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2. Verhandlungen der physiol. Gesellsch. zu Berlin. 3 janvier 1879.

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riture des herbivores, peuvent, par une sorte de réduction, se convertir en matières grasses. Son opinion a prévalu. Parmi les faits et les expériences qui ont servi à l’étayer, nous citerons les suivants.

1° Les abeilles peuvent fournir de la cire aux dépens d’une matière sucrée. Gela résulte des expériences déjà anciennes de Huber, qui avait vu des abeilles, nourries avec du miel et du sucre, former de la cire. Ce fait, qui avait été contesté, a été confirmé par MM. Dumas et Milne Edwards. Voici le résultat le plus net qui découle de ces recherches. Chaque abeille renfermait avant l’expérience une quantité de matière grasse qu’on pouvait évaluer approximativement à deux milligrammes : elle avait formé pendant l’expérience six milligrammes de cire.

2° M. Persoz a trouvé que des oies engraissées par le maïs, avaient fixé une quantité de graisse double de celle qui est contenue dans la nourriture.

3° Des expériences faites sur l’engraissement des porcs ont conduit M. Boussingault à une conclusion semblable. Des porcs âgés de huit mois, après avoir été élevés au régime normal de la porcherie, contiennent beaucoup plus de graisse qu’ils n’en ont reçu avec les aliments. Pour que l’engraissement se fasse dans de bonnes conditions, la ration doit renfermer une certaine quantité de graisse ; nourris pendant six mois avec des pommes de terre, les porcs ne produisent pas plus de graisse que n’en renferment ces tubercules ; mais les aliments maigres qui, administrés seuls, n'ont pas le pouvoir de produire des matières grasses, acquièrent cette faculté d’une manière très marquée dès qu’on y joint de la graisse. Rappelons encore que MM. Gilbert et Lawes arrivent pareillement à cette conclusion que les animaux à l’engrais ne sauraient puiser dans leur nourriture la totalité delà graisse qu’ils accumulent dans leurs organes.

4° Les hydrates de carbone entrent pour une forte proportion dans la nourriture des herbivores qui ont le pouvoir de digérer et d’assimiler non seulement l’amidon, la glucose et la cellulose peu agrégée des jeunes cellules, mais encore la cellulose plus fortement condensée de la paille. Il résulte en effet des expériences de MM. Hcnncberg et Stohmann sur les bœufs que ces animaux ne rendent par les excréments que la moitié environ

des fibres ligneuses de la paille : le reste es i; digéré. Les herbivores représentent, à un degré beaucoup plus prononcé que les carnivores, des appareils propres à l’élaboration de la graisse. Il est présumable que l’abondance relative des hydrates de carbone dans leur nourriture est en rapport avec cette fonction. On voit par les expériences de M. Fürstenberg que le régime le plus propre à l’engraissement est celui où les aliments contiennent pour 1 partie de matières albuminoïdes, 3 parties d’hydrates de carbone.

Si les faits précédemment exposés rendent probable la formation des matières grasses aux dépens des hydrates de carbone, il faut avouer que le mode ou processus chimique de cette formation est entouré d’obscurité. En l’absence de faits probants, on ne peut faire à cet égard que des hypothèses que nous indiquerons sans y insister.

Retenons d’abord ce fait que l’engraissement a lieu, toutes les fois que la nourriture amène un excès de matériaux disponibles. La consommation de luxe dont il a été question plus haut ne suffit pas alors pour les faire disparaître, la quantité d’oxygène présente étant hors de proportion avec la provision des matériaux combustibles. Une partie de ceux-ci pourrait subir une sorte de combustion interne analogue à celle qui se passe dans certaines fermentations. Comparé au sucre, l’alcool est un produit de réduction ; comparé à la glycérine, fermentant sous l’influence du Bacillus aethilicus (voir plus loin), l’alcool est un produit de réduction, et se forme par suite d’une combustion interne : la graisse pourrait prendre naissance par un procédé analogue, aux dépens des hydrates de carbone.

Comment s’effectue cette réduction ? Il est inutile d’énoncer des hypothèses à cet égard. Ajoutons seulement que l’oxygène des hydrates de carbone pourrait se porter soit sur le carbone, comme dans le cas de la fermentation alcoolique, soit sur l’hydrogène. Dans ce dcrniercas, les hydrates de carbone subiraient une déshydratation partielle; mais aucun fait ne peut être invoqué à l’appui de cette interprétation. L économie animale est sans doute le siège de phénomènes de déshydratation, et nous en trouvons la preuve dans la formation de l’urée aux dépens du carbonate d’ammoniaque (voir plus loin) ; mais jusqu’ici personne n’a réussi à produire une matière

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grasse, aux dépens d’un hydrate de carbone, par une réaction de ce genre. M. Hoppe-Seyler pense que l’acide lactique, qui se forme si facilement par voie de dédoublement des hydrates de carbone, peut jouer un rôle dans l’élaboration de la graisse. Plusieurs molécules de cet acide, en subissant une fermentation analogue à la fermentation butyrique, donneraient lieu, en se condensant 'et en perdant de l’hydrogène et de V acide carbonique, à des acides gras à poids moléculaire élevé. Et il cite à l’appui de cette hypothèse ce fait qu’il a obtenu une petite quantité de ces acides, indépendamment des premiers termes de la série, en chauffant un lactate avec de la chaux sodée de 250° à 300°

g 241. La graisse peut-elle être élaborée aux dépens des matières albuminoïdes ? Cette question a été pareillement résolue par l’affirmative. Nous avons cité plus haut les expériences de M. Voit à cet égard (page 429). Ses conclusions ont été fortifiées par ses propres observations et par celles de M. Subottin1 2 3 * sur la lactation chez des chiennes soumises au régime de la viande pure, recherches dont il résulte que la proportion de matière grasse formée s’accroît avec l’abondance des matières albuminoïdes dans la nourriture. D’un autre côté, M. Tscherinoff a engraissé des poules en les gavant pendant des mois entiers avec de la viande maigre. Les travaux remarquables entrepris par M. Debove5 sur l’alimentation forcée à l’aide de la poudre de viande, conduisent à des conclusions analogues. Les phtisiques soumis à ce régime prennent de l’embonpoint. Ces faits paraissent probants. Toutefois il ne faut pas oublier que ce ne sont pas là les conditions normales de l’engraissement. Un régime mixte, où les hydrates de carbone et une certaine quantité de graisse sont associés aux matières albuminoïdes, est plus favorable, comme on l’a vu plus haut.

De quelle façon faut-il concevoir la formation de la graisse aux dépens des matières albuminoïdes? Ici nous rencontrons les memes difficultés que plus haut, à propos des hydrates de carbone. Nous savons, à la vérité, que les matières albuminoïdes

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