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MÉTAMORPHOSES DE

L hydantoïne est un produit de réduction de l’allantoïne qui se forme par l’action du peroxyde de plomb sur l’acide urique (page / 0 3 ) . L acide allanturique ou lantanurique se forme lorsqu’on soumet l’acide urique à l’action oxydante d’un mélange de ferricyanure de potassium (prussiate rouge) et de potasse. Il se produit, en même temps, de l’urée.

De meme que 1 alloxane peut fixer les éléments de l’eau pour se convertir en acide alloxanique, l’acide parabanique et l'hydantoïne peuvent se convertir, en fixant HdO, le premier en acide oxciluvicjue C°IDAz2Ob le second en acide hy d cintoïgu c C3H6Az203. On indiquera plus loin la constitution de ces acides.

$ 307. Tous les dérivés de l’acide urique que nous avons considérés jusqu’ici ne renferment que deux atomes d’azote comme l’urée, tandis que l’acide urique en renferme quatre. De fait, cet acide, en se convertissant en acide mésoxalique, perd deux fois les éléments de l’urée (page 680). L’acide urique est donc une diuréide. Lorsque, par le dédoublement de l’acide urique, une seule molécule d’urée est séparée de ses éléments, il en résulte une monuréide. A cette classe appartiennent les urées substituées, que nous venons de considérer et qui renferment deux atomes d’azote. Mais l’acide urique peut s’oxyder sans que les éléments de l’urée ou de l’ammoniaque se séparent de sa molécule (page 676). Les corps qui se forment dans de telles réactions renferment, comme cet acide, quatre atomes d’azote, ou, si l’on veut, les éléments de deux molécules d’urée : ce sont des diuréides. Il en est ainsi de Tallantoïne C4H6Az405, qui résulte de l’action oxydante du peroxyde de plomb sur l’acide urique et qui, d’après la belle synthèse de M. Grimaux, se forme par la réaction de l’acide glyoxylique sur deux molécules d’urée.

Lorsqu’on chauffe l’allanloïne avec l’acide iodhydrique en excès, on en sépare une molécule d’urée et on la convertit en une monuréide, l’hydantoïnc (page 703).

CMUAz^O7’ + 2111 = Cll4Az20 + C5Il4Az202 + U allantoïne urée hydantoïne

Il existe un certain nombre de dérivés ae l’acide urique qui

L’URINE

sont engendrés par l’action réciproque de monuréides avec élimination d’eau et qui, inversement, peuvent se dédoubler en deux molécules d’urée, renfermant chacune deux atomes d’azote. Ces dérivés sont des diuréides comme l'allantoïne, comme l’acide urique lui-môme.

Que l’on ajoute une solution d’acide dialurique à une solution d’alloxane, on verra bientôt se séparer des cristaux d’alloxantine, diuréide formée par la combinaison des deux uréides, acide dialurique et alloxane :

C4II4Az204 + C4ll2Az204 = CsII4Az40" + H20 acide dialurique alloxane alloxantine

Réciproquement, l’alloxantine peut se dédoubler en alloxane et en acide dialurique en absorbant de nouveau les éléments de l’eau. Il suffirait de renverser l’équation précédente pour représenter ce dédoublement. Les dérivés suivants de l’acide urique possèdent une constitution analogue à celle de l’alloxantine.

L 'acide aWturique CeHeAz404, formé par l’action de l’acide chlorhydrique sur l’alloxantine (Schlieper) et qu’on peut envisager comme une combinaison d’hydantoïne et d’acide allanturique.

L 'acide leucoturique C6HlAz405, qui prend naissance lorsqu’on réduit une solution d’acide alloxanique en consistance sirupeuse, par une ébullition rapide (Schlieper) et qui représente une combinaison d’acide lantanurique et d’acide parabanique.

L 'acide hyclurilique C8H6Az40G, que M. Schlieper a rencontré accidentellement parmi les produits d’oxydation de l’acide urique et que M. Baeyer prépare en chauffant l’acide dialurique à 130°, avec de la glycérine. On peut l’envisager comme une diuréide renfermant les éléments de l’acide barbiturique et de l’acide dialurique.

Les équations suivantes représentent la génération de ces diuréides.

Cr’H4Az202 + C’I l4Az205 = CGlI6Az404 -f II20

hydantoïnc acide acide

allanturique alliturique

C3H4Az*03 + C3H2Az203 =. C6ll4Az405 -f II2< > .

acide acide acide

allanturique parabanique leucoturique

C4ll4Az205 -f C4H4Az204 = C8iï6Az406 + 11*0

acide acide acide

barbiturique dialurique hydurilique

ALLOXANE. 685

On peut 1 epiéscnter cette constitution par des formules développées, analogues à celles par lesquelles nous avons exprimé la constitution des uréides à deux atomes d’azote. Mais ces formules, un peu compliquées, n’offriraient aucun soulagement pour la mémoire, et les développements que comport o i ait ce sujet nous entraînerait au delà des limites que nous nous sommes imposées dans cet ouvrage. Qu’il nous suffise de décrire dans les pages suivantes les dérivés et les congénères les plus importants de l’acide urique.

ALLOXANE.

C‘ir-Az2o = co

^ÀzII - CCKp,,.

WzlI - CO'

g 308. Ce corps a été découvert par Brugnatelli qui l’a décrit sous le nom d’acide érythrique. Il a été principalement étudié par Liebig et Wôhler et par M. Schlieper.

Etat naturel. — Liebig a rencontré une seule fois l’alloxanc dans les matières d’une évacuation alvine, de nature pathologique. On a prétendu, mais sans preuves suffisantes, l’avoir trouvé dans des urines pathologiques.

Préparation. 1°. — On introduit dans un vase en verre ou en porcelaine entouré d’eau froide 1 partie 1/2 à 2 parties d’acide nitrique concentré (densité 1,4 à 1,42) et on y ajoute petit à petit une partie d’acide urique, en agitant continuellement et en attendant, avant d’ajouter une nouvelle portion que la précédente soit entièrement dissoute. Il faut avoir soin d’éviter que la température ne s’élève au delà de 30 à 35 degrés. On remarque une effervescence duc au dégagement d’acide carbonique, d’azote et de vapeurs nitreuses. L’action se ralentit vers la fin de l’opération et il se dépose des cristaux d’alloxane. On abandonne alors le tout dans un endroit Irais, et l’on recueille, sur un entonnoir bouché avec une mèche d amiarite, le magma cristallin qui se sépare du jour au lendemain. On lave les cristaux avec une très petite quantité d eau froide, et on les purifie en les dissolvant dans une quantité aussi petite que possible d’eau chauffée à 60 ou 80 degrés. La solution filtrée cristallise par le refroidissement, et 1 eau mère laisse

L’URINE

déposer une nouvelle quantité de cristaux lorsqu'on l’évapore à une température qui ne doit point dépasser 50 degrés.

L’eau mère de ces cristaux, ainsi que la liqueur acide qui a laissé déposer les cristaux primitifs, contiennent encore de l’alloxane. Pour l’en retirer, le mieux est de la convertir, au moyen de l’hydrogène sulfuré, en alloxantine qui se dépose et de tranformer de nouveau l’alloxantine en alloxane, en l’oxydant à l’aide de l’acide azotique.

Ajoutons que dans la préparation qui vient d’être décrite, il est bon de ne pas opérer avec plus de 70 à 80 grammes d’acide azotique.

2° M. Schlieper préfère oxyder l’acide urique au moyen d’un mélange de chlorate de potassium et d’acide chlorhydrique. Pour cela, il introduit dans une capsule 124 grammes d’acide urique et 240 grammes d’acide chlorhydrique moyennement concentré, et ajoute peu à peu, en ayant soin de remuer constamment, 24 grammes de chlorate de potassium. Le mélange s’échauffe sans dégagement de gaz, si l’on a soin d’éviter, une trop grande élévation de température. La solution est étendue de deux fois son volume d’eau; la liqueur décantée, au bout de 2 ou 3 heures, et qui renferme un mélange d’alloxane et d’urée est saturée par l’hydrogène sulfuré : il se forme de l'alloxantine qu’on convertit en alloxane, par l’acide azotique.

Propriétés. — L’alloxane existe à l’étal anhydre ou sous forme de cristaux hydratés. On l’obtient anhydre en chauffant les cristaux de 150 à 160 degrés, dans un courant d’hydrogène. Dans cet état elle constitue une masse amorphe rougeâtre.

A l’état d’hydrate l’alloxane cristallise avec une ou quatre molécules d’eau. Les cristaux renferment H20* lorsqu’ils se déposent par l’évaporation d’une solution chaude. Ils renferment 4H1’Ü lorsqu’ils se déposent du sein d’une solution froide. Les premiers sont des prismes clinorhombiques possédant l’apparence d’octaèdres tronqués aux extrémités. Ils sont assez volumineux, d’un aspect vitreux, et ne s’eflleurissent pas à l’air. Les cristaux à 4 molécules d’eau appartiennent au système du prisme dissymétrique. Ils sont efllorescents et perdent à l’air 3 ILO.

L’alloxane est très soluble dans l’eau et dans l’alcool. Sa solution aqueuse concentrée est précipitée par l’acide azotique.

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