VI. — MÉTHODES D’ANALYSE DU SANG
g 170. L’analyse exacte du sang est une opération délicate, et les méthodes qui servent à l’exécuter ont été l’objet d’un grand nombre de travaux. Notre intention n’est pas de décrire toutes ces méthodes. Après avoir mentionné, à titre de renseignement historique, les plus anciennes qui étaient approximatives, nous indiquerons avec quelques détails celles qui sont usitées aujourd’hui et qui donnent des résultats plus corrects. Le sang étant un liquide complexe, formé de plasma et de globules, le premier problème qu’il s’agit de résoudre est de déterminer la composition de ces deux éléments, c’est-à-dire de faire la répartition exacte, entre le plasma et les globules, des divers matériaux organiques et inorganiques que le sang renferme. Ce problème a été abordé pour la première fois par MM. Prévost et Dumas dans leurs mémorables recherches sur le
LE SANG
sang. Nous indiquerons dans les pages suivantes les méthodes générales qui ont été appliquées à Tanalyse du sang; nous décrirons ensuite les procédés particuliers relatifs au dosage de certains éléments.
MIÎTIIOÜES GÉNÉnALES d’aNALVSE DU SANG.
g 171. 1° Méthode de MM. Prévost et Dumas'. — On recueille le sang dans deux capsules de porcelaine préalablement tarées. On détei’mine le poids des deux portions, puis l’on bat l’iine avec une baguette de verre pour effectuer la séparation de la fibrine et l’on abandonne l’autre à la coagulation spontanée, après l’avoir couverte avec un obturateur.
La fd)rine séparée du sang est recueillie sur un linge fin et lavée, après avoir été enfei'mée dans un nouet, avec de l’eau que l’on renouvelle jusqu’à ce qu’elle ne se colore plus. La fibrine décolorée est recueillie avec soin, lavée à l’alcool et l’éther, puis desséchée à 110'^ et pesée. Le rapport de son poids à celui du sang qui a été battu, donne la proportion de fibrine contenue dans le sang. On la rapporte à 1000 parties.
Lorsque le caillot* de la seconde portion est bien rétracté, on sépare, aussi exactement que possible, le sérum du caillot. On pèse l’un et l’autre, après les avoir introduits séparément dans des capsules de porcelaine préalablement tarées. Après quoi on dessèche le sérum et le caillot en les chauffant d’abord au bain-marie, puis à 110°.
La dessiccation étant achevée, deux nouvelles pesées donnent le poids : 1° des matériaux solides du sérum ; 2" des matériaux solides du caillot.
Les matériaux solides du sérum sont formés par de la sérine, des matières extractives diverses, des sels. Par l’incinération, on détermine la proportion de ces derniers.
Les matériaux solides du caillot sont formés par la fibrine, les globules secs, et le résidu de l’évaporation du sérum interposé. La proportion de fibfine peut être calculée facilement, d’après les données de l’expérience précédente, et défalquée. Le reste représente la somme de matériaux fixes des globules et des matériaux fixes du sérum interposé. On évalue ces der-