‹ Traité de chimie biologiqueChapitre 324 sur 570 · Loco cit · texte numérisé non relu

Loco cit

Dans les expériences de M. C. Schmidt citées plus haut, la quantité d’urée excrétée pendant l’abstinence s’est maintenue sensiblement constante. Il n’en a pas été de môme dans celles de MM. Bischoff et Voit.

Ces physiologistes ont réduit un chien à l’abstinence après l’avoir soumis préalablement à des régimes divers. Or l’influence du régime s’est fait sentir en ce sens que les proportions d’urée excrétées ont varié notablement, au moins pendant les premiers jours de l’abstinence. On peut présumer que ces différences auraient'fîni par s’effacer si le jeûne avait été prolongé plus longtemps.

§231. Alimentation surabondante. — Pendant l’inanition, comme on l’a vu, la désassimilation des tissus fournit aux besoins de la respiration une quantité de matériaux organiques qui est réduite au minimum nécessaire pour l’entretien des forces vitales. A l’état physiologique et lorsque l’animal est soumis à la ration d’entretien, cette consommation de matériaux organiques provenant de la mutation des tissus continue à s’effectuer; seulement les matériaux organiques qui disparaissent sont remplacés par ceux que fournit l’alimentation. La nourriture amène-t-elle au sang un excès de matériaux organiques, une portion de ceux-ci, la portion « circulante », peut être brûlée directement avant d’être assimilée, une autre portion est assimilée; dans ce cas il y a une consommation de luxe qui se fait aux dépens des substances accumulés dans l'économie (Bischoff).

La proportion de matériaux qui peuvent disparaître en vertu de ce travail supplémentaire de désassimilation dépend aussi de la proportion d’oxygène qui est amené au sang. Il en résulte que l’ensemble des métamorphoses régressives serait régi par trois facteurs, savoir, la provision de matériaux accumulés dans les tissus, les aliments, l’oxygène du sang.

Une circonstance digne de remarque, c’est qu’un excès d’aliments introduit dans l’économie, tout en exaltant le mouvement de dénutrition, détermine aussi l’assimilation d’un excès de matériaux organiques dans les tissus : l’animal augmente de poids. Mais l’économie s’habitue rapidement à ce bien-être, car le mouvement de désassimilation devenant plus actif, l’animal cesse bientôt d’augmenter de poids, un nouvel équilibre s’établit, et tout ce qui entre dans l’économie

NUTRITION

sc retrouve dans les excrétions. Nous avons fait remarquer que Tintroduction d’un excès d’aliments accélère le mouvement de désassimilation; mais si l’on gradue régulièrement les doses successivement ajoutées à la ration, l’accélération dont il s’agit n’est nullement proportionnelle à l’augmentation des doses alimentaires. Cette accélération diminue et finit par atteindre une limite qu’elle ne dépassera pas, limite fixée comme nous l’avons fait remarquer plus haut par la proportion d’oxygène présente dans le sang. Ceci résulte des expériences que MM. Bischoff et Voit ont faites sur un chien, qui a été nourri avec de la viande : l’état d’équilibre dont il vient d’être question, où cet animal élaborait tout ce qu’il était capable d’absorber sans augmenter de poids, cet état d’équilibre n’a été atteint qu’au moment où il dévorait journellement une quantité de viande s’élevant du 1/25 au 1/20 de son propre poids.

§ 232. Influence du régime sur la nutrition. — De nombreuses expériences ont été faites pour déterminer l’influence du régime sur les phénomènes chimiques de la nutrition. On a soumis des animaux à une alimentation variée, en leur offrant de la viande, de la graisse, des hydrates de carbone, soit seuls, soit combinés entre eux, et cela en quantités diverses et en proportions variables. Les expériences de ce genre n’ont pas toujours été faites avec la précision désirable. Nous ne citerons ici que celles qui ont été publiées par M. Voit, soit seul, soit avec la collaboration avec M. Bischoff et avec M. Pettcnkofcr.

§ 233 .Alimentation avec cle la viande. — Il est difficile de nourrir des chiens avec de la fibrine ou de l’albumine pure, mais ces animaux se maintiennent en bonne santé lorsqu'on les soumet au régime de la viande préparée, c’est-à-dire débarrassée autant que possible de matière grasse, de tendons, etc.

En nourrissant des chiens avec des quantités progressives de viande préparée, MM. Pettenkofer et Voit1 ont constaté: premièrement, que la décomposition des matières azotées dans l’économie suit une marche progressive ; en second lieu, qu’avec des quantités insuffisantes de viande, l’économie fournit à la

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