Comptes rendus, t. LXWI, p. iiO et 12ti
IMIOCÉÜÉS D’ANALYSE.
Voici comment on opère :
Dans un flacon à trois tubulures et crime capacité de 1 litre, on introduit 100 centimètres cubes d'une solution titrée de carmin d'indigo valant, par exemple, 0*^%02 d’oxygène par centimètre cube, puis 250 centimètres cubes d’eau tiède (50 à CO®) et 50 centimètres cubes d’un lait de kaolin destiné à masquer la couleur du sang et à faire apparaître la décoloration de l’indigo. Une des tubulures livre passage à un tube qui se recourbe et par lequel on fait passer continuellement dans le flacon un courant de gaz hydrogène. La seconde tubulure porte deux burettes de Mohr, renfermant l’une la solution d’indigo, l’autre la solution d’bydrosullite de sodium; la troisième porte un tube à boule servant d’entonnoir pour l’introduction du sang. Au moyen de la seconde burette, on fait arriver goutte à goutte dans le llacon la solution d'bydrosulfite jusqu’à décoloration complète de l’indigo. Ün introduit ensuite 2 à 5 centimètres cubes de sang, en ayant soin de rincer le tube à boule avec de l’eau bouillie. Au contact de l’indigo blanc, le sang perd son oxygène et une certaine quantité d’indigo bleu apparaît de nouveau. 11 s’agit de doser cet indigo bleu, dont le poids correspond à une certaine quantité d’oxygène. Pour cela^ on fait couler de nouveau la solution d’hydrosulfite dans le flacon jusqu’à décoloration. On continue jusiiu’à ce que la liqueur troublée par le kaolin et un peu colorée par le sang ait pris une teinte jaune rougeâtre sans mélange de vert. Pour connaître la quantité d’indigo qui s’est ainsi transformée en indigo blanc, il ne reste plus qu’à titrer la solution d’bydrosulfite. A cet effet, on fait couler dans le flacon 20 centimètres cubes d’une solution titrée d’indigo, et l’on ramène la liqueur bleue, par une quantité sufîîsante d’bydrosulfite, à la nuance de réduction jaune indiquée ci-dessus. Le nombre de centimètres cubes de solution d’bydiosulfite consommé dans ce dernier titrage correspond à une quantité donnée d’indigo et par conséquent à une quantité d’oxygène qu’il est facile de calculer d’après l’équation donnée ci-dessus.
L’avantage de ce procédé est de pouvoir opérer le dosage de l’oxygène dans un temps très court. On évite ainsi la perte d’oxygène résultant de la combustion qu’effectue cet élément dans le sang lui-même (page 351). Aussi les chiffres obtenus sont-ils généralement supérieurs de à à 5 p. 100 à ceux que
LE SANG
donnent les procédés d'extraction directe à l’aide de la pompe à mercure.
§ 180. 3® Dosage de la cholestérine, de la lécithine et des matières grasses dans le sérum et dans les globules.
— M. lloppe-Seyler a indiqué pour ce dosage le procédé suivant :
Les corps dont il s’agit sont contenus dans la solution éthérée qu’on a obtenue en épuisant par l’éther l’extrait alcoolique du sérum ou des globules ou encore du sang tout entier. A la page 391 , cet extrait éthéré a été désigné par la lettre d.
On chasse la plus grande partie de l’éther par distillation ; on introduit le reste dans un vase à précipiter; on évapore le tout au bain-marie et l’on achève la dessiccation dans le vide au-dessus de l’acide sulfurique : le résidu est pesé rapidement. On reprend ensuite par l’alcool bouillant et l’on ajoute une solution alcoolique de potasse caustique. Le liquide est maintenu à la température de l’ébullition pendant plusieurs heures, de façon à dédoubler la lécithine et à saponifier les graisses. Après avoir chassé l’alcool par l’évaporation, on obtient un résidu renfermant l’excès de potasse, de la cholestérine, de la névrine, du phosphoglycérate de potassium et divers savons de potasse. Ce résidu est dissous dans l’eau, et la solution est agitée à plusieurs reprises avec de l’éther qui enlève la cholestérine. Celle-ci s’obtient par l’évaporation de la solution éthérée. Elle est souillée d’une petite quantité de savons qui restent à l’état insoluble, après un nouveau traitement à l’éther privé d’eau et d’alcool. La solution aqueuse et alcaline, débarrassée de cholestérine, est additionnée d’un excès de salpêtre, évaporée a sicccité et le résidu est calciné dans un creuset d’argent : les matières organiques sont ainsi détruites et la masse fondue renferme du phosphate de potassium, provenant de l’acide phosphoglycérique. Dans cette masse, on dose l’acide phosphorique. Pour cela, on la dissout dans l’eau et l’on ajoute à la solution un excès d’acide azotique, puis on chauffe pour chasser l’acide nitreux; enfin on ajoute du molyhdate d’ammonium et on laisse reposer pendant douze heures. On recueille le phosphomolybdate d’ammonium et on le pèse. Le poids de l’acide phosphorique qu’il renferme permet de calculer celui de la lécithine, qui renferme une proportion connue de phosphore.
IMiOCKOKS D’A MAL VS E.
Ivi défalquant du poids de Textrait éthérc celui de la cholestérine et celui de la lécithine, on obtient le poids des graisses neutres que contenait cet extrait.
g ISl. 4" Dosage du glucose dans le sang. — Claude bernard a employé le procédé suivant pour le dosage du glucose dans le sang '.
On aspire avec une seringue en verre, ou l'on reçoit, immédiatement au sortir des vaisseaux, dans une capsule de porcelaine tarée, environ 10 à 25 gr. de sang; on y ajoute un égal poids de sulfate de sodium en cristaux et quelques gouttes d’acide acétique; on fait bouillir de façon à coaguler le sang. Le coagulum, d’abord rutilant, étant devenu noir et spongieux, on y ajoute de l'eau de façon à rétablir exactement le poids primitif; puis on exprime à chaud et l’on dose le glucose dans le liquide à l’aide de la liqueur de Febling, titrée, selon le conseil de Claude Bernard, à 5 milligrammes de glucose par centimètre cube.
Un autre procédé consiste à ajouter au sang trois à quatre fois son volume d’alcool et quelques gouttes d’acide acétique, à laisser reposer pendant quelque temps, sans chauffer, puis à filtrer. On évapore ensuite te liquide alcoolique, légèrement coloré en rose, au bain-marie ou mieux dans le vide sec, et l’on reprend de nouveau par l’alcool dans le cas où une petite quantité de matière albuminoïde se serait séparée par l’évaporation. La solution alcoolique ayant été évaporée de nouveau, on reprend le résidu par l’eau et l’on dose le sucre à l’aide de la liqueur de Febling.
§ 182. Dosage de l’urée dans le sang. — On coagule le sang, comme il a été dit précédemment, en y ajoutant trois à quatre fois son volume d’alcool et quelques gouttes d’acide acétique ; on porto à l’ébullition, on libre, on expi'ime le coagulum, et, après l’avoir délayé dans une petite quantité d’alcool, on l’exprime de nouveau. Les liqueurs alcooliques réunies sont distillées au bain-marie; le li(iuide aqueux qui reste est évaporé à siccité dans le vide, puis repris par l’alcool absolu additionné d’une petite quantité d’étber. L’alcool et l’étber ayant été chassés, on reprend le résidu par l’eau et l’on précipite la solution
L Comptes rendus, t. LXXXU, p. t.'lTG. 1870.
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LE SANG
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])ar le nitrate merciirique. Il se forme un précipité lloconneux jaunâtre (jui renferme l’urée; mais, comme le nitrate mercurique précipite aussi d’autres substances, il est nécessaire de mettre l’urée en liberté et de la doser par un autre moyen. Pour cela on délaye le précipité mercurique dans l’eau ; on le décompose par l’bydrogène sulfuré. La liqueur fdtrée incolore renferme toute l’urée; on la dose en cbauffant la solution avec du chlorure de baryum ammoniacal, selon le procédé de Bunsen, ou mieux encore, à l’aide de l’hypobromite de sodium. Ces dosages seront décrits à l’article Urine.