FIBRINE
masses blanches ou légèrcincnl grisâtres, opaques, molles, élastiques, d'apparence fibreuse. La dessiccation les rend dures et cassantes. Au contact de l’eau, la fibrine sèclie se gonfie de nouveau. Lorsqu’on l’abandonne encore humide à elle-même, pendant les chaleurs de l’été, elle se putréfie rapidement, et se convertit en une masse liquide, trouble, exhalant une odeur ammoniacale et fétide (voir page 78). La fibrine est insoluble dans l’eau, l’alcool et l’éther. Lorsqu’on l’introduit, fraîchement préparée, dans les solutions de certains sels neutres, tels que le salpêtre, le sel marin, le sulfate ou le phosphate de sodium, et qu’on fait digérer le tout à la température de environ, elle se gonlle et se convertit en une niasse gélatineuse; au bout de quelque temps, une portion plus ou moins notable entre en dissolution L D'après Denis, on peut obtenir ainsi des solutions salines assez chargées de matière albuminoïde pour que celle-ci se sépare en flocons, lorsqu’on chauffe ces li(|ueurs vers 70°. Le coagulum ne se dissout plus dans les mêmes sels neutres. L’acide acétique précipite la matière albuminoïde de ces solutions salines. Ces faits offrent une certaine analogie avec ceux qui ont été exposés page 86, concernant l’action des sels sur l’albumine. Rappelons aussi que les sels qui gonflent ou dissolvent, en partie du moins, la fibrine humide, ont aussi la faculté de s’opposer à la coagulation du sang (Denis).
M. A. Gautier a soumis à la dialyse une solution de fibrine dans le sel marin, en ayant soin d’ajouter quelques gouttes d’acide prussique, pour empêcher la putréfaction. Il est resté dans le dialyseur, après la séparation du chlorure de sodium, une litiiieur neutre, coagulable par la chaleur et les acides minéraux, mais que l’acide acétique ne coagulait pas. Ce sont là les caractères de l’albumine, dont cette substance coagulable possède d’ailleurs exactement la composition centésimale. Indépendamment de cette albumine, la solution renferme encore, d’après M. Gautier, une matière non coagulable par la chaleur, et dont les cendres sont très riches en phosphate de chaux et de magnésie L