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I. ASSIMILATION

§ 225. Nous connaissons la composition du chyle et celle du sang, et si nous comparons les substances qui y sont contenues

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à celles que prépare le tube digestif et qui sont pour ainsi dire prêtes pour l’absorption, nous constatons des différences sensibles entre ces deux séries de matières. Sans doute, le chyle et le sang renferment d’une manière générale des substances albuminoïdes, des hydrates de carbone, des matières grasses, des matières minérales, mais ces dernières étant mises à part, ils ne renferment pas les autres sous la forme où le tube digestif les avait préparées. Abstraction faite des produits provenant des métamorphoses régressives, le sang, le chyle et la lymphe renferment des matières albuminoïdes, mais ces dernières diffèrent des peptones : ce sont des produits d’élaboration. Le chyle devient spontanément coagulable après son passage dans les ganglions mésentériques : la fibrine a été élaborée pendant ce passage. A la place des peptones nous trouvons donc, dans le chyle, de la sérine et de la fibrine qui sont des produits perfectionnés, en quelque sorte, et prêtes pour l’assimilation.

De même la matière grasse, blanche, cristalline que renferme le chyle diffère des graisses contenues dans les aliments et qui ont été émulsionnées et modifiées dans l’intestin grêle.

Ce que nous venons de dire du chyle s’applique dans une certaine mesure au sang lui-même. Les matières albuminoïdes qu’il renferme diffèrent des peptones, dont il ne contient que des traces. Il s’est donc accompli et pour le chyle et pour le sang un travail d’assimilation. Un certain nombre des matériaux organiques qu’on y rencontre ont subi une transformation.

Où et de quelle façon s’est-elle accomplie, nous l’ignorons et nous ne pourrions faire à cet égard que des hypothèses dont la plus plausible est celle-ci : les peptones ont subi une déshydratation et, peut-être, une condensation. Que si nous comparons maintenant les matériaux ainsi transformés, sérine, fibrine, etc., à ceux de même ordre, qui sont déposés dans les divers tissus de l’économie, nous constatons de nouvelles différences qui n’ont pu se produire qu’à la suite d’un nouveau travail d’assimilation. La myosine qui existe dans le sarcoemme est une espèce chimique distincte, qui n’est pas contenue dans le sang et qui a été élaborée probablement sur place, dans le muscle lui-même, aux dépens d’une des matières albuminoïdes contenues dans le sang. L’albumine des liquides séreux et

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celui du blanc d’œuf diffèrent de la sérine. La glutine du tissu cellulaire, l’osséine des os, le chondrogène du cartilage des fausses côtes, l’élastine des fibres élastiques, n’existent pas comme tels dans le sang et sont par conséquent des produits de transformation ou d’assimilation.

Les mêmes considérations peuvent s’appliquer à d’autres matières. Les matières grasses déposées entre les lames du tissu conjonctif ne sont pas identiques avec celles que renferme le chyle; la matière glycogène qui est déposée dans un certain nombre de tissus n’est pas contenue comme telle dans le sang : elle est élaborée dans l’organisme.

On le voit, il se passe dans l’économie une multitude de réactions chimiques qui ont pour objet de rendre aux matériaux, sans cesse amenés par les aliments, la forme définitive sous laquelle ils peuvent se répandre et se fixer dans les organes et servir aux besoins de la respiration et de la nutrition. Nous ne pouvons ni définir ni interpréter ces réactions, car nous ignorons la constitution des matières complexes qui les subissent et celle des produits qui en résultent. Tout ce que nous pouvons en dire se réduit à ceci : Il n’est pas probable que les transformations soient profondes, par la raison que toutes ces matières et tous ces produits paraissent assez voisins. Ici, nous avons particulièrement en vue les matières albuminoïdes. Leur constitution est encore très obscure, mais nous ne croyons pas nous tromper en disant que la peptone offre des rapports étroits avec l’albumine et que celle-ci n’est pas très éloignée de la fibrine, ou de la caséine. Tous ces corps ont en quelque sorte un air de famille et, lorsqu’ils se transforment les uns dans les autres, leurs molécules n’ont pas besoin de subir des modifications profondes, dans le genre de celles qu’elles vont éprouver dans le travail de désassimilation. Quoi qu’il en soit, nous ignorons la nature précise des réactions dont il s’agit et nous n’en pouvons constater que les résultats. A cet égard, il ne sera pas sans intérêt de mettre en regard les matières assimilables sur lesquelles l’économie opère et les produits de leur transformation tels qu’ils existent soit dans le sang, soit dans les tissus.

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MATIÈRES ASSIMILABLES

contenues

dans le tube digestif.

MATIÈRES ASSIMILÉES

contenues dans le sang.

MATIÈRES ASSIMILÉES

dans les tissus et dans les humeurs.

Syntonine.

Peptones.

Sérine.

Fibrinogène.

Mat. fibrinoplastique.

Caséine.

Globuline.

Hémoglobine.

Albumine.

Paralbumine.

Métalbumine.

Fibrinogène.

Mat. fibrino-plastique.

Fibrine.

Myosine.

Globuline.

Syntonine.

Caséine.

Vitelline.

Substance amyloïde.

Kératine.

Fibroïne.

Êlastine.

Osséine.

Chondrogène.

Mucine.

Nucléine.

Ptyaline et ferments diastasiques.

Pepsine.

Pancréatine.

Peptones.

Chitine.

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