‹ Traité de chimie biologiqueChapitre 470 sur 570 · Ann. der Chem. u. Pharm ., t. CXXMI, p · texte numérisé non relu

Ann. der Chem. u. Pharm ., t. CXXMI, p

< L’URINE

L’acide violurique est monobasique. Ses sels se distinguent par des colorations aussi riches que variées.

Les corps que nous allons décrire maintenant renferment les restes de deux molécules d’urée, dans chacune desquelles l’hydrogène a été remplacé en partie par des groupes oxygénés, et ces groupes sont en Gr> : sous l'influence de divers réactifs, les corps dont il s’agit se dédoublent en formant des uréides se rattachant à l’alloxane.

C6H4Az407 + 3I120

£ 317. Ce corps, entrevu par Proust, a été découvert par Liehig et Wôhler en 1838. Il se forme par l’action de l’acide azotique faible sur l’acide urique , par l’électrolyse de l’alloxanc (page 687), par l’action des agents réducteurs sur le même corps (page 687), par l’action de l’air sur l’acide dialurique (page 691), par la combinaison de l’acide dialurique avec l’alloxane (page 691).

Préparation. 1°. On peut obtenir l’alloxantine en faisant agir directement l’acide azotique faible sur l’acide urique. Pour cela on ajoute de l’acide azotique à de l’acide urique délayé dans 32 fois son poids d’eau chaude, jusqu’à ce que tout soit dissous. On réduit la liqueur par l’évaporation aux 2/3 et on laisse cristalliser; on purifie les cristaux par une nouvelle cristallisation.

2° Il est plus commode de se servir, pour la préparation de l’alloxantine, des eaux mères de l’alloxane, ou de la liqueur acide obtenue en dissolvant l’acide urique à chaud dans l’acide azotique, et qui renferme de l’alloxane.

Après avoir neutralisé ces liqueurs presque entièrement par le carbonate de chaux ou de soude, on en sature les 5/6 par 1 hydrogène sulfuré :il se précipite du soufre et de l’alloxanline et une certaine quantité d’acide dialurique reste en dissolution. Pour je convertir en alloxantinc on ajoute le dernier sixième

PURPURATE D’AMMONIUM OU M UREXIDE. 697

de la liqueur primitive, et on laisse reposer pendant 24 heures. Le dépôt est recueilli et soumis à l’ébullition avec l’eau qui dissout l’alloxaritine et laisse le soufre.

1 ai le î efi oïdissement 1 alloxantme cristallise. On la purifie par une nouvelle cristallisation.

Propriétés. — Elle se présente en petits cristaux transpaîents, incolores ou jaunâtres appartenant au type du prisme clinorhombique. Ces cristaux renferment 3 molécules d’eau qu’ils perdent au-dessus de 150°. Ils sont durs mais très friables. Ils sont peu solubles dans l’eau froide, un peu plus solubles dans l’eau bouillante. Ils rougissent légèrement la teinture de tournesol.

Les agents oxydants, tels que l’acide azotique, convertissent l’alloxantine en alloxane. Sous l’influence de l’hydrogène sulfuré, ou de l’hydrogène naissant elle se transforme en acide dialurique :

CsIPAz407 -f 1RS + IPO = 2C4H/‘Àz204 + S

alloxantine acide

dialurique

Lorsqu’on ajoute de l’ammoniaque à une solution aqueuse d’alloxantine, elle se colore en pourpre, par suite de la formation d’une petite quantité de purpurate d’ammonium ou murexide.

En mélangeant des solutions d’alloxantine et de sel ammoniac, privées d’air par l’ébullition, on obtient une liqueur d’un rouge pourpre, dont la coloration diminue bientôt et laisse déposer des cristaux de dialuramide (uramile), tandis que de l’alloxane et de l’acide chlorhydrique restent en dissolution :

Cs IRA z4 O 7 -f- AzIRCl = C4H3Az503 -f- C4II2Az204 + HCl alloxantine uramile alloxane

PURPURATE d’aMMOMUM OU MUREXIDE

C8IIsAz606 = C8H4(AzH4)Az506

g 3 1 8. Ce corps, en trevu par Scheele, a été découvert par Proust en 1818, qui l’a envisagé comme le sel ammoniacal d’un acide

L’URINE

azoté qu’il a nommé purpurique. Liebig et W'ühler ont attribué au corps pourpre de Proust le caractère d’une amide et l’ont nommé murexide. Récemment MM. Fritzsche et Beilstein ont remis en faveur l’hypothèse de Proust. Toutefois, l’acide purpurique n’a pu être obtenu à l’état libre. On lui attribue la formule C8HsAz506. M. Beilstein admet qu’il est bibasique et qu’il forme principalement des sels acides.

Le purpurate d’ammonium se forme dans un grand nombre de réactions, notamment par l’action de l’ammoniaque sur l’alloxantine (page 697), ou mieux sur le liquide acide qu’on obtient en dissolvant l'acide urique dans l’acide azotique et qui contient à la fois de l’alloxane et de l’alloxantine; par l’action de l’oxyde de mercure sur la dialuramide, etc.

D’après M. Beilstein cette dernière réaction peut servir avec avantage à la préparation du purpurate d'ammonium. On dissout 4 parties de dialuramide (uramile) dans 30 à 40 parties d’eau et l’on fait bouillir la solution avec 3 parties d’oxyde mercurique, après avoir ajouté une petite quantité d’ammoniaque. La liqueur, filtrée au bout de quelques minutes d’ébullition, laisse déposer des cristaux de murexide.

Un autre procédé consiste à dissoudre 4 parties d’alloxantine et 7 parties d’alloxane (cristallisée avec 4EPO) dans 240 parties d’eau, à ajouter à chaud 80 parties d’une solution de carbonate d’ammoniaque saturée à froid. La liqueur, d’un pourpre foncé, laisse déposer la murexide par le refroidissement.

Propriétés. — Le purpurate d’ammonium cristallise en prismes quadrilatères, qui présentent les riches reflets des ailes des cantharides. Vus par transmission, ils sont d’un grenat foncé, par réflexion d’un vert doré. Ils renferment une molécule d’eau de cristallisation qu’ils perdent à 100°. Peu solubles dans l’eau froide, ils se dissolvent plus facilement dans 1 eau bouillante, avec une magnifique coloration pourpre. Ils sont insolubles dans l’alcool et dans l’éther.

La solution aqueuse de purpurate d’ammonium est décomposée par l’acide chlorhydrique, avec formation d’un précipité incolore, qui est l'acide purpurique de Proust, et auquel on a\ait donné depuis le nom de murexane. Il est identique avec la dialuramide (page 691). Il se forme en même temps de l’ai-

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