Annales de chim. et de phys., t. XXIII, p. 50 à
PROCÉDÉS D’ANALYSC.
nicrs en ayant recours à une hypothèse qui consiste à admettre que toute l’eau évaporée pendant la dessiccation du caillot provient du sérum interposé. L’hypothèse est commode, mais inexacte, car il est certain que les globules sont humides et perdent leur eau par la dessiccation, en même temps que le sérum interposé. Cette réserve faite, il est évident que la supposition dont il s'agit pouvait servir à calculer le poids du sérum interposé, mais en donnant pour ce poids un chiffre trop fort. En tenant compte de la proportion des matériaux fixes contenus dans le sérum et fournis par la dessiccation de ce sérum, on pouvait évaluer, par un calcul des plus simples, la proportion de matériaux fixes correspondant à l’eau abandonnée par le caillot pendant sa dessiccation. En défalquant le poids ainsi obtenu du poids du caillot sec, qui représente la somme des poids des matériaux fixes du caillot, on obtenait le poids des matériaux solides des globules. Le poids des matériaux solides du sérum interposé étant ajouté au poids des matériaux solides du sérum, déterminé directement, on avait le poids total des matériaux fixes du sérum.
Tel est le principe de la méthode de MM. Prévost et Dumas, méthode qui a été diversement modifiée par MM. Becquerel et Rodier, Scherer, Bopp, etc., et qui, malgré l’incorrection signalée plus haut, a rendu de véritables services ; car, si les résultats qu’elle fournit ne sont pas complètement exacts, ils sont au moins comparables.
La méthode de M. Scherer offre les mêmes inconvénients et les mêmes avantages. Elle donne des résultats plus complets en ce qui concerne l’évaluation des divers matériaux du sang.
§ 172. 2“ Méthode de M. Scherer L — Le sang recueilli dans deux éprouvettes est abandonné à la coagulation. Pour faciliter le retrait du caillot, on le détache avec soin des parois, de façon à obtenir une séparation aussi complète que possible du caillot et du sérum, qui sont analysés l’un et l’autre séparément.
Le sérum est divisé en deux parties, A et B, que l’on pèse.
A est desséché dans une petite capsule de porcelaine, d’abord à 100°, finalement à 110”. Le poids du résidu donne la propor-
1. Olto’s Ueitray zu den Analysen des gesunden Ulules. Würzhurg. 18i8.
wünrz. — BIOL.
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tion des matériaux solides du sérum. En incinérant ce résidu, on trouve la proportion des sels fixes.
B sert au dosage de l’albumine, des matières extractives et des sels solubles du sérum. A cet effet, on verse cette portion du sérum dans de l’eau bouillante aiguisée d’acide acétique : l’albumine se coagule. On la recueille sur un filtre préalablement taré; on la lave, on la dessèche et on la pèse. On détermine ainsi la proportion d’albumine que renferme le sérum. Les chilïres obtenus sont généralement un peu faibles. La liqueur filtrée, évaporée et séchée, laisse les matières extractives du sérum. Par la calcination des résidus, on obtient les sels solubles.
Le sang de la deuxième éprouvette, caillot et sérum, sert à la détermination des matériaux solides des globules. On pèse le tout; puis on le jette sur un linge fin placé au-dessus d’un vase à précipiter, on l’enferme dans un nouet et on le malaxe jusqu’à ce que tout ait passé, à l’exception do la fibrine qui reste sur le linge sous forme de filaments fins qu’on lave à l’eau puio et qu’on recueille ensuite avec soin. Après dessiccation, on pèse cette fibrine.
Le sang défibriné est partagé en trois portions. G, D, E, dont on détermine les poids respectifs.
G est desséché dans une petite capsule. Le poids du résidu sec donne la proportion des matériaux solides du sérum et des globules. Incinéré, ce résidu fournit le poids des substances minérales.
D est versé dans l’eau bouillante aiguisée d’acide acétique. L’albumine et les globules se coagulent. On recueille le coagulum sur un filtre. On le dessèche et on le pèse. 11 s’agit maintenant de défalquer du poids obtenu celui de l’albumine.
Pour cela, étant connue la proportion d’albumine existant dans le sérum, on suppose, selon l’hypothèse de MM. Prévost et Dumas, que dans le sang défibriné les globules secs sont imprégnés de sérum et qu’en conséquence le même rapport existe entre l’eau du sérum et l’albumine du sérum qu’entre l’eau du sang défibriné et l’albumine du sang défibriné. On trouve donc cette dernière par un calcul très simple. En la défalquant du poids du coagulum total recueilli en D, on trouve, par différence, les matériaux coagulables des globules.
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La liqueur séparée par le filtre du coagulum sert à la détermination des matières extractives et des sels.
E est épuisé par l’éther après dessiccation et fournit le poids des matières grasses.
On a réuni ainsi les éléments nécessaires pour établir les proportions d’eau, de fibrine, d’albumine, de matières coagulables des globules, de matières extractives, de matières grasses et de sels contenus dans le sang.
§ 173. 3“ Méthode de M. Figuier. — M. Figuier '■ a indiqué une méthode propre à doser directement non seulement la fibrine et l’albumine du sérum, mais aussi les globules. Elle est fondée sur ce fait que l'addition au sang défibriné de certains sels, tels que le sulfate de sodium, modifie les globules de telle faqon qu’ils ne passent plus au travers des pores d’un filtre. On peut donc les recueillir et les séparer du sérum qui passe.
On défibrine une quantité connue de sang. On recueille la fibrine, on la lave, on la sèche, on la pèse. Le sang défibriné est additionné d'une solution saturée de sulfate de sodium, ou encore de sulfate de sodium en poudre, tant qu’il en peut dissoudre ; puis il est jeté sur un filtre préalablement taré et mouillé ensuite avec une solution de sulfate desodium. Le sérum, ordinairement coloré en rose, passe à travers le filtre ; les globules restent. Mais, quoi qu’on fasse, la filtration est longue et le sérum se colore d’autant plus qu’elle dure plus longtemps. Lorsqu’elle est terminée, on lave les globules avec une solution de sulfate de sodium, puis on sèche le filtre avec les globules à 100% de manière à coaguler ces derniers. On les épuise ensuite par l’eau pour dissoudre le sulfate de sodium interposé, puis on les dessèche de nouveau et on les pèse,
La liqueur renfermant le sérum additionné de sulfate de sodium est coagulée par la chaleur, La sérine se précipite à l’état insoluble ; on la recueille, on la lave et on la pèse. On a donc déterminé directement la fibrine, la sérine, les globules.
Cette méthode était fondée sur un principe nouveau, mais elle est d’une application dillicile, sans compter que l’addition d’une forte proportion do sel au sérum modifie non seulement la forme, mais aussi la constitution chimique des globules. Elle