réduite) et prend une couleur rouge cramoisi. Ce changement est dû à la formation d’une combinaison d’hémoglobine et de bioxyde d’azote (page 310).

Le gaz ammoniac se dissout rapidement dans le sang et le convertit en une laque rouge foncé. Par l’action de Vhydrog'ene arsénié, une portion de l’hémoglobine est diffusée dans le sérum. L'hydrog'cne sulfuré communique au sang une teinte rouge noirâtre dichroïque : il se forme un corps sulfuré qui n’est pas de riiémoglobine réduite (page 306). Agité dans une atmosphère de chlore, le sang se coagule en flocons bruns épais, lesquels, en présence d’un excès de chlore, se décolorent peu à peu. La liqueur séparée par fdtration de ce coagulum est colorée en jaune et renferme du chlorure ferrique.

GAZ DU SANG

§ 151. Le sang renferme de l’oxygène, du gaz carbonique et de l’azote. Ce dernier gaz y est dissous^; les deux autres y sont

1. V^oir au haut de la page la remarque de M. Setschenow sur l’absorption de l’azote par le sang pur.

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contenus à l'état de dissolution et à l’état do combinaison. Aussi le coefficient d’absorption du sang pour l’oxygène et pour l’acide carbonique est-il très différent de celui de l’eau pour les mêmes gaz; d’un autre côté, leur dissolution dans le sang ne suit pas exactement la loi de Dalton : les quantités dissoutes ne croissent pas proportionnellement à la pression. Toutefois celle-ci exerce une certaine influence, car la soustraction absolue de celle pression laisse dégager la plus grande partie de l’oxygène et du gaz carbonique que le sang renferme. C’est en exposant le sang dans le vide parfait de la pompe à mercure que l’on en dégage les gaz. L’expérience est délicate,, et ce n’est qu’à la suite de longues recherches qu’on est parvenu à la faire correctement.

On savait dès le xyiii" siècle que le sang perd du gaz dans le vide. H. Davy avait réussi, en 1799, à extraire du sang, par l’action de la chaleur, de l’oxygène et de l’acide carbonique. Après lui, d’autres savants se sont occupés du même sujet, qui n’a été traité avec quelque succès qu’en 1837, par Magnus L Ce physicien s’est servi de deux méthodes pour expulser les gaz du sang. La première consistait à les déplacer par un courant d’un gaz inerte tel que l’hydrogène; la seconde, à recueillir le sang dans un vase plein de mercure, qu’on mettait ensuite en communication avec un autre vase vide d’air dans lequel s’écoulaient les gaz dégagés.

Les résultats obtenus parMagnus n’étaient pas entièrement corrects. M. L. Meyer les a complétés et rectifiés en partie. Il faisait passer le sang de la carotide d'un chien dans dix à vingt fois son volume d’eau houillie, faisait le vide en même temps qu'il portait à /t0° la température du sang étendu d’eau. Il dégageait ainsi de l’oxygène et une partie de l’acide carbonique. Le reste de ce gaz, qu’il considérait comme combiné avec l’alcali du sérum, était expulsé, après l’addition d'une certaine quantité d’acide tartrique, par une nouvelle exposition dans le vide. M. L. Meyer ^ a obtenu ainsi les résultats suivants :

t. Voçjoendorff's Annalen, t. XL, p. 583.

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