FIBRINE
5 26. Étal ncünrel. — On nomme fibrine la substance qui se 1. Scherer, Annalen der Chem, und Pharm.,X. LXXXII, p. 135.
sépare du sang par la coagulation spontanée de ce liquide. Dans les mêmes circonstances, elle se sépare de la lymphe, du chyle et de certains exsudais pathologiques. Lorsque du sang fraîchement tiré de la veine est abandonné à lui-même, il se coagule au bout de quelques minutes, et la masse rouge gélatineuse d’abord formée se sépare peu à peu en deux parties, le sérum liquide et le caillot. Ce dernier renferme les globules du sang, emprisonnés par la fibrine. Le phénomène de la coagulation est troublé, en quelque sorte, lorsqu’on bat, avec une baguette ou un bâton, du sang fraîchement tiré de la veine. L’élément coagulable, la fibrine, s’attache alors à la baguette sous foi’me de flocons fibrineux rouges, qui se décolorent par des lavages à l’eau froide. On pensait autrefois que la fibrine était tenue en dissolution dans le sang, et qu’elle se coagulait spontanément dès que ce dernier était soustrait à l’organisme, ou, comme on disait, à l’action vivifiante des vaisseaux. Ces idées ont été modifiées, dans ces dernières années, par les recherches de Denis et de M. A. Schmidt.
D’après Denis‘, le sang ne se coagule pas lorsqu’on le reçoit, au sortir de la veine, dans une solution saturée de sulfate de soude. Le tout étant abandonné à lui-même et les globules s’étant déposés, on peut décanter le liquide qui donne un précipité lorsqu’on le sature par du sel marin en poudre. La substance précipitée, que Denis a nommée plasmine, possède la propriété de se dissoudre dans une solution étendue de chlorure de sodium, et cette solution se coagule spontanément, au bout d’un temps plus ou moins long, suivant sa concentration et sa richesse en plasmine, de manière à former une gelée.
M. A. Schmidt - admet que deux substances doivent intervenir pour produire la coagulation de la fibrine. Toutes deux sont contenues dans le plasma du sang, mais en quantité inégale; de telle sorte qu’après la coagulation, l’une d’elles reste en excès dans le sérum. Ce sont la matière fibrinoplastîque ou paraglobuline et la matière fibrinogène. La fibrine résulterait de leur action réciproque ou de leur combinaison.
t. Nouvelles études sur les matières albuminoïdes.