Arclüv fur Cynükologie, t. X, p
SANG DANS LES MALADIES
§ 157. La composition du sang éprouve des changements notables dans un grand nombre de maladies. Les principes qui y sont normalement contenus peuvent augmenter ou diminuer, et leurs proportions relatives peuvent se modifier; ils peuvent aussi subir diverses altérations. Dans d’autres cas, des principes anormaux peuvent s’infroduire dans le sang. L’étude de ces diverses altérations est d’une haute importance pour la pathologie et a été l’objet d’un grand nombre de travaux, depuis les célèbres recherches de MM. Andral et Gavarret L
En thèse générale, les changements que subit la composition du sang sont la conséquence d’un trouble plus ou moins profond apporté dans la nutrition en général, ou dans l’état des fonctions de tel ou tel organe. L’altération du sang est liée à une diathèse, à une cachexie, ou se développe secondairement à la suite de toutes les maladies affectant les fonctions du tube digestif, la sécrétion de l’urine ou de la bile, l’activité du cœur ou des poumons.
Ainsi l’altération si caractéristique que subit la composition du sang dans le choléra a pour cause première la transsudation et l’évacuation abondante de liquides par le canal intestinal. La diminution des globules, et, en général, un certain appauvrissement du sang, sont la conséquence de toutes les maladies chroniques ou des maladies aiguës qui, en se prolongeant, imposent le repos et la diète. Pour prendre un autre exemple dans le même ordre d’idées, la présence des bilates alcalins ou de la bilirubine dans le sang est la conséquence d’une maladie de foie. Dans l’atrophie de cet organe, la leucine et la tyrosine font leur apparition dans le sang et dans l’urine.
Parmi les matériaux du sang, il n’en est aucun qui soit plus facilement affecté que les globules, souvent modifiés dans leur forme, leur consistance, leur nombre ou leur composition. A cet égard, il importe de considérer non seulement les variations qu’ils peuvent éprouver dans leur poids, mais aussi dans la proportion d’hémoglobine, leur principe constituant le plus important au point de vue physiologique.
1. Annales de chimie et de phnsique, 2*’ série, t. LXXV, p. 227. 1840.
I SANG DANS LES MALADIES
Avant de passer à la description des altérations que la composition du sang éprouve dans les maladies, nous devons mentionner ici quelques recherches d’ensemble, principalement celles qui ont eu pour objet le dosage de riiémoglohine dans un grand nombre d’alïections. Ces recherches sont dues à MM. Subbotin C Quinke - et Quinquaud®. Les deux premiers expérimentateurs ont employé, pour leurs dosages, la méthode spectroscopique de M. Preyer (page 390). M. Quiiuiuaud a opéré d'après la méthode indiquée par M. Schützenberger (page 398). Ajoutons que le sang normal, d’après M. Preyer, renferme en moyenne 13,16 pour 100 d’hémoglobine, ce chilïre étant déduit de la composition bien connue de l’hémoglobine et de la proportion de fer contenue dans le sang. Voici les résultats obtenus :
Quantités d'hémoelohiiie contenues dans 100 p.
de sang.
Observateurs.
Anémie (homme)
.5,01 . lO.G 9,6 ( 9,1
Suhbotin.
Anémie et hystérie
Qninquaud.
Chlorose
Snbbotin.
Chlorose
Chlorose
Qninquaud.
Au bout (le 10 semaines d’un j
Quincke.
traitant ferrugineux 1
Néphrite parenchymateuse (ma- )
Qiiincke.
ladie de lîrighl >
Néphrite (urémie)
Quincke.
Id. (urémie chronique)-.
Quincke.
Maladie do Bright
Qninquaud.
Cirrhose du foie
Quincke.
Lcucocythémie (état cachecti-
que) 5)8