‹ Traite de chimie biologique (volume 3)Chapitre 92 sur 260 · Loc. cit · texte numérisé non relu

Loc. cit

SALIVE SOUS-MAX ILLAlllE.

La sécrétion de la salive sous-inaxillaire peut être excitée par des moyens mécaniques, chimiques ou physiques. On constate, en outre, que la vue seule des aliments peut la provoquer chez un chien portant une canule dans le conduit de Wharton. Toutefois la sécrétion due à cette excitation imaginaire est peu importante et cesse presque immédiatement. Le chatouillement avec une barbe de plume, l’injection de substances irritantes telles que l’alcool, l’éther, les liqueurs acides ou alcalines, les épices et particulièrement le piment rouge, provoquent une sécrétion plus ou moins abondante ; mais, chose remarquable, la qualité du liquide sécrété varie considérablement avec la nature de l’agent irritant. Tandis que les épices et les liqueurs alcalines provoquent une sécrétion visqueuse et trouble, les liqueurs acides déterminent l’alllux d’un liquide clair et beaucoup moins visqueux. Ces faits ne sont pas restés sans explication. On a reconnu, en effet, que les excitations sensitives dont il s’agit peuvent s’adresser, par une action réflexe, à différents nerfs moteurs sous l’influence desquels la sécrétion de la salive sous-maxillaire est directement placée. Il a été établi, en outre, que l’excitation directe de ces nerfs au moyen d’étincelles électriques provoque des sécrétions particulières.

Trois nerfs moteurs se distribuent dans les glandes sousmaxillaires et y président à la sécrétion de la salive. C’est d’abord un rameau du facial, prolongement de la corde du tvmpan, et qui reçoit quelques filets du nerf lingual qui est sensitif. Ce sont ensuite des rameaux du grand sympathique. En troisième lieu, la glande sous-maxillaire reçoit des rameaux provenant du ganglion sous-maxillaire. Ce dernier ganglion est annexé au nerf lingual; il reçoit des filets de ce dernier nerf, de la corde du tympan et du plexus sympathique qui entoure l’artère maxillaire externe. Pendant la mastication, les nerfs moteurs sont excités par une action réflexe qui a pour centre la moelle allongée et pour point de départ les nerfs sensitifs de la cavité buccale, et principalement les filets terminaux du nerf lingual. Mais on peut aussi exciter ces nerfs artificiellement et isolément par des étincelles d’induction. On a reconnu qu’en excitant le rameau provenant de la corde du tympan (nerf facial), on détermine la sécrétion d’une salive

SALIVE

limpide et coulante, tandis que l’excitation du rameau sympathique détermine la sécrétion d’une salive trouble et visqueuse. De là, deux espèces de salive sous-maxillaire qu’on a pu recueillir isolément et analyser, savoir : la salive de la corde du hjmpan QiXdi salive sympathique. 11 en existe peut-être d’autres. Lorsqu’on coupe l’anastomose nerveuse qui existe entre le nerf lingual et le ganglion sous-maxillaire, on voit affluer dans la bouche une quantité énorme d’une salive claire, très étendue, que Claude Bernard a désignée sous le nom de salive paralytique. On peut aussi en provoquer la sécrétion abondante en empoisonnant les animaux avec du curare, ou plutôt en paralysant la glande elle-même par ce poison, injecté en très petite quantité dans l’artère qui s’y rend. La composition de cette salive paralytique n’est pas encore connue.

Claude Bernard ^ a mis en relief une particularité très curieuse relative à l’influence de la circulation sur la sécrétion de la salive sous-maxillaire.

Que l’on provoque une sécrétion abondante de salive de la corde du tympan, la glande recevra une quantité de sang beaucoup plus considérable qu’à l’état de repos et, chose remarquable, le sang veineux qui en sortira en abondance, de manière à gonfler fortement la veine, présentera l’aspect rutilant du sang artériel : il sera plus riche en oxygène et moins riche en acide carbonique que le sang veineux sortant de la glande en repos. Des phénomènes précisément inverses, en ce qui concerne la circulation, se présentent dans la glande lorsqu’on provoque la sécrétion salivaire en excitant le rameau du sympathique. La circulation se ralentit alors dans la glande et le sang veineux qui en sort est plus foncé qu’à l’état de repos. L afflux du sang dans la glande est évidemment nécessaire pour que la sécrétion puisse s’établir et surtout pour qu’elle puisse durer. Toutefois, on a constaté une certaine indépendance dans l’activité de la glande, en ce sens que la sécrétion ne cesse pas immédiatement avec 1 afflux du sang et que le maximum de secietion ne coïncide pas avec le maximum de la vitesse cil culatoii e. On a constate aussi 1 élévation de la température

1. Claude Bernard, Lepons sur les propriétés physiologiques des liquides de l'organisme. Paris, 1859.

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