Bulletin de la Société chimique [2], t. IV, p
<)0 MATIÈRES albuminoïdes ET CONGÉNÈRES.
notablement supérietire à celle indiquée dans les analyses cidessus et se rapportant à l’albuinine insoluble. A tout prendie, l’opinion qui consiste à admettre que l’albumine soluble et l’albumine coagulée ne sont pas isomériques paraît la plus probable dans l’état actuel de la science.
Nous avons déjà fait remarquer plus haut quon a essayé de représenter la composition de l’albumine par la formule
M. Licbcrkübn a déduit cette formule de la composition de l’albuminate dépotasse (page 85). Elle représente d’une manière satisfaisante la composition centésimale de l’albumine pure. D’après cette formule, le poids moléculaire de Talbuminc serait exprimé par le nombre 1612.
Chose curieuse, le même nombre se déduit non seulement des analyses d’albuminates, mais encore de celles du composé cyanoplatinique obtenu par M. Scbwartzenbach (page 87).
Rappelons ici que àl. Scbützenberger a adopté dernièrement pour la molécule d’albumine la formule beaucoup plus compliquée C240IP®2 Az«^0’=>S* (page 66).
Propriétés de l'albumine coagulée. — L’albumine coagulée est insoluble dans l’eau, l’alcool, l’éther, le chloroforme, la benzine. Insoluble dans une solution de carbonate de soude, elle se dissout difficilement dans les solutions faibles de potasse caustique et dans l’ammoniaque. La potasse concentrée la dissout en la convertissant en albuminose (albuminate, protéine). Elle se gonfle dans l’acide acétique et s’y dissout peu à peu. Cette solution acétique est précipitée par les solutions concentrées des sels neutres. L’albumine coagulée se dissout dans l’acide chlorhydrique concentré, en formant de la syntonine et des corps analogues à la peptone et déviant le plan de polarisation à gauche. L’acide chlorhydrique étendu ne la dissout pas. Par l’action combinée de la pepsine et de l’acide chlorhydrique très étendu, elle se dissout vers 35“, et se convertit en syntonine d’abord, puis en peptone.
§ 25. Congénères de l’albumine coagulée. — La sérine coagulée parla chaleur ne semble pas différer par ses propriétés
V I B lUN E .
de l'albumine coagulée. La synionine, la fibrine, la myosine, la caséine, ralbuminoso, etc., soumises à rébullition avec de l'eau, éprouvent une sorte de coagulation et se convertissent en substances qui se rapprochent beaucoup, par leurs propriétés et leur composition, de ralbumine coagulée, sans qu’on puisse admettre l’identité de tous ces corps.
L’action prolongée de l’alcool et celle de certains acides concentrés paraissent provoquer des transformations analogues. Les substances albuminoïdes, ainsi transformées par une sorte de coagulation, sont insolubles dans l’eau, l’alcool, l’éther et d’autres dissolvants neutres. Elles se dissolvent difficilement dans les solutions alcalines étendues, très difficilement dans l’ammoniaque. Dans l’acide acétique, elles se gonflent. Elles sont à peu prés insolubles dans l’acide chlorhydrique très étendu; mais, par l’action combinée de l’eau aiguisée d’acide chlorhydiâque et de la pepsine, elles se convertissent d’abord en syntonine , puis en peptones. Avec l’acide chlorhydrique concentré , elles se comportent comme l’albumine. Ainsi que cette dernière, elles se dissolvent dans la potasse concentrée.
Nous donnons ici, comme appendice à la description de l’albumine, de courtes indications sur un corps qui a été incomplètement décrit par M. Scherer sous le nom de métalbinnine et dont la composition n’est pas connue. Quant à la paralbumine du même auteur, elle paraît se rapprocher de la mucine et sera décrite plus loin.
MétalbumineL — Cette substance a été trouvée dans un liquide hydropique de consistance mucilagineuse. Etendu d’eau, ce liquide n’a donné de précipité ni par l’acide acétique, ni par l’acide acétique et le ferrocyanure de potassium. Par l’ébullition, il s’est troublé. L’alcool y a formé un précipité qui s’est redissous dans l’eau.