Archiv fur die gesammte Physiologie, t, XII, p
LE SUC INTESTINAL
pas entièrement ces conclusions, n’ayant pas obtenu, en épuisant par l’eau les glandes dont il s’agit, un extrait renfermant un ferment diastasique.
On n’a pas réussi davantage à recueillir le liquide sécrété par les glandes de Lieberkühn. La surface de ces glandes ne représente, comme celle des villosités elles-mêmes, qu’un prolongement de la muqueuse intestinale et M. Hoppe-Seyler1 fait remarquer qu'il n’est pas certain que le liquide élaboré par les glandes diffère du transsudât muqueux sécrété par la surface intestinale. Quoi qu’il en soit, on peut admettre l’existence d’un suc intestinal, bien qu’il paraisse peu probable qu'il soit exclusivement le produit d’une sécrétion glandulaire.
Frerichs2 essaya le premier d’obtenir ce liquide, en attirant au dehors, par une incision pratiquée dans la paroi abdominale, une anse intestinale, refoulant le contenu par des pressions et des frictions exercées entre les doigts, posant ensuite une ligature à chaque extrémité de l’anse ainsi débarrassée et la replaçant dans la cavité abdominale. En sacrifiant l’animal quelque temps après l’opération, on pouvait recueillir le suc accumulé dans l’anse, ou encore étudier l’action de ce suc sur des aliments préalablement introduits à l’aide d'une incision.
Thiry3 a pu recueillir le suc intestinal et étudier son action sur les aliments en établissant, chez des chiens, de véritables fistules intestinales. Par une incision pratiquée dans la paroi abdominale, une anse était attirée au dehors et séparée, par deux sections, du canal intestinal ; les deux bouts de celui-ci, réunis par suture, étaient replacés dans la cavité abdominale, de telle sorte que le cours des matières pût se rétablir entre l’estomac et le rectum. Quant à l’anse ainsi retranchée et adhérant seulement par son mésentère demeuré intact, elle était fixée par un de ses bouts à la plaie abdominale béante, l’autre bout, fermé en cul-de-sac par une suture, étant replacé dans la cavité abdominale. Les vaisseaux et les nerfs du mésentère continuant à pourvoir à la nutrition de l’anse isolée, celle-ci continuait à sécréter du suc, lequel pouvait être recueilli pur de tout mé-