HYDRATES DE CARBONE DES MUSCLES
§ 263. On a signalé dans les muscles 1 existence de divers hydrates de carbone, savoir : du glycogène, de la glucose, de la maltose, de la dextrine, de l’inosite.
Glycogène. — M. Nasse1 a signalé le premier l’existence de ce corps dans les muscles, parvenus à leur entier développement, chez les lapins, les grenouilles, les chiens, les chats. MM. Cl. Bernard et Kühne l’avaient rencontré dans tous les muscles embryonnaires.
Il disparaît plus ou moins rapidement après la mort, et cela, d’après M. Hopper-Seyler2, avant que les premiers indices de la putréfaction se soient manifestés. Il se maintient longtemps dans les muscles des animaux empoisonnés par l’hydrogène sulfuré3 ou chez ceux dont les muscles ont été injectésd’eau phéniquée4 5. Nul doute que la glucose ne doive son origine dans le muscle au glycogène et que la transformation ne s’accomplisse sous l’influence d’un ferment diastasique. M. Piotrowski a annoncé, en effet, avoir retiré un tel ferment des muscles de chien et de lapin, en employant un procédé analogue à celui qui a été décrit page 167. MM. Ellenberger et Iiofmeister 3 ont rencontré récemment un ferment saccbarifiant dans divers organes du cheval.
Ajoutons que la proportion de glycogène augmente dans le muscle pendant la digestion.
Glucose. — D’après M. Meissncr, les muscles de tous les animaux renferment de la glucose. Voici le procédé à l’aide duquel on parvient à l’extraire.
L’extrait de viande débarrassé d’albumine est précipité par l’acétate de plomb; la liqueur filtrée est additionnée de sousacétate et d’ammoniaque. Il se forme un précipité qu’on recueille, qu’on lave avec une petite quantité d’eau ammoniacale et qu’on décompose par l’hydrogène sulfuré, après l'avoir délayé dans l’eau. La liqueur séparée du sulfure de plomb et qui renferme la glucose est évaporée en consistance sirupeuse, et le résidu, broyé avec du sable, est mis en digestion, pendant 24 heures, avec de l’alcool à 90°. La solution alcoolique, additionnée quelques gouttes de potasse alcoolique, laisse déposer bientôt contre les parois du vase la combinaison bien connue
1. Archiv für die gesammle Physiol., t. II, p. 27, et t. XIV, p. 4S0.