‹ Traite de chimie biologique (volume 3)Chapitre 237 sur 260 · J. Picard, Thèses de Strasbourg, 1850, p. 46 et suiv · texte numérisé non relu

J. Picard, Thèses de Strasbourg, 1850, p. 46 et suiv

SANG DANS LES MALADIES

laifc aigu, la pleurésie, la pneumonie, la composition du sang subit une altération marquée. La proportion do librine augmente notablement et varie entre /t,8 et même 10 p. 1,000 de sang*. Elle croit et décroît à peu prés proportionnellement à l’intensité do la fièvre. A mesure que la maladie se prolonge, le sang s'appauvrit en globules et en hémoglobine; en même temps on constate une diminution dans les matières albuminoïdes du sérum. Ces résultats sont déduits d’un grand nombre d’analyses, mais, à part l’augmentation constante de la fibrine, les indications relatives aux autres matériaux ne présentent rien de caractéristique, par la raison que les saignées et la diète prolongée peuvent exercer une inlluence dont il est nécessaire de tenir compte. Dans la pneumonie, on a signalé une augmentation notable des globules blancs, circonstance qui est peutêtre en rapport avec l’augmentation de la librine.

En tout cas, les globules blancs paraissent jouer un rôle dans le processus innammatoire. Us s’attachent aux parois des capillaires et des premières veinules, diminuent le calibre de ces vaisseaux, ralentissent le cours du sang et l’aUlux de l’oxygène et peuvent même passer au travers des parois des vaisseaux (Wanderzellen).

Couenne. — Dans les maladies inflammatoires, particulièrement dans le rhumatisme articulaire aigu et dans la pneumonie, le sang présente, après la coagulation, une apparence particulière : il est coiienneux, c'est-à-dire que la surface du caillot est décolorée. La couenne se produit par suite de la plus grande facilité avec laquelle les globules se déposent dans le plasma. Au moment où ce dernier se prend, sa surface est déjà débarrassée de globules. Les mailles de fibrine ne peuvent donc plus enlacer ces derniers : elles n’emprisonnent qu’une certaine quantité de sérum. De là, la décoloration que présente la surface du caillot.

Un peut se demander pourquoi les globules se déposent plus facilement dans ce plasma riche en librine. Ce phénomène peut être dû à plusieurs causes : 1“ à un retard dans la coagulation du sang, retard provoqué peut-être par un état

1. Andral et Gavarret, Ann. de cliini. et de phys., 2' série, t. LXXV, p. 227. 1840.

LE SANG

particulier de la fibrine 2° à un changement survenu dans les densités respectives du plasma et des globules. Le plasma, sensiblement appauvri en albumine et en sels dans le cours des maladies inflammatoires, peut, en effet, subir une diminution de densité. Mais il paraît dillicile d’attribuer une inlluence bien marcpiée à cette circonstance, parla raison que la couenne ne se produit pas dans d’autres cas où la proportion d’albumine diminue notablement dans le plasma ; 3° à un changement survenu dans les proportions relatives du plasma et des globules. Lorsque la proportion des globules diminue notablement dans le plasma, on conçoit, en effet, qu’ils puissent se déposer plus facilement. A l’appui de cette thèse, on peut citer ce fait que la formation de la couenne, observée fréquemment, dans le sang des anémiques, des chlorotiques, des individus affaiblis par .des saignées ou des pertes de sang, coïncide avec une diminution des globules. Dans certains cas de pléthore où ils peuvent augmenter légèrement, le caillot est mou, mais ne présente jamais de couenne.

Il résulte de ce qui précède que le phénomène de la couenne n’est pas un signe caractéristique des maladies inflammatoires, et qu’il est assez difficile d’établir une corrélation entre la production de la couenne et les changements qu’éprouve la composition du sang dans ces maladies.

§ 159. Fièvres éruptives. — La composition du sang n’éprouve pas une altération bien sensible au début des fièvres éruptives telles que la rougeole, la scarlatine, la variole. Dans la période de déclin, la proportion des globules, légèrement augmentée d’abord, dit-on, tombe au-dessous de la moyenne.

On doit à M. BrouardeP des analyses intéressantes des gaz du sang dans la variole grave et dans la scarlatine hémorrhagique. Le volume total des gaz du sang avait diminué d’un tiers dans ces maladies, et la proportion d’acide carbonique avait diminué de plus de moitié.

1. Dans les cas de pneumonie, on a constaté nn retard dans la coagulation du sang. Le sang de cheval qui se coagule lentement présente ordinaii-ement nn caillot conenneux. 11 n’en est jamais ainsi chez les oiseaux, dont le sang se coagule fort vite.

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