Journal of tlie cliem. Soc., Il ser., t. XII, p
ALBUMINE ET SÉRINE. 85
6,7 pour 100 d’acide azotique, ce qui correspond à la formule
C72 H112 Az18 S O22, 2 Az O3 H.
Lorsqu’on neutralise exactement la solution par un alcali, elle se coagule par l’ébullition. Un excès d’alcali empêche la coagulation. Après la dessiccation, cet azotate se présente sous forme de masses dures, friables, translucides, hygroscopiques et possédant l’apparence de la gomme. Au contact de l’eau, il se gonfle et se dissout lentement. Avec les acides chlorhydrique, sulfurique, orthophosphorique, métaphosphorique, etc., l’auteur annonce avoir obtenu des combinaisons analogues, qui renfermeraient, d’après lui :
Chlorhydrate d’albumine . . C72 II112 Az18 O22 S 2 H Cl
Sulfate C72 H112 Az'8 O22 S -j- S O Ha
Phosphate C72 H"2 Az'8 O22 S-f 3 Ph O4 H3
Métaphosphate C72 H"2 Az'8 O22 S -f- Ph O3 H
Acétate C72 H"2 Az'8 O22 S -f C2 H' O2
Toutes ces combinaisons se dissolvent dans l’eau pure. Les acides nitrique, sulfurique, chlorhydrique, métaphosphorique, picrique, précipitent les solutions. Ces résultats sont intéressants, mais auraient besoin, ce nous semble, d’être confirmés. 11 laut ajouter que ces combinaisons, bien qu’on les obtienne a\ec 1 albumine, renferment plutôt de l’acidalbumine (page 83).
S Action des bases sur l’albumine, — Lorsqu’on ajoute quelques gouttes d’une solution très concentrée dépotasse à un blanc d’œuf, préalablement passé au travers d’un linge, et qu’on bat fortement, le tout se prend, au bout de quelques instants, en une masse gélatineuse, transparente, presque solide. Quelques lavages à l’eau froide enlèvent à cette masse l’excès d’alcali. L et 1 alcool bouillants dissolvent le résidu, qui constitue, d’après M. Lieberkühn, une combinaison définie d’albumine et ' c^e potasse, combinaison qui renferme
K2 O, C72 H"2 Az'8 O22 S.
. Toutefois> 011 l’admet plus aujourd’hui que la matière albuminoïde combinée avec la potasse est de l’albumine non modifiée : cette matière se rapproche beaucoup de la caséine et est dentique, selon toute apparence, avec la protéine de i\l. Mul-
der. Nous la décrirons plus loin sous le nom d’albuminose.
Une solution d’albumine additionnée d’une petite quantité de potasse ne se coagule plus complètement par l’action de la chaleur. Une portion de l’albumine reste en dissolution et subit, sous l’influence de l’alcali, la transformation que nous venons d’indiquer: la solution filtrée est précipitée par l’acide acétique; soumise à l’évaporation, elle se couvre de pellicules à la surface.
L’addition d’une grande quantité de potasse empêche la coagulation de l’albumine par la chaleur. Nous savons d’ailleurs qu’à l'aide d’une douce chaleur, la potasse enlève à l’albumine une portion de son soufre (page 59).
L’action des alcalis, et particulièrement de l’hydrate de baryte, sur l’albumine, a été étudiée par M. Schützenberger. Nous avons exposé plus haut le$ important résultats que ce chimiste a obtenus (p. 61).
§ 23. Action des sels sur l’albumine. — Une solution d’albumine, additionnée de potasse, est précipitée par certains sels neutres, tels que le sulfate et le chlorure de sodium, lorsque ceux-ci sont ajoutés à la solution sous forme solide (Virchow).
Ces phénomènes ne sont pas sans analogie avec ceux que M. Panum a observés en traitant par l’acide acétique des- solutions d’albumine additionnées de sels neutres tels que le chlorure, le sulfate, le phosphate de sodium, le sel ammoniac, le chlorure de calcium, le sulfate de magnésium : l’acide acétique précipite de telles solutions, ou, lorsque la liqueur ne contient qu’une faible dose de sel, abaisse la température de la coagulation. Réciproqûement, une solution d’albumine additionnée d’acide acétique est précipitée par les sels neutres que nous venons de mentionner. Le précipité se dissout dans l’eau froide, dans l’acide acétique et même, quelquefois, dans l’alcool étendu d’eau. Ces faits rentrent dans ceux que nous avons exposés plus haut concernant l’action des acides sur l’albumine. L’acide acétique peut agir par lui-même et aussi en mettant en liberté une certaine quantité de l’acide du sel M. Panum a considéré le premier le corps formé dans ces conditions comme une modification particulière de l’albumine et l’a nommé acid albumine 1 .